San
Finna N°425 du
06 au 12 Août 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité
de refus"
«NANTOU
MINING » ET « NANTOU FONDATION »
JOUENT-ILS A CACHE-CACHE AVEC SAN FINNA ?
Nantou
Mining » et « Nantou Fondation » jouent-ils
à cache-cache avec San Finna ? Nous sommes en droit
de nous poser cette question dans la mesure où,
depuis que nous nous intéressons à travers
nos colonnes, à la question de l’exploitation
du zinc, nous avons essayé autant que possible,
de toucher toutes les parties concernées dans l’optique
d’éclairer la lanterne de nos lecteurs, sans
résultat cependant pour ce qui les concerne.
Dès
le premier jour de notre reportage à Réo,
nous avons tenté de joindre le maire de la commune
pour lui arracher quelques mots. En son temps, le bourgmestre
se trouvait à Ouagadougou, et c’est avec
le téléphone cellulaire de son premier adjoint
que nous avons pu échanger quelques mots. Et cela
ne s’est pas fait sans altercations.
L’appartenance du maire à la fondation était
apparemment ignorée des conseillers municipaux,
a fortiori des populations. Au téléphone,
le maire nous dira que l’exploitation de la mine
est une bonne chose pour la commune de Réo et pour
toute la province car elle permettra de créer des
emplois et de développer les infrastructures qui
pourront à terme servir tout le monde dans la province.
Quand nous avons demandé au maire s’il était
au parfum de l’existence de la fondation, tout s’est
gâté. Il s’est transformé en
professeur de morale, de français ou de droit :
« Ecoutez, vous avez quel âge ? » «
24 ans », avons-nous répondu. « Mais
nous, on avait cet âge il y a 50 ans. Faites des
recherches. Vous ne savez pas faire la différence
entre une fondation et une association ». Nous lui
répétons la question en précisant
que notre demande n’est pas liée à
une incohérence terminologique.
La fondation, selon les explications qui s’en suivirent,
a une existence autonome et n’a pas de relations
particulières avec la mairie.
A notre regret, nous n’avons pu finir l’entretien
avec le maire. Nous ne serons donc pas éclairés
sur les liens supposés ou réels qu’on
disait exister entre la fondation, la mairie et «
Nantou Mining ». Il y avait pourtant de la part
de Bayala Mathieu, qui se trouve être par ailleurs,
à ce qu’on dit, membre du bureau de «
Nantou Fondation », de confondre tous ceux qui affirment
l’existence de ces relations.
Des démarches pour entendre tout le monde et mieux
cerner la vérité dans cette affaire, nous
en avons encore fait, sur place à Réo. Dès
le début, nous nous sommes déplacés
sur le site de Perkoa pour échanger avec les responsables
de Nantou Mining. Là-bas, on nous dira de venir
à Ouagadougou parce que c’est là que
se trouve l’administration. A Ouagadougou, avant
toute démarche, nous avons eu au téléphone
Mr Adama Barry, représentant du PDG de Nantou Mining
et chef de projet Nantou Mining au Burkina Faso.
Comme il se trouvait à Réo, il prit soin
de nous indiquer les locaux de Nantou Mining pour qu’on
y dépose notre demande d’entretien. Le 1er
août, après avoir reçu notre correspondance,
Mr Barry, par l’intermédiaire de sa secrétaire,
nous dira que notre demande d’entretien était
adressée au PDG et que, par conséquent,
il lui transmettra la lettre puisque lui, Mr Barry, n’est
pas habilité à parler. Nous prîmes
acte et envoyâmes à nouveau une lettre mais
cette fois-ci, pour lui-même. Et jusqu’à
ce que nous bouclions ce numéro de San Finna, et
après avoir fait tapisserie dans les locaux du
siège, nous attendons toujours l’appel de
Mr Barry, comme il l’a promis.
Quid
de Nantou Fondation ?
Nous
avions, dès les premiers instants, eu la chance
d’avoir Mme Rosalie Bassolet au téléphone.
Elle était visiblement irritée par notre
reportage, mais après que nous ayons, avec insistance
expliqué que nous n’étions pas là
pour entendre un seul son de cloche mais pour aider à
la recherche de la vérité, elle finit par
promettre de nous appeler plus tard, dans la même
journée. Ce qui ne fut pas fait.
Nous prîmes donc l’initiative d’aller
vers elle. N’ayant pu trouver le siège de
la Fondation, nous nous sommes rendus au siège
de l’APEE ( Association des parents d’enfants
encéphalopathes) dont elle est la présidente,
pour déposer notre correspondance. Nous n’avons
pu le faire parce que notre interlocuteur ne voulait pas
réceptionner la lettre, sous prétexte qu’il
n’était pas dans les locaux pour le compte
de la fondation. Paradoxalement, il se trouve être
le Secrétaire général de la fondation.
A ce titre, il nous confia d’ailleurs qu’il
pourrait s’entretenir avec nous mais pas avant avoir
consulté Mme Bassolet qui se trouverait en France
pour des vacances.
Le lendemain, Mr Bamouni Amédée, puisque
c’est de lui qu’il s’agit, nous conseilla
finalement «d’attendre le retour de Madame
».
Pour
ne pas conclure hâtivement qu’on joue à
cache-cache avec San Finna, nous avons décidé
de prendre notre mal en patience en espérant que
la semaine prochaine, nos démarches seront plus
fructueuses et que nous pourrons apporter les éclaircissements
tant attendues des populations de Réo, de toute
la province du Sanguié et de nos lecteurs en général.
S.
Koné
Dernière
minute :
Mr
Barry a rappelé San Finna ce lundi 6 août
pour dire que le PDG de « Nantou Mining »
est disposé à s’entretenir avec un
de nos journalistes, dans environ 3 semaines. C’est
bien noté.