COMMUNIQUE
DU B.E.N. DE L’UNDD
DU 31 AOUT 2007
Sur
convocation de son président, Me Hermann Yaméogo,
le Bureau Exécutif National (BEN) s’est
retrouvé à son lieu habituel de réunion,
à Ouagadougou, le 31 août 2007 à
partir de 18 H 00. Ordre du jour :
- Vie du parti
- Vie nationale
-Vie internationale
PREMIER
POINT : VIE DU PARTI
Le parti s’est félicité de la
tenue, le 16 juin dernier à Boulmiougou, de
son 6ème Forum de communication alternative
sur le thème « Procès de Charles
Taylor : Déni de justice programmé de
la communauté internationale ? » et de
la projection du film documentaire « L’UNDD,
CE SYMBOLE DE RESISTANCE QUE L’ ON VEUT LIQUIDER
».
Le bureau a dénoncé le fait que la Télévision
Nationale du Burkina (TNB), présente, n’ait
pas diffusé la manifestation et remercié
les médias qui en ont fait état.
Il a informé de la ventilation du film aux
structures du parti, aux médias nationaux et
internationaux, aux représentations diplomatiques
et à différentes personnalités
au-dedans comme au dehors du pays.
Les prises de position nombreuses et convergentes
au sujet du dérapage de la démocratie
en général -et en particulier au Burkina
Faso- ont conforté le Bureau dans sa juste
position attachée à la refondation de
la démocratie. Ainsi, a-t-il approuvé
la remarque (qu’il espère sincère)
du président Sarkozy faite lors de son Adresse
au corps diplomatique sur les menaces que font peser
des «acteurs économiques, des médias
ou pire des réseaux criminels et terroristes
» sur «les progrès des droits de
l’homme et de la démocratie ».
Le BEN a aussi félicité Alpha Oumar
Konaré qui, sur RFI le jeudi 30/08/07, a lié
les déviances démocratiques en Afrique
à d’autres facteurs qu’à
ceux habituellement imputés à la seule
classe politique et spécifiquement aux oppositions.
A. O. Konaré, en soulignant spécialement
que la disparition des oppositions dans bien de pays
africains, est imputable à des pouvoirs maffieux
qui financent les élections pour se livrer
notamment à des opérations de blanchiment
d’argent, a rétabli une vérité
que le parti n’a de cesse de marteler.
Pour les mêmes raisons, le BEN s’est réjoui
des interventions des Professeurs Luc Ibriga et Augustin
Loada lors du séminaire atelier de restitution
d’une étude sur le fonctionnement du
système des partis politiques au Burkina, organisé
par l’Institut des affaires africaines de la
« Germen Institute of global and area studies
» GIGA (auquel a participé le Conciliateur
Noël Yaméogo), et dont la presse en a
largement fait la relation. Ils ont sans fioritures,
en intellectuels conséquents, dressé
un constat circonstancié des ratés pour
ne pas dire de la panne de notre démocratie,
amenant Le professeur Loada à prévenir
qu’on peut tout faire avec la démocratie
sauf s’asseoir dessus.
Le
BEN a ensuite donné l’information sur
la participation de femmes du parti, à une
formation initiée par le National Democratic
Institute (NDI) et échangé autour de
questionnaires de la Commission Economique pour l’Afrique
(CEA) des Nations Unies sur le sujet suivant : «
Partis politiques et la bonne gouvernance : les leçons
apprises et perspectives d’avenir » et
des réponses à y apporter. Enfin, en
prévision de la tenue les 24, 25 et 26 Octobre
2007 à Ouagadougou du 7ème forum africain
sur la gouvernance, la réunion a préconisé
que le parti tienne un forum de communication alternative
(FOCAL) pour discuter de la question.
DEUXIEME POINT : VIE NATIONALE
Abordant l’Affaire des réfection de la
Mairie de Ouagadougou, le BEN a noté qu’au-delà
de ce frémissement de la Cour des Comptes qui
a permis d’assurer un contrôle objectif
des comptes de certaines institutions, il importait
de revoir dans son fonctionnement et ses attributions,
cette structure, pour lui permettre par des contrôles
plus élargis sur la qualité de la gestion,
d’endiguer les orientations partisanes des dépenses
publiques qui découlent de l’exploitation,
du rôle économique joué par les
finances publiques.
Il a souhaité l’extension des compétences
juridictionnelles de la Cour des comptes voire même
la création d’un Conseil de discipline
budgétaire et financière à saisine
automatique et largement ouverte.
Si de telles dispositions et mécanismes existaient,
on ne serait pas dans cette espèce d’impasse
consécutive aux dénonciations de la
Cour des comptes avec un Simon Compaoré menaçant
de saisir la justice sans le faire, une Cour des comptes
incapable d’aller au-delà de son enquête
pour instruire au fond et sanctionner et un chef de
l’Etat à qui revient la possibilité
de mouvementer la justice ou de la réformer,
et qui reste silencieux comme une tombe.
Concernant
l’ Affaire Idrissa Traoré, Président
du Conseil constitutionnel, mêlé à
un scandale portant sur des travaux pour le compte
de cette institution, le BEN n’a pas exprimé
d’étonnement sur ce qui arrive. Sa conviction
est depuis longtemps faite que cette structure ne
pouvait que se corrompre -comme le poisson par sa
tête- puisque sa composition est décidée
par le seul pouvoir, dominé par le CDP et que
son président, sans mandat déterminé,
est discrétionnairement nommé par le
chef de l’Etat qui peut le faire partir quand
il veut, pour les raisons qu’il veut. Il ne
peut donc dans ces conditions que filer doux.
Le parti n’a jamais cessé de stigmatiser
l’incapacité du Conseil constitutionnel
à protéger la loi fondamentale : couverture
de la forfaiture de la troisième candidature
de Blaise Compaoré contrairement à l’article
37, cautions toujours données aux violations
du suffrage populaire et du droit des partis politiques
en particulier par la validation régulière
de suffrages frauduleux, déni de justice par
rapport à bien de plaintes dont il a été
saisi et spécialement au sujet de ce découpage
électoral instituant un scrutin uninominal
à un tour de fait, par la création de
15 circonscriptions avec un seul siège à
pourvoir alors que le code électoral prescrit
le scrutin proportionnel à la plus forte moyenne.
Pour le BEN, c’est à force de faire dans
l’illégalité et d’en voir
faire ailleurs sans conséquence que la vermine
s’est attaquée au Conseil constitutionnel.
Au-delà du remplacement sans délai du
président sur la seule base des critères
de compétence, de probité et d’expérience
dans la magistrature, il s’agit surtout de s’attacher
à une réforme de fond de la maison dans
le cadre général de la réforme
de l’Etat pour permettre au Conseil constitutionnel
de jouer enfin véritablement son rôle
dans la perspective d’une gouvernance réellement
soumise au principe de la légitimation et du
contrôle démocratique.
A cet égard, la direction a renouvelé
ses propositions bien connues et qui tiennent entre
autres à l’élargissement de la
saisine du Conseil constitutionnel aux citoyens, à
la nomination de ses membres par les magistrats et
à l’élection de son président
par les membres du Conseil avec un mandat à
durée irrévocable.
Le
BEN a ensuite déploré le conflit entre
éleveurs peulhs et cultivateurs dans la région
du Centre Sud ayant entraîné des pertes
multiples (en vies humaines, en habitations, en animaux
et autres biens). Il a rappelé que par le passé,
l’éleveur peulh en plus de son propre
troupeau avait la garde du gros bétail du cultivateur
et qu’après la récolte, celui-ci
laissait les tiges de mil de son champ comme fourrage
au bétail de l’éleveur, en contrepartie
de quoi, les bouses de vache laissées par les
animaux constituaient une excellente fumure organique
pour le champ du cultivateur. Par ailleurs, dans les
années 70, le gouvernement avait délimité
le long des grandes voies de transhumance, des pistes
de bétail pour éviter les conflits entre
éleveurs et agriculteurs. Aujourd’hui,
tout cela a volé en éclats à
la faveur notamment de la pression démographique.
Le BEN propose que l’Etat assume ses responsabilités
en prospectant des solutions pérennes grâce
à l’application urgente des dispositions
législatives et règlementaires en matière
d’aménagement du domaine foncier national.
Abordant
les catastrophes provoquées par la saison des
pluies, la réunion a tout d’abord présenté
ses condoléances aux familles éplorées.
Elle a ensuite dénoncé le saupoudrage
auquel se livre le pouvoir. Les ravages causés
un peu partout aux champs, aux maisons d’habitation,
aux échoppes, aux écoles et autres ouvrages
publics… , posent de véritables problèmes
qu’il faut prendre à bras le corps. Les
pluies étant toujours abondantes, il convient,
alors que nombre d’écoles sont occupées
par des sans-abri, de procéder à une
large information de la situation et de prendre des
mesures concrètes pour secourir les victimes
notamment en baissant les prix des matériaux
de construction.
Sur
la rentrée scolaire, les membres du BEN ont
reconnu que si la gratuité des livres au primaire
soulageait un tant soit peu les familles, il était
tout à fait regrettable qu’il y ait eu
un tel tapage médiatique pour s’auto
féliciter alors que la mesure s’avère
être une demi-mesure puisque ce sont probablement
uniquement les livres de maths et de français
qui seront gratuits. Voilà qui fera des déçus,
beaucoup ayant pris les engagements du pouvoir pour
argent comptant !
Le
BEN a ensuite estimé que la fermeture de l’IDRI,
une école de diplomatie à vocation régionale,
et l’affectation de 105 agents du Ministère
des affaires étrangères dans d’autres
ministères et institutions pour avoir seulement
marché, étaient des mesures exorbitantes,
inopportunes et inadaptées. Il a invité
le Gouvernement à rapporter ces mesures comme
il l’a fait pour les élèves policiers.
TROISIEME
POINT : VIE INTERNATIONALE
Le BEN a exprimé ses vives inquiétudes
par rapport aux troubles que connaissent le Niger
et le Mali. Sans méconnaître que, comme
beaucoup d’autres pays africains, ils ont hérité
de la colonisation d’ espaces étatiques
artificiels, véritables patchworks de nationalités
(et qu’ils n’ont pas toujours su initier
les meilleures politiques d’aménagement
du territoire pour y remédier), le BEN a surtout
souhaité, que l’on aille à l’essentiel
: à la décentralisation démocratique
avec les découpages administratifs et les transferts
indispensables qui en découlent, à l’intégration
sous régionale reposant sur une dynamique de
fonds structurels et de gestion optimale des flux
migratoires. Mais les craintes unanimement partagées
par le BEN résident dans les possibles instrumentalisations
de ces rébellions aux fins de contrôle
et de domination des économies des Etats sub-sahariens
et plus encore dans la possible formulation d’une
revendication -que l’on sent en filigrane- portant
sur la création d’un Etat touarègue
à cheval entre plusieurs Etats sahéliens.
Il a souhaité que dans cette affaire nigérienne,
le gouvernement mette un bémol à son
volontarisme gênant pour laisser venir à
lui d’éventuelles sollicitations de médiation.
Par ailleurs, considérant avec amertume l’échec
de la réunion regroupant les Etats-Unis, le
Brésil, l'Inde et l'Union européenne
pour sauver le cycle de Doha et les sombres perspectives
qui en découlent, le BEN s’est inquiété
du manque de mobilisation sincère et conséquente
des gouvernants des pays « Afrique-Caraïbes-Pacifique
» (ACP) par rapport aux Accords de Partenariat
Economique (APE) avec l’Union européenne,
véritable pacte colonial en préparation.
Il a jugé que la sécurité mondiale
pourrait être menacée par la mise en
œuvre de ce dispositif annoncé qui risque
de tuer l’agriculture africaine et qui s’apparente
à une autre trahison de l’Afrique par
ses dirigeants.
Le BEN a félicité la clairvoyance des
organisations de la société civile qui
ont dénoncé les APE et souhaité
que le débat soit aussi approfondi au niveau
des politiques. Il a décidé d’organiser
également un Forum de communication alternative
(FOCAL) sur les APE.
Enfin, l’UNDD, comme beaucoup, a relevé
des incohérences dans les comportements comme
dans le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy, par
rapport à ses promesses électorales
sur la rupture dans la politique africaine de la France.
Les participants ont spécialement regretté
la méthode choisie par le président
français pour, comme il dit, présenter
avec « amitié et franchise » son
analyse sur l’état de l’Afrique.
Non seulement, celle-ci n’a pas toujours été
appuyée par la meilleure connaissance qui soit
du terrain mais elle a plutôt eu tendance à
blesser inutilement dans leurs sentiments, les Africains.
On peut dire la vérité en évitant
de meurtrir !
Pour le BEN cependant, tout indique que le président
français, par-delà les écrans
des laudateurs, semble avoir pris la juste mesure
du mécontentement provoqué en Afrique
par son message de Dakar. Cela ressort de son discours
du 27 août dernier aux Ambassadeurs à
Paris, au travers duquel il s’est efforcé
de rattraper le coup en affirmant être à
l’écoute des peuples africains. Il a
même esquissé des rectifications possibles
en instruisant expressément ses ambassadeurs
« d’aller à la rencontre des forces
vives du continent et notamment de sa jeunesse »,
ceci dans l’optique de lui répercuter,
avant son prochain voyage en Afrique, leurs attentes.
Il a même souhaité que ces attentes et
notamment celles provenant de la jeunesse, puissent
être exprimées, dans ce « même
esprit d’amitié et de franchise »
qui l’a habité à Dakar.
Cette volonté de contact plus marquée
avec le peuple et les contre-pouvoirs africains, vient
non seulement rectifier le faux pas de Dakar mais
atténuer la pratique de ces tête à
tête exclusifs entre dirigeants français
et africains, dont la réplique prévue
en septembre aux Nations Unies risque d’accoucher
encore d’une souris.
Mais l’un dans l’autre, la réunion
a jugé qu’il fallait prendre au mot Nicolas
Sarkozy en acceptant l’offre de dialogue pour
voir ce qui en résultera. Le parti pourra,
après coup, pièces à l’appui,
porter un jugement définitif sur sa volonté
de rompre comme promis, avec les pratiques détestables
de la Françafrique.
C’est pourquoi le BEN a décidé
d’initier une concertation de la jeunesse résistante
burkinabé autour de la proposition de Nicolas
Sarkozy afin de transmettre ses attentes au chef de
l’Etat français par l’entremise
de son Excellence François Golblatt, Ambassadeur
de France au Burkina Faso.
Enfin,
après avoir abordé diverses questions
en divers, la séance a été levée
à 20 heures.
Ouagadougou, le 31 Août 2007
Pour le Bureau Exécutif National,
Le Président
Me Hermann YAMEOGO