Mise à jour le 12/08/2007
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San Finna N°426 du 13 au 19 Août 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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LA VIRGINITE, UNE VALEUR DECADENTE OU TOUJOURS ACTUELLE ?

S’il est vrai que rien n’arrête le progrès, il faut aussi reconnaître qu’il est des coutumes rétrogrades qui ont la vie dure. Parmi celles-ci, il y a cette espèce d’engouement, de valeur sociale quasiment religieuse et de prestige que constitue la virginité. On aurait pu penser qu’avec la civilisation qui métisse les peuples et qui uniformise de plus en plus la pensée et les comportements autour de valeurs communes, cette question de la virginité prendrait du terrain et que le primat de la modernité et la propension des jeunes à assimiler les changements élimineraient le primat de la virginité dans le ménage comme dans la vie sociale pour consacrer la liberté la femme de disposer de son corps. Eh bien, il faut croire qu’on n’est pas au bout du compte !

La virginité reste, dans bien des cas, une exigence sociale voire même religieuse, et cela est relevé dans bien de pays arabes et africains. Au Burkina Faso par exemple, notre confrère L’Opinion du 8 au 14 août 2007, vient de s’en faire l’écho à travers l’histoire de ce jeune homme, fils d’un Imam du secteur 22 de Bobo-Dioulasso, qui a répudié sa femme le lendemain de leurs noces au motif qu’elle n’était pas vierge contrairement à ce que sa famille et elle avaient affirmé : «Après la mosquée, les festivités ont continué dans le domicile du marié par un gros festin. Le soir, la mariée fut conduite chez son mari pour la première nuit de noce. La fête fut belle et tout le monde s’est bien amusé. A la surprise générale, on apprend le lendemain que le jeune marié, sur conseil de son marabout de père, a décidé de répudier sa femme tout simplement parce qu’il ne l’a pas trouvé à la maison. En langage clair, elle n’est pas vierge ».

Dans les pays arabes sur lesquels souffle la brise du changement et de la modernité comme au Maroc, les progrès de ce point de vue sont lents à s’imposer. Ce n’est pas qu’on n’y rencontre pas des femmes qui osent vivre leur sexualité. Non. Le « Courrier International » du 8 août dernier, dans l’article intitulé «Maroc : la virginité n’est plus ce qu’elle était », nous en donne un exemple vivant et vécu par un de ses collaborateurs : «La scène se passe dans un des pubs branchés de Casablanca. Adil, la trentaine, est accosté par une jeune fille qui le trouve mignon (elle le lui dit sans façon) et qui aimerait absolument tenter quelque chose, pourquoi pas dès ce soir. Adil se laisse convaincre… A 6 heures du matin, après avoir fait notre affaire, elle m’a littéralement mis à la porte ».

Mais cette femme est loin de représenter une tendance significative d’un bouleversement structurel. Au Maroc et dans le monde arabe en général, la virginité reste majoritairement une exigence sociale car reposant sur des interdits éducationnels et religieux. Le problème, curieusement, à la faveur de l’explosion dans les moyens de communication, de l’uniformisation du monde, a favorisé une exportation du primat de la virginité dans des pays où cette pratique n’avait pas cours. C’est ainsi qu’en Europe et notamment en France, la médecine s’est même intéressée à la reconstitution de l’hymen par voie chirurgicale, et de plus en plus, le « must » aujourd’hui autant que le salut tant pour des femmes que des hommes, c’est cette reconstitution par opération, de l’hymen qui s’appelle l’hyménoplastie.

Et pour ne rien gâcher, l’affaire semble marcher comme toutes ces affaires qui intéressent le secteur florissant du sexe. En effet, le site www.afrik.com rapporte, dans son article intitulé «La virginité au bout du bistouri », qu’ « une des techniques, très naturelle, consiste à utiliser les séquelles hyménéales en les incisant dans leur partie médiane et en les réunissant. L’opération dure une demi-heure sous anesthésie locale accompagnée de sédation ». Et l’opération coûte environ 2 500 euros et en France, l’opération est même remboursée par la Sécurité sociale lorsque le docteur « compte ça comme une plastie vulvaire » ! Le business deviendrait de plus en plus lucratif car le nombre des opérations se multiplie. Des gynécologues sont contre mais la pratique est bien ancrée car d’autres spécialistes ne sont pas aussi puritains !

En tout cas, pour les femmes, cela permet parfois de joindre l’utile à l’agréable. On mène la belle vie surtout pour ne pas courir le risque de mourir vieille fille et par-dessus le marché, vierge, et puis quand on rencontre l’âme sœur et l’occasion de se marier, on se paie vite fait bien fait, une nouvelle virginité. C’est tout « bénèf » : finies l’opprobre sociale et la honte d’avoir été « déviergée ». Pour les hommes, c’est d’abord leur « ego » qui est flatté et ensuite la considération familiale et sociale qui sont préservés. Le rite du « séroual » (ce drap tâché de sang qu’on exhibe à la sortie de la chambre nuptiale », se pratiquera dans l’intérêt de tous et rien n’exclut que, pour les couples véritablement amoureux, ce subterfuge ne pourra pas être la solution pour préserver leur amour en faisant un pied de nez au séroual.

Il ne manquerait plus, puisque les Machos (et ceux qui consomment les vierges comme un hobby sinon une perversion), il en existe partout dans le monde, qu’au-delà des Africains, des Arabes.., cette pratique s’universalise. Ce serait là une mode rétro peu enviable car doublement critiquable. Non seulement elle se fonde sur l’hypocrisie, la déloyauté puisque les femmes, loin d’exalter l’abstinence, encouragent la tricherie et même la permissivité sexuelle mais elle va surtout à l’encontre de cette nécessité qu’on clame jusqu’au sein des Nations Unies de reconnaître et de protéger les droits de la femme, notamment celui de disposer de son corps.

CY






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