Mise à jour le 23/09/2007
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San Finna N°432 du 24 au 30 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Tribune de la femme

CENTRE HOSPITALIER UNIVERSITAIRE YALGADO OUEDRAOGO
UNE EPIDEMIE D’ACCIDENTS ?
UN GOUFFRE FINANCIER POUR LES ACCIDENTES ET LEURS FAMILLES

Le journaliste, on le sait, travaille en tout temps, en toutes occasions. Son domaine de travail est vaste et s’étend jusqu’en circulation, dans les cafetes… Le samedi surpassé, le frère d’un de nos confrères a fait un grave accident d’où il est sorti avec trois fractures graves aux membres inférieurs. Il sera conduit au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo où son frère, notre confrère, le rejoindra plus tard. Il nous relate ici les conditions dans lesquelles travaillent les internes, les infirmiers et médecins de l’hôpital, principalement dans le service de traumatologie. Lisez plutôt.

« C’est vraiment grave, on dirait qu’il y a une épidémie d’accidents dans ce pays ». Cette phrase est d’un chirurgien de l’hôpital qui, voyant le flux massif d’accidentés de la circulation, était inquiet et triste à la fois. En effet, depuis notre arrivée à Yalgado, les ambulanciers n’ont cessé de ramener des accidentés. Les cas sont divers mais il faut reconnaître que les plus graves, hélas, sont les plus nombreux. Le cas du frère cité plus haut est emblématique de cette situation. Un poly-traumatisme (entendez par là plusieurs fractures). Les deux fémurs brisés et une fracture ouverte à la jambe gauche.

Dès son arrivée à Yalgado, les dispositions minimales avaient déjà été prises comme pour les autres malades qui atterrissent par vagues intercalées de dix minutes. Les frais médicaux, quoique sociaux, ne sont même pas l’apanage du Burkinabé moyen. Nous passerons néanmoins sous silence, le montant des soins à lui conférés. Mais il y a lieu de mentionner qu’en plus des premiers soins et radios ainsi que de l’opération sur sa jambe uniquement, il y a l’injection quotidienne d’un anti-coagulant dont le prix est rarement inférieur à 10.000 fcfa ! Voyez, y a de quoi décourager tous les amateurs de grande vitesse dans les artères de notre capitale !

D’ailleurs, cela est juste un avant-goût des interventions que ce malheureux va subir sur les deux cuisses en vue de réparer ses fémurs.

Il y a à souligner que si certains patients arrivent tant bien que mal à honorer les ordonnances, d’autres par contre jettent l’éponge. C’est l’exemple de ceux qui décident d’aller faire dans l’indigénat malgré les réussites souvent approximatives de cette pratique.

Certains, toujours couchés, ne savent plus quoi attendre de la vie. Ils sont épuisés. Ils ont tout vendu pour faire face aux soins. Il y en a aussi qui, après plusieurs mois, décident de retourner à la maison pour faire traiter leurs plaies par des infirmiers qu’ils connaissent en attendant de revenir plus tard pour l’intervention chirurgicale finale.

Parmi les cas les plus difficiles, se trouvent ces accidentés qui n’ont pas de famille ou qui ont été abandonnés, et plus grave, ceux qui ne jouissent pas de leurs facultés mentales.

Nous avons pu noter le cas d’un monsieur qui vraiment n’en pouvait plus. Il nous explique qu’il est depuis 6 mois à Yalgado, depuis que, de retour d’un voyage en camion de Lomé, il fera un accident dans lequel son apprenti perdra la vie. Lui s’en est sortir avec une fracture à la jambe gauche. Il fut rapidement transporté par des chauffeurs qui passaient par là à Kara au Togo où il subira une intervention qui fut un échec total. Il fallut donc le ramener au Burkina pour tout recommencer à Yalgado. Il attend toujours la cicatrisation de sa plaie et a préféré rentrer chez lui pour moins dépenser.

On dit souvent que les peulhs préfèrent mourir que de vendre leur bétail. Eh bien, sachez-le, ce n’est pas le cas de celui qui partage la chambre de notre frère. Il a déjà vendu 9 bœufs pour subvenir à ses soins et ce n’est pas encore fini. Vraiment, si l’on doit mesurer le degré de non-assistance au peuple au Burkina Faso, c’est à l’hôpital Yalgado qu’on doit aller.

TN






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