RAMA
YADE, LA «COLOURED » DE L’EQUIPE
SARKOZY
QUI SAUTE AUX YEUX
Nicolas
Sarkozy présente entre autres particularités,
qu’avec lui, ce qui arrive a déjà
été annoncé. Il n’est pas
le genre à vous tenir sur le gril du suspense
pour se délecter après coup de l’effet
de surprise qu’il cause. Ainsi, c’était
devenu un secret de Polichinelle, que Rama Yade décrocherait
un secrétariat d’Etat dans le gouvernement.
Quand donc après le second tour des législatives,
la chose se confirma, on ne s’en étonna
pas. Pour autant, on ne l’a pas reçu
comme un non évènement. C’est
que cette sacrée jeune femme de 30 ans à
peine semble avoir beaucoup pour elle : l’intelligence,
le sens de la communication et de l’à-propos,
et pour ne pas gâter les choses, la beauté.
Quand on y rajoute le fait qu’elle est française
d’origine sénégalaise, née
au pays de Senghor, on comprendra qu’elle se
remarque dans la photo de famille prise à la
formation du gouvernement où elle a été
nommée Secrétaire d’Etat aux affaires
étrangères et aux droits de l’homme.
Et même si quelques-uns la prennent pour une
« Sarkozette » qui brillera le temps d’une
rose et que Le Monde se pose la question de savoir
si elle n’est pas « Une belle image pour
la photo du nouveau gouvernement » ou «
une ambitieuse qui a su séduire le grand chef
», sa nomination a plutôt été
favorablement accueillie par l’opinion.
Mais comment en est-elle arrivée là
?
Certainement par ses qualités, qui n’ont
pas pu passer inaperçues à Nicolas Sarkozy
et aussi en raison de ce qu’elle aurait comme
le gène de la politique en elle, vu que son
père gravitait déjà dans le cercle
de Léopold Sédar Senghor. Mais elle
ne serait certainement pas arrivée là
sans ce coup du destin qui a fait qu’un jour,
elle a remarqué Nicolas Sarkozy intervenant
dans une classe de maternelle à Neuilly pour
régler un problème ; ce fut la révélation
qui l’amena naturellement à s’intéresser
à l’UMP, bien que n’ayant pas des
atomes crochus avec la Droite et que son époux
ait sa carte au Parti Socialiste.
Elle creuse rapidement son sillon dans le parti, d’autant
que muni de son diplôme de «Sciences po
» et administratrice au Sénat, elle a
le bagage et l’entregent qu’il faut.
Ceux qui pensaient qu’elle serait un gadget
entre les mains du président commencent à
se demander s’ils ne se sont pas trompés
sur son compte. Bien vrai qu’elle ne cache pas
sa grande admiration pour Sarkozy, allant même
parfois jusqu’à dire qu’elle se
trouve à l’UMP beaucoup plus à
cause de lui qu’à cause des idées
du parti : « Je ne me reconnais pas toujours
dans les valeurs de la Droite. C’est Sarko,
point barre. S’il n’était pas là,
je ne serais pas à l’UMP non plus »
(in Le Point du 19 juin 2007). C’est clair et
net aussi, qu’ elle trouve que le chef de l’Etat
est l’homme modèle qu’il faut à
la France et qu’il fait mieux que tout autre
ce qu’il fait : « Il y a des gens qui
disent des choses intéressantes, mais qui ne
sont pas audibles parce qu’ils n’ont pas
l’art et la manière de les dire ».
Mais attention, ce n’est pas pour cela qu’elle
s’est dévêtue de sa personnalité.
On s’en rend compte par les positions quelque
peu iconoclastes qu’elle prend parfois par rapport
à la ligne du parti. Il en va ainsi de ses
propos par rapport à la Constitution européenne,
laissant entrevoir que plus on l’incitait à
voter oui, plus elle penchait franchement pour le
non. C’est la même chose pour l’Irak
: alors que tout le monde était contre l’intervention,
elle n’a pas craint de dire qu’elle n’en
était pas choquée. C’est toujours
la même Rama Yade qui, devant un auditoire en
extase devant Sarkozy, n’a pas craint d’interpeller
ce dernier à propos des mots « kärcher
» et racaille, à glacer l’auditoire
en ces termes : «Il est toujours plus efficace
de mettre les formes, notamment à l’égard
des populations issues de civilisations de l’oral,
pour qui les mots son importants ».
Serait-elle orgueilleuse, imbue de sa personne ? Pas
du tout. Alors qu’on voulait la parachuter dans
une circonscription acquise, elle a déclaré
préférer faire ses bancs avant d’arriver
à un tel niveau. Ce penchant à l’humilité
se conjugue chez elle avec une dose d’humour.
A la question qui lui a été posée
lors d’un Tchat sur Le Point, de savoir si en
2017, ce serait Rachida (NDLR : Rachida Dati, ministre
de la justice) ou elle, la présidente de la
République, elle répond : « Franchement,
ce n’est pas une question à laquelle
je pense (j’allais dire : en me rasant !) ;
chaque chose en son temps…. ».
Voilà celle qui a fait une entrée fracassante
et plaisante pour tout dire, en forme de pied de nez
à la Gauche qui naturellement désignée
pour faire cette large ouverture aux minorités
visibles, comme on dit de plus en plus en France,
a laissé là encore, la Droite lui damer
le pion.
Et telle qu’on imagine cette belle jeune femme
à la tête bien faite, ce ne sont pas
les propos qu’auraient avancés avant
les élections, Roselyne Bachelot, devenue ministre
des Sports dans le gouvernement de Sarkozy («
Elle est femme et noire. Elle va être promue.
Heureusement qu’elle n’est pas lesbienne
et handicapée, elle serait Premier ministre
», in Le Canard Enchaîné N°
4519) qui peuvent ébranler sa détermination.
C’est une femme, une vraie qui est au-dessus
de ces basses insultes ! Bon vent, Rama….