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FAUT NEGOCIER AVEC LES TERRORISTES
Comme
le dit l’adage, quand on ne peut pas attaquer
de front un obstacle, il faut savoir le contourner.
En matière de lutte contre le terrorisme,
il faut reconnaître que les pays qui en sont
victimes ont échoué à l’éradiquer.
Cela est encore plus vrai pour ceux qui ont adopté
dans leur gouvernance, des principes respectueux
des droits de l’homme et de la démocratie.
Comparativement, la Libye qui n’a aucun égard
pour ces principes, combat mieux le terrorisme que
les USA ou l’Espagne qui y sont attachés.
Il faut donc, dans l’impossibilité
de répondre « œil pour œil,
dent pour dent », d’appliquer la réplique
terroriste à l’agression terroriste,
dialoguer. Cette question a fait l’objet d’un
débat au Qatar et surprise des surprises,
l’ancien otage au Liban, Terry Waite, n’est
pas passé par quatre chemins pour se prononcer
en faveur d’un tel dialogue, notamment avec
Al Qaeda. Pour lui, « Al Qaeda rassemble des
personnes qui ont atteint l’extrémité
du radicalisme dans le monde musulman», et
il faut même si c’est difficile, négocier
avec lui. Son point de vue est partagé par
le Général A. Dourani, ancien chef
des renseignements intérieurs pakistanais
qui considère qu’il est vain d’espérer
par les moyens jusqu’à présent
utilisés, vaincre le terrorisme. Il y en
a qui ne sont pas loin de partager le même
point de vue par rapport aux Taliban. Le numéro
2 de la mission de l’ONU en Afghanistan, Chris
Alexander, estime en effet que depuis quelque temps,
il y aurait comme des esquisses de volonté
de dialogue de la part des Taliban à ne pas
négliger même si la perspective peut
soulever des résistances ici et là.
Pour lui, ça peut être d’autant
plus payant que les Taliban seraient en ce moment
divisés entre ceux qui veulent négocier
pour adhérer au gouvernement et ceux qui
veulent continuer la lutte. A l’exemple du
Qatar, le Canada a également tenu un colloque
sur ce thème à Montréal. Par
ailleurs, quand on fait le point de la situation
qui prévaut dans les pays victimes du terrorisme,
on ne peut pas dire que des années de lutte
menées au plan national ou international
aient réussi à éradiquer ce
fléau. Le terrorisme sévit toujours
ici et là, en Angleterre, en Espagne, en
Russie, au Nigeria, au Maroc, en Algérie,
en Malaisie, en Turquie, aux Pays-Bas, aux Philippines…
Il se ravive dans des pays où l’on
pensait qu’il était vaincu comme en
Allemagne mais plus grave, il semble par ces temps
présents, connaître comme une nouvelle
jeunesse, et cela se voit spécialement à
travers ses progrès en Afghanistan, en Irak,
contre des forces coalisées comprenant les
plus grandes puissances du monde. Le constat de
l’échec de la lutte contre le terrorisme,
en tous cas dans les formes jusqu’alors menées,
explique grandement la défaveur des opinions
des pays victimes du terrorisme vis-à-vis
des interventions armées extérieures
contre le terrorisme. Ben Laden court toujours.
Il ne se passe pas un jour sans qu’en Irak,
en Afghanistan ou ailleurs, d’innocentes victimes
ne paient pour la présence des forces étrangères
dans leurs pays. Aux USA, en Europe, en Afrique,
en Asie, un référendum sur la question
du retrait des troupes d’ Afghanistan et d’
Irak serait incontestablement en faveur du oui.
De cela, les terroristes en ont conscience ; c’est
pour cela qu’ils multiplient ces derniers
jours, des programmes terroristes multidirectionnels
à forte intensité de destruction humaine
et infrastructurelle. Al Qaeda vient d’avertir
l’Europe que c’est imminent. Face à
cette situation, il n’y a rien d’autre
à faire que de dialoguer.
TOMI.
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IL
NE FAUT PAS NEGOCIER AVEC LES TERRORISTES
Dire
de négocier avec les terroristes est un non
sens, une aberration absolue. C’est comme
si en pleine seconde guerre mondiale, on avait préconisé
de négocier avec les Nazis. Ce que les terroristes
poursuivent est antinomique de ce que poursuivent
les pays de démocratie. La coexistence est
impossible entre les deux. Il existe une opinion
largement partagée à travers le monde
et répercutée par des spécialistes,
qui s’oppose à une négociation
avec les terroristes. C’est le cas de Laïth
Kouba, ancien Porte parole de l’ex premier
Ministre irakien, Ibrahim Jaafari, qui justement
lors du colloque au Qatar sur la question, a été
catégoriquement contre en affirmant que :
«Tout dialogue signifie davantage de nuisance
», précisant par ailleurs qu’
« Al Qaeda est fondamentalement différente
des autres groupes terroristes. Elle est simplement
la plus grande machine à tuer ». Ce
point de vue a été fortement soutenu
par l’ancien officier britannique Adam Holloway
qui est député conservateur et membre
de la Commission de la Défense à la
Chambre des communes. Pour lui en effet, et il l’a
dit avec force, «Jamais Al Qaeda n’a
été la solution ou l’alternative.
Il ne faut donc pas dialoguer avec elle ».
En effet, cette bataille est une bataille de longue
haleine certes mais elle présente déjà
des résultats. Les terroristes sont moins
opérationnels à l’extérieur
qu’à l’intérieur de leurs
zones de retranchement. C’est dire qu’ils
sont acculés, en voie d’éradication.
Les attentats n’ont plus leur amplitude d’antan
ni aux USA ni en Europe ni en Asie. C’est
dire que ce n’est pas le moment de relâcher
l’étreinte ; il faut continuer mais
il faut surtout œuvrer à trouver des
réponses aux causes qui nourrissent le terrorisme,
et ces causes-là ont été depuis
longtemps identifiées et réaffirmées
lors du colloque au Qatar. Elles tiennent essentiellement
aux injustices politiques et économiques.
Tant que les grandes puissances continueront à
entretenir la pauvreté, l’arbitraire,
en prenant partie de soutenir, moyennant contrepartie,
des dictateurs et autres monarques qui asservissent
leurs peuples, on donnera toujours du ressort à
la désespérance. Le terrorisme restera
donc la réponse des peuples opprimés
aux peuples oppresseurs. Il ne faut négocier
ni avec Al Qaeda ni avec les Taliban. Là
aussi, c’est faire illusion que de croire
que les Taliban se ramolliraient, au contraire.
Ils ont réussi à briser un certain
isolement en entrant en négociation avec
la communauté internationale grâce
à l’affaire des captives coréennes.
D’ailleurs, les conditions que les Taliban
posent pour engager des pourparlers sont telles
qu’elles s’apparentent à la dérision.
Pour eux, il faut que toutes les troupes étrangères
quittent le pays et que la constitution afghane
soit revue et corrigée dans l’optique
d’instaurer une démocratie islamique.
Pour Marc Snyder, expert de l’Afghanistan
au sein d’International Crisis Group, «
Rien ne permet de croire que les Taliban accepteraient
d’adhérer à la structure de
gouvernement actuelle ». C’est ce que
pense Barnett Rubin, spécialiste américain
de l’Afghanistan qui dit que les Taliban sont
plutôt aujourd’hui en situation de force
après le coup de maître qu’ils
ont réussi en se posant comme interlocuteur
valable sur la scène internationale, amenant
même le président Hamid Karzaï
à les inviter au dialogue. C’est dire
que terroristes, ils sont, terroristes ils le resteront.
Mais maintenant, si les pays de démocratie
estiment qu’ils ont perdu la guerre, qu’ils
rendent les armes et l’on assistera à
une recomposition du monde sous la férule
de Ben Laden et autres !
TOZI.
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