*
Il semble que les délégués des
militaires en protestation qu’on accusait d’avoir
cédé aux sirènes de la corruption,
n’aient pas, malgré la tentation, succombé.
La rumeur dit que quelqu’un aurait proposé
à chacun d’entre eux, 10 millions fcfa
s’ils signaient des décharges. Auraient-ils
eu peur de laisser des traces ou auraient-ils refusé
la corruption car étant des hommes intègres
? On ne le saura peut-être jamais !
* Bravo à la grande organisation Interpol qui,
grâce à deux années de recherches,
a pu mettre la main sur un dangereux pédophile
canadien, enseignant en Thaïlande ! Celui-ci,
qui avait pris des photos de lui-même (brouillées)
quand il violait des enfants pour les mettre sur Internet
à l’attention de tous les pédophiles
du monde, ne savait pas qu’Interpol allait pouvoir
détecter son image par la magie de la science.
Une fois sa photo diffusée dans le monde, il
a été reconnu et a été
arrêté le vendredi passé. Encore
un grand coup de chapeau à Interpol !
* Dans notre « Tribune de la femme » de
la semaine passée, nous expliquions le cas
de Patricia Etteh, la présidente du parlement
nigérian qui était au cœur d’un
scandale portant sur 628 millions de dollars US. Eh
bien, on vient d’apprendre que le parti dont
elle est issue, le parti au pouvoir (le Parti démocratique
populaire PDP), lui a demandé de laisser la
place à un intérimaire pour diriger
les débats sur un rapport l'impliquant dans
un scandale portant sur 628 millions de dollars américains.
Jusqu’à présent, ce parti disait
qu’il fallait d’abord que sa culpabilité
soit prouvée avant que des sanctions ne tombent.
On dirait bien que les choses tournent en défaveur
de la présidente surtout que la semaine passée,
il y eut justement des coups donnés à
l’Assemblée entre partisans et contempteurs
de Mme Etteh et que cela a abouti à la mort
d’un député qui aurait eu une
crise cardiaque suite à la rixe généralisée.
Affaire à suivre…
* Le 1er Novembre n’est plus très loin.
Cette fête de l’armée sera-t-elle
célébrée chez nous comme il faut
? Beaucoup en doutent, qui pensent que la grogne dans
l’armée ne conseillerait pas de grandes
mobilisations. Une gerbe ou une cérémonie
de pure forme suffirait, à ce qu’on dit.
Pour le 11 décembre, respectera-t-on par contre
les annonces qui prévoient des manifestations
? Là-dessus, bien malin qui pourra le dire.
* Le gouverneur intérimaire de la BCEAO, Damo
Justin Baro, dit-il la vérité vraie
quand il affirme haut et fort : «A aucun moment
je n'ai entendu parler de dévaluation.»
? On se le demande car cette question est sur toutes
les lèvres et est reprise par nombre de médias.
Tenez, Xavier Musca, directeur général
du Trésor français, vient de dire que
la parité assure même « la crédibilité
de la monnaie », précisant même
que « le choix final du régime de change
est entre les mains des Africains ». Si dévaluation
il y a, ce ne sera donc pas leur faute, ce sera encore
la faute des dirigeants africains, c’est ce
qu’il faut comprendre. En tout état de
cause, le doute est dans tous les esprits. On se souvient
que des propos du genre avaient été
tenus en 1994 et que peu de temps, après, on
avait eu droit à une terrible dévaluation.
* Me Prosper Farama est un de ces très rares
avocats, pour ne pas dire le seul, qui osent se prononcer
de manière critique sur la gestion du pouvoir.
En disant « chapeau bas » à ce
grand monsieur, voici quelques extraits de cet écrit
courageux qu’il a rédigé et qui
est paru dans Le Pays du 16/10/07 : «Dans 8
ans, en 2015, à la fin supposée du dernier
mandat de Blaise Compaoré, nous aurons près
de 45 ans, et nos enfants seront aux portes de l'université,
et Blaise Compaoré aura accumulé près
de 30 ans de pouvoir. Et c'est cela leur renaissance
démocratique ! Non. L'un des socles fondamentaux
de la démocratie, c'est le respect du principe
de l'alternance qui demeure la seule alternative possible
en démocratie. Quand un groupe d'hommes s'empare
et ‘confisque’ le pouvoir, cela ne saurait
être qualifié de démocratie. D'ailleurs,
dans ce 21e siècle, cette curiosité
démocratique, le Burkina Faso la partage avec
quelques rarissimes autres démocraties de son
genre, tels le Zimbabwe, le Gabon, le Togo ... et
nous en oublions certainement ».
* Les militaires ne sont pas contents qu’on
veuille les délocaliser, les chasser des villes.
Ils le font savoir à leurs supérieurs
en accusant, paraît-il, la chefferie coutumière
d’avoir conseillé une telle mesure à
Blaise Compaoré. Vrai ou faux ?
* Sur le front de mer à Dakar, une partie de
la pointe des Almadies (4 hectares) a été
vendue aux Américains pour la construction
de leur nouvelle ambassade. Ca fait beaucoup parler
car pour certains, c’est une atteinte à
la souveraineté nationale puisque c’est
par définition, un endroit stratégique
pour le pays, à ne vendre donc sous aucun prétexte.
Voici ce qu’en dit notre confrère Wal
Fadjri : «Sur le plan géographique, la
protection de la Pointe des Almadies relève
d’une question de dignité et de souveraineté
nationales.. elle devrait bénéficier
de la même considération que ces extrémités
du monde où finit la terre ». Il semble
même, selon le quotidien, que cette pointe ait
été classée depuis longtemps,
ainsi qu’on classe les monuments historiques,
comme site naturel à conserver en l’état.
Le journal signale que le prix de vente n’a
pas été rendu public mais surtout qu’
« avec cette nouvelle donne, la crainte des
défenseurs de l'environnement sénégalais
est que la totalité de la Pointe des Almadies
finisse par 'devenir un territoire américain'
». Affaire qui risque de finir au tribunal ?
A suivre en tout cas !
* Chez nous, à Ziniaré, le dernier Tournoi
du Parc animalier a connu une forte affluence. Il
y avait de multiples clubs féminins et masculins
notamment au niveau des sports de main : handball...
Le maître de céans, le chef de l’Etat
en personne, était tellement content qu’il
a distribué médaille sur médaille.
Même le lionceau des lieux aurait eu droit à
sa médaille. Excès de générosité
ou plaisanterie ? En tout cas, ça n’aurait
pas plu à tout le monde.
* L'affaire fait scandale. A la une du journal The
Independent, on peut lire ceci : « Les Africains
sont moins intelligents que les Occidentaux ».
Ces propos sont ceux que vient de tenir James Watson,
biologiste et généticien âgé
aujourd’hui de 79 ans, et récompensé
en 1962 par le prix Nobel de médecine pour
avoir explicité la structure en double hélice
de l'ADN. Il estime que "les politiques d'aide
à l'Afrique noire ne peuvent pas fonctionner
car elles reposent sur l'idée que les Noirs
sont aussi intelligents que nous ; or toutes les données
prouvent le contraire". Courrier International,
qui répercute l’élément,
rappelle que « Cette sortie raciste, gravissime
de la part d'un ancien prix Nobel, n'est toutefois
par la première de James Watson. En 1997, il
avait affirmé à un journal britannique
qu'une femme devrait avoir le droit d'avorter si son
enfant portait des gènes homosexuels ».
Et le quotidien d’interpeller Axel Kahn, l’un
des plus grands généticiens français,
qui dit de ne pas être étonné
des propos de Watson et qui conclue : «On peut
être un grand scientifique et ne pas être
un grand homme». Comme il a raison !
* Chez nous, avec la situation qui est de plus en
plus bizarre et les sacrifices qu’on voit partout
dans les villages et même dans les villes, il
y en a en bas qui recommandent aux familles qui ont
des bossus, des albinos, des nains, des enfants encéphalopathes,
de bien les garder à la maison. D’ici
qu’ils soient utilisés comme sacrifices,
ce n’est pas loin ! C’est évidemment
Ouaga avec ces rumeurs qui parfois, hélas,
ne sont pas aussi folles que ça !
* Il fallait s’y attendre : la Suède
et la Finlande ont rejoint la Grande-Bretagne pour
refuser la présence du président zimbabwéen
Robert Mugabe au sommet UE-Afrique qui se déroulera
les 8 et 9 décembre prochain à Lisbonne.
Nicolas Sarkozy a annoncé juste après,
le 19 octobre précisément, qu’il
participerait au Sommet. Est-ce parce qu’il
se trouvait justement au Portugal qu’il a voulu
faire plaisir aux dirigeants du pays ? La rupture,
en tout cas, aurait consisté à dire
comme les pays nordiques, qu’il y enverrait
plutôt une délégation de moindre
niveau. Tout le monde aurait compris qu’il ajustait
ses actes à ses propos et se serait félicité
de ce qu’il ne cautionne pas ces dictatures
qu’il dénonce avec force, allant même
jusqu’à dire qu’il faut aider à
l’arrestation des autocrates pour les envoyer
devant les tribunaux internationaux.
* Toujours sur ce sommet, et parallèlement,
des ONG se braquent contre la participation du Soudan
à ce sommet, estimant qu’au vu du passé
et de tout ce qui s’y déroule actuellement,
ce serait valider le génocide en cours.
* Des députés burundais ont marché
pour protester contre la gouvernance de leur pays
et le mépris des droits de l’opposition.
On en parle comme d’une grande première.
Eh bien, s’il y a une grande première,
le Burkina Faso vient en tout cas avant le Burundi
car le 22 avril 2004, les députés de
l’opposition ont aussi marché sur le
premier Ministère pour protester contre l’annonce
de la remise en cause unilatérale du consensus
qui avait abouti à l’adoption de mesures
politiques et institutionnelles plus favorables pour
l’opposition. Même si le pouvoir est passé
en force comme on sait, et avec les conséquences
que l’on sait, les opposants députés
n’en ont pas moins marché !
* L’eau va à la rivière, a-t-on
coutume de dire : eh bien, on peut dire que c’est
vrai, en tout cas au niveau des dons accordés
à des pays africains. Le président brésilien,
Da Silva Lula était chez nous, l’un des
pays les plus pauvres du monde et il n’a pas
ouvert le porte-monnaie, à ce qu’on sache.
Trois jours plus tard en Angola, il a cassé
la tirelire du Brésil pour faire un don d’un
milliard de dollars pour ce pays si riche en pétrole
et autres ressources minières. Quel monde injuste
!
* Au camp de l’Unité, à Ouagadougou,
un adjudant chef major, spécialisé en
radiologie, doit partir à la retraite à
la fin de ce mois, sans remplaçant. Conséquence
: dans ce camp, où en plus des militaires,
les civils venaient bénéficier des services
de ce spécialiste, ça fait beaucoup
de mécontents.
* Et maintenant, une nouvelle insolite : un brasseur
néo-zélandais a promis de fournir de
la bière à vie à toute personne
capable de donner des informations permettant de retrouver
un ordinateur volé, qui contient des données
précieuses pour son entreprise.
* Les manifestations pour la commémoration
du 20 ème anniversaire de l’arrivée
de Blaise Compaoré au pouvoir ont continué,
après le 15 Octobre. Comme s’ils étaient
soucieux de relever le défi, ils ont mis les
bouchées doubles pour finir en beauté.
A Pô, les « mouvanciers » ont drainé
du monde par dizaine de cars pour le pèlerinage
aux sources de l’ « aventure ».
Là, des questions ont été posées,
les unes accommodantes, les autres teintées
d’audace, comme celles qui avaient trait à
Thomas Sankara, au chômage, à la désespérance
des jeunes. Mais devant un parterre de notabilités,
on a causé et après, on a chanté,
dansé, ri et mangé. Bien vrai que quelques
abeilles ont pu tromper la vigilance de la sécurité
pour s’inviter « mallement » à
la cause mais celle-ci s’est finalement bel
et bien tenue. Au Stade du 4 août le 20 Octobre,
ce fut une espèce de bouquet final selon la
tradition des grands rassemblements populaires que
le pouvoir sait si bien organiser. On a fait venir
de toutes les provinces, des milliers de gens qui
ont assisté à des prestations d’artistes
de renom. Blaise Compaoré est venu s’immerger
dans l’ambiance pour qu’on immortalise
le moment afin de faire mentir ceux qui vont, disant
qu’il n’est pas immergé dans son
peuple. Et puis il y a eu le feu d’artifice,
qui a éclairé Ouagadougou de ses lumières.
Après cela, le chef de l’Etat serait
parti sur Bobo.
* Chez nous, ce dernier trimestre n’est pas
parti pour être un trimestre de tout repos pour
le pouvoir. Bien qu’il essaie d’y faire
face en le parsemant d’activités, il
y a des crêtes d’évènements
vis-à-vis desquels il a -ou il risque- d’accuser
de grands coups. C’est déjà le
cas pour le 15 Octobre qui n’a pas tourné
en sa faveur. Il y a aussi que, comme le rapporte
« Le Devoir » du 15 octobre 2007, «
Le Comité des droits de l'homme de l'ONU devrait
évaluer les mesures prises par le gouvernement
burkinabé cet automne ». Cela risque
d’enfoncer le clou au vu de l’immobilisme
du dossier ! Pendant ce temps, les syndicalistes,
que beaucoup critiquent, risquent de se réveiller
pour se mettre au diapason de leurs troupes. Que dire
alors du 13 décembre dont tout indique qu’il
va connaître une conjonction de mécontentements
avec peut-être la décision de déclarer
l’année 2008, Année Norbert Zongo,
comme le demandent les Femmes en noir ?