Mise à jour le 16/09/2007
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San Finna N°431 du 17 au 23 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

AFFAIRE NANTOU
LE CHEF DE REO INCOMPRIS ?

Alors qu’à Réo, la vie semble reprendre son cours normal après l’accès de colère qui s’en était emparé, voilà que de façon persistante, des appels téléphoniques nous alertent sur l’urgence de nous y rendre. Le Chef de Réo serait désireux de procéder à quelques recadrages, à la suite de commentaires faits sur des propos qu’il a tenus et qui ne seraient pas conformes à sa pensée. Nous nous sommes donc rendus auprès de lui.

Il nous a fait savoir qu’on lui aurait prêté des propos affirmant qu’il n’était pas l’initiateur de la fameuse rencontre au cours de laquelle il a été demandé le départ du maire, Mathieu Bayala, et des propos affirmant aussi qu’il niait la crise de confiance qui régnait entre les conseillers tout comme le mécontentement des jeunes à l’endroit du maire.

Pour le Chef, qui entend le faire savoir à tous les médias qui se sont intéressés à l’affaire comme à San Finna, la situation en réalité est la suivante.

«Les journalistes sont venus chez moi pour m’interviewer et ils m’ont posé la question de savoir si une réunion s’était tenue chez moi au cours de laquelle on a demandé le départ de Mathieu de la mairie. J’ai dit non et j’ai ajouté que les réunions qui se tiennent chez moi concernent Réo et celles qui se tiennent dans la cour royale concernent le Sanguié. Et la réunion dont ils ont fait mention s’est tenue dans la cour royale et non chez moi ».

Et au Chef d’ajouter : « J’ai précisé que la réunion concernait la crise que nous vivions à l’époque. Je n’ai jamais nié l’existence d’une crise. D’ailleurs, j’avais entrepris cette rencontre pour temporiser les jeunes qui insistaient pour marcher sur la mairie ».

Le Chef donne plus de précisions : « Pour arriver à ça, j’ai invité tout le conseil municipal, les députés, les anciens députés, bref toutes les personnes ressources. Pendant la réunion, les gens ont effectivement demandé le départ du maire mais moi, mon rôle n’est pas de faire ou défaire un maire. Ma seule volonté était d’essayer de réconcilier ».

Vieux Chef Bassolet, comme on le nomme là-bas, en verve, continue en ces termes : « Vous savez, ce sont des journalistes comme vous. Il se pourrait que je ne me sois pas fait comprendre sinon, non : ‘la réunion ne s’est pas tenue chez moi’ ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de réunion et que la réunion n’avait pas pour objectif de trouver des solutions aux problèmes des jeunes, des travailleurs et des conseillers municipaux ».

Et au Chef de conclure : « Je tiens à rectifier ça pour rassurer ».

Pour rassurer, a-t-il insisté. Ce qui nous a conforté dans notre impression qu’un certain malaise, provenant des déclarations imputées au Chef, côtoyait cette atmosphère de détente perceptible à Réo.

Pour avoir suivi par le menu, comme d’autres confrères, le problème Nantou et assisté à la fameuse réunion, nous savions effectivement qu’il ne pouvait pas ne pas y avoir quelques déceptions, quelques frustrations et même quelques accusations de subornation à la suite des commentaires qui ont accompagné la chute de tension. Le Chef manifestement n’entend pas, en aucune façon, voir son honneur sali et il a décidé de s’y atteler.

Nous avons alors quitté Réo en souhaitant que le climat continue de s’apaiser pour sceller définitivement, en dehors de toute suspicion, les retrouvailles entre les filles et les fils de la commune !

SK


PALAIS DE JUSTICE DE MANGA :
LE PROCES DE LA HONTE ?

Dans une de nos publications, nous écrivions qu’un climat délétère règnerait à la Direction régionale de la Santé de Manga. Hé oui ! Nous ne nous trompions pas : les choses semblent même aller de mal en pis avec cette affaire dont n’avait pas besoin le Centre médial (CMA).

Suite à une agression verbale et des menaces de mort en sus, deux agents en service au Centre médial avec antenne chirurgicale de Manga, dans le Zoundweogo, se sont retrouvés le 05 septembre dernier devant le président de la Cour d’Appel de ladite localité.

Comment en est-on arrivé là ?

Monsieur Bazié Claude est en service au bloc opératoire du CMA et fait partie de l’une des figures charismatiques de la Section provincial du SYNSHA (Manga). Mme Ouédraogo Bernadette née Bouda, est caissière au sein du CMA. Selon une certaine source, Mme Ouédraogo utiliserait le congélateur du service à des fins lucratives. Cette façon de faire n’aurait pas plu aux responsables de la Section provinciale du SYNSHA qui auraient pris aussitôt attache avec le médecin-chef du district, le Docteur Koala, en lui disant de vive voix qu’ils s’opposeraient à cette pratique.

Le Docteur Koala aurait sorti une note de service pour dire à Mme Ouédraogo d’arrêter cette activité mais la dame n’aurait pas pris cela au sérieux car il semble que le problème persistait.

Les responsables du syndicat reviennent une nouvelle fois à la charge pour marquer leur désapprobation quant à l’utilisation de ce congélateur par Mme Ouédraogo à des fins illégales.

Constatant le refus manifeste, semble-t-il, de Mme Ouédraogo, le Docteur Koala, dans le souci d’en finir une fois pour toutes, initie une rencontre tripartite composée notamment du directeur régional de la Santé du Centre Sud, nous avons nommé le docteur Boureima Ouédraogo. Au sortir de cette rencontre, riche en couleurs dira-t-on, le Directeur régional de la Santé instruira sine die d’enlever le fameux congélateur à problème.

De retour de cette réunion, Mme Ouédraogo serait tombée nez à nez sur un groupe de syndicalistes en conclave dans une gargote de la ville. Selon Mme Ouédraogo, tous éclatèrent de rire en même temps à son passage et alors, n’en pouvant plus, elle serait revenue sur ses pas pour dire ce qui semble être le mobile de la plainte de Claude Bazié. Selon ce dernier, elle lui aurait dit qu’elle va réduire sa vie au néant en le mettant, semble-t-il, dans une bouteille.

Mme Ouédraogo a été immédiatement convoquée par Mr Bazié à la brigade de gendarmerie pour agression verbale et menace de mort.
La suite, on la connaît : les deux parties n’ont pu s’entendre et le dossier fut transféré au parquet du palais de justice de Manga.

Mme Ouédraogo Bernadette, à l’issue du procès le mercredi 05 septembre, a écopé d’une peine de deux mois d’emprisonnement avec sursis et d’une amende ferme de 300.000 fcfa. Il semble qu’elle n’ait pas fait appel.

Pour notre part, nous disons que c’est dommage qu’on en soit arrivé à un procès pour une telle affaire car, qu’on le veuille ou non, le CMA et par ricochet la section syndicale et toute la structure sanitaire du Zoundweogo, prendront un sacré coup. Comme l’adage populaire le dit, on lave le linge sale en famille. A bon entendeur, salut…

Seydou Diabo






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