Mise à jour le 21/10/2007
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San Finna N°436 du 22 au 28 Octobre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

Tribune de la femme

* Il semble que les délégués des militaires en protestation qu’on accusait d’avoir cédé aux sirènes de la corruption, n’aient pas, malgré la tentation, succombé. La rumeur dit que quelqu’un aurait proposé à chacun d’entre eux, 10 millions fcfa s’ils signaient des décharges. Auraient-ils eu peur de laisser des traces ou auraient-ils refusé la corruption car étant des hommes intègres ? On ne le saura peut-être jamais !

* Bravo à la grande organisation Interpol qui, grâce à deux années de recherches, a pu mettre la main sur un dangereux pédophile canadien, enseignant en Thaïlande ! Celui-ci, qui avait pris des photos de lui-même (brouillées) quand il violait des enfants pour les mettre sur Internet à l’attention de tous les pédophiles du monde, ne savait pas qu’Interpol allait pouvoir détecter son image par la magie de la science. Une fois sa photo diffusée dans le monde, il a été reconnu et a été arrêté le vendredi passé. Encore un grand coup de chapeau à Interpol !

* Dans notre « Tribune de la femme » de la semaine passée, nous expliquions le cas de Patricia Etteh, la présidente du parlement nigérian qui était au cœur d’un scandale portant sur 628 millions de dollars US. Eh bien, on vient d’apprendre que le parti dont elle est issue, le parti au pouvoir (le Parti démocratique populaire PDP), lui a demandé de laisser la place à un intérimaire pour diriger les débats sur un rapport l'impliquant dans un scandale portant sur 628 millions de dollars américains. Jusqu’à présent, ce parti disait qu’il fallait d’abord que sa culpabilité soit prouvée avant que des sanctions ne tombent. On dirait bien que les choses tournent en défaveur de la présidente surtout que la semaine passée, il y eut justement des coups donnés à l’Assemblée entre partisans et contempteurs de Mme Etteh et que cela a abouti à la mort d’un député qui aurait eu une crise cardiaque suite à la rixe généralisée. Affaire à suivre…

* Le 1er Novembre n’est plus très loin. Cette fête de l’armée sera-t-elle célébrée chez nous comme il faut ? Beaucoup en doutent, qui pensent que la grogne dans l’armée ne conseillerait pas de grandes mobilisations. Une gerbe ou une cérémonie de pure forme suffirait, à ce qu’on dit. Pour le 11 décembre, respectera-t-on par contre les annonces qui prévoient des manifestations ? Là-dessus, bien malin qui pourra le dire.

* Le gouverneur intérimaire de la BCEAO, Damo Justin Baro, dit-il la vérité vraie quand il affirme haut et fort : «A aucun moment je n'ai entendu parler de dévaluation.» ? On se le demande car cette question est sur toutes les lèvres et est reprise par nombre de médias. Tenez, Xavier Musca, directeur général du Trésor français, vient de dire que la parité assure même « la crédibilité de la monnaie », précisant même que « le choix final du régime de change est entre les mains des Africains ». Si dévaluation il y a, ce ne sera donc pas leur faute, ce sera encore la faute des dirigeants africains, c’est ce qu’il faut comprendre. En tout état de cause, le doute est dans tous les esprits. On se souvient que des propos du genre avaient été tenus en 1994 et que peu de temps, après, on avait eu droit à une terrible dévaluation.

* Me Prosper Farama est un de ces très rares avocats, pour ne pas dire le seul, qui osent se prononcer de manière critique sur la gestion du pouvoir. En disant « chapeau bas » à ce grand monsieur, voici quelques extraits de cet écrit courageux qu’il a rédigé et qui est paru dans Le Pays du 16/10/07 : «Dans 8 ans, en 2015, à la fin supposée du dernier mandat de Blaise Compaoré, nous aurons près de 45 ans, et nos enfants seront aux portes de l'université, et Blaise Compaoré aura accumulé près de 30 ans de pouvoir. Et c'est cela leur renaissance démocratique ! Non. L'un des socles fondamentaux de la démocratie, c'est le respect du principe de l'alternance qui demeure la seule alternative possible en démocratie. Quand un groupe d'hommes s'empare et ‘confisque’ le pouvoir, cela ne saurait être qualifié de démocratie. D'ailleurs, dans ce 21e siècle, cette curiosité démocratique, le Burkina Faso la partage avec quelques rarissimes autres démocraties de son genre, tels le Zimbabwe, le Gabon, le Togo ... et nous en oublions certainement ».

* Les militaires ne sont pas contents qu’on veuille les délocaliser, les chasser des villes. Ils le font savoir à leurs supérieurs en accusant, paraît-il, la chefferie coutumière d’avoir conseillé une telle mesure à Blaise Compaoré. Vrai ou faux ?

* Sur le front de mer à Dakar, une partie de la pointe des Almadies (4 hectares) a été vendue aux Américains pour la construction de leur nouvelle ambassade. Ca fait beaucoup parler car pour certains, c’est une atteinte à la souveraineté nationale puisque c’est par définition, un endroit stratégique pour le pays, à ne vendre donc sous aucun prétexte. Voici ce qu’en dit notre confrère Wal Fadjri : «Sur le plan géographique, la protection de la Pointe des Almadies relève d’une question de dignité et de souveraineté nationales.. elle devrait bénéficier de la même considération que ces extrémités du monde où finit la terre ». Il semble même, selon le quotidien, que cette pointe ait été classée depuis longtemps, ainsi qu’on classe les monuments historiques, comme site naturel à conserver en l’état. Le journal signale que le prix de vente n’a pas été rendu public mais surtout qu’ « avec cette nouvelle donne, la crainte des défenseurs de l'environnement sénégalais est que la totalité de la Pointe des Almadies finisse par 'devenir un territoire américain' ». Affaire qui risque de finir au tribunal ? A suivre en tout cas !

* Chez nous, à Ziniaré, le dernier Tournoi du Parc animalier a connu une forte affluence. Il y avait de multiples clubs féminins et masculins notamment au niveau des sports de main : handball... Le maître de céans, le chef de l’Etat en personne, était tellement content qu’il a distribué médaille sur médaille. Même le lionceau des lieux aurait eu droit à sa médaille. Excès de générosité ou plaisanterie ? En tout cas, ça n’aurait pas plu à tout le monde.

* L'affaire fait scandale. A la une du journal The Independent, on peut lire ceci : « Les Africains sont moins intelligents que les Occidentaux ». Ces propos sont ceux que vient de tenir James Watson, biologiste et généticien âgé aujourd’hui de 79 ans, et récompensé en 1962 par le prix Nobel de médecine pour avoir explicité la structure en double hélice de l'ADN. Il estime que "les politiques d'aide à l'Afrique noire ne peuvent pas fonctionner car elles reposent sur l'idée que les Noirs sont aussi intelligents que nous ; or toutes les données prouvent le contraire". Courrier International, qui répercute l’élément, rappelle que « Cette sortie raciste, gravissime de la part d'un ancien prix Nobel, n'est toutefois par la première de James Watson. En 1997, il avait affirmé à un journal britannique qu'une femme devrait avoir le droit d'avorter si son enfant portait des gènes homosexuels ». Et le quotidien d’interpeller Axel Kahn, l’un des plus grands généticiens français, qui dit de ne pas être étonné des propos de Watson et qui conclue : «On peut être un grand scientifique et ne pas être un grand homme». Comme il a raison !

* Chez nous, avec la situation qui est de plus en plus bizarre et les sacrifices qu’on voit partout dans les villages et même dans les villes, il y en a en bas qui recommandent aux familles qui ont des bossus, des albinos, des nains, des enfants encéphalopathes, de bien les garder à la maison. D’ici qu’ils soient utilisés comme sacrifices, ce n’est pas loin ! C’est évidemment Ouaga avec ces rumeurs qui parfois, hélas, ne sont pas aussi folles que ça !

* Il fallait s’y attendre : la Suède et la Finlande ont rejoint la Grande-Bretagne pour refuser la présence du président zimbabwéen Robert Mugabe au sommet UE-Afrique qui se déroulera les 8 et 9 décembre prochain à Lisbonne. Nicolas Sarkozy a annoncé juste après, le 19 octobre précisément, qu’il participerait au Sommet. Est-ce parce qu’il se trouvait justement au Portugal qu’il a voulu faire plaisir aux dirigeants du pays ? La rupture, en tout cas, aurait consisté à dire comme les pays nordiques, qu’il y enverrait plutôt une délégation de moindre niveau. Tout le monde aurait compris qu’il ajustait ses actes à ses propos et se serait félicité de ce qu’il ne cautionne pas ces dictatures qu’il dénonce avec force, allant même jusqu’à dire qu’il faut aider à l’arrestation des autocrates pour les envoyer devant les tribunaux internationaux.

* Toujours sur ce sommet, et parallèlement, des ONG se braquent contre la participation du Soudan à ce sommet, estimant qu’au vu du passé et de tout ce qui s’y déroule actuellement, ce serait valider le génocide en cours.

* Des députés burundais ont marché pour protester contre la gouvernance de leur pays et le mépris des droits de l’opposition. On en parle comme d’une grande première. Eh bien, s’il y a une grande première, le Burkina Faso vient en tout cas avant le Burundi car le 22 avril 2004, les députés de l’opposition ont aussi marché sur le premier Ministère pour protester contre l’annonce de la remise en cause unilatérale du consensus qui avait abouti à l’adoption de mesures politiques et institutionnelles plus favorables pour l’opposition. Même si le pouvoir est passé en force comme on sait, et avec les conséquences que l’on sait, les opposants députés n’en ont pas moins marché !

* L’eau va à la rivière, a-t-on coutume de dire : eh bien, on peut dire que c’est vrai, en tout cas au niveau des dons accordés à des pays africains. Le président brésilien, Da Silva Lula était chez nous, l’un des pays les plus pauvres du monde et il n’a pas ouvert le porte-monnaie, à ce qu’on sache. Trois jours plus tard en Angola, il a cassé la tirelire du Brésil pour faire un don d’un milliard de dollars pour ce pays si riche en pétrole et autres ressources minières. Quel monde injuste !

* Au camp de l’Unité, à Ouagadougou, un adjudant chef major, spécialisé en radiologie, doit partir à la retraite à la fin de ce mois, sans remplaçant. Conséquence : dans ce camp, où en plus des militaires, les civils venaient bénéficier des services de ce spécialiste, ça fait beaucoup de mécontents.

* Et maintenant, une nouvelle insolite : un brasseur néo-zélandais a promis de fournir de la bière à vie à toute personne capable de donner des informations permettant de retrouver un ordinateur volé, qui contient des données précieuses pour son entreprise.

* Les manifestations pour la commémoration du 20 ème anniversaire de l’arrivée de Blaise Compaoré au pouvoir ont continué, après le 15 Octobre. Comme s’ils étaient soucieux de relever le défi, ils ont mis les bouchées doubles pour finir en beauté. A Pô, les « mouvanciers » ont drainé du monde par dizaine de cars pour le pèlerinage aux sources de l’ « aventure ». Là, des questions ont été posées, les unes accommodantes, les autres teintées d’audace, comme celles qui avaient trait à Thomas Sankara, au chômage, à la désespérance des jeunes. Mais devant un parterre de notabilités, on a causé et après, on a chanté, dansé, ri et mangé. Bien vrai que quelques abeilles ont pu tromper la vigilance de la sécurité pour s’inviter « mallement » à la cause mais celle-ci s’est finalement bel et bien tenue. Au Stade du 4 août le 20 Octobre, ce fut une espèce de bouquet final selon la tradition des grands rassemblements populaires que le pouvoir sait si bien organiser. On a fait venir de toutes les provinces, des milliers de gens qui ont assisté à des prestations d’artistes de renom. Blaise Compaoré est venu s’immerger dans l’ambiance pour qu’on immortalise le moment afin de faire mentir ceux qui vont, disant qu’il n’est pas immergé dans son peuple. Et puis il y a eu le feu d’artifice, qui a éclairé Ouagadougou de ses lumières. Après cela, le chef de l’Etat serait parti sur Bobo.

* Chez nous, ce dernier trimestre n’est pas parti pour être un trimestre de tout repos pour le pouvoir. Bien qu’il essaie d’y faire face en le parsemant d’activités, il y a des crêtes d’évènements vis-à-vis desquels il a -ou il risque- d’accuser de grands coups. C’est déjà le cas pour le 15 Octobre qui n’a pas tourné en sa faveur. Il y a aussi que, comme le rapporte « Le Devoir » du 15 octobre 2007, « Le Comité des droits de l'homme de l'ONU devrait évaluer les mesures prises par le gouvernement burkinabé cet automne ». Cela risque d’enfoncer le clou au vu de l’immobilisme du dossier ! Pendant ce temps, les syndicalistes, que beaucoup critiquent, risquent de se réveiller pour se mettre au diapason de leurs troupes. Que dire alors du 13 décembre dont tout indique qu’il va connaître une conjonction de mécontentements avec peut-être la décision de déclarer l’année 2008, Année Norbert Zongo, comme le demandent les Femmes en noir ?





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