| MEME
SI LA PRESENCE DE LULA ETAIT L’OBJET DE CALCULS,
A LA LIMITE, ET ALORS ?
L’annonce
de la venue de Lula au Burkina Faso semble causer
une certaine panique dans quelque rang de l’opposition.
Sans chercher à savoir le pourquoi et le
comment de la venue annoncée du président
brésilien au Faso, voilà en effet
que les mauvaises langues perdent le sommeil et
se mettent déjà à vouloir exorciser
une maison inhabitée par le diable. Pourtant,
un peu d’effort et d’objectivité
auraient pu leur faire comprendre que la venue de
Lula était programmée depuis longtemps,
que le calendrier étant déjà
arrêté, le Burkina Faso ne pouvait
pas le bouleverser d’autant que sa visite
implique plusieurs pays, et pas le seul Burkina
Faso. Le 14, Lula et le Premier ministre indien
Manmohan Singh sont attendus en Afrique du Sud pour
un sommet avec le président Thabo Mbeki.
Le 15, le président brésilien entamera
à partir de Ouagadougou, une tournée
africaine qui l’amènera à visiter
5 pays de l’Afrique subsaharienne. Voilà
le fin mot de l’histoire. Ce qu’il faut
savoir aussi, c’est que Blaise Compaoré
s’était déjà rendu au
Brésil où il a signé avec Lula
en septembre 2003, un protocole de coopération
économique, politique et culturelle incluant
une assistance en matière d'importation des
antirétroviraux (ARV) en générique.
Rien d’étonnant qu’il veuille
rendre la politesse à son homologue. Par
ailleurs, pour rabattre le caquet de tous les cancaniers,
il n’est pas indifférent de souligner
que Lula, président du Brésil et par
ailleurs grande figure de l’altermondialisme,
n’est pas un homme d’Etat pour rien
: il ne peut pas ignorer que ce 15 Octobre sera
célébré à la fois par
les Sankaristes et les autorités du pays
d’accueil. Il a pour l’en informer,
les médias, la voie diplomatique comme ses
services de renseignements. L’homme avait
tout le loisir de différer sa venue afin
de ne pas être source de polémique
et d’exploitation désagréable.
Si malgré tout, il a maintenu son programme
tel quel, c’est qu’il savait ce qu’il
faisait. Alors, s’il y en a qui ne sont pas
contents que le 15 Octobre organisé par le
pouvoir, puisse connaître la participation
de grandes personnalités de ce monde, qu’ils
s’en prennent à qui ils veulent mais
pas au président brésilien et encore
moins au pouvoir ! Lui ne se plaint pas, que les
altermondialistes et des personnalités étrangères
viennent s’ingérer dans les affaires
intérieures du pays à cette date.
Que diable !
TOMI.
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LE
POUVOIR VEUT EXPLOITER LA VENUE DE LULA POUR REHAUSSER
SON 15 OCTOBRE
La
coïncidence de la date d’arrivée
du président brésilien chez nous avec
la 1ère commémoration du 15 Octobre
par le pouvoir, n’est pas due au hasard. Tenter
de nous faire croire le contraire ne serait que
pure hypocrisie. Il ne faut pas s’étonner
que beaucoup en fassent des gorges chaudes. Si l’on
voulait un tant soit peu éviter les confusions
de genre qui en sont la cause et si par-dessus tout
on avait à cœur de ne pas embarrasser
le premier Brésilien, on aurait pris le soin
de lui toucher un mot sur le fait que sa venue tombait
sur une double commémoration du 15 Octobre.
Et si cette précaution avait été
prise, le pouvoir se serait grandi en informant
l’opinion. Par le fait, il aurait apporté
la preuve que c’est en toute connaissance
de cause que le premier Brésilien vient à
Ouagadougou à cette date-là. Mais
manifestement, tout semble montrer que des manœuvres
dolosives étaient bel et bien à l’origine
de l’adoption du calendrier, ce qui expliquerait
que le pouvoir ait gardé motus et bouche
cousue jusqu’au dernier moment avant d’
informer l’opinion de la venue de Lula le
15. C’est vrai qu’au détours
des conférences de presse, on a laissé
apparaître que sa visite avait été
déjà programmée et qu’elle
n’est pas forcément liée à
la célébration mais il y a dans les
explications alambiquées, une volonté
d’entretenir un flou artistique. Ce flou-là
évidemment jouera de façon négative
sur le commun des Burkinabé qui n’est
pas toujours outillé pour comprendre toutes
les subtilités politiques et diplomatiques.
Que le président brésilien ait en
fait été piégé, cela
sent à plein nez. Maintenant quels sont les
dividendes escomptés d’une telle manœuvre
? A la vérité, on n’en voit
pas beaucoup. Non seulement l’hôte risque
d’être quelque peu fâché
qu’on l’ait utilisé à
si bon compte mais cela pourrait aussi s’en
ressentir dans les relations futures entre les deux
dirigeants. La seule chose qui pourrait au stade
où nous nous trouvons, rattraper quelque
peu le coup, c’est de couper la poire en deux.
Lula Da Silva vient effectivement le 15 au Burkina
pour sa visite mais il profite de l’occasion
pour aller se recueillir sur la tombe de l’illustre
disparu Thomas Sankara. Au niveau des Sankaristes
comme des altermondialistes, cela aurait la vertu
de remettre avec panache les pendules à l’heure.
N’est-ce pas ?
TOZI.
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