Mise à jour le 16/09/2007
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San Finna N°431 du 17 au 23 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

EMBRYONS HYBRIDES HUMAINS/ANIMAUX
MEFAITS OU BIENFAITS POUR L’HUMANITE ?

La Grande-Bretagne vient de provoquer un évènement qui secoue entre autres, le monde scientifique et religieux. En effet, l’Autorité britannique de la fertilité humaine a donné le 5 septembre 2007 son accord de principe à la création d’embryons hybrides issus de l’intégration d’ADN (1) humains dans des ovules d’animaux. Ces embryons seront utilisés pour la recherche sur des maladies comme Alzheimer, Parkinson. Comme il fallait s’y attendre, la polémique, déjà chaude par rapport aux aspects moraux des manipulations génétiques, en particulier dans la recherche médicale, a ressurgi de plus belle, opposant ceux qui estiment que cette décision britannique est un bienfait pour l’humanité à ceux qui soutiennent au contraire, que c’est un grand méfait. Deux sons de cloche.

L’ACCORD BRITANNIQUE DE CREATION D’EMBRYONS HYBRIDES EST UN BIENFAIT POUR L’ HUMANITE

Notre époque est caractérisée par une explosion sans précédent des découvertes scientifiques mais aussi de leurs applications technologiques. Lorsque l’on voit les profits qu’on a tirés des manipulations génétiques pour prémunir l’humanité contre la faim en augmentant la productivité de certains animaux et la résistance des céréales à certains insectes, on ne peut que se réjouir que l’esprit humain ait permis à la science de progresser dans ces domaines. En effet, depuis qu’il est apparu possible, par les mêmes manipulations génétiques, de vaincre certaines maladies, un espoir est né pour des millions d’habitants de cette planète. Comment refuser la création d’embryons hybrides quand on sait que cela peut guérir de graves maladies comme Alzheimer, Parkinson.. ? Il suffit de faire le point à travers le monde de tous ceux qui souffrent actuellement de ces terribles maladies, de voir comment elles sont avilissantes pour ceux qui en sont atteints, pour féliciter cette décision de l’Autorité britannique de la fertilité humaine. Non seulement, il faut féliciter l’évènement mais surtout l’ encourager pour arriver aussi à traiter des maladies comme le cancer, le sida… Ca sera tout sauf une œuvre qui desserve l’humanité surtout qu’en la matière, il existe des précautions contre les dérapages. Ces embryons seront détruits au plus tard au bout de 14 jours de développement et leur implantation dans l’utérus d’une femme demeure strictement interdite. Avec de telles précautions, il est difficile de donner foi à l’idée qui veut que ce soit la porte ouverte à la sélection génétique ou à des créations de monstres. Du reste, il ne faut pas oublier ces voix qui s’élèvent à travers le monde pour saluer l’initiative britannique au nombre desquelles il n’y a pas que des malades mais aussi des scientifiques : « Pourvu que soient rigoureusement observées les bonnes pratiques de laboratoire, les recherches impliquant les hybrides cytoplasmiques et d'autres embryons inter espèces ne présentent aucun risque important supplémentaire en matière de sécurité par rapport aux recherches sur les cellules conventionnelles", affirme Martin Bobrow, président du jury auteur des recommandations » (Reuters du 17/06/07). Alors bravo pour les Britanniques et que d’autres pays les rejoignent au lieu d’encourager en sous main (et sans contrôle) les recherches en ce domaine. Plus vite on jouera au grand jour et plus facilement, on mettra en œuvre une législation internationale encore plus rassurante pour tous.



TOMI.

L’ACCORD BRITANNIQUE DE CREATION D’EMBRYONS HYBRIDES EST UN MEFAIT POUR L’ HUMANITE

L’homme n’est pas seulement un loup pour l’homme. Il peut être aussi son propre destructeur. Cela se vérifie à plusieurs niveaux. D’abord, celui de l’atteinte à l’environnement : avec sa rage de consommation, il est en voie de détruire son cadre de vie en polluant les eaux, les sous-sols, l’air, en détruisant la faune et en épuisant les ressources non renouvelables.. Non content de créer cet enfer et de prédisposer le genre humain à de nouvelles formes de guerre pour la survie, voilà qu’il se lance dans les manipulations génétiques, rêvant de s’égaler à Dieu le créateur. Ces manipulations, qu’elles s’intéressent au végétal ou aux animaux, créent déjà des problèmes de consommation et même des risques de propagation de maladies sans compter les infections des sols et les atteintes irréversibles à la biodiversité. Alors que tous ces problèmes ne sont pas résolus et qu’on ne sent pas suffisamment de contrôle au niveau éthique, voilà qu’on se lance dans des manipulations génétiques sur les humains allant même jusqu’à créer des embryons hybrides entre les ADN humains et les ovules d’animaux. C’est tout à fait diabolique car, malgré tout ce qu’on dit, on ne voit pas comment on pourra empêcher des utilisations dérivées. Voilà qui ne pouvait pas enchanter l’Eglise. On comprend que, sentant venir les choses, elle ait préventivement condamné, par le canal de Monseigneur Elio Sgreccia, président de l’Académie pontificale pour la vie : « La création d’un hybride homme-animal est une frontière que tout le monde […] avait jusqu’ici bannie du domaine des biotechnologies. Et cela, justement parce que la dignité humaine est compromise, offensée, et qu’on peut ensuite créer des monstruosités à travers ces fécondations […] La création d’un être homme animal représente une grave violation, la plus grave, des lois de la nature’, s'est-il indigné au micro de Radio Vatican » (in L’Express du 23 mai 2007). Quand on y pense, c’est un peu la même chose qu’avec le nucléaire : on nous avait bombardé d’assurance sur l’impossibilité d’utilisation frauduleuse et encore moins terroriste, du nucléaire. Aujourd’hui, c’est un fait admis que non seulement des pays peu recommandables peuvent en disposer mais que même des terroristes peuvent acquérir ces armes de destruction massive. Alors, il faut vraiment croire que l’homme a reçu en partage un gène autodestructeur sinon, on n’encouragerait pas ce type de fertilité humaine alors qu’on a déjà fort à faire avec d’autres découvertes et applications technologiques menaçantes pour le genre humain.



TOZI.

1) L’ADN est cet acide désoxyribonucléique qui est une molécule que l'on retrouve dans toutes les cellules vivantes et qui est le support de l'hérédité car il constitue le génome des êtres vivants.

Citation de la semaine

«mal de la télévision, ce n'est pas dans la télévision qu'il est, c'est dans le monde .»

Christian Bobin






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