San
Finna N°432 du
24 au 30 Septembre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
ACCUSES
D’ARNAQUER LES NOUVEAUX BACHELIERS,
D’ ANCIENS ETUDIANTS FULMINENT
ET DEMANDENT UN DROIT DE REPONSE
A
en croire le grand journal de la TNB du dimanche dernier,
des anciens étudiants seraient en train de se sucrer
sur le dos des nouveaux prétendants du campus de
Zogona en leur proposant de la colle, du « blanco
» et encore la rédaction des différentes
demandes, à titre onéreux.
L’arnaque serait constituée par le fait que
toutes ces prestations sont prises en charge par la Direction
du Service académique d’orientation et d’information
(SAOI). Lâché comme cela l’a été
pour consommation générale, beaucoup d’anciens
étudiants y ont vu une intention de nuire, voire
une faute professionnelle. Le reportage aurait pu au moins,
disent-ils, exposer les pièces à conviction
(stocks de colle, de « blanco ») ou prendre
sur les faits d’anciens étudiants en cours
de séance de facilitation rémunérée.
Ca n’a pas été fait, pire on n’a
même pas daigné entendre les accusés.
Il a suffi seulement que la Direction du SAOI confirme
les faits, et hop la sentence tombe ! Pour les étudiants,
ce reportage pèche par partie prie.
La vérité, font-ils savoir, c’est
que depuis longtemps, leur génération a
été traitée de tous les noms : de
paresseux, de personnes manquant d’initiatives...
Pour appuyer cette thèse, on ne manque pas de donner
en exemple des personnes (de bien entendu du pouvoir !)
comme le maire Simon Compaoré qui était
pompiste pendant les vacances lorsqu’il était
étudiant en France ou encore le célèbre
« de Sarko » qui aurait construit sa première
maison pendant qu’il était encore en faculté.
Mais au jour d’aujourd’hui, quelles possibilités
entrepreunariales sont offertes aux étudiants,
sans possibilité pour aller en France comme Monsieur
le maire, sans « gombo » comme ils disent
pour construire une maison comme « de Sarko »
parce que la gouvernance ne leur réserve que la
dure galère ?
Les plus chanceux d’entre eux peuvent avoir une
ou deux enquêtes pour tout leur cursus universitaire,
et cela en séchant les cours, pour empocher quelque
chose, quitte à revenir en session pour se rattraper.
Les autres quant à eux font des ventes de cigarettes
ou de puces téléphoniques.. Tous ceux-ci
ne valent pas 300 étudiants sur un effectif de
près de 30.000 étudiants.
Le reste, comme ils disent, gère, gère surtout
en cette période de session (août/septembre)
où il n’ y a pas de restaurant universitaire,
où même ceux qui ne sont pas étudiants,
tirent le diable par la queue puisque c’est le lot
de l’immense majorité des Burkinabé.
Qu’ils prennent l’initiative de s’investir
en offrant une expérience aux nouveaux bacheliers
(de la colle ou du « blanco » contre quelques
sous, 25 f pour la colle comme pour le « blanco
») ne saurait à leurs yeux constituer une
couillonnade sans compter qu’ils donnent des renseignements
très utiles sans contrepartie aucune. Ils y ajoutent
qu’il y a aussi le secours des associations d’étudiants
ressortissant de telle ou telle contrée, qui soutiennent
également à leur façon, les nouveaux
bacheliers de leurs régions. Ainsi quand on prend
l’exemple des Cascades, les nouveaux bacheliers
économisent sur leurs transports pour faire parvenir
leurs dossiers à Ouaga par le biais de leurs aînés
dirigeant l’association, en payant 1.250 f pour
un dossier. Il est vrai qu’il peut y avoir des risques
mais avouons que l’initiative peut ne pas être
une arnaque !
Pour conclure, ils relèvent qu’en France,
de telles initiatives ne manquent pas : vente d’anciens
cours, de polycopiés, cours particuliers.. , mais
ce n’est pas pour autant que les anciens étudiants
sont accusé par TF 1, France 2 ou ITélévision,
d’être des malfrats !