San
Finna N°423 du
23 au 29 Juillet 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
LA
NOUVELLE RESOLUTION 1765 SUR LA COTE D’IVOIRE
« LE RHDP A ETE NIQUE »
(Parole de « 24 heures »)
La
Résolution 1765, c’est peu dire, ne semble
pas plaire à tous les acteurs politiques ivoiriens
.Rien d’étonnant à cela : on se souvient
en effet que dans les prérogatives reconnues à
la communauté internationale pour la gestion de
la crise ivoirienne trois points ont particulièrement
fait débat.
-
Le monopole de rédaction des résolutions
sur la Côte d’Ivoire reconnu à la seule
France
- La quasi tutelle du GTI sur la gouvernance du pays
- La limitation de la souveraineté électorale
de la Côte d’Ivoire par le droit suprême
de certification reconnu au Haut Représentant chargé
des élections en Côte d'Ivoire et dont le
dernier titulaire était Gérard Stoudmann
Pour le président Laurent Gbagbo qui n’ a
jamais été favorable à ces dispositions,
le dialogue directe sanctionné par l’ accord
de Ouagadougou (sans le concours de la France et des nations
unies) rétablissait la Côte d’Ivoire
dans sa pleine et entière souveraineté .
Il devenait dès lors anachronique de perpétuer
ces limitations de souveraineté. Il en saisit conséquemment
le secrétaire général des nations
unis Ban… afin qu’une nouvelle résolution
consacre la nouvelle situation Si son initiative fut applaudit
par ses partisans l’opposition la dénonça
vivement allant jusqu’à faire planer des
risques de boycottage des élections si une suite
favorable lui était donnée .Pour montrer
sa détermination elle engagent une campagne tout
azimut. Alassane Dramane Ouattara en Europe et aux Etats-Unis,
Henri Konan Bédié lui si peu friand des
déplacement à Ouagadougou choisit de s’y
transporter pour travailler au corps le médiateur
.Arrivé avec une mine à couper au couteau
il en reparti plus souriant dégageant le sentiment
d’avoir été compris et obtenu que
les choses restent en l’état ce sentiment
qu’on ne touche pas aux dispositifs de tutelle onusien
devient un quasi certitude lorsque après la première
réunion du Cadre permanent de consultation le fameux
CPC à Yamoussoukro le mardi 12 juin dernier le
communiqué final fit ressortir que sur ces questions
et en particulier sur celle relative au Haut Représentant
chargé des élections la situation restait
en inchangée et que le médiateur en question
était chargé d’en rendre compte au
conseil de sécurité .Alors que les partisans
du président Laurent Gbagbo s’en lamentaient
et que les opposants s’en réjouissaient la
résolution 1765 est venu tout chambouler comme
pour dire aux uns et aux autres qu’ils étaient
allé trop vite besogne. Pour certain qui jubilent
c’est un signal fort que la communauté internationale
donne de sa volonté maintenant que Jacques Chirac
n’est plus là, à restaurer la Cote
d’ivoire dans ses droit et parmi eux il y a les
partisans de Gbagbo. Pour d’autres c’est la
« triste Noche » la porte ouverte à
des élections non crédibles il s’agit
là évidemment des opposants qui déversent
leur colère sur le conseil de sécurité
mais aussi sur blaise qui n’aurait pas fait ce qu’il
aurait du faire en tout cas le quotidien 24 heures dans
sa livraison du 18/07/07 sous la plume de Hervé
Akaché ne mâche pas ses mots pour fustiger
le médiateur. Lisez plutôt.
«Les opposants sont certainement restés
cois. Le poste de Haut Représentant chargé
des élections a été supprimé
par l'Onu. La Résolution 1765 prise le lundi dernier
par le conseil de sécurité a, semble-t-il,
clos le débat.
A moins que le facilitateur s'explique sur cette affaire.
Cela ressemble bien à une trahison.
Le président burkinabé, Blaise Compaoré,
a-t-il manqué à son devoir d'informer le
conseil de sécurité que les parties ivoiriennes
exigeaient le maintien du poste de Haut Représentant
chargé des élections en Côte d'Ivoire
? Tout porte à le croire.
Le lundi dernier, les membres du conseil de sécurité
ont produit la Résolution 1765.
Cette énième décision supprime le
poste du HRE et donc met un terme à son mandat.
Dans le langage commun des gens de la rue à Adjamé,
cela s'appelle « un maga tapé ».
C'est-à-dire un coup inattendu qui nous prend de
court et de plein de fouet.
Cela fait mal à tous les coups.
Il y a de quoi.
Et pour cause, le mardi 12 juin dernier, à Yamoussoukro,
s'est tenue la première réunion de Cadre
permanent de consultation.
Le fameux CPC.
Un organe né de l'accord politique de Ouagadougou.
Il est chargé de lever les blocages liés
à l'application dudit accord.
Le président du Burkina Faso avait fait le voyage
au bord du lac au crocodile.
A cette rencontre de décisions, outre le facilitateur,
le chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, le premier
ministre Guillaume Soro, les présidents, du RDR,
Alassane Dramane Ouattara, et du PDCI, Henri Konan Bédié,
était présents.
Les quatre leaders politiques ivoiriens étaient
face au facilitateur pour régler définitivement
des questions dont celle du poste du HRE.
Au cours des échanges, le chef de l'Etat, Laurent
Gbagbo, qui avait exprimé son désir de voir
supprimer ce poste avait été obligé
de se plier face au refus des autres participants ivoiriens.
Le communiqué sanctionnant cette occasion de joutes
oratoires et lu par le premier ministre Guillaume Soro
dans la salle de conférence de l'Hôtel président
a semblé pourtant très clair.
« Les membres du CPC ont sollicité le
facilitateur pour qu'il se mette en rapport avec les Nations
Unies aux fins de maintenir ce poste et ses missions »,
avait indiqué Guillaume Soro.
A ce stade de cette affaire, l'on constate qu'il appartenait,
depuis ce jour, au facilitateur et à son équipe
de saisir le secrétaire général de
l'ONU.
Blaise Compaoré a-t-il fait la commission à
Banki Moon ? Que s'est-il passé réellement
pour qu'on en arrive à cette confusion ? Seul le
facilitateur pourra apporter une explication pour éclairer
la lanterne des Ivoiriens.
Mais, en attendant, il nous est loisible de faire un constat
tout simple : le RHDP a été niqué.
Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ont
été floués ».
Pendant que les uns se réjouissent et que les autres
se lamentent, on peut aussi se poser la question de savoir
pourquoi une telle résolution des Nations Unies.
Est-ce parce que le médiateur n’a pas joué
franc-jeu et qu’il a trahi le RHDP auprès
duquel il s’était engagé à
faire prévaloir le point de vue dégagé
à la réunion à Yamoussoukro sur le
maintien du haut représentant ? Est-ce parce que
les Nations Unies ont enfin décidé de se
libérer de toute instrumentalisation et de statuer
maintenant en conscience et en toute liberté dans
l’affaire ivoirienne ? Est-ce parce que Laurent
Gbagbo, mine de rien, a bien manœuvré et qu’ayant
déjà son affaire dans le sac, il a laissé
faire à Yamoussoukro ? Les paris sont ouverts.