San
Finna N°431 du
17 au 23 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité
de refus"
AFFAIRE
NANTOU
LE CHEF DE REO INCOMPRIS ?
Alors
qu’à Réo, la vie semble reprendre
son cours normal après l’accès
de colère qui s’en était emparé,
voilà que de façon persistante,
des appels téléphoniques nous alertent
sur l’urgence de nous y rendre. Le Chef
de Réo serait désireux de procéder
à quelques recadrages, à la suite
de commentaires faits sur des propos qu’il
a tenus et qui ne seraient pas conformes à
sa pensée. Nous nous sommes donc rendus
auprès de lui.
Il
nous a fait savoir qu’on lui aurait prêté
des propos affirmant qu’il n’était
pas l’initiateur de la fameuse rencontre
au cours de laquelle il a été demandé
le départ du maire, Mathieu Bayala, et
des propos affirmant aussi qu’il niait la
crise de confiance qui régnait entre les
conseillers tout comme le mécontentement
des jeunes à l’endroit du maire.
Pour le Chef, qui entend le faire savoir à
tous les médias qui se sont intéressés
à l’affaire comme à San Finna,
la situation en réalité est la suivante.
«Les journalistes sont venus chez moi pour
m’interviewer et ils m’ont posé
la question de savoir si une réunion s’était
tenue chez moi au cours de laquelle on a demandé
le départ de Mathieu de la mairie. J’ai
dit non et j’ai ajouté que les réunions
qui se tiennent chez moi concernent Réo
et celles qui se tiennent dans la cour royale
concernent le Sanguié. Et la réunion
dont ils ont fait mention s’est tenue dans
la cour royale et non chez moi ».
Et au Chef d’ajouter : « J’ai
précisé que la réunion concernait
la crise que nous vivions à l’époque.
Je n’ai jamais nié l’existence
d’une crise. D’ailleurs, j’avais
entrepris cette rencontre pour temporiser les
jeunes qui insistaient pour marcher sur la mairie
».
Le Chef donne plus de précisions : «
Pour arriver à ça, j’ai invité
tout le conseil municipal, les députés,
les anciens députés, bref toutes
les personnes ressources. Pendant la réunion,
les gens ont effectivement demandé le départ
du maire mais moi, mon rôle n’est
pas de faire ou défaire un maire. Ma seule
volonté était d’essayer de
réconcilier ».
Vieux Chef Bassolet, comme on le nomme là-bas,
en verve, continue en ces termes : « Vous
savez, ce sont des journalistes comme vous. Il
se pourrait que je ne me sois pas fait comprendre
sinon, non : ‘la réunion ne s’est
pas tenue chez moi’ ne veut pas dire qu’il
n’y a pas eu de réunion et que la
réunion n’avait pas pour objectif
de trouver des solutions aux problèmes
des jeunes, des travailleurs et des conseillers
municipaux ».
Et au Chef de conclure : « Je tiens à
rectifier ça pour rassurer ».
Pour rassurer, a-t-il insisté. Ce qui nous
a conforté dans notre impression qu’un
certain malaise, provenant des déclarations
imputées au Chef, côtoyait cette
atmosphère de détente perceptible
à Réo.
Pour avoir suivi par le menu, comme d’autres
confrères, le problème Nantou et
assisté à la fameuse réunion,
nous savions effectivement qu’il ne pouvait
pas ne pas y avoir quelques déceptions,
quelques frustrations et même quelques accusations
de subornation à la suite des commentaires
qui ont accompagné la chute de tension.
Le Chef manifestement n’entend pas, en aucune
façon, voir son honneur sali et il a décidé
de s’y atteler.
Nous avons alors quitté Réo en souhaitant
que le climat continue de s’apaiser pour
sceller définitivement, en dehors de toute
suspicion, les retrouvailles entre les filles
et les fils de la commune !
SK
PALAIS
DE JUSTICE DE MANGA :
LE PROCES DE LA HONTE ?
Dans
une de nos publications, nous écrivions qu’un
climat délétère règnerait
à la Direction régionale de la Santé
de Manga. Hé oui ! Nous ne nous trompions
pas : les choses semblent même aller de mal
en pis avec cette affaire dont n’avait pas
besoin le Centre médial (CMA).
Suite
à une agression verbale et des menaces de
mort en sus, deux agents en service au Centre médial
avec antenne chirurgicale de Manga, dans le Zoundweogo,
se sont retrouvés le 05 septembre dernier
devant le président de la Cour d’Appel
de ladite localité.
Comment en est-on arrivé là ?
Monsieur Bazié Claude est en service au bloc
opératoire du CMA et fait partie de l’une
des figures charismatiques de la Section provincial
du SYNSHA (Manga). Mme Ouédraogo Bernadette
née Bouda, est caissière au sein du
CMA. Selon une certaine source, Mme Ouédraogo
utiliserait le congélateur du service à
des fins lucratives. Cette façon de faire
n’aurait pas plu aux responsables de la Section
provinciale du SYNSHA qui auraient pris aussitôt
attache avec le médecin-chef du district,
le Docteur Koala, en lui disant de vive voix qu’ils
s’opposeraient à cette pratique.
Le Docteur Koala aurait sorti une note de service
pour dire à Mme Ouédraogo d’arrêter
cette activité mais la dame n’aurait
pas pris cela au sérieux car il semble que
le problème persistait.
Les responsables du syndicat reviennent une nouvelle
fois à la charge pour marquer leur désapprobation
quant à l’utilisation de ce congélateur
par Mme Ouédraogo à des fins illégales.
Constatant le refus manifeste, semble-t-il, de Mme
Ouédraogo, le Docteur Koala, dans le souci
d’en finir une fois pour toutes, initie une
rencontre tripartite composée notamment du
directeur régional de la Santé du
Centre Sud, nous avons nommé le docteur Boureima
Ouédraogo. Au sortir de cette rencontre,
riche en couleurs dira-t-on, le Directeur régional
de la Santé instruira sine die d’enlever
le fameux congélateur à problème.
De retour de cette réunion, Mme Ouédraogo
serait tombée nez à nez sur un groupe
de syndicalistes en conclave dans une gargote de
la ville. Selon Mme Ouédraogo, tous éclatèrent
de rire en même temps à son passage
et alors, n’en pouvant plus, elle serait revenue
sur ses pas pour dire ce qui semble être le
mobile de la plainte de Claude Bazié. Selon
ce dernier, elle lui aurait dit qu’elle va
réduire sa vie au néant en le mettant,
semble-t-il, dans une bouteille.
Mme Ouédraogo a été immédiatement
convoquée par Mr Bazié à la
brigade de gendarmerie pour agression verbale et
menace de mort.
La suite, on la connaît : les deux parties
n’ont pu s’entendre et le dossier fut
transféré au parquet du palais de
justice de Manga.
Mme Ouédraogo Bernadette, à l’issue
du procès le mercredi 05 septembre, a écopé
d’une peine de deux mois d’emprisonnement
avec sursis et d’une amende ferme de 300.000
fcfa. Il semble qu’elle n’ait pas fait
appel.
Pour notre part, nous disons que c’est dommage
qu’on en soit arrivé à un procès
pour une telle affaire car, qu’on le veuille
ou non, le CMA et par ricochet la section syndicale
et toute la structure sanitaire du Zoundweogo, prendront
un sacré coup. Comme l’adage populaire
le dit, on lave le linge sale en famille. A bon
entendeur, salut…