Mise à jour le 08/07/2007
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San Finna N°421-422 du 09 au 22 Juillet 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

L’UNION AFRICAINE (UA) DOIT-ELLE OU NON EXIGER DES DEPUTES PANAFRICAINS, LE REMBOURSEMENT DU TROP-PERÇU DES FRAIS DE MISSION ET INDEMNITES
REGLES DE 2003 A 2005 ?

Parmi les quelques dossiers qui à Accra, ont retenu l’attention à côté de la question centrale des Etats-Unis d’Afrique, on relèvera certainement ce scandale financier portant sur cette affaire des frais de mission et indemnités indûment perçus des parlementaires de l’union. Le choc fut de taille à Accra et dans l’ensemble du continent. Faut-il, comme le recommandent les Ambassadeurs de l’UA que le trop-perçu par les parlementaires soit remboursé ? C’est là toute la question qui pourtant divise. Entre en effet ceux qui ne comprennent pas du tout que l’on demande aux députés du Parlement qui ne sont pas les premiers responsables, de rembourser et ceux qui insistent pour que la mesure soit prise, les arguments abondent. Deux sons de cloche.

LES DEPUTES PARLEMENTAIRES DOIVENT REMBOURSER LES SOMMES INDUMENT PERCUES

Le travail fait par les Ambassadeurs de l’UA au sujet des sommes perçues par les députés de l’union, contrairement aux textes en vigueur, est à féliciter. Déjà que l’UA connaît des difficultés graves avec l’indiscipline financière de ses membres, il ne manquerait plus que ce pillage en règle du peu dont elle dispose pour faire crouler définitivement la maison. C’est donc normal que ce scandale ait été porté à l’attention des instances de l’UA et de l’opinion car à un moment où la confiance en l’union s’érode, cela peut témoigner d’une nouvelle volonté de changer les mauvaises habitudes. Il faut donc que les sommes, que les députés se sont octroyés, soient remboursées. Ils doivent d’autant plus le faire pour montrer le bon exemple qu’ils ont des sur indemnités puisque bénéficiant d’émoluments et d’avantages multiples dans leurs pays d’origine. Il convient surtout dans tout cela, d’aller plus au fond pour que l’on connaisse tous les tenants et aboutissants de cette affaire et qu’on puisse même envisager de sanctionner pénalement les éventuels coupables. Seule une telle solution pourra combattre le laisser-aller et éviter que de tels manquements puissent se commettre à nouveau. Et autre avantage : on jouerait ainsi dans le rehaussement de l’image de l’Union qui en a bien besoin. Beaucoup la considèrent en effet comme l’antre des « sherpas » et autres cadres qui s’y font leur beurre alors que les pays africains sont dans l’attente désespérée des interventions de l’Union africaine au plan économique, social, infrastructure sans parler de tous ces conflits qui ravagent le continent et qui augmentent les difficultés à faire face aux grandes endémies, à la lutte contre la pauvreté d’une manière générale ? On peut dire que la recommandation faite par les Ambassadeurs de l’Union constitue peut-être l’acte le plus éclatant qui rachète un peu de cette fuite en avant dans la construction des Etats-Unis d’Afrique. Mais il faut aller au-delà car nous n’avons eu affaire qu’à une recommandation. Seules les mesures contraignantes à suivre donneront toute leur valeur à ce travail.


TOMI.

LES PARLEMENTAIRES DE L’ UNION SONT DES BOUCS EMISSAIRES DANS CETTE AFFAIRE DE PERDIEMS

Si on devait exiger que tous ceux qui travaillent pour le compte de l’Union africaine remboursent des sommes indûment perçues, soit volontairement soit involontairement, on n’en trouverait pas beaucoup qui soient épargnés. L’UA elle-même ne donne pas l’image d’une organisation qui pratique la bonne gouvernance. Beaucoup de sommes sont gaspillées pour des sommets, des programmes et autres activités qui n’ont pas toujours leur raison d’être. Bien de ceux qui travaillent pour l’Union ont des rémunérations pharaoniques, tout à fait en déphasage avec les réalités de l’union et de l’Afrique. Si l’on considère maintenant les frais de voyage, les indemnités que les députés de l’union ont perçues et qui dit-on ne sont pas prévus par les règlements, comment peut-on leur en tenir rigueur et leur imputer surtout la responsabilité de ces manquements ? Comme dans tout Parlement, il doit y avoir des instances dirigeantes, des directions financières. C’est à elles seules qu’il faut demander des comptes et non aux parlementaires. Les députés du Parlement africain n’ont fait que prendre l’argent qu’on leur a tendu sans chercher à comprendre quels textes régissent les frais de mission et les indemnités. Pourquoi l’auraient-ils fait ? Ils avaient confiance aux directions financières de l’UA ; ils savaient qu’ils avaient droit à des indemnités et à des frais multiples comme c’est le cas de bien de parlementaires de bien d’institutions internationales de par le monde. Non seulement les forcer à rembourser ces sommes est tout à fait incongru mais cela mettrait nombre d’entre eux qui ne sont plus députés dans leurs pays dans des difficultés graves car ce sera la croix et la bannière pour restituer ces sommes. Ce serait plus normal qu’on demande des comptes aux questures, aux instances dirigeantes de l’union (parlement, commission, conférence des chefs d’Etat) de prendre à leur compte ces montants. Si fautes il y a, c’est en effet à leur niveau qu’il faut les rechercher car elles n’ont pas suffisamment veillé au grain afin que le parlement soit doté de toutes les structures nécessaires pour fonctionner dans l’orthodoxie budgétaire.



TOZI.

Citation de la semaine

«La vie c'est ça, un bout de lumière qui finit dans la nuit »

Louis Ferdinand CELINE






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