San
Finna N°430 du
10 au 16 Septembre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
ELECTIONS
LEGISLATIVES AU MAROC
LES ELECTEURS DISENT NON A LA THEATRALISATION
DEMOCRATIQUE
S’il
est un souverain qui doit en ce moment faire grise mine,
c’est bel et bien Mohamed VI. Son avènement,
qui avait été salué comme annonciateur
d’une décrispation qui laissait croire que
l’on pourrait même aller vers une monarchie
constitutionnelle, n’a pas comblé les espérances
attendues.
Au Maroc, le Roi
est un descendant direct du Prophète et la monarchie
ne saurait être mâtinée à la
mode danoise ou britannique.
Qu’à cela ne tienne ! En tout cas, pour l’électeur
marocain, il n’est pas question de jouer le jeu
de la comédie comme on le fait partout en Afrique,
avec des institutions pipées, n’étant
là que pour faire illusion. Puisque la monarchie
retient la démocratie, il n’ira pas voter.
Voilà qui confirme la désaffection en cours
des Africains vis-à-vis de l’expérience
démocratique qui, sur le continent, est l’objet
presque partout de théâtralisation.
Si le Roi comptait sur cette élection pour engranger
un surplus de considération au plan international
parce qu’elle aurait montré l’adhésion
des Marocains à la démocratie en même
temps qu’à leur souverain, eh bien, c’est
râpé ! Jamais on aura connu une telle abstention
(près de 60 %) depuis que des élections
législatives s’organisent dans le royaume
chérifien. Le vieux parti Istiqlal qu’on
disait perdant, finalement s’en sort très
bien en restant le premier parti. Les islamistes modérés
du Parti justice et développement, qui s’attendaient
(et tout le monde en convenait) à devenir la première
formation du royaume, n’atteindront pas leur objectif,
et crient déjà à la fraude par achat
des voix.
Comment leur donner tort quand on sait qu’en Afrique,
la technique maintenant éprouvée, c’est
l’instrumentalisation des instruments électoraux,
notamment pour distribuer les rôles politiques dans
le cadre d’une démocratie maîtrisée
? Rien de nouveau donc sous le soleil marocain et africain.
Ce que l’on relèvera, c’est qu’ailleurs,
on aurait écrit des tartines et des tartines (diffusées
à n’en plus finir sur les ondes) des explications
de cet état sur la pléthore de partis politiques,
leur absence de programme, leur manque de moyens ; au
Maroc, on a bien tenté de remettre au goût
du jour ces clichés mais sans succès. La
vérité ici, incontournable, c’est
que les Marocains savent que leurs bulletins n’auront
aucun impact sur la gouvernance puisque l’essentiel
des pouvoirs reste concentré entre les mains du
Souverain.
Ils savent qu’il n’est de changement possible
que concédé par le roi. Les partis de la
mouvance présidentielle ont beau battre campagne
et se répandre en promesses, ils ne peuvent que
faire de la figuration. La souveraineté au Maroc,
il ne faut pas s’y tromper, n’appartient pas
au peuple mais au roi. Aussi, choisit-il en toute liberté,
les dirigeants de son pays notamment le premier ministre
et les membres du gouvernement.
Alors, tant qu’à faire, les Marocains préfèrent
rester chez eux en attendant le jour où l’on
daignera vraiment prendre l’option d’une démocratie
digne de ce nom.
VT
RESISTANCE
AU NIGER
VENT DE PATRIOTISME « BLEGOUDEEN »
Dans
une de nos précédentes éditions,
nous avions relevé la similitude des situations
que connaissaient le Niger (qui est engagé
dans une lutte de libération néo-coloniale)
et la Côte d’Ivoire (qui est en train
d’en sortir). Nous en avions déduit à
un échange de bons procédés pour
que les Nigériens puissent se prémunir
des écueils vécus par les Ivoiriens
et mener victorieusement leur combat.
Cette analyse semble avoir bénéficié
d’échos au Niger à en juger par
la mobilisation patriotique qui s’y fait jour,
notamment au niveau de la jeunesse. On en voit particulièrement
le signe avec l’émergence de Nouhou Arzika
du mouvement citoyen qui commence à catalyser
la jeunesse comme Blé Goudé a su le
faire en se constituant le bouclier du pouvoir ivoirien.
Ce samedi 8 septembre 2007 aura en tout cas porté
sur les fonts baptismaux ce Blé Goudé
nigérien comme l’a baptisé RFI.
Avec l’aval des autorités, il a organisé
(avec des mouvements de jeunes, des associations de
consommateurs, des ONG de défense des droits
de l’homme…) une manifestation pour dénoncer
l’instrumentalisation des Touarègues
par des parrains extérieurs, en l’occurrence
la Libye et la France, exiger le départ d’AREVA,
accusée de financer les rebelles touarègues
dans le nord du pays et la nationalisation de deux
sociétés d’exploitation de l’uranium
basées au nord du pays.
Qui doutait que l’exemple ivoirien fasse contagion
?