San
Finna N°435 du
15 au 21 Octobre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
FRANCE
PREMIER ACCROC A LA POLITIQUE D’OUVERTURE
Le
projet de loi sur l’immigration divise la majorité
et les membres du gouvernement. Brice Hortefeux a été
contraint de revoir l’amendement sur les tests ADN,
puis de supprimer l’article 21, prévoyant
que les sans-papiers seront exclus des centres d’hébergement
d’urgence.
ADN.
Trois lettres et un premier accroc à la politique
d’ouverture voulue par Nicolas Sarkozy. Le projet
de loi de Brice Hortefeux sur le durcissement des conditions
du regroupement familial adopté par le Parlement
a soulevé un tollé. Plus particulièrement
l’amendement sur les tests ADN, qui prévoit
le recours à la génétique pour authentifier
les filiations mère enfant des migrants. Initialement,
le texte était destiné à vérifier
la validité des actes de naissance produits par
les candidats à l’immigration, et prévoyait
que les tests ADN seraient à la charge des migrants
si la filiation n’était pas établie.
Mais l’amendement a été revu par le
Sénat avant d’être finalement adopté,
une fois vidé de sa substance. Les tests ADN seront
à la charge de l’Etat. Et le tribunal de
grande instance de Nantes statuera sur « la nécessité
de faire procéder à ce test de filiation.
» Un renforcement des conditions d’utilisation
de la génétique, qui n’a pas désenflé
pour autant la polémique.
Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités
actives contre la pauvreté s’est déclaré
« pas favorable » à cette mesure. Puis
Fadela Amara, ex-présidente de « Ni putes
Ni soumises » et secrétaire d’Etat
auprès du ministre du Logement et de la Ville,
a dénoncé un texte « dégueulasse
». Avant de regretter que le problème de
l’immigration ne soit « instrumentalisé
par le pouvoir ». Son franc-parler a heurté
la majorité, au sein de laquelle des voix discordantes
se sont aussi fait entendre. L’ancien Premier ministre
Dominique de Villepin, qui multiplie depuis quelques jours
les tacles à l’intention du gouvernement,
a affirmé plusieurs fois son opposition au texte.
Quant à Charles Pasqua, ancien ministre de l’Intérieur
et réputé pour ne pas être tendre
sur le sujet, il a estimé que l’amendement
sur les tests ADN « renvoie à des heures
sombres » de l’Histoire de France.
Une pétition demandant le retrait du texte a été
lancée par SOS Racisme et le journal Charlie Hebdo.
Mais François Fillon a balayé d’un
revers de mot la polémique, considérant
que l’opposition s’attachait à un «
détail ».
Dans la foulée, le gouvernement a reculé
sur l’article 21 du projet de loi. Celui-ci prévoyait
d’exclure les sans-papiers des centres d’hébergement
d’urgence. Face à la vindicte de l’opposition
et d’une partie de l’opinion publique, François
Fillon a annoncé le retrait pur et simple de l’article
controversé.
Quoi qu’il en soit, le projet de loi fait débat.
Et s’ajoute à l’absence remarquée
de Nicolas Sarkozy et des membres du gouvernement, lors
de l’inauguration la semaine dernière, de
la première Cité de l’immigration
à Paris. Le président de la République
ne s’est pas exprimé pour le moment sur l’amendement
des tests ADN. A croire que l’Etat préfère
voir débattre l’opposition du projet de loi
sur l’immigration, que de la croissance en berne.
L’INSEE (Institut national des statistiques et des
études économiques) a revu ses prévisions
à la baisse, avec une croissance en 2007 de 1,8%.
A l’Elysée, on tablait sur une croissance
comprise entre 2 et 2,5%.