ENTRETIEN
AVEC LE DR DA SIE BABOUROKAR
SUR CET « HOPITAL DU PLAISIR » QUI
FAIT BEAUCOUP DE VAGUES
Depuis
deux semaines, la presse est revenue à
plusieurs reprises sur la construction qui s’annonce,
de l’hôpital dénommé
« hôpital du plaisir ». Nous-mêmes
à San Finna, la semaine passée,
dans notre rubrique « Cocktail Flash »,
nous donnions notre petit point de vue qui sans
être contre la chirurgie réparatrice
des clitoris excisés, loin s’en faut,
demandait de revoir les choses surtout sur l’appellation
de l’hôpital. Ayant appris dans l’Observateur
du vendredi passé, par la même Madame
Aina Ouédraogo, que ce sont les Raéliens
du Faso qui entendaient construire cet hôpital
et non les services de l’Etat ou du Docteur
Pierre Foldès, découvreur de la
reconstruction du clitoris, nous avons essayé
d’en savoir plus, notre souci étant
de nous assurer que la technique est bien maîtrisée
par ceux qui envisagent de réaliser des
reconstitutions dans l’hôpital et
que les autorités burkinabé sont
également partantes comme cela est avancé
dans un article du site www.grioo.com du 21 juin
passé : « La secte a déjà
lancé l’offensive. Elle affirme avoir
entamé à Bobo-Dioulasso au Burkina
Faso la construction d’un ‘hôpital
du plaisir’ consacré à la
réparation des femmes excisées.
Elle affirme également disposer du soutien
des autorités locales ainsi que des associations
locales ». Il ne faudrait pas que le Burkina
Faso, qui est souvent prompt comme pour les OGM
à expérimenter des découvertes
non encore scientifiquement confirmées,
se lance dans cette opération sans garantie.
Nous y consacrerons un prochain article.
En attendant, nous avons pu lire sur le site http://www.zelohim.org
du 19/06/2007 (même si Internet, ça
vaut ce que ça vaut), que le professeur
Foldès se démarque de cette affaire
et il le dit sans ambages : « Je refuse
de servir de caution à ce type de mouvement
». Pour lui, qui opère gratuitement,
il faut faire attention car il n’a formé
qu’une dizaine de praticiens en France et
la technique est « constituée d’une
multitude de petits détails, de règles
et de pièges à éviter, indispensables
à un bon résultat ». Il est
d’autant plus inquiet qu’il voit arriver
dans son cabinet des patientes mal opérées,
et c’est, dit-il, une catastrophe car elles
souffrent de complications multiples. Et il précise
que les soins post-opératoires sont primordiaux
: « Leur durée est d’au moins
six semaines pour la cicatrisation et d’environ
six mois pour la fonction ». Ce n’est
donc pas une mince affaire !
Nous avons essayer, pour notre part, d’entrer
en contact avec un jeune chirurgien burkinabé
qui maîtrise la technique mais, hélas,
il a refusé de nous répondre. Nous
allons continuer à trouver des chirurgiens
qui acceptent de parler de l’intervention
elle-même et des risques ou non qu’il
y a à faire ce genre d’opération.
Mais à San Finna, nous avons eu plus de
chance au niveau de la communauté raélienne.
Nous avons tendu notre micro au responsable de
cette communauté au Faso, le Docteur Da
Sié Babourokar et il a accepté sans
problème de répondre à nos
questions.
San
Finna : Pouvez-vous vous présenter à
nos lecteurs ?
Dr Da Sié : Je suis le Docteur
Da Sié, guide national du mouvement raélien
au Burkina Faso.
San
Finna : Vous seriez le principal acteur de la
construction de l’ hôpital du plaisir
destiné à la réparation des
clitoris.
Dr Da Sié : Merci de me donner
l’occasion de parler de cet hôpital
que nous nommons hôpital du plaisir. Il
faut dire que c’est une idée de notre
Prophète bien aimé, Raël. Il
y a environ un an, il avait lancé un projet
qu’on appelle « Projet adopter un
clitoris ». Il s’agissait de collecter
des fonds pour aider les femmes à bénéficier
d’interventions de reconstruction de leurs
clitoris, pour celles qui l’ont perdu lors
d’une excision. Il a trouvé par la
suite l’idée de la construction d’un
hôpital où les femmes pourront gratuitement
bénéficier de cette chirurgie qui
restaurera aux femmes ce que les exciseuses ont
coupé.
Cet hôpital non seulement a un objectif
de réparation mais aussi de prévention
parce que, si on fait une campagne pour faire
comprendre qu’il est possible de réparer,
ceux qui coupent vont comprendre que leur action
n’aura plus de sens puisque ce qu’ils
vont couper, la science à travers cet hôpital,
va le restaurer à ces femmes-là.
C’est ce que nous espérons parce
que nous savons que le plaisir, c’est l’engrais
pour l’épanouissement, pour le développement
de l’esprit. Le plaisir, c’est comme
la nourriture :il y a la nourriture du corps mais
aussi celle de l’esprit. Nous ne voulons
pas rester dans les sentiers battus. On veut quelque
chose de nouveau.
San
Finna : Est-ce au Burkina Faso uniquement que
va être installée une telle structure
?
Dr Da Sié : En fait, pour l’instant,
l’idée c’est de construire
cet hôpital à Bobo-Dioulasso. Si
les choses s’améliorent, pourquoi
pas ailleurs ? Mais si le Burkina a été
choisi, c’est parce que c’est là
que les premières interventions ont eu
lieu et aussi, parce que quelques-uns de nos membres
ont bénéficié ici de cette
intervention. Le choix n’est pas le fait
du hasard. C’est aussi dû au dynamisme
des membres du Burkina qui ont trouvé qu’ici,
il y avait des potentialités, des chirurgiens
formés.
San
Finna : Où en est-on avec la construction
de cet établissement ?
Dr Da Sié : On n’est pas à
ce niveau puisque la pose de la première
pierre n’a pas encore eu lieu. Pour le moment,
nous sommes dans les démarches pour les
papiers administratifs. Le terrain quant à
lui, a déjà été acheté.
San
Finna : A terme, est-ce qu’il y aura des
chirurgiens spécialisés pour travailler
dans cet hôpital ?
Dr Da Sié : Oui, nous avons déjà
un chirurgien américain qui est un de nos
membres, qui dit être prêt à
servir gratuitement. Nous espérons aussi
que les chirurgiens d’ici qui ont été
véritablement formés en la matière,
seront motivés.
San
Finna : Quels sont vos rapports avec le Professeur
Foldès, inventeur de la technique ? Il
fait comprendre que c’est une chirurgie
très délicate et qu’il n’a
formé qu’une dizaine de personnes.
Il ne manque pas aussi l’occasion de vous
fustiger. Qu’en dites-vous ?
Dr Da Sié : Toute technique chirurgicale,
on le sait, nécessite un bon suivi post-opératoire.
Vous avez dû lire ce que vous venez de dire
dans Le Parisien. Nous avons de bons rapports
avec lui. Vous êtes journaliste et vous
savez que les journalistes, après une interview,
font passer ce qu’ils veulent. Nous avons
de bons rapports avec le Professeur même
si dans cette initiative, on ne peut pas dire
qu’il soit en totalité ave nous.
Il a trouvé quelque chose que nous avons
considéré comme étant un
grand apport pour l’humanité. Alors,
nous souhaitons mettre ça à contribution
pour aider des personnes. Nous sommes tous dans
le même cadre de la construction de l’humanité.
San
Finna : Une dernière question : récemment
dans la presse, Mme Aïna Ouédraogo
a émis des réserves sur la construction
de cet hôpital. Qu’avez-vous à
lui répondre ?
Dr Da Sié : Nous, nous n’aimons
pas la logique du conflit. Comme nous avons la
possibilité de la rencontrer pour échanger,
nous pensons qu’en discutant, on peut nous
comprendre et voir que nous travaillons pour la
même population, comme si nous construisons
une maison ensemble. Il n’est pas souhaitable
que ceux qui construisent une maison s’affrontent.
Pou nous, le dialogue est un instrument très
puissant. Nous pensons qu’ensemble, nous
allons harmoniser nos positions pour le bien des
populations.
San Finna : Grand merci, Docteur Da !
TN