MANIFESTATIONS
DUALISEE DU 15 OCTOBRE
LA PARTICIPATION DE MARIAM ET DE SES FILS :
« BOTTE DE NEVERS » DU CAMP DES SANKARISTES
?
Dans
cette bataille de la suprématie que se livrent
autour du 15 Octobre, Octobristes sankaristes et compaoristes,
il semble que des atouts des uns et des autres soient
encore dans la manche.
C’est
vrai qu’au plan interne, on observe que chacun
mobilise à tout va jusqu’au niveau des
provinces d’où des délégués
viendront pour assister aux différentes manifestations
organisées, qu’au plan international,
c’est la même effervescence : les altermondialistes
font le boulot pour rabattre notamment vers Ouagadougou
beaucoup de participants, et pas des moindres alors
que ceux d’en face parient apparemment sur de
grandes personnalités (Lula, Gbagbo..) pour
marquer la différence. Mais on se doute bien
que chacun garde en réserve sa carte maîtresse.
Quelle pourrait être celle du camp Compaoré
? A moins de faire venir Nelson Mandela, le Dalaï
Lama ou An Sang Su Ky, on ne voit pas encore ce que
du côté du pouvoir, on pourra nous réserver
comme surprise affriolante.
Mais du côté du camp sankariste, pourrait
venir une grande surprise qui agirait, dans le combat
du 15 Octobre, à la manière de la «
botte secrète » du Duc de Nevers pour
river pour de bon le clou au rival. Quel pourrait
être le coup de théâtre ? Eh bien,
pour ceux qui donnent leur langue au chat, faire venir
à Ouagadougou, pour la circonstance, Mariam,
Philippe et Auguste Sankara. Là, ce serait
à coup sûr l’atout gagnant. La
perspective devrait suffire à provoquer des
sueurs tétanisantes du côté de
la galaxie compaoriste.
Il y a une telle évocation à la fois
dramatique et bienheureuse dans ces trois héritiers,
une telle charge émotionnelle que cela suffirait
à provoquer des hystéries voire des
débordements dont on ne sait pas où
cela pourrait mener.
Mais pourraient-ils seulement venir ? Pourquoi pas
? Il y a si longtemps qu’ils n’ont pas
mis les pieds au pays natal, si longtemps qu’ils
tardent à mettre à exécution
leur désir, certainement ardent, de venir s’incliner
sur la tombe de leur mari et père. Voilà
20 ans que dure la diète, et 20 ans, c’est
un symbole suffisamment fort dans l’espace d’une
vie, une privation suffisamment forte de ce temps
précieux afin de venir au pays pour communier
avec tous ceux qui se languissent de les revoir ou
de les connaître.
Cette attente est encore plus forte, s’agissant
des deux fils, devenus des hommes et sur lesquels
convergent pour certains, des espérances heureuses
de revanche politique. Quel formidable pied de nez
à l’histoire si en effet, en venant ce
15 octobre, ils allumaient la mèche. Voilà
qui rétablirait en quelque sorte les héritiers
légitimes dans leurs droits, voilà qui
aurait la vertu de mettre un terme à la dispersion
du mouvement sankariste et qui pourrait préparer,
sinon un retour de l’Ile d’Elbe, une sorte
de répétition à la Peron.
Mais il se pourrait que de l’autre côté,
on escompte que le serment d’attendre la vérité
et la justice avant de fouler le sol de la patrie
(respecté à la mort de la grand-mère
et du grand-père) joue encore ici pour motiver
une absence à ce 15 octobre.
Le suspense, on le voit, reste entier. Mais pas pour
longtemps puisque ce lundi nous sommes à jour
J moins 15.