San
Finna N°429 du
03 au 09 Septembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité
de refus"
DES
BISBILLES AUTOUR D’UNE IMPORTATION DE CARREAUX
A LA PRESIDENCE DU FASO ?
Ces derniers temps, à Ouagadougou,
des rumeurs persistantes circuleraient sur une commande
de carreaux de la présidence, jugée semble-t-il
suspecte. Cette information tendancieuse nous a conduit
à faire un petit détour du côté
de la gare Ouaga Inter et au niveau de la Coordination
de lutte contre la fraude et à chercher à
entrer en contact avec les services de la Présidence.
Si à ce
niveau, nous avons jusqu’à présent,
malgré nos efforts, fait chou blanc, nos autres
démarches n’ont pas été totalement
infructueuses. Nous ferons donc ici avec ce que nous avons
pu glaner en attendant de voir venir : « allons-y,
allons-on donc » !
Des échos concordants font état de ce qu’
une mission de la Présidence , dans laquelle faisait
partie un opérateur économique spécialisé
dans la vente de carreaux, se serait rendue en Asie pour
commander des carreaux destinés à des travaux
pour le compte de la Présidence. Jusque là,
rien d’anormal.
Comment se fait-il que cette affaire ait mis en branle
les services chargés de la lutte contre la fraude
? Tout simplement, et c’est là le problème,
parce que cette importante quantité de carreaux
arrivée à la Douane , comme c’est
l’usage, se serait par la suite évanouie
dans la nature.
Bien vrai qu’au niveau des commandes de la Présidence
, les choses se réalisent sans taxation douanière
mais il y a des formalités de transit à
observer pour entre autres laisser des traces, et en tout
les cas, la destination finale des commandes doit être
conforme aux déclarations.
Or, ce qui aurait été dénoncé
et que la rumeur rapporte, c’est que les carreaux
pourraient avoir servi à alimenter des circuits
dérivés à des fins de profit personnel.
L’affaire, nous l’avons constaté, au-delà
des gargotes, a mobilisé les services de la douane,
ceux de la lutte contre la fraude, de la gendarmerie à
tel point que des convocations auraient été
adressées à plusieurs sociétés
de transit afin de déterminer le transitaire qui
s’est chargé de l’opération
de transit. Il aura fallu attendre trois convocations,
semble-t-il, pour que l’on identifie ladite société.
Mais pas plus que le transitaire et l’agent de douane
commis à la tâche de vérification
ne seront en mesure de dire clairement la destination
finale de la marchandise, la mission de la Présidence
n’aura pas, selon des confidences, établi
la clarté dans cette affaire.
En effet, dans le même temps, au niveau de la Présidence
, on a trouvé nécessaire de conduire, le
20 août dernier, des éléments de la
Coordination nationale de lutte contre la fraude sur dans
plusieurs sites plusieurs sites, à Kosyam (la nouvelle
présidence du Faso), à Bilbalogo, au secteur
16, à Dassasgo et nous en oublions, pour que de
visu, il soit constaté que les commandes n’ont
pas été détournées de leur
destination.
A la question incidente de savoir pourquoi la Présidence
louait des magasins privés en ville pour le stockage
de ses biens, on nous fera comprendre que cela s’explique
par le fait que les magasins de l’Etat ont du mal
à contenir tous les biens de la Présidence
, d’où ces locations pour lesquelles la présidence
débourserait des sommes très importantes.
Mais le hic, encore une fois, dans tout cela, c’est
que personne, en dépit de ces transports sur le
terrain, ne peut affirmer que les conteneurs de carreaux
présentés sont ceux effectivement commandés
par la Présidence car le stock, aux dires des uns
et des autres, présenté notamment dans le
magasin d’un certain C.A., ressemblerait plutôt
à un vieux stock.
Comment s’y retrouver ? Quelle peut être le
fin mot de cette histoire ? La Présidence aurait-elle
été flouée ? Serait-elle l’objet
de quelques jaloux ou indélicats en son sein ou
de ragots, ou bien s’agirait-il d’une filière
juteuse sur laquelle on serait malencontreusement tombé
?
En attendant d’en savoir plus, spécialement
de la part des services de la communication de la Présidence
, les bruits font état de ce que le premier Ministre,
et même le chef de l’Etat, aimeraient que
toute cette affaire soit élucidée au plus
tôt. Vrai ou faux ?
Affaire à suivre…