Mise à jour le 22/07/2007
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San Finna N°423 du 23 au 29 Juillet 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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CELESTIN TIENDREBEOGO, DG DE SOFITEX,
ETAIT A LA RENCONTRE DES COTONCULTEURS

Les 13 et 14 juillet dernier, le Directeur Général de la SOFITEX, monsieur Célestin Tiendrébéogo, était à la rencontre des producteurs de Sangouléma, Zongoma, Médinacoura, Sioma, Koundoungou, Sokoro, Zoumayiri et Morlaba pour toucher du doigt les vraies réalités du terrain. Il était accompagné à l’occasion par le Directeur du Développement de la Production cotonnière, monsieur Georges Yaméogo, assisté lui aussi par ses plus proches collaborateurs. La zone de Bobo Nord (commandée par l’infatigable chef de région monsieur Bakari Ouattara) accueillera le DG et sa suite à Sangouléma dans le champ de coton de Bruno Sanou. Ce producteur moderne marque à son compteur 22 ha de superficie emblavée. C’est avec juste raison que le premier responsable de la société des fibres textiles du Burkina Faso, monsieur Célestin Tiendrébéogo n’a pu cacher sa joie en regardant à perte de vue ces superficies emblavées. Pour sûr, en ce qui le concerne, Bruno Sanou n’est pas contaminé par le désamour de certains avec la filière.

Mr Bruno Sanou, le propriétaire du champ à qui nous avons tendu notre micro, dira sans détour que la baisse du prix du coton ne sera pas à un frein à son ardeur car en toute situation, dira-t-il, il faut des mesures qui seyent. Pour faire face à la baisse du prix du coton au kg et à la hausse du prix des intrants, deux mesures s’imposent à son sens. Il faudrait utiliser la fumure organique pour limiter le coût de la production et travailler dur afin d’avoir de bons rendement à l’hectare. Comme le dit l’adage populaire, le monde appartient à ceux qui se réveillent tôt.

Ayant semé depuis le 14 juin, le cotonnier se développe bien sur la vingtaine de superficies emblavée par Monsieur Bruno Sanou et c’est tant mieux pour la filière coton. C’est avec soulagement que Célestin Tiendrébéogo et sa suite ont quitté le producteur de Sangouléma. Après cette étape, c’était autour de Daouda Sanou producteur à Zongoma dans le département de Padéma de recevoir l’équipe de la SOFITEX. Là-bas les choses vont aussi bien car l’équipe de la Sofitex a surpris Sanou Daouda et sa famille en train d’épandre les engrais dans un champ où le développement du cotonnier est relativement bon. Après Zongoma, le cortège de la SOFITEX s’est ébranlé à Médinacoura où Ouédraogo Mahamoudou et sa troupe s’afféraient au ré semis, épandage, démariage et que savons-nous encore. Ensuite, à Sioma, Millogo Siaka et ses combattants étaient au four et au moulin avec pour seul objectif de faire de bons rendements à la fin de campagne. Dans l’ensemble, le champ de coton de monsieur Siaka présente une bonne physionomie. Plus loin, à Koundoungou, El Hadj Sama Seydou dira qu’il est plus que jamais engagé dans la culture du coton, et pour appuyer sa ferme décision, il dira qu’il a même augmenté sa superficie passant de 8 hectares l’an passé à 15 hectares cette année.

Le lendemain 14 juillet, le cortège de la Sofitex s’est dirigé cette fois-ci vers le Kénédougou Nord, dans la région cotonnière dirigée par Henri Compaoré. En dépit de l’installation difficile des pluies, les producteurs de cette partie du Burkina ne plaignent pas beaucoup non plus. De Zongoma dans le Département de Padéma en passant par Sokoro Zoumayiri dans les Banwa et à Morlaba , les producteurs n’ont qu’un seul refrain : l’utilisation de la fumure organique et l’augmentation des superficies pour espérer sortir de ce gouffre qui n’a que trop duré. Dans l’ensemble, la campagne 2007/2008 s’annonce relativement bonne.

A l’issue de ces deux jours de tournées marathon, nous avons tendu notre micro au Directeur Général de la Sofitex, monsieur Célestin Tiendrébéogo. Lisez plutôt son commentaire.


Quelle appréciation faites-vous après deux jours de tournée dans les champs de coton ?

Nous avons pu voir au cours de ces deux jours de tournée au nord du Houet et au nord du Kénédougou et dans une partie du sud des Banwa de vastes étendues de champs de coton. L’installation de la saison a été difficile, mais le constat que nous faisons, c’est que les champs présentent une bonne physionomie. Le cotonnier se développe bien et j’ai pu remarquer une grande adhésion des producteurs qui sont restés fidèles à la culture du coton ; en témoignent les superficies que nous avons pu voir. Les semis se poursuivent et je pense que la campagne est déjà gagnée.

Pourtant, il y a des rumeurs qui disaient que les producteurs ont abandonné la culture du coton ?

Je pense que les producteurs n’ont pas fini de semer. Dans le sud du Houet, c’est maintenant que les producteurs ont commencé les semis et je constate qu’à ce niveau, il y a toujours cette adhésion. Dans le Mouhoun, les informations qui nous parviennent sont bonnes. Il y a des poches de sécheresse, mais selon les spécialistes de la météo, il y a un décalage de la saison et nous portons cette information au niveau de nos producteurs. La culture du coton est un choix libre. Nous avons annoncé les prix du coton et les intrants ; et c’est en connaissance de cause et dans le cadre de leurs intérêts que les producteurs ont fait leurs choix. Quand les prix diminuent, il faut mettre l’accent sur la productivité. Sur près de 300 000 producteurs, c’est environ 20 000 qui font plus de 60 à 70% de la production. Et je pense que ces 20 000 producteurs vont mettre l’accent sur la productivité et resteront fidèles à la culture du coton. Vous verrez que le producteur qui fait 1 500 kg à l’hectare s’organisera pour augmenter son rendement et tiendra plus le coup par rapport à celui qui fait 600 à 700 kg à l’ha. Même à 145 f CFA je pense que les producteurs peuvent en tirer leur compte.

En cette période de la campagne, quel message avez-vous à l’endroit des producteurs ?

Je n’ai pas parcouru toutes les zones. Mais ce que je peux dire, c’est que les producteurs sont restés fidèles à la culture du coton. On a pu voir des superficies à perte de vue, ce qui prouve qu’il y a un engagement. Seulement il faut qu’ils poursuivent les semis jusqu’en fin juillet pour ceux qui ne l’ont pas encore fait parce qu’il y a un décalage de la saison. Il faut avoir foi lorsqu’on met une graine dans le sol. A notre niveau, nous disposons de semences en quantité suffisante, des engrais et des intrants nécessaires à mettre à la disposition de ceux qui en ont besoin pour cette campagne. Mais il faut souligner que la prochaine fois, nous prendrons nos dispositions car nous faisons les commandes en fonction des besoins exprimés par les producteurs. Vous comprenez la difficulté dans laquelle on peut se trouver s’ils refusent de prendre les semences et intrants. A ceux qui nous sont restés fidèles, je les encourage parce que nous sommes dans des conditions climatiques assez difficiles avec l’installation tardive des pluies et les poches de sécheresse qu’on voit ça et là. C’est une situation globale à l’Afrique de l’Ouest ; pour cela il faut adapter les conseils techniques aux réalités du terrain.

Je suis satisfait de l’avancement de la situation dans l’ensemble. Je tiens à noter que c’est tout de même malheureux que certains cotonculteurs pour des raisons autres que le prix du coton qui a baissé, décident d’abandonner la production du coton. Par expérience, nous savons que tous ceux qui abandonnent la production du coton ont toujours eu des problèmes sociaux (scolarité des enfants, frais médicaux, besoins divers). Ce fut le cas des Banwa, du Mouhoun et de la Kossi dans les années 1999-2000. Ils sont revenus dans la production mais ils accusent toujours du retard par rapport aux autres. En tout cas, ceux qui ont eu l’expérience du boycott ne sont plus prêts à recommencer puissent qu’ils se sont appauvris par leur propre faute ; en abandonnant. On retourne à l’agriculture de subsistance (500 kg de sorgho par ha soit 50f le kg contre 145 f le kg de coton). Si sur 17 provinces qui produisent le coton, une seule décide d’abandonner, je veux parler de la Léraba , je leur demande de réfléchir. Et puis, les responsables des producteurs dans cette zone doivent s’attendre à s’expliquer un jour à l’autre, car il est évident que les producteurs les jugeront un jour pour avoir demandé de boycotter la culture du coton. Quand on est responsable, on doit défendre les intérêts du groupe et non le conduire à l’abattoir.

Seydou Diabo






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