San
Finna N°433 du
01 au 07 Octobre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
LE
DIRECTEUR DES OPERATIONS DE LA BANQUE MONDIALE
POUR LE BURKINA ETAIT A LA SOFITEX
Le
Directeur des opérations pour le Burkina à
la Banque mondiale était en visite à la
Société des fibres textiles du Burkina Faso
(SOFITEX). Il était 13h 20mn ce dimanche 23 septembre
2007 quand la délégation conduite par Ishac
Dewan s’est immobilisée devant la ferme semencière
de Boni située dans le Tuy, localité se
trouvant à une vingtaine de km après Houndé.
Après les salutations d’usage, l’honneur
est revenu au Directeur général, monsieur
Célestin Tiendrébéogo, de faire découvrir
le savoir faire de la SOFITEX dans la production du coton,
à son hôte de marque. Accompagné d’une
forte délégation, monsieur Ishac Dewan a
pu ainsi toucher du doigt les difficultés auxquelles
est confrontée la Nationale des fibres textiles.
Les techniciens de la filière et du DG auront droit
de faire leur visite commentée à l’hôte
avant que ce dernier ne rencontre les producteurs de coton
dans une ambiance bon enfant à Houndé, la
capitale de la province du Tuy.
Comme il fallait s’y attendre et dans un langage
de vérité, le Président de l’Union
Provinciale des Producteurs de Coton du Tuy et les siens
ont égrainé un chapelet de difficultés
non contestables, liées aux aléas climatiques
de la campagne en cours.
En réponse aux préoccupations des producteurs,
l’hôte de marque leur a apporté son
soutien moral tout en les rassurant que la Banque Mondiale
serait en train des prendre des mesures idoines pour faire
face à leurs difficultés.
Le lundi 24 octobre à 08h30, le Directeur Général,
monsieur Célestin Tiendrébéogo et
ses plus proches collaborateurs attendaient la mission
de la Banque mondiale dans la cour de l’usine Bobo
III.
Accueilli avec ferveur à l’entrée
de l’Usine BOBO III par le DG et sa suite, monsieur
Ishac Dewan (avec la délégation qui l’accompagne)
aura l’opportunité de visiter le laboratoire
d’analyse des semences, l’usine d’égrainage
en révision et le laboratoire de classement. Avec
cette visite fort utile, il faut espérer que la
SOFITEX soit comprise et aidée pour faire face
avec succès à ses difficultés pour
le bénéfice de l’économie en
général.
A l’issue de la visite, la délégation
de la Banque Mondiale a reçu en entretien le patron
de la SOFITEX, ses techniciens et l’Association
interprofessionnelle du coton du Burkina.
Après cet entretien, nous avons tendu notre micro
à monsieur Ishac Dewan qui nous dira ceci en substance
:
« Cette visite nous a permis de savoir comment
fonctionne la filière coton burkinabé. Ce
fut une leçon pour moi car nous avons pu discuter
de questions financière et du redressement de la
SOFITEX qui va bientôt s’achever. Nous avons
été satisfaits de savoir que ce redressement
s’est bien passé et qu’il va nécessairement
permettre à la société de faire face
aux défis du futur de façon solide. Nous
avons aussi parlé du futur dans la mesure où
cette année la récolte pourrait être
moindre que par le passé à cause d’un
certain nombre d’incertitudes liées à
la pluviométrie. Nous souhaitons que les pluies
aillent un peu jusqu’en fin octobre, mais au cas
où les choses n’iraient pas dans ce sens,
il faut se préparer à y faire face alors
qu’ il se trouve que les cours mondiaux du coton
sont en légère hausse.
Nous avons aussi discuté pour voir dans quelle
mesure il serait possible de faire un supplément
aux producteurs et si cela devrait l’être,
comment le faire rapidement. On s’est aussi rendu
compte qu’il y a des régions où on
a moins cultivé le coton que l’année
passée. Nous avons aussi essayé de voir
quelles sont les mesures palliatives qu’il faut
prendre pour solutionner ces questions. C’est pour
vous dire que nous avons travaillé de façon
technique pour faire face au challenge les mois à
venir. Nous travaillons de concert avec la SOFITEX et
le gouvernement de façon technique et assidue afin
de résoudre toutes les difficultés qui se
poseront à nous. Seulement nous avons pu constater
un capital social et une synergie d’action des populations
de ce pays, ce qui me fait dire qu’il y a un espoir
qui se profile à l’horizon sur le terrain
tout de même ».
Célestin Tiendrébéogo, faisant le
point de cette visite et le bilan de la campagne en cours,
nous dira en substance :
« Nos partenaires de la Banque mondiale sont
venus pour s’imprégner de la situation sur
le terrain mais aussi de la situation générale
de la filière. C’est pourquoi, après
des visites sur le terrain, il y a eu des entretiens avec
les techniciens de la SOFITEX et l’Association interprofessionnelle
du coton du Burkina (AICB). Nous nous réjouissons
d’une telle visite parce qu’elle permet de
toucher du doigt les réalités de la filière
et de faciliter les échanges. Comme vous le savez,
nous avons eu une campagne difficile. Selon les techniciens,
le coton doit être semé entre le 15 mai et
le 20 juin. C’est ce qui a été toujours
dit au cours des forums. Du 15 mai au 20 juin de cette
année, nous n’avons reçu que deux
à trois pluies selon les régions. C’est
à partir de juillet que les pluies ont véritablement
commencé, le 15 précisément pour
certaines zones. Les superficies ont régressé
par rapport à l’année passée.
Les pluies ayant été tardives, nous souhaitons
qu’elles se prolongent jusqu’en fin octobre
pour faire de bonnes récoltes surtout que nous
avons l’assurance que les rendements pourront connaître
une amélioration par rapport à l’année
passée. Les parcelles ont été bien
entretenues et le parasitisme a été très
faible.
A la SOFITEX, nous pensons que la filière a besoin
d’être soutenue. Les opérateurs économiques
ont interpellé les pouvoirs publics afin qu’ils
se penchent sérieusement sur la question de la
filière. Le gouvernement non plus n’a pas
été en reste dans la mesure où beaucoup
de choses sont faites pour soutenir la filière.
Je sais qu’il y a des mesures qui continueront d’être
prises. Et sur ce point précis, j’ai foi
en la capacité du gouvernement de soutenir la filière.
Il y a aussi les acteurs qui doivent s’y mettre.
Je sais qu’à tous les niveaux, des mesures
sont prises. A notre niveau par exemple, nous avons procédé
à la recapitalisation de la SOFITEX et c’est
l’Etat seul qui est en train de mettre en œuvre
cette recapitalisation. Non seulement il libère
sa part, il le fait également pour les producteurs
mais aussi pour DAGRIS qui n’a pu prendre part à
la recapitalisation. Ce qui montre qu’il porte un
grand intérêt à la filière.
Les producteurs font d’énormes efforts ;
les sociétés cotonnières font également
des efforts. On essaie par exemple de réduire notre
train de vie. Par exemple au niveau de la SOFITEX, il
y a près de deux mois de salaires non encore payés,
mais on ne l’exprime pas. Il y a des mesures qui
seront prises sur le plan indemnitaire et sur le plan
du transport. En tout cas, partout où nous pouvons
prendre des mesures pour réduire les charges, nous
le ferons. C’est tout un ensemble de mesures qu’il
faut prendre à plusieurs niveaux pour faire face
aux défis de la filière ».
Nous ne pouvons que souhaiter bonne fin de campagne à
la SOFITEX.
Seydou
Diabo
ERRATUM
Dans
notre article de la semaine passée, sur les anciens
étudiants qui aident les bacheliers -moyennant
quelques pièces pour le matériel- à
faire leurs dossiers, nous avons cité le nom d’un
certain Mr De Sarko. En fait, il fallait lire Mr De Sarto.
Merci de votre compréhension.