Mise à jour le 23/09/2007
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San Finna N°432 du 24 au 30 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

ACCUSES D’ARNAQUER LES NOUVEAUX BACHELIERS,
D’ ANCIENS ETUDIANTS FULMINENT
ET DEMANDENT UN DROIT DE REPONSE

A en croire le grand journal de la TNB du dimanche dernier, des anciens étudiants seraient en train de se sucrer sur le dos des nouveaux prétendants du campus de Zogona en leur proposant de la colle, du « blanco » et encore la rédaction des différentes demandes, à titre onéreux.

L’arnaque serait constituée par le fait que toutes ces prestations sont prises en charge par la Direction du Service académique d’orientation et d’information (SAOI). Lâché comme cela l’a été pour consommation générale, beaucoup d’anciens étudiants y ont vu une intention de nuire, voire une faute professionnelle. Le reportage aurait pu au moins, disent-ils, exposer les pièces à conviction (stocks de colle, de « blanco ») ou prendre sur les faits d’anciens étudiants en cours de séance de facilitation rémunérée. Ca n’a pas été fait, pire on n’a même pas daigné entendre les accusés. Il a suffi seulement que la Direction du SAOI confirme les faits, et hop la sentence tombe ! Pour les étudiants, ce reportage pèche par partie prie.

La vérité, font-ils savoir, c’est que depuis longtemps, leur génération a été traitée de tous les noms : de paresseux, de personnes manquant d’initiatives... Pour appuyer cette thèse, on ne manque pas de donner en exemple des personnes (de bien entendu du pouvoir !) comme le maire Simon Compaoré qui était pompiste pendant les vacances lorsqu’il était étudiant en France ou encore le célèbre « de Sarko » qui aurait construit sa première maison pendant qu’il était encore en faculté.

Mais au jour d’aujourd’hui, quelles possibilités entrepreunariales sont offertes aux étudiants, sans possibilité pour aller en France comme Monsieur le maire, sans « gombo » comme ils disent pour construire une maison comme « de Sarko » parce que la gouvernance ne leur réserve que la dure galère ?

Les plus chanceux d’entre eux peuvent avoir une ou deux enquêtes pour tout leur cursus universitaire, et cela en séchant les cours, pour empocher quelque chose, quitte à revenir en session pour se rattraper. Les autres quant à eux font des ventes de cigarettes ou de puces téléphoniques.. Tous ceux-ci ne valent pas 300 étudiants sur un effectif de près de 30.000 étudiants.

Le reste, comme ils disent, gère, gère surtout en cette période de session (août/septembre) où il n’ y a pas de restaurant universitaire, où même ceux qui ne sont pas étudiants, tirent le diable par la queue puisque c’est le lot de l’immense majorité des Burkinabé.

Qu’ils prennent l’initiative de s’investir en offrant une expérience aux nouveaux bacheliers (de la colle ou du « blanco » contre quelques sous, 25 f pour la colle comme pour le « blanco ») ne saurait à leurs yeux constituer une couillonnade sans compter qu’ils donnent des renseignements très utiles sans contrepartie aucune. Ils y ajoutent qu’il y a aussi le secours des associations d’étudiants ressortissant de telle ou telle contrée, qui soutiennent également à leur façon, les nouveaux bacheliers de leurs régions. Ainsi quand on prend l’exemple des Cascades, les nouveaux bacheliers économisent sur leurs transports pour faire parvenir leurs dossiers à Ouaga par le biais de leurs aînés dirigeant l’association, en payant 1.250 f pour un dossier. Il est vrai qu’il peut y avoir des risques mais avouons que l’initiative peut ne pas être une arnaque !

Pour conclure, ils relèvent qu’en France, de telles initiatives ne manquent pas : vente d’anciens cours, de polycopiés, cours particuliers.. , mais ce n’est pas pour autant que les anciens étudiants sont accusé par TF 1, France 2 ou ITélévision, d’être des malfrats !

Swonty Koné






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