San
Finna N°419 du
25 Juin au 01 Juillet 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
POINT
DE VUE
TENUE DU 6EME FORUM DE L’UNDD ET PROJECTION DE SON
FILM DOCUMENTAIRE
UNE OPINION QU’ON VEUT ETOUFFER !
(le titre est de l’auteur)
«
Secrétaire nationale adjointe chargée des
Burkinabé de l’extérieur de l’Union
nationale pour la démocratie et le développement
(UNDD), je voudrais réagir ici sur un fait bien
précis. J’ai suivi les efforts des jeunes
pour préparer le forum relatif au jugement de Charles
Taylor qui se tient en ce moment. J’ai aussi suivi
avec attention le travail acharné de la direction
de l’UNDD pour produire un film documentaire sur
le parti.
L’UNDD
tenait donc, le 16 juin passé, à Boulmiougou,
un forum sur un thème d’actualité
brûlante : « Procès de Charles Taylor
: Déni de justice programmé de la communauté
internationale ? », et en a profité pour
projeter son 1er film documentaire «L’UNDD,
ce symbole de résistance que l’on veut liquider»,
qui relate à quel point le parti est victime d’acharnement.
C’est pas un petit travail qui a été
réalisé là ; c’est du boulot
qui a demandé des jours et des nuits de travail,
et je suis fière du travail abattu par mon parti.
Ca méritait d’être largement diffusé.
Je suis donc ulcérée du peu d’intérêt
que les médias ont accordé aux deux évènements
et particulièrement, que la chaîne dite du
plaisir partagée, qui est pourtant venue à
la manifestation, n’ait pas daigné en faire
état.
Je dois dire que le 16 juin, je fus étonnée
et contente à la fois de voir la TNB qu’on
avait invité. Je me disais : incroyable, la TNB
est venue en dépit du thème délicat
abordé, le procès de Charles Taylor. Je
me réjouissais que nos idées puissent être
répercutées sur la chaîne nationale
!
Le samedi soir donc, si l’élément
n’est pas passé, je me suis dit que c’était
parce que la manifestation avait quand même duré
jusque vers 20 heures. Je comprenais donc, encore que
quelquefois, la TNB fait passer très rapidement
ses reportages.
Le lendemain dimanche à 13 h 15, j’étais
devant mon petit écran. On a parlé de tout
mais rien sur notre manifestation. Pourtant, on avait
eu le temps, me disais-je, de voir le reportage, d’enlever
des passages qui pouvaient déplaire. Mais rien
! Au 20 heures, j’étais à nouveau
en attente en me disant : cette fois, quand même,
ils ne vont pas oser ! On a eu droit à tout, à
des reportages, chacun d’au moins 5 minutes, sur
les enfants malvoyants passant des examens, sur les jeunes
dormant dans la rue pour pouvoir déposer leurs
dossiers pour les concours, sur les funérailles
du chef de Kaya… et j’en passe. Mais rien
sur nos activités !
A 22 heures 30, j’étais encore là.
Je pensais : peut-être qu’à cette heure
tardive, on se dira : « Allez, vite, on va en finir
avec cette UNDD qui nous fatigue et on va passer un petit
reportage, même de deux minutes et en choisissant
avec soin les propos, histoire d’en finir une bonne
fois ». Eh bien, non : je me trompais une fois de
plus !
C’est dire que le lendemain, le lundi 18 juin, au
13 heures, j’étais devant ma télévision,
mais je n’y croyais plus, et j’avais raison
: rien sur les sujets abordés par mon parti. Idem
à 20 heures.
N’est-ce pas une injustice, chers compatriotes ?
Ne payons-nous pas, nous aussi, même si nous sommes
des opposants, notre redevance pour permettre à
la TNB de fonctionner ? N’est-ce pas une honte,
Monsieur le président du Conseil supérieur
de la communication ?
Il est donc clairement affirmé, par cette absence
de diffusion du reportage qu’on n’a pas le
droit -dans ce pays qui se vante de la liberté
de ses médias- de savoir ce que l’UNDD a
fait pendant la campagne et de connaître son point
de vue sur le procès de Taylor. De quoi a-t-on
peur ? Que veut-on cacher au peuple ?
Ca m’a fait mal, vraiment très mal mais après,
je me suis sentie mieux. On le dit et c’est vrai,
quand on écrit, ça fait du bien et on voit
mieux les choses. Il m’est apparu, avec plus de
force qu’hier, que l’UNDD (qui est négligeable,
veut-on faire croire) n’est pas un si petit parti
que ça, qu’au contraire, il est un parti
dont on a vraiment peur à cause de ses propositions
et de sa farouche détermination à faire
changer les choses. C’est une force en mouvement
!
Oui, mon parti est bien vivant et en toutes saisons ;
il n’apparaît pas qu’ au moment des
élections pour aller toucher sa subvention. Non,
c’est un parti qui travaille en permanence, qui
a un site Internet toujours renouvelé depuis le
coup d’Etat dont nous avons été victimes
en 2003, qui est en contact avec la base (même si
c’est insuffisant compte tenu des ses capacités
financières) . C’est un parti qui se manifeste
sur des sujets les plus divers par des déclarations,
qui participe à des colloques, qui organise des
marches, qui tient des forums comme c’est son rôle.
C’est loin d’être un petit parti aussi
puisqu’il a pu se présenter dans 45 provinces,
même si je reconnais que dans certaines, il n’était
pas fort !
Par ailleurs, mon parti a à sa tête, un leader
d’envergure, Me Hermann Yaméogo, qui, même
s’il a participé à des gouvernements
d’union ou protocolaire de Blaise Compaoré,
est ancré depuis des années, et solidement,
à l’opposition au vu des dérives du
régime qui sont allées grandissant. Hier,
beaucoup disaient : pourvu qu’Hermann soit constant
et qu’il reste à l’opposition. Il y
est, et bel et bien. Alors, vous qui disiez cela, soyez
contents, soyez rassurés !
Je ne peux terminer sans dire à mes Camarades de
lutte de l’UNDD et à tous les Burkinabé
épris de justice et de démocratie : attachez
votre pagne comme on dit, rejoignez-nous pour ceux qui
ne l’ont pas encore fait, et préparez-vous
pour les combats à venir car un peuple muselé
doit absolument se démuseler ».