| LES
PERSONNALITES PUBLIQUES DOIVENT MOBILISER LEURS
BASES POUR POUVOIR MOBILISER AU PLAN NATIONAL
Il
ne faut pas voir du mal dans le fait qu’un
ministre, un premier Ministre, un président
d’institution, se rende dans sa région
d’origine pour se faire connaître. C’est
une attitude tout à fait conforme à
nos traditions. Celui qui réussit à
un examen, qui se marie, qui achète une moto,
a l’habitude d’en informer ses voisins
et plus sûrement, sa famille. Et de tout temps,
on a vu les ministres et les premiers Ministres
nouvellement nommés se rendre chez eux pour
tenir à peu près ce langage : «Voyez,
on m’a nommé à ce poste de responsabilité
; ce n’est pas moi qu’on honore mais
vous tous ». Généralement, ses
propos sont accompagnés de la mise en garde
suivante : « Si vous me privez de votre soutien
pour que j’échoue, ce ne sera pas ma
honte mais votre honte à tous ». C’est
comme ça que les choses ont toujours marché,
avant, pendant, et après le Blanc. Pourquoi
alors soudainement partir en Djihad contre cette
pratique ancrée dans notre pays et qui plus
est, n’a jamais connu de dérapages
? En effet, le Burkina Faso est l’un des rares
pays dont les intolérances ethniques, si
tant est qu’elles se manifestent vraiment,
n’ont jamais atteint la cote d’alerte,
et comme on ne peut pas de toutes les façons
empêcher que tel ministre soit de telle région,
qu’il y ait de la famille, des intérêts,
et que lorsqu’il se rend dans sa région,
il s’en trouve pour se reconnaître en
lui, faut laisser faire. C’est par ailleurs
une façon d’informer au plus haut niveau
de l’Etat des préoccupations nationales
afin d’ajuster l’action gouvernementale
aux besoins des populations. En tout cas, «
JJ » en a apporté la justification
à sa façon, en y allant des observations
suivantes : « Dans la généreuse
initiative de bâtir des nations au sein desquelles
l’unité est prônée, une
phraséologie courante parle de ‘gouvernement
d’union nationale’ ce qui suppose la
prise en compte de toutes les composantes de la
société ». L’hebdo souligne
également les encouragements venant des occidentaux
qui poussent à ces gouvernements d’union
après les coups d’Etat et autres crises.
Même les médias internationaux, d’après
le journal, y apportent leur concours, eux qui ne
se « privent jamais de dire et de redire,
quand il s’agit de faire le portrait d’un
homme politique africain, son origine ethnique et
de faire le décompte des ‘nationalités’
qui composent les équipes dirigeantes».
Enfin, pour « JJ », l’opinion
publique elle-même n’en finit pas de
pousser « les serviteurs de l’Etat même
les plus techniques, à prendre en compte
la donne subjective du patelin pour éviter
les jugements sans appel du genre ‘Depuis
qu’il est aux affaires, il n’a rien
fait pour son village’ ». Faut-il aller
en guerre contre le phénomène ? Autant
tenter d’arrêter la mer avec les bras
!
TOMI.
|
L’IDENTIFICATION
REGIONALE PEUT NOUS CONDUIRE DROIT À UN DERAPAGE
IDENTITAIRE DES PLUS DANGEREUX
Nous
assistons au Burkina Faso à un lent glissement
vers la référence identitaire. Il
est aujourd’hui incontestable que des frustrations
existent à cause de l’intervention
déséquilibrée de l’Etat
dans les régions et que particulièrement,
le Sahel et l’Ouest ont parfois le sentiment
de ne pas faire partie du Burkina Faso. Cette défaillance,
imputable à l’Etat, est également
soulignée par rapport aux tensions violentes
qui existent entre certaines ethnies notamment entre
les Peulhs et les Mossis. Comme si cela ne suffisait
pas, voilà qu’on laisse de plus en
plus les associations, les partis politiques, se
créer sur la base régionale, provinciale
et même départementale. Les élections
en effet montrent de plus en plus de telles structures
qui ont été reconnues sur la seule
base régionale, mènent leurs activités
autour de thèmes principalement régionaux,
ethniques. Avec de tels arguments grégaires,
ils vont ratisser large chez eux mais quel préjudice
pour l’Etat, quel mépris pour la Constitution
qui interdit cela. Au lieu de combattre cette tendance
négative, voilà qu’on l’
encourage plutôt en laissant les premiers
responsables de ce pays, en charge de fonctions
nationales, se comporter comme s’ils avaient
été faits par les régions et
pour défendre les intérêts régionaux.
Car c’est ainsi que les populations régionales
ressentent les choses lorsque le fils du pays vient
vers eux. Ils n’entendent pas donner leur
confiance sans des retours, ne serait-ce qu’en
matière de conseils. Ainsi donc, le 1er Ministre
aura aussi en tête de ne pas déplaire
à sa région et il aura tendance à
en faire plus au détriment du reste de la
nation. La question a été évoquée
par le journaliste Rémi Dandjino de Canal
3 à l’occasion de la conférence
de presse de Blaise Compaoré le 6 septembre
dernier, et le fait pour le chef de l’Etat
d’avoir répondu qu’il veillerait
à avoir l’information sur cet état
de choses pour éviter les dérapages,
a bien confirmé qu’il y avait problème.
Alors, même si c’est une habitude d’aller
en famille pour informer les parents de nominations
ou d’avantages dont on a été
gratifié, ce n’est pas pour autant
que les personnalités qui en sont bénéficiaires
doivent se comporter de façon à cultiver
le sectarisme, le régionalisme, l’ethnicisme.
Et « Bendre » a tout à fait raison
de rappeler que «L’esprit de la loi
fondamentale est clair. Qu’on soit Toussian,
Turka.. (…).. Dapelgo ou de la diaspora, nous
sommes tous des Burkinabè» et de préciser
: « D’où qu’on vienne,
qui que nous soyons, nous avons autant besoin les
uns des autres pour la simple raison que nous sommes
condamnés à évoluer dans un
même État et à se partager un
destin commun. D’où qu’on vienne,
qui que nous soyons, nous sommes obligés
de travailler la main dans la main pour relever
les défis du développement et normalement
de nous partager les fruits de la croissance économique».
Voilà qui est bien dit !
TOZI.
|