Mise à jour le 23/09/2007
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San Finna N°432 du 24 au 30 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

FAUT-IL NEGOCIER OU NON AVEC LES TERRORISTES
TALIBAN, CEUX D’AL QAEDA.. ?

Depuis quelque temps, le débat fait rage autour de la négociation ou non à engager avec les terroristes. A côté de Nicolas Sarkozy qui demande d’aider certains anciens pays terroristes « à sortir du terrorisme pour les amener à la civilisation » et qui déjà n’est pas compris de tous, il y a ceux qui posent clairement le problème d’entamer le dialogue avec les organisations terroristes même les plus radicales comme Al Qaeda. Dans la foulée, on voit organisées ici et là des conférences pour en débattre. Et comme il fallait s’y attendre, les camps sont tranchés. Il y a ceux qui maintiennent mordicus que le combat du terrorisme par la violence a échoué et qu’il faut négocier et ceux qui répliquent avec force qu’une telle issue serait catastrophique parce qu’elle scellerait la défaite de la démocratie, donc du monde libre. Deux sons de cloche.

IL FAUT NEGOCIER AVEC LES TERRORISTES

Comme le dit l’adage, quand on ne peut pas attaquer de front un obstacle, il faut savoir le contourner. En matière de lutte contre le terrorisme, il faut reconnaître que les pays qui en sont victimes ont échoué à l’éradiquer. Cela est encore plus vrai pour ceux qui ont adopté dans leur gouvernance, des principes respectueux des droits de l’homme et de la démocratie. Comparativement, la Libye qui n’a aucun égard pour ces principes, combat mieux le terrorisme que les USA ou l’Espagne qui y sont attachés. Il faut donc, dans l’impossibilité de répondre « œil pour œil, dent pour dent », d’appliquer la réplique terroriste à l’agression terroriste, dialoguer. Cette question a fait l’objet d’un débat au Qatar et surprise des surprises, l’ancien otage au Liban, Terry Waite, n’est pas passé par quatre chemins pour se prononcer en faveur d’un tel dialogue, notamment avec Al Qaeda. Pour lui, « Al Qaeda rassemble des personnes qui ont atteint l’extrémité du radicalisme dans le monde musulman», et il faut même si c’est difficile, négocier avec lui. Son point de vue est partagé par le Général A. Dourani, ancien chef des renseignements intérieurs pakistanais qui considère qu’il est vain d’espérer par les moyens jusqu’à présent utilisés, vaincre le terrorisme. Il y en a qui ne sont pas loin de partager le même point de vue par rapport aux Taliban. Le numéro 2 de la mission de l’ONU en Afghanistan, Chris Alexander, estime en effet que depuis quelque temps, il y aurait comme des esquisses de volonté de dialogue de la part des Taliban à ne pas négliger même si la perspective peut soulever des résistances ici et là. Pour lui, ça peut être d’autant plus payant que les Taliban seraient en ce moment divisés entre ceux qui veulent négocier pour adhérer au gouvernement et ceux qui veulent continuer la lutte. A l’exemple du Qatar, le Canada a également tenu un colloque sur ce thème à Montréal. Par ailleurs, quand on fait le point de la situation qui prévaut dans les pays victimes du terrorisme, on ne peut pas dire que des années de lutte menées au plan national ou international aient réussi à éradiquer ce fléau. Le terrorisme sévit toujours ici et là, en Angleterre, en Espagne, en Russie, au Nigeria, au Maroc, en Algérie, en Malaisie, en Turquie, aux Pays-Bas, aux Philippines… Il se ravive dans des pays où l’on pensait qu’il était vaincu comme en Allemagne mais plus grave, il semble par ces temps présents, connaître comme une nouvelle jeunesse, et cela se voit spécialement à travers ses progrès en Afghanistan, en Irak, contre des forces coalisées comprenant les plus grandes puissances du monde. Le constat de l’échec de la lutte contre le terrorisme, en tous cas dans les formes jusqu’alors menées, explique grandement la défaveur des opinions des pays victimes du terrorisme vis-à-vis des interventions armées extérieures contre le terrorisme. Ben Laden court toujours. Il ne se passe pas un jour sans qu’en Irak, en Afghanistan ou ailleurs, d’innocentes victimes ne paient pour la présence des forces étrangères dans leurs pays. Aux USA, en Europe, en Afrique, en Asie, un référendum sur la question du retrait des troupes d’ Afghanistan et d’ Irak serait incontestablement en faveur du oui. De cela, les terroristes en ont conscience ; c’est pour cela qu’ils multiplient ces derniers jours, des programmes terroristes multidirectionnels à forte intensité de destruction humaine et infrastructurelle. Al Qaeda vient d’avertir l’Europe que c’est imminent. Face à cette situation, il n’y a rien d’autre à faire que de dialoguer.



TOMI.

IL NE FAUT PAS NEGOCIER AVEC LES TERRORISTES

Dire de négocier avec les terroristes est un non sens, une aberration absolue. C’est comme si en pleine seconde guerre mondiale, on avait préconisé de négocier avec les Nazis. Ce que les terroristes poursuivent est antinomique de ce que poursuivent les pays de démocratie. La coexistence est impossible entre les deux. Il existe une opinion largement partagée à travers le monde et répercutée par des spécialistes, qui s’oppose à une négociation avec les terroristes. C’est le cas de Laïth Kouba, ancien Porte parole de l’ex premier Ministre irakien, Ibrahim Jaafari, qui justement lors du colloque au Qatar sur la question, a été catégoriquement contre en affirmant que : «Tout dialogue signifie davantage de nuisance », précisant par ailleurs qu’ « Al Qaeda est fondamentalement différente des autres groupes terroristes. Elle est simplement la plus grande machine à tuer ». Ce point de vue a été fortement soutenu par l’ancien officier britannique Adam Holloway qui est député conservateur et membre de la Commission de la Défense à la Chambre des communes. Pour lui en effet, et il l’a dit avec force, «Jamais Al Qaeda n’a été la solution ou l’alternative. Il ne faut donc pas dialoguer avec elle ». En effet, cette bataille est une bataille de longue haleine certes mais elle présente déjà des résultats. Les terroristes sont moins opérationnels à l’extérieur qu’à l’intérieur de leurs zones de retranchement. C’est dire qu’ils sont acculés, en voie d’éradication. Les attentats n’ont plus leur amplitude d’antan ni aux USA ni en Europe ni en Asie. C’est dire que ce n’est pas le moment de relâcher l’étreinte ; il faut continuer mais il faut surtout œuvrer à trouver des réponses aux causes qui nourrissent le terrorisme, et ces causes-là ont été depuis longtemps identifiées et réaffirmées lors du colloque au Qatar. Elles tiennent essentiellement aux injustices politiques et économiques. Tant que les grandes puissances continueront à entretenir la pauvreté, l’arbitraire, en prenant partie de soutenir, moyennant contrepartie, des dictateurs et autres monarques qui asservissent leurs peuples, on donnera toujours du ressort à la désespérance. Le terrorisme restera donc la réponse des peuples opprimés aux peuples oppresseurs. Il ne faut négocier ni avec Al Qaeda ni avec les Taliban. Là aussi, c’est faire illusion que de croire que les Taliban se ramolliraient, au contraire. Ils ont réussi à briser un certain isolement en entrant en négociation avec la communauté internationale grâce à l’affaire des captives coréennes. D’ailleurs, les conditions que les Taliban posent pour engager des pourparlers sont telles qu’elles s’apparentent à la dérision. Pour eux, il faut que toutes les troupes étrangères quittent le pays et que la constitution afghane soit revue et corrigée dans l’optique d’instaurer une démocratie islamique. Pour Marc Snyder, expert de l’Afghanistan au sein d’International Crisis Group, « Rien ne permet de croire que les Taliban accepteraient d’adhérer à la structure de gouvernement actuelle ». C’est ce que pense Barnett Rubin, spécialiste américain de l’Afghanistan qui dit que les Taliban sont plutôt aujourd’hui en situation de force après le coup de maître qu’ils ont réussi en se posant comme interlocuteur valable sur la scène internationale, amenant même le président Hamid Karzaï à les inviter au dialogue. C’est dire que terroristes, ils sont, terroristes ils le resteront. Mais maintenant, si les pays de démocratie estiment qu’ils ont perdu la guerre, qu’ils rendent les armes et l’on assistera à une recomposition du monde sous la férule de Ben Laden et autres !



TOZI.

Citation de la semaine

«Chacun est forgeron de son bonheur, malheureusement très peu de gens disposent ne serait-ce que des règles les plus élémentaires du métier de forgeron .»

Walter Boveri






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