*
Odile Bonkoungou a reconnu ce que beaucoup craignaient
: que dans bien d’endroits, les manuels scolaires,
insuffisants, n’ont pas été remis
aux élèves par les maîtres. C’est
donc ce qui se passe effectivement et qui contraint
les enseignants à garder par-devers eux, les
livres reçus, en attendant le reliquat. La Ministre
en tout cas a bien fait de le reconnaître dans
un communiqué et de demander qu’on lui
fasse le point des manquants. Cependant en demandant
de faire le partage, elle aurait pu dire quand exactement
les manuels seront livrés et comment procéder
dès à présent au partage : tirage
au sort, remise tournante des manuels aux élèves
par ordre alphabétique… et que savons-nous
encore !
* Dans son n° 737 du 23 Octobre 2007, notre confrère
L’Indépendant a fait une analyse pleine
de limpidité que plus d’un aura retenue
par rapport à la Déclaration du premier
Ministre à l’assemblée qui décidément,
est une mine inépuisable de commentaires. Un
passage particulièrement retient l’attention,
nous citons. « Ainsi Tertius met son petit piment
en convoquant un illustre expert inconnu ‘ Le
Burkina s’est même hissé dans le
groupe des pays que François Bourguignon, l’Economiste
en chef et premier Vice président de la Banque
Mondiale appelle le G 8 africain’, c’est-à-dire
un des huit pays champions de la croissance en Afrique’.
Voilà une des subtilités des statistiques
: on peut être champion tout en étant bon
dernier, scotché à la queue du peloton
». Si malgré l’insécurité,
la pauvreté, la révolte des Casques, des
Kunde.., on nous abreuve à longueur de journée
de nos performances politiques et économiques
jusqu’à ne pas se gêner pour dire
que nous sommes au nombre des 8 pays-phare en Afrique,
dans quelques mois, on ne devrait pas s’étonner
d’avoir le qualificatif définitif de «
pays émergé », demandant le plus
naturellement à participer au grand G 8 !
* A propos du Prix Mo Ibrahim et de la présence
du premier bénéficiaire qu’est l’ancien
président Joachim Chissano, l’UNDD à
travers son forum de Kombissiri a touché du doigt
un des aspects qui doit recadrer la philosophie du prix
et assurer sa pérennité. Il s’agit
de ne pas faire une fixation sur les Présidents
qui abandonnent le pouvoir ; il s’agit de ne pas
chercher à antagoniser leaders politiques et
de la société civile mais plutôt
de tout faire pour les inclure dans la philosophie des
Prix ; on sait que nombre d’entre eux luttent,
souvent au péril de leur sécurité
familiale, financière, sociale (voire au péril
de leurs vies) pour la bonne gouvernance. Cette prise
en compte est d’autant plus nécessaire
que les incitations profondes dont les Présidents
ont le plus besoin pour pouvoir quitter le pouvoir tiennent
beaucoup plus aux garanties liées à la
sécurité juridiques (ne pas leur coller
de procès sur le dos quand ils ne seront plus
aux affaires) qu’à la sécurité
financière, largement assurée !
* Les élections à Madagascar se sont déroulées
et pratiquement cela est passé inaperçu.
Le parti TIM (J'aime Madagascar), parti au pouvoir,
a largement emporté les législatives avec
106 députés sur 127. Les dénonciations
sur les fraudes n’y ont rien fait ; on leur a
opposé avec la bienveillance de la communauté
internationale, la formule consacrée : «
si les fraudes ont existé, elles n’ont
pas été telles qu’elles aient entaché
dans le fond, l’entièreté du scrutin
qui reste globalement satisfaisant ». Jean Lahiniriko,
ancien président de l’Assemblée
nationale malgache, a eu beau crier au monde qu’
« il n’y avait pas élection, il y
a eu désignation » (dans L’Express
de Madagascar), tout le monde a l’air de s’en
fiche, comme on dit. Tant que ça ne viole pas
à tour de bras, que ça ne pisse pas le
sang et qu’on ne dépèce pas les
cadavres, la communauté internationale n’a
plus de frissons. Les dictateurs l’ont compris
qui continuent de sévir dans des registres moins
voyants, moins audibles mais pas moins préjudiciables
en définitive aux droits de l’homme et
à la démocratie.
* Selon une dépêche de l’AFP du 24
octobre passé, chez nous, « la baisse des
pluies risque de compromettre les récoltes ».
Cela pourrait particulièrement se produire à
l'ouest, au sud et au sud-ouest où les variétés
produites sont à long cycle. Notre confrère
Le Pays a fait tout un article sur cette pénurie
alimentaire qui s’annonce après les bamboulas
du 15 octobre, dénonçant la spéculation
qui ne va pas manquer sur le mil, maïs et autres
aliments de base…, expliquant que si appel à
l’aide extérieure il doit y avoir, que
le pouvoir n’hésite pas car ce n’est
pas honteux ; il en a surtout appelé à
plus de communication de la part du ministère
en charge de l’agriculture afin que les citoyens
soient situés sur les stocks de réserve,
la situation exacte. Bref, notre confrère en
a justement appelé à la bonne gouvernance
sur le sujet !
* Dans la capitale bolivienne, La Paz, des familles
en colère ont détruit des bars, des maisons
de prostitution ; elles ne supportaient plus que la
morale foute ainsi le camp, que leurs enfants dès
leur jeune âge, se jettent dans la drogue, l’alcool,
le sexe... Face à cette contestation musclée,
les autorités ont dû leur emboîter
le pas et ont fermé plus d’un millier de
lieux de prostitution. Il fallait s’y attendre,
la riposte du côté des prostituées,
n’a pas tardé. Elles ont estimé
qu’on les empêchait d’exercer leur
activité et qu’elles ne pouvaient s’y
résoudre, elles-mêmes ayant des enfants
à charge, des membres de leurs familles à
faire vivre… Alors, elles ont décidé
de plusieurs mesures notamment celle de ne plus passer
les contrôles médicaux imposés par
les services de santé et surtout celle, qui fait
grand bruit, de défiler nues dans la capitale.
A suivre..
* Le dimanche 21 octobre, sur TV 5, on a eu droit à
une prestation tellement griotique du vieux Guy Penne,
de retour de la célébration des 20 ans
de renaissance démocratique sur le régime
burkinabé, qu’on en ressentait un malaise.
C’était à la limite contre performant
mais enfin, la manipulation des opinions par les médias,
les personnalités politiques étrangères
est devenue d’une banalité telle que ça
tourne au comique quand on en voit les manifestations.
* Une nouvelle insolite, maintenant. Elle nous vient
de Nairobi, grâce à l’Agence France
Presse : « Une bouteille de bière longue
de 26 centimètres et d'une contenance d'un demi-litre
a été retirée de l'estomac d'un
Kényan par des chirurgiens d'un hôpital
des environs de Nairobi, a rapporté vendredi
le quotidien kényan Daily Metro. ‘La première
opération a été infructueuse, nous
contraignant à une seconde intervention’,
qui a permis de retirer la bouteille, qui n'a endommagé
‘aucun organe’, selon l'administrateur de
l'hôpital de Kiambu..(…). Le patient, dont
l'identité n'a pas été révélée,
a affirmé aux médecins avoir introduit
lui-même la bouteille dans son rectum, selon la
même source. L'administrateur de l'hôpital
a cependant fortement mis en doute cette version, expliquant
que le patient avait peut-être été
victime de sévices sexuels dont il ne voulait
pas faire état ».
* Les échangeurs sont devenus, pour certains
gouvernants africains, comme des signes de richesse
extérieurs qu’on affiche pour épater
le bourgeois. Le Père Jacques Lacour n’en
pense pas moins, qui en a appelé ni plus ni moins
au pouvoir, pour qu’il renonce à la construction
des trois échangeurs dans la capitale, «
superflus » à son sens. Pour lui, «quelques
feux bien synchronisés » auraient amplement
suffi (in Le Pays du 23 octobre 2007). Au demeurant,
s’il était suivi, cela éviterait
de défigurer le paysage comme beaucoup de pays
développés, parsemés d’échangeurs,
le reconnaissent aujourd’hui en se mordant les
doigts.
* San Finna écrivait il y a quelque temps qu’il
y a urgence à trouver un autre système
pour les reconduites dans les lignes régulières
des étrangers « expulsables » en
France, par exemple les réunir tous sur un même
vol pour éviter la cohabitation avec les passagers
réguliers…. Eh bien, ça commence
à se faire : la Police aux frontières
a affecté un avion spécial (un bi-moteur
de 19 places de type Beechcraft) pour reconduire les
étrangers sans papiers ou munis de faux papiers.
Ca marche depuis le 6 octobre et depuis, aucun incident
n’a été relevé. Mais pour
atteindre les 26.000 expulsions annuelles prévues,
il va falloir certainement augmenter la flotte !
* La célèbre Jeanne D’arc ne serait
pas la petite gardeuse de moutons, née dans le
petit village de Don Rémi en France et brûlée
vive pour avoir lutté vaillamment contre les
Anglais en 1431. Non, l’ont écrit Marcel
Gay et Roger Senzig qui ont fait des recherches sur
le cas de celle que tous les Français connaissent
et aiment depuis leur plus jeune âge : Jeanne
était d’extraction noble, née à
Paris, tout à fait cultivée et elle vécut
même cinq ans après sa mort présumée.
La personne qui a brûlé sur le bûcher,
dont la tête était couverte, n’était
donc pas Jeanne ! Les auteurs de «l’Affaire
Jeanne d’Arc » affirment que les historiens
qui partagent son point de vue (ils seraient pas moins
d’une cinquantaine) n’osent pas dévoiler
la chose tant dans l’imaginaire français,
cette image mythique doit être protégée
! Mais au fond, ce n’est certainement pas qu’en
France, si cela se confirme, qu’on aura tordu
le coup à l’histoire.
* Chez nous, « L'Evénement » a attrait
« Sidwaya » en justice le 12 novembre 2007
à 15 h au Palais de justice de Ouagadougou, pour
propos diffamatoires publiés en septembre dernier
dans l’affaire dite affaire Newton Ahmed Barry.
Affaire à suivre…
* Incroyable : le budget des USA est 20 fois supérieur
à celui de tous les pays de l’Union Européenne
!
* Le chef de l’Etat camerounais Paul Biya était
reçu en France cette semaine par Nicolas Sarkozy.
« Matin Plus », ce journal gratuit qu’on
distribue notamment dans les métros et qui appartient
à Bolloré, a comme par hasard mis à
la Une le président camerounais juste avant sa
visite. Il y est décrit comme un président
voulant « démocratiser son pays ».
Pas innocent du tout, dénoncent certains comme
Survie : il s’agit pour Bolloré d’obtenir
le contrat pour la construction du chemin de fer reliant
le Cameroun et la Centrafrique (pas moins de 800 km)
! Mais c’est devenu monnaie courante que dans
ce genre de médias, de plus en plus aux mains
d’ industriels, on fasse la prodada de certains
chefs d’Etat africains. « Direct Soir »
(un autre de ces canards gratuits de Bolloré)
l’a fait il y a peu de Blaise Compaoré.
C’est un échange de bons procédés
pour faire de bonnes affaires, on n’a pas de scrupules,
on n’hésite pas à enfariner le peuple
!
*
Nous apprenons qu’en France « Une réflexion
va être engagée avec les différents
acteurs pour permettre une meilleure répartition
du gâteau publicitaire, sans qu'aucun média
ne soit défavorisé ». C’est
Christine Albanel, ministre de la Culture et de la communication,
qui l’a dit au quotidien Le Monde. A quand au
Faso une réflexion du même type qui s’avère
peut-être plus urgente que dans l’hexagone
?
* Et pour finir, un mot sur cette fameuse affaire dite
des Kunde qui avait tant défrayé la chronique
en début d’année et dont on n’entend
plus parler. On se rappelle que dans cette histoire,
on avait mis la main sur deux jeunes qui passaient pour
des suspects plus que sérieux. Depuis, ils croupissent
depuis en prison. Mais comme si l’affaire voulait
résister à l’érosion du temps,
en raison de son caractère particulièrement
odieux, voilà qu’une femme aurait été
retrouvée morte après leur incarcération,
et dans le même état de dépiècement
que les victimes de l’affaire des Kunde. Un témoin
serait entendu depuis un certain temps qui aurait révélé
que le jour où les corps ont été
retrouvés, il aurait rencontré trois personnes
tenant des sacs s’apparentant aux sacs retrouvés
avec les corps. Il aurait reçu des menaces parce
qu’il les regardait avec insistance. On peut se
demander pourquoi ce n’est que maintenant que
ces révélations sont faites, si tout cela
est vrai, mais en tout cas voilà des rumeurs
qui, vérifiées, pourraient effectivement
relancer le dossier.