Mise à jour le 22/07/2007
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San Finna N°423 du 23 au 29 Juillet 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

A vue de monde

LA NOUVELLE RESOLUTION 1765 SUR LA COTE D’IVOIRE
« LE RHDP A ETE NIQUE »
(Parole de « 24 heures »)

La Résolution 1765, c’est peu dire, ne semble pas plaire à tous les acteurs politiques ivoiriens .Rien d’étonnant à cela : on se souvient en effet que dans les prérogatives reconnues à la communauté internationale pour la gestion de la crise ivoirienne trois points ont particulièrement fait débat.

- Le monopole de rédaction des résolutions sur la Côte d’Ivoire reconnu à la seule France

- La quasi tutelle du GTI sur la gouvernance du pays

- La limitation de la souveraineté électorale de la Côte d’Ivoire par le droit suprême de certification reconnu au Haut Représentant chargé des élections en Côte d'Ivoire et dont le dernier titulaire était Gérard Stoudmann

Pour le président Laurent Gbagbo qui n’ a jamais été favorable à ces dispositions, le dialogue directe sanctionné par l’ accord de Ouagadougou (sans le concours de la France et des nations unies) rétablissait la Côte d’Ivoire dans sa pleine et entière souveraineté .

Il devenait dès lors anachronique de perpétuer ces limitations de souveraineté. Il en saisit conséquemment le secrétaire général des nations unis Ban… afin qu’une nouvelle résolution consacre la nouvelle situation Si son initiative fut applaudit par ses partisans l’opposition la dénonça vivement allant jusqu’à faire planer des risques de boycottage des élections si une suite favorable lui était donnée .Pour montrer sa détermination elle engagent une campagne tout azimut. Alassane Dramane Ouattara en Europe et aux Etats-Unis, Henri Konan Bédié lui si peu friand des déplacement à Ouagadougou choisit de s’y transporter pour travailler au corps le médiateur .Arrivé avec une mine à couper au couteau il en reparti plus souriant dégageant le sentiment d’avoir été compris et obtenu que les choses restent en l’état ce sentiment qu’on ne touche pas aux dispositifs de tutelle onusien devient un quasi certitude lorsque après la première réunion du Cadre permanent de consultation le fameux CPC à Yamoussoukro le mardi 12 juin dernier le communiqué final fit ressortir que sur ces questions et en particulier sur celle relative au Haut Représentant chargé des élections la situation restait en inchangée et que le médiateur en question était chargé d’en rendre compte au conseil de sécurité .Alors que les partisans du président Laurent Gbagbo s’en lamentaient et que les opposants s’en réjouissaient la résolution 1765 est venu tout chambouler comme pour dire aux uns et aux autres qu’ils étaient allé trop vite besogne. Pour certain qui jubilent c’est un signal fort que la communauté internationale donne de sa volonté maintenant que Jacques Chirac n’est plus là, à restaurer la Cote d’ivoire dans ses droit et parmi eux il y a les partisans de Gbagbo. Pour d’autres c’est la « triste Noche » la porte ouverte à des élections non crédibles il s’agit là évidemment des opposants qui déversent leur colère sur le conseil de sécurité mais aussi sur blaise qui n’aurait pas fait ce qu’il aurait du faire en tout cas le quotidien 24 heures dans sa livraison du 18/07/07 sous la plume de Hervé Akaché ne mâche pas ses mots pour fustiger le médiateur. Lisez plutôt.

«Les opposants sont certainement restés cois. Le poste de Haut Représentant chargé des élections a été supprimé par l'Onu. La Résolution 1765 prise le lundi dernier par le conseil de sécurité a, semble-t-il, clos le débat.

A moins que le facilitateur s'explique sur cette affaire.

Cela ressemble bien à une trahison.

Le président burkinabé, Blaise Compaoré, a-t-il manqué à son devoir d'informer le conseil de sécurité que les parties ivoiriennes exigeaient le maintien du poste de Haut Représentant chargé des élections en Côte d'Ivoire ? Tout porte à le croire.
Le lundi dernier, les membres du conseil de sécurité ont produit la Résolution 1765.

Cette énième décision supprime le poste du HRE et donc met un terme à son mandat.

Dans le langage commun des gens de la rue à Adjamé, cela s'appelle « un maga tapé
».

C'est-à-dire un coup inattendu qui nous prend de court et de plein de fouet.

Cela fait mal à tous les coups.

Il y a de quoi.

Et pour cause, le mardi 12 juin dernier, à Yamoussoukro, s'est tenue la première réunion de Cadre permanent de consultation.

Le fameux CPC.

Un organe né de l'accord politique de Ouagadougou.

Il est chargé de lever les blocages liés à l'application dudit accord.

Le président du Burkina Faso avait fait le voyage au bord du lac au crocodile.

A cette rencontre de décisions, outre le facilitateur, le chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, le premier ministre Guillaume Soro, les présidents, du RDR, Alassane Dramane Ouattara, et du PDCI, Henri Konan Bédié, était présents.

Les quatre leaders politiques ivoiriens étaient face au facilitateur pour régler définitivement des questions dont celle du poste du HRE.

Au cours des échanges, le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, qui avait exprimé son désir de voir supprimer ce poste avait été obligé de se plier face au refus des autres participants ivoiriens.

Le communiqué sanctionnant cette occasion de joutes oratoires et lu par le premier ministre Guillaume Soro dans la salle de conférence de l'Hôtel président a semblé pourtant très clair.

« Les membres du CPC ont sollicité le facilitateur pour qu'il se mette en rapport avec les Nations Unies aux fins de maintenir ce poste et ses missions », avait indiqué Guillaume Soro.

A ce stade de cette affaire, l'on constate qu'il appartenait, depuis ce jour, au facilitateur et à son équipe de saisir le secrétaire général de l'ONU.

Blaise Compaoré a-t-il fait la commission à Banki Moon ? Que s'est-il passé réellement pour qu'on en arrive à cette confusion ? Seul le facilitateur pourra apporter une explication pour éclairer la lanterne des Ivoiriens.

Mais, en attendant, il nous est loisible de faire un constat tout simple : le RHDP a été niqué. Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ont été floués
».

Pendant que les uns se réjouissent et que les autres se lamentent, on peut aussi se poser la question de savoir pourquoi une telle résolution des Nations Unies. Est-ce parce que le médiateur n’a pas joué franc-jeu et qu’il a trahi le RHDP auprès duquel il s’était engagé à faire prévaloir le point de vue dégagé à la réunion à Yamoussoukro sur le maintien du haut représentant ? Est-ce parce que les Nations Unies ont enfin décidé de se libérer de toute instrumentalisation et de statuer maintenant en conscience et en toute liberté dans l’affaire ivoirienne ? Est-ce parce que Laurent Gbagbo, mine de rien, a bien manœuvré et qu’ayant déjà son affaire dans le sac, il a laissé faire à Yamoussoukro ? Les paris sont ouverts.

VT




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