Mise à jour le 16/09/2007
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San Finna N°431 du 17 au 23 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Tribune de la femme

POINT DE VUE
MOBILISATION REVENDICATIVE DES MILITAIRES RETRAITES
TUE DANS L’ŒUF PAR LE COMITE AD HOC ?

« La lutte engagée par les militaires retraités des années 2006 et 2007 depuis des mois, semble manifestement sans issue, à la lumière des conclusions, des négociations menées entre leur bureau et le comité ad hoc mis en place par le ministère de la Défense pour la circonstance. Ils seraient actuellement, de source généralement informée, à la recherche d’autres voies pour faire aboutir leurs revendications qui tournent autour de l’octroi d’une indemnité de départ à la retraite et de l’augmentation du nombre d’années de service.

Sauf changement de dernière minute, les militaires admis à la retraite les années 2006 et 2007 devaient se retrouver le Samedi 15 septembre 2007 au Stade du 4 août de Ouagadougou pour explorer de nouvelles voies pouvant aboutir à la satisfaction de leurs revendications pour lesquelles ils ont été déboutés par le comité ad hoc de négociations mis en place par le ministère de la Défense et dirigé par le Colonel Zagré Pingrénoma.

Il faut rappeler que ces anciens miliaires fondent essentiellement en droit leurs revendications sur deux décrets : le Décret 2004-081/PRES/PM/MF PRE/MJ/MFB et le Décret 2007-365/PRES/PM/MF PRE/MJ/DEF/MFB, qui leur donneraient droit à leur sens, à l’ augmentation de l’âge de départ à la retraite ainsi qu’à l’octroi d’une indemnité de départ à la retraite.

Au cours des rencontres tenues avec le Comité ad hoc du ministère ainsi qu’avec les responsables de l’Association unique des anciens combattantes et anciens militaires (dont le président est l’ex intendant militaire, Mamadou Sanfo), dit-on, les 14 et 28 juillet, il leur aurait été signifié par l’entremise de leurs délégués, qu’ils ne sont nullement concernés par les deux décrets.

Le décret n° 2004-081/PRES/PM/MF PRE/MJ/MFB en particulier auquel ils se réfèrent pour expliquer qu’ils ont quitté le service sous le drapeau avant le terme échu, ne s’appliquerait en réalité qu’aux agents de la fonction publique burkinabé. Or, les militaires disposent d’un statut spécial qui n’a rien à voir avec celui de la fonction publique. Mieux, les représentants du ministère de la Défense leur auraient expliqué qu’en matière de départ à la retraite, le gouvernement a déjà beaucoup fait. C’est ainsi que l’âge de départ à la retraite qui était fixé à 35 ans pour les soldats à la création de l’armée nationale est passé actuellement à 46 ans. Ils ont été appelés à la raison et à inscrire toutes leurs revendications dans le cadre républicain.

L’association des anciens combattants et anciens militaires, orphelins et veuves, a expliqué la procédure d’octroi de prêts bancaires aux militaires retraités et, en guise d’avertissement, un officier présent à la dernière rencontre, énervé, se serait fait fort de préciser que la hiérarchie est parfaitement informée de tout ce qui se trame au sein de leur groupe. Ces propos lancés à la cantonade auraient eu le mérite de semer la suspicion sans pour autant aller jusqu’à la dissuasion qui les amènerait à ne plus se retrouver.

Pour preuve, au cours d’une réunion d’évaluation et de restitution du contenu des négociations, tenue dans le courant du mois d’août à la Délégation des anciens combattants et anciens militaires, un ex soldat du régiment de sécurité présidentielle, suspecté d’être une taupe du commandement, aurait été vidé sans ménagement.

Les entretiens se sont focalisés par la suite sur la surveillance du groupe par des éléments de la Division information de l’Etat major des armées. Des conseils de vigilance ont été également prodigués.

La rencontre du 15 septembre devrait permettre à ces anciens militaires de faire le constat de l’échec des négociations et d’envisager en conséquence de nouvelles formes de lutte. Se rappelant au bon vieux souvenir des manifestations consécutives aux incidents avec des policiers à la fin 2006, certains proposeraient une paralysie des activités dans la capitale. Pour le faire, il n’est pas nécessaire, diraient-ils, de décréter une journée ville morte. Du reste, en ont-ils l’autorité requise et les moyens nécessaires ?

Même pour des mots d’ordre dont la justesse est incontestée, les syndicats n’arrivent pas à mobiliser grand monde, auraient-ils fait remarquer. Alors, comment pourraient-ils de surcroît réussir un tel pari dans la mesure où ils ne disposent plus d’armes et de munitions ?

La solution trouvée, entend-on dire, serait d’expliquer aux jeunes soldats encore en activité que le combat mené est aussi le leur afin de les persuader à rallier le mouvement.

Il est vrai qu’à la suite des évènements de fin 2006, des dispositions ont été prises pour éviter la répétition d’une telle situation : des affectations ont été faites, la sécurité des magasins d’armement a été renforcée et de nombreuses personnes ont été transférées à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou. Il s’agirait notamment des jeunes soldats trouvés en possession d’objets provenant des casses de boutiques.

Dans ces conditions, la tâche de mobilisation peut s’avérer ardue même si les soldats en activité partagent avec eux la revendication relative à l’augmentation de l’âge de la retraite. Sur cette question, il y aurait une convergence de vues mais pas nécessairement, semble-t-il, de timing. Le problème est que les soldats, convaincus de ne plus avoir aucun grade, comptent améliorer leur indice de solde en servant un peu plus longtemps dans l’armée. Faute de quoi, la pension est une véritable broutille alors que beaucoup d’entre eux ne connaissent que le métier des armes.

La situation, apparemment anodine, pourrait alors se compliquer si à Dieu ne plaise, des cerveaux frustrés (et Dieu sait que l’armée en regorge !) prêtaient leur intelligence au mouvement de ces retraités. Beaucoup de victimes de l’injustice au sein de la grande Muette, pourraient être tentés de tirer les marrons du feu. Dans ce cas, on ne ferait pas l’économie d’un nouveau grabuge dans la capitale burkinabé ! En tout les cas, ce n’est pas exagéré d’imaginer que le feu puisse couver sous les cendres ».

Sylvain Nacro



Rappelez-vous que les mains sales tuent : près de 2 millions d’enfants meurent chaque année de diarrhées. Or le simple fait de se laver les mains à l’eau et au savon réduirait ce chiffre de moitié ». Incroyable, n’est-ce pas ?
Ceci est un message de « Destination santé »
(www.destinationsant e.com)




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