Mise à jour le 19/08/2007
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San Finna N°427 du 20 au 26 Août 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

SIMON COMPAORE A-T-IL OUI OU NON CONVAINCU PAR RAPPORT AU RAPPORT ACCABLANT DE LA COUR DES COMPTES SUR LA REFECTION DE LA MAIRIE ?

Le rapport de la Cour des comptes, comme le vent sur la braise, est venu souffler sur ces affaires relatives aux travaux de réfection de l’Hôtel de ville de Ouagadougou. Le malaise était déjà profond et la contestation nourrie entre ceux qui se réjouissaient de ces réfections (qui contribuaient à l’embellissement de la mairie et donc de la ville), et ceux qui au contraire, soupçonnaient des « deals » à travers ces travaux à répétition dépassant le milliard de FCFA. Le rapport de la Cour des comptes est venu raviver cette polémique, obligeant le Maire lui-même à monter en première ligne pour se défendre. Pour les uns, il a convaincu ; pour les autres, il se serait plutôt enfoncé. Deux sons de cloche.

LE MAIRE CENTRAL, SIMON COMPAORE, A SAUVE SON HONNEUR AVEC BRIO

On savait, en dépit des apparences, que Simon Compaoré pouvait à l’occasion être un sprinteur émérite ; il en a édifié plus d’un au moment de la révolte populaire consécutive au quadruple assassinat de Sapouy, dit-on, en prenant le mur devant des manifestants en furie ! On saura qu’en plus d’être un bon coureur et sauteur, il est un bon bourgmestre qui plus est un brillant avocat qui aurait pu en imposer au Barreau. Il fallait en effet le voir ce vendredi 8 août 2007 face à la presse, pas du tout démonté mais bien combatif. Des défis de ce genre et même de plus corsés, il en a relevés avec panache ! C’est donc apaisé, ayant l’assurance de celui qui a la vérité avec lui, qu’il a décidé de profiter de ces conférences de presse trimestrielles qu’il a instituées pour combattre les ragots, pour répliquer. Les journalistes, qui aiment tant le croquer, auraient l’occasion de le faire et lui, comme à l’accoutumée, de leur cracher ses 4 vérités. Bien que ce soit là des gens qui n’ont pas leur pareil pour vous casser un homme politique ou un leader d’opinion, il s’est présenté devant eux, sûr de son fait. Eh bien, ce vendredi donc, c’est un homme serein, quoique blessé dans son honneur, qui s’est retrouvé devant les médias qu’il avait convoqués. Tour à tour, plusieurs dossiers ont été défendus, pièces à la main, confondant toutes les mauvaises langues et ceux qui, par manque d’information, se sont laissés abuser pour l’accuser d’avoir fait du favoritisme à l’entreprise Fadoul. Il a été tout simplement tranchant, persuasif, sans peur et sans reproche. Parlant de sa gestion incriminée, il dira : « .. qu’on veuille assimiler ces insuffisances et erreurs constatées à la preuve d’une volonté délibérée de favoriser une entreprise donnée, comme le fait le premier président de la Cour des comptes, je ne peux l’accepter. Il y a va de mon honneur, et si telle est vraiment la conviction profonde de la cour, je suis prêt pour répondre devant la juridiction de jugement ; l’honneur n’a pas de prix. Je ne me reproche aucune manœuvre frauduleuse ». Après une telle sortie, tout est plié, la cause entendue pour ainsi dire. S’il y a quelqu’un qui doit être dans ses petits souliers en ce moment, c’est bel et bien le président de la Cour des comptes qui, après sa dernière conférence de présentation de son rapport, devrait en principe sans plus tarder, en re-convoquer une autre aux fins de confirmation, d’infirmation ou de clarification des insinuations faites par rapport aux conditions d’attribution du marché. Se réfugier sous le prétexte que le travail de la Cour est fait et que l’institution est en quelque sorte dessaisie au profit de l’Exécutif auquel revient la suite à donner, pourrait ressembler à de la dérobade. Quoi qu’il en soit, Simon Compaoré tient le bon bout et il a montré avec panache qu’un grand n’est pas petit ! Chapeau bas au maire central et honte à tous ceux qui complotent contre lui pour de sombres desseins ou dans le but de se positionner dans cette course à la succession d’Etat dont on voit de plus en plus qu’elle est dans l’air du temps.


TOMI.

LE BOURGMESTRE EN CHEF DE OUAGADOUGOU N’A VRAIMENT PAS CONVAINCU, ET POUR CAUSE !

Simon Compaoré n’en menait pas large devant la presse, ce 8 août dernier. Et pour cause ! C’est un véritable coup de couteau dans le dos qu’il a reçu à travers sa mise en cause par la Cour des Comptes, et il lui était plus que difficile d’apporter la réplique à la Cour et encore moins de lui voler dans les plumes comme il aime si bien le faire. Il a joué à l’esbroufe, et c’était plutôt risible de le voir s’échiner, dans ce climat général de corruption, de favoritisme à la base de l’affaissement de la morale au Faso, pour persuader qu’il serait de tous les dignitaires de ce régime, une exception, une sorte d’Immaculée conception. Les gens n’ont pas la mémoire courte : ils n’ont pas oublié toutes ces rumeurs qui couraient sur lui, ces marchés qui se négociaient sous le coude, dit-on, quand il était à la tête de la Caisse générale de péréquation (CGP). Même si cela n’a pas donné lieu à des investigations sérieuses ayant abouti à des procédures et qu’il peut dire que son honneur a toujours été sauf, les Burkinabé dans leur grande majorité n’en pensaient pas moins. Pour l’affaire de l’Hôtel de ville, il n’y a pas photo, pourrait-on dire, c’est quelque chose qui frappe à l’œil nu, comme le gros nez en plein visage. Les sommes consacrées aux travaux de Sisyphe de ce bâtiment n’ont jamais cessé de choquer les passants, eu égard au résultat peu représentatif des montants décaissés. Pour le Burkinabé lambda, ces sommes auraient pu carrément servir à la construction d’ un nouveau bâtiment hyper moderne ou à la réalisation d’une clinique performante. L’Observateur du 14 août a raison de relever dans son article « Saint Simon ou la vertu outragée », que « ce qui est gênant dans cette affaire c’est le ton passionné et quelque peu exalté de Simon Compaoré, qui s’est mouché d’autant plus bruyamment qu’il s’est senti morveux ».Que la Cour des comptes vienne aujourd’hui confirmer ce que beaucoup pensaient, n’étonne pas grand monde et on comprend la rage qui s’empare de notre bourgmestre. Mais s’il voulait vraiment défendre sa réputation et convaincre, il aurait dû s’y prendre autrement. Lorsqu’on se trouve à la tête d’une mairie comme celle de Ouagadougou, qu’on figure parmi les premiers dignitaires de ce pays et qu’on est épinglé comme cela vient de l’être par la Cour des comptes, on ne se contente pas de gesticulations, on dépose une plainte en bonne et due forme pour diffamation, ne serait-ce que contre X pour contourner une quelconque immunité du président de la Cour des comptes. Le geste en soi aurait été plus significatif d’une réelle volonté de prouver son innocence. Mais qui est fou ? Une plainte en diffamation suppose pour celui qui la met en mouvement, que les faits allégués contre lui sont faux. Si notre Simon national prend le risque de saisir la justice, il pourrait se retrouver devant d’autres éléments encore plus cassants que la Cour des Comptes aurait peut-être gardé dans sa besace. Alors, là, il l’aurait totalement « in the baba » ! C’est pour cela qu’on peut parier qu’il finira par faire le dos rond.




TOZI.

Citation de la semaine

«Ce que les hommes appellent civilisation, c'est l'état actuel des moeurs et ce qu'ils appellent barbarie, ce sont les états antérieurs. Les moeurs présentes, on les appellera barbares quand elles seront des moeurs passées »

Anatole France






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