Mise à jour le 07/10/2007
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San Finna N°434 du 08 au 14 Octobre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

LE POUVOIR VEUT-IL OU NON EXPLOITER
LA VENUE DU PRESIDENT BRESILIEN LULA DA SILVA
POUR SA MOBILISATION DU 15 OCTOBRE ?

Annoncé par un petit filet d’indiscrétion dans les médias, la chose a été ensuite confirmée par les responsables du parti au pouvoir : le Président Lula sera au Burkina Faso au moment des célébrations du 15 octobre. Il n’a pas été affirmé qu’il venait précisément pour la commémoration du 15 Octobre mais déjà, une polémique grandit dans l’opinion, mettant face à face deux camps. Le premier soutient que la concordance de la présence du président brésilien avec les manifestations est un simple hasard de calendrier sur lequel il ne faut pas pinailler. Le deuxième estime au contraire que tout a été fait pour relever la manifestation par la présence à cette période de Louis Ignacio Lula Da Silva. Deux sons de cloche.

MEME SI LA PRESENCE DE LULA ETAIT L’OBJET DE CALCULS, A LA LIMITE, ET ALORS ?

L’annonce de la venue de Lula au Burkina Faso semble causer une certaine panique dans quelque rang de l’opposition. Sans chercher à savoir le pourquoi et le comment de la venue annoncée du président brésilien au Faso, voilà en effet que les mauvaises langues perdent le sommeil et se mettent déjà à vouloir exorciser une maison inhabitée par le diable. Pourtant, un peu d’effort et d’objectivité auraient pu leur faire comprendre que la venue de Lula était programmée depuis longtemps, que le calendrier étant déjà arrêté, le Burkina Faso ne pouvait pas le bouleverser d’autant que sa visite implique plusieurs pays, et pas le seul Burkina Faso. Le 14, Lula et le Premier ministre indien Manmohan Singh sont attendus en Afrique du Sud pour un sommet avec le président Thabo Mbeki. Le 15, le président brésilien entamera à partir de Ouagadougou, une tournée africaine qui l’amènera à visiter 5 pays de l’Afrique subsaharienne. Voilà le fin mot de l’histoire. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que Blaise Compaoré s’était déjà rendu au Brésil où il a signé avec Lula en septembre 2003, un protocole de coopération économique, politique et culturelle incluant une assistance en matière d'importation des antirétroviraux (ARV) en générique. Rien d’étonnant qu’il veuille rendre la politesse à son homologue. Par ailleurs, pour rabattre le caquet de tous les cancaniers, il n’est pas indifférent de souligner que Lula, président du Brésil et par ailleurs grande figure de l’altermondialisme, n’est pas un homme d’Etat pour rien : il ne peut pas ignorer que ce 15 Octobre sera célébré à la fois par les Sankaristes et les autorités du pays d’accueil. Il a pour l’en informer, les médias, la voie diplomatique comme ses services de renseignements. L’homme avait tout le loisir de différer sa venue afin de ne pas être source de polémique et d’exploitation désagréable. Si malgré tout, il a maintenu son programme tel quel, c’est qu’il savait ce qu’il faisait. Alors, s’il y en a qui ne sont pas contents que le 15 Octobre organisé par le pouvoir, puisse connaître la participation de grandes personnalités de ce monde, qu’ils s’en prennent à qui ils veulent mais pas au président brésilien et encore moins au pouvoir ! Lui ne se plaint pas, que les altermondialistes et des personnalités étrangères viennent s’ingérer dans les affaires intérieures du pays à cette date. Que diable !




TOMI.

LE POUVOIR VEUT EXPLOITER LA VENUE DE LULA POUR REHAUSSER SON 15 OCTOBRE

La coïncidence de la date d’arrivée du président brésilien chez nous avec la 1ère commémoration du 15 Octobre par le pouvoir, n’est pas due au hasard. Tenter de nous faire croire le contraire ne serait que pure hypocrisie. Il ne faut pas s’étonner que beaucoup en fassent des gorges chaudes. Si l’on voulait un tant soit peu éviter les confusions de genre qui en sont la cause et si par-dessus tout on avait à cœur de ne pas embarrasser le premier Brésilien, on aurait pris le soin de lui toucher un mot sur le fait que sa venue tombait sur une double commémoration du 15 Octobre. Et si cette précaution avait été prise, le pouvoir se serait grandi en informant l’opinion. Par le fait, il aurait apporté la preuve que c’est en toute connaissance de cause que le premier Brésilien vient à Ouagadougou à cette date-là. Mais manifestement, tout semble montrer que des manœuvres dolosives étaient bel et bien à l’origine de l’adoption du calendrier, ce qui expliquerait que le pouvoir ait gardé motus et bouche cousue jusqu’au dernier moment avant d’ informer l’opinion de la venue de Lula le 15. C’est vrai qu’au détours des conférences de presse, on a laissé apparaître que sa visite avait été déjà programmée et qu’elle n’est pas forcément liée à la célébration mais il y a dans les explications alambiquées, une volonté d’entretenir un flou artistique. Ce flou-là évidemment jouera de façon négative sur le commun des Burkinabé qui n’est pas toujours outillé pour comprendre toutes les subtilités politiques et diplomatiques. Que le président brésilien ait en fait été piégé, cela sent à plein nez. Maintenant quels sont les dividendes escomptés d’une telle manœuvre ? A la vérité, on n’en voit pas beaucoup. Non seulement l’hôte risque d’être quelque peu fâché qu’on l’ait utilisé à si bon compte mais cela pourrait aussi s’en ressentir dans les relations futures entre les deux dirigeants. La seule chose qui pourrait au stade où nous nous trouvons, rattraper quelque peu le coup, c’est de couper la poire en deux. Lula Da Silva vient effectivement le 15 au Burkina pour sa visite mais il profite de l’occasion pour aller se recueillir sur la tombe de l’illustre disparu Thomas Sankara. Au niveau des Sankaristes comme des altermondialistes, cela aurait la vertu de remettre avec panache les pendules à l’heure. N’est-ce pas ?

TOZI.

Citation de la semaine

«tous les pays qui le souhaitent à se doter du nucléaire civil me semble risqué.»

Corinne Lepage, Présidente de Cap 21,
Ancienne ministre de l'Environnement






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