CELESTIN
TIENDREBEOGO, DG DE SOFITEX,
ETAIT A LA RENCONTRE DES COTONCULTEURS
Les
13 et 14 juillet dernier, le Directeur Général
de la SOFITEX, monsieur Célestin Tiendrébéogo,
était à la rencontre des producteurs
de Sangouléma, Zongoma, Médinacoura,
Sioma, Koundoungou, Sokoro, Zoumayiri et Morlaba pour
toucher du doigt les vraies réalités
du terrain. Il était accompagné à
l’occasion par le Directeur du Développement
de la Production cotonnière, monsieur Georges
Yaméogo, assisté lui aussi par ses plus
proches collaborateurs. La zone de Bobo Nord (commandée
par l’infatigable chef de région monsieur
Bakari Ouattara) accueillera le DG et sa suite à
Sangouléma dans le champ de coton de Bruno
Sanou. Ce producteur moderne marque à son compteur
22 ha de superficie emblavée. C’est avec
juste raison que le premier responsable de la société
des fibres textiles du Burkina Faso, monsieur Célestin
Tiendrébéogo n’a pu cacher sa
joie en regardant à perte de vue ces superficies
emblavées. Pour sûr, en ce qui le concerne,
Bruno Sanou n’est pas contaminé par le
désamour de certains avec la filière.
Mr Bruno Sanou, le propriétaire du champ à
qui nous avons tendu notre micro, dira sans détour
que la baisse du prix du coton ne sera pas à
un frein à son ardeur car en toute situation,
dira-t-il, il faut des mesures qui seyent. Pour faire
face à la baisse du prix du coton au kg et
à la hausse du prix des intrants, deux mesures
s’imposent à son sens. Il faudrait utiliser
la fumure organique pour limiter le coût de
la production et travailler dur afin d’avoir
de bons rendement à l’hectare. Comme
le dit l’adage populaire, le monde appartient
à ceux qui se réveillent tôt.
Ayant semé depuis le 14 juin, le cotonnier
se développe bien sur la vingtaine de superficies
emblavée par Monsieur Bruno Sanou et c’est
tant mieux pour la filière coton. C’est
avec soulagement que Célestin Tiendrébéogo
et sa suite ont quitté le producteur de Sangouléma.
Après cette étape, c’était
autour de Daouda Sanou producteur à Zongoma
dans le département de Padéma de recevoir
l’équipe de la SOFITEX. Là-bas
les choses vont aussi bien car l’équipe
de la Sofitex a surpris Sanou Daouda et sa famille
en train d’épandre les engrais dans un
champ où le développement du cotonnier
est relativement bon. Après Zongoma, le cortège
de la SOFITEX s’est ébranlé à
Médinacoura où Ouédraogo Mahamoudou
et sa troupe s’afféraient au ré
semis, épandage, démariage et que savons-nous
encore. Ensuite, à Sioma, Millogo Siaka et
ses combattants étaient au four et au moulin
avec pour seul objectif de faire de bons rendements
à la fin de campagne. Dans l’ensemble,
le champ de coton de monsieur Siaka présente
une bonne physionomie. Plus loin, à Koundoungou,
El Hadj Sama Seydou dira qu’il est plus que
jamais engagé dans la culture du coton, et
pour appuyer sa ferme décision, il dira qu’il
a même augmenté sa superficie passant
de 8 hectares l’an passé à 15
hectares cette année.
Le lendemain 14 juillet, le cortège de la Sofitex
s’est dirigé cette fois-ci vers le Kénédougou
Nord, dans la région cotonnière dirigée
par Henri Compaoré. En dépit de l’installation
difficile des pluies, les producteurs de cette partie
du Burkina ne plaignent pas beaucoup non plus. De
Zongoma dans le Département de Padéma
en passant par Sokoro Zoumayiri dans les Banwa et
à Morlaba , les producteurs n’ont qu’un
seul refrain : l’utilisation de la fumure organique
et l’augmentation des superficies pour espérer
sortir de ce gouffre qui n’a que trop duré.
Dans l’ensemble, la campagne 2007/2008 s’annonce
relativement bonne.
A
l’issue de ces deux jours de tournées
marathon, nous avons tendu notre micro au Directeur
Général de la Sofitex, monsieur Célestin
Tiendrébéogo. Lisez plutôt son
commentaire.
Quelle appréciation faites-vous après
deux jours de tournée dans les champs de coton
?
Nous
avons pu voir au cours de ces deux jours de tournée
au nord du Houet et au nord du Kénédougou
et dans une partie du sud des Banwa de vastes étendues
de champs de coton. L’installation de la saison
a été difficile, mais le constat que
nous faisons, c’est que les champs présentent
une bonne physionomie. Le cotonnier se développe
bien et j’ai pu remarquer une grande adhésion
des producteurs qui sont restés fidèles
à la culture du coton ; en témoignent
les superficies que nous avons pu voir. Les semis
se poursuivent et je pense que la campagne est déjà
gagnée.
Pourtant,
il y a des rumeurs qui disaient que les producteurs
ont abandonné la culture du coton ?
Je
pense que les producteurs n’ont pas fini de
semer. Dans le sud du Houet, c’est maintenant
que les producteurs ont commencé les semis
et je constate qu’à ce niveau, il y a
toujours cette adhésion. Dans le Mouhoun, les
informations qui nous parviennent sont bonnes. Il
y a des poches de sécheresse, mais selon les
spécialistes de la météo, il
y a un décalage de la saison et nous portons
cette information au niveau de nos producteurs. La
culture du coton est un choix libre. Nous avons annoncé
les prix du coton et les intrants ; et c’est
en connaissance de cause et dans le cadre de leurs
intérêts que les producteurs ont fait
leurs choix. Quand les prix diminuent, il faut mettre
l’accent sur la productivité. Sur près
de 300 000 producteurs, c’est environ 20 000
qui font plus de 60 à 70% de la production.
Et je pense que ces 20 000 producteurs vont mettre
l’accent sur la productivité et resteront
fidèles à la culture du coton. Vous
verrez que le producteur qui fait 1 500 kg à
l’hectare s’organisera pour augmenter
son rendement et tiendra plus le coup par rapport
à celui qui fait 600 à 700 kg à
l’ha. Même à 145 f CFA je pense
que les producteurs peuvent en tirer leur compte.
En
cette période de la campagne, quel message
avez-vous à l’endroit des producteurs
?
Je
n’ai pas parcouru toutes les zones. Mais ce
que je peux dire, c’est que les producteurs
sont restés fidèles à la culture
du coton. On a pu voir des superficies à perte
de vue, ce qui prouve qu’il y a un engagement.
Seulement il faut qu’ils poursuivent les semis
jusqu’en fin juillet pour ceux qui ne l’ont
pas encore fait parce qu’il y a un décalage
de la saison. Il faut avoir foi lorsqu’on met
une graine dans le sol. A notre niveau, nous disposons
de semences en quantité suffisante, des engrais
et des intrants nécessaires à mettre
à la disposition de ceux qui en ont besoin
pour cette campagne. Mais il faut souligner que la
prochaine fois, nous prendrons nos dispositions car
nous faisons les commandes en fonction des besoins
exprimés par les producteurs. Vous comprenez
la difficulté dans laquelle on peut se trouver
s’ils refusent de prendre les semences et intrants.
A ceux qui nous sont restés fidèles,
je les encourage parce que nous sommes dans des conditions
climatiques assez difficiles avec l’installation
tardive des pluies et les poches de sécheresse
qu’on voit ça et là. C’est
une situation globale à l’Afrique de
l’Ouest ; pour cela il faut adapter les conseils
techniques aux réalités du terrain.
Je suis satisfait de l’avancement de la situation
dans l’ensemble. Je tiens à noter que
c’est tout de même malheureux que certains
cotonculteurs pour des raisons autres que le prix
du coton qui a baissé, décident d’abandonner
la production du coton. Par expérience, nous
savons que tous ceux qui abandonnent la production
du coton ont toujours eu des problèmes sociaux
(scolarité des enfants, frais médicaux,
besoins divers). Ce fut le cas des Banwa, du Mouhoun
et de la Kossi dans les années 1999-2000. Ils
sont revenus dans la production mais ils accusent
toujours du retard par rapport aux autres. En tout
cas, ceux qui ont eu l’expérience du
boycott ne sont plus prêts à recommencer
puissent qu’ils se sont appauvris par leur propre
faute ; en abandonnant. On retourne à l’agriculture
de subsistance (500 kg de sorgho par ha soit 50f le
kg contre 145 f le kg de coton). Si sur 17 provinces
qui produisent le coton, une seule décide d’abandonner,
je veux parler de la Léraba , je leur demande
de réfléchir. Et puis, les responsables
des producteurs dans cette zone doivent s’attendre
à s’expliquer un jour à l’autre,
car il est évident que les producteurs les
jugeront un jour pour avoir demandé de boycotter
la culture du coton. Quand on est responsable, on
doit défendre les intérêts du
groupe et non le conduire à l’abattoir.
Seydou
Diabo