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San Finna N°435 du 15 au 21 Octobre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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MAL GOUVERNANCE AU NIGERIA
LA PREMIERE FEMME PRESIDENTE DU PARLEMENT
EN ATTENTE DE DESTITUTION ?

Madame Patricia Etteh est la présidente de l’Assemblée générale du Nigeria. C’est la première fois dans ce pays qu’une femme accède à ce poste, qui est dans la hiérarchie, le 4ème de l’Etat. On peut comprendre le bruit que cela a fait en son temps, puisque propulsant le Nigeria en bonne position au nombre des pays qui ne parlent pas seulement de la politique « Genre » avec la bouche ! Toutefois, il n’y a pas eu que des heureux. Il y avait des mécontents qui n’arrivaient pas à avaler qu’une femme, partie pour ainsi dire de rien (esthéticienne), ait pu brûler la politesse aux professionnels griffés de la politique, pour venir ravir une telle sinécure. Cette prouesse, si elle la devait à une expérience sur le terrain, à des qualités intellectuelles, à quelque service rendu au pays, on aurait pu l’accepter mais voilà : si elle a été bombardée à la présidence de l’Assemblée, c’est tout simplement, dit-on, parce qu’elle est une grande amie de Olosogun Obasanjo qui, avant de partir, a comme on le sait, pris soin de truffer le pouvoir de ses femmes et de ses hommes. Sait-on jamais, par ces temps où les retraites des anciens chefs d’Etat sont devenues si précaires ! C’est dire que rien ne devait être donné à cette femme et surtout pas avec des syndicalistes et des opposants, alliés dans une espèce de guerre sainte contre un pouvoir qu’ils estiment corrompu et dangereux à l’extrême pour le pays. Et puis voilà que leur tombe du ciel, entre les mains, une occasion en or pour enfoncer les lignes de leur ennemi qui, s’il ne rend pas les armes, sera quelque peu déstabilisé ?

Quelle est donc cette sacrée aubaine ?

C’est un gros scandale qui vient de frapper de plein fouet la présidente du Parlement.

Il faut d’abord relever que pour elle, les choses avaient commencé à sentir le roussi lorsque la révélation avait été faite que pour les seules rénovations de sa résidence officielle et de celle de son adjointe, elle avait dépensé pas moins de 628 millions de nairas (soit plus de 5 millions de dollars US), que pour tenir son rang, elle avait sur la lancée, acheté 12 voitures officielles, dont une Mercedes qui a coûté la bagatelle de 200.000 dollars US (plus de 100 millions de FCFA).
Voilà de quoi donner le tournis à bien de Nigérians et qui arrive à point nommé pour ses opposants. Depuis, ces derniers ne tarissent pas de critiques, alléguant que cette somme est faramineuse, indécente dans un pays où plus de 70 % des citoyens vivent avec moins d’1 dollar US par jour.

Pour l’ex leader syndical, Adams Oshiomhole, Patricia Etteh n’est plus en mesure d’exercer la fonction qu’elle occupe.

Alors que ce scandale bat son plein, un autre s’y ajoute : l’affaire de la falsification de ses diplômes.

Elle a beau jurer la main sur le cœur qu’elle ne renie pas ses origines ni sa condition, que tout le monde sait qu’elle a fait des études de droit et de sciences politiques, on ne la croit pas. Les critiques ont tellement monté en flèche qu’il a été décidé d’y voir plus clair dans tout cela en mettant notamment sur pied, pour commencer, une commission parlementaire autour des conditions d’octroi et d’utilisation des 628 millions de nairas. Les résultats, qui n’ont pas tardé à tomber, sont catastrophiques pour la Présidente. La commission a en effet conclu que la procédure n’avait pas été respectée dans l’attribution des contrats, que ceux-ci n’ont pas fait l’objet d’appels d’offres, que quelques-unes des entreprises ayant réalisé les travaux, n’étaient pas enregistré et que, tout aussi grave, l’argent débloqué ne figurait pas au budget de l’Assemblée pour l’exercice 2007.

Le rapport de la commission doit venir en plénière après les vacances parlementaires, mais l’opposition et les syndicalistes n’attendent pas pour demander la démission de Patricia Etteh. Ainsi, le fait le parti Action Congress (AC) Opposition qui, dans un communiqué, estime qu’en partant alors qu’il est encore temps permettrait à Patricia Etteh de sauvegarder « ce qui lui reste d’intégrité ainsi que celle de la fonction du président du Parlement », car indique le parti, il n’a pas seulement suffi à cette femme d’être mise en accusation par une commission de camarades parlementaires, « elle a également perdu le contrôle de l’Assemblée après que son manque de discrétion ait entraîné une bagarre honteuse avec échange de coups entre d’honorables membres ordinaires ».

Voilà dans quelle situation se trouve la 1ère femme présidente de l’Assemblée nationale du Nigeria. La politique « Genre » n’étant pas incompatible avec la bonne gouvernance, si Mme Etteh était convaincue des faits qui lui sont reprochés, elle ne devrait s’en prendre qu’à elle-même surtout qu’elle savait depuis le début qu’elle était suivie comme le lait sur le feu !

CY






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