Mise à jour le 24/06/2007
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San Finna N°419 du 25 Juin au 01 Juillet 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

ENTRETIEN AVEC LE DR DA SIE BABOUROKAR
SUR CET « HOPITAL DU PLAISIR » QUI FAIT BEAUCOUP DE VAGUES

Depuis deux semaines, la presse est revenue à plusieurs reprises sur la construction qui s’annonce, de l’hôpital dénommé « hôpital du plaisir ». Nous-mêmes à San Finna, la semaine passée, dans notre rubrique « Cocktail Flash », nous donnions notre petit point de vue qui sans être contre la chirurgie réparatrice des clitoris excisés, loin s’en faut, demandait de revoir les choses surtout sur l’appellation de l’hôpital. Ayant appris dans l’Observateur du vendredi passé, par la même Madame Aina Ouédraogo, que ce sont les Raéliens du Faso qui entendaient construire cet hôpital et non les services de l’Etat ou du Docteur Pierre Foldès, découvreur de la reconstruction du clitoris, nous avons essayé d’en savoir plus, notre souci étant de nous assurer que la technique est bien maîtrisée par ceux qui envisagent de réaliser des reconstitutions dans l’hôpital et que les autorités burkinabé sont également partantes comme cela est avancé dans un article du site www.grioo.com du 21 juin passé : « La secte a déjà lancé l’offensive. Elle affirme avoir entamé à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso la construction d’un ‘hôpital du plaisir’ consacré à la réparation des femmes excisées. Elle affirme également disposer du soutien des autorités locales ainsi que des associations locales ». Il ne faudrait pas que le Burkina Faso, qui est souvent prompt comme pour les OGM à expérimenter des découvertes non encore scientifiquement confirmées, se lance dans cette opération sans garantie. Nous y consacrerons un prochain article.

En attendant, nous avons pu lire sur le site http://www.zelohim.org du 19/06/2007 (même si Internet, ça vaut ce que ça vaut), que le professeur Foldès se démarque de cette affaire et il le dit sans ambages : « Je refuse de servir de caution à ce type de mouvement ». Pour lui, qui opère gratuitement, il faut faire attention car il n’a formé qu’une dizaine de praticiens en France et la technique est « constituée d’une multitude de petits détails, de règles et de pièges à éviter, indispensables à un bon résultat ». Il est d’autant plus inquiet qu’il voit arriver dans son cabinet des patientes mal opérées, et c’est, dit-il, une catastrophe car elles souffrent de complications multiples. Et il précise que les soins post-opératoires sont primordiaux : « Leur durée est d’au moins six semaines pour la cicatrisation et d’environ six mois pour la fonction ». Ce n’est donc pas une mince affaire !

Nous avons essayer, pour notre part, d’entrer en contact avec un jeune chirurgien burkinabé qui maîtrise la technique mais, hélas, il a refusé de nous répondre. Nous allons continuer à trouver des chirurgiens qui acceptent de parler de l’intervention elle-même et des risques ou non qu’il y a à faire ce genre d’opération.

Mais à San Finna, nous avons eu plus de chance au niveau de la communauté raélienne. Nous avons tendu notre micro au responsable de cette communauté au Faso, le Docteur Da Sié Babourokar et il a accepté sans problème de répondre à nos questions.

San Finna : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Dr Da Sié :
Je suis le Docteur Da Sié, guide national du mouvement raélien au Burkina Faso.

San Finna : Vous seriez le principal acteur de la construction de l’ hôpital du plaisir destiné à la réparation des clitoris.

Dr Da Sié :
Merci de me donner l’occasion de parler de cet hôpital que nous nommons hôpital du plaisir. Il faut dire que c’est une idée de notre Prophète bien aimé, Raël. Il y a environ un an, il avait lancé un projet qu’on appelle « Projet adopter un clitoris ». Il s’agissait de collecter des fonds pour aider les femmes à bénéficier d’interventions de reconstruction de leurs clitoris, pour celles qui l’ont perdu lors d’une excision. Il a trouvé par la suite l’idée de la construction d’un hôpital où les femmes pourront gratuitement bénéficier de cette chirurgie qui restaurera aux femmes ce que les exciseuses ont coupé.

Cet hôpital non seulement a un objectif de réparation mais aussi de prévention parce que, si on fait une campagne pour faire comprendre qu’il est possible de réparer, ceux qui coupent vont comprendre que leur action n’aura plus de sens puisque ce qu’ils vont couper, la science à travers cet hôpital, va le restaurer à ces femmes-là.

C’est ce que nous espérons parce que nous savons que le plaisir, c’est l’engrais pour l’épanouissement, pour le développement de l’esprit. Le plaisir, c’est comme la nourriture :il y a la nourriture du corps mais aussi celle de l’esprit. Nous ne voulons pas rester dans les sentiers battus. On veut quelque chose de nouveau.

San Finna : Est-ce au Burkina Faso uniquement que va être installée une telle structure ?

Dr Da Sié :
En fait, pour l’instant, l’idée c’est de construire cet hôpital à Bobo-Dioulasso. Si les choses s’améliorent, pourquoi pas ailleurs ? Mais si le Burkina a été choisi, c’est parce que c’est là que les premières interventions ont eu lieu et aussi, parce que quelques-uns de nos membres ont bénéficié ici de cette intervention. Le choix n’est pas le fait du hasard. C’est aussi dû au dynamisme des membres du Burkina qui ont trouvé qu’ici, il y avait des potentialités, des chirurgiens formés.

San Finna : Où en est-on avec la construction de cet établissement ?
Dr Da Sié : On n’est pas à ce niveau puisque la pose de la première pierre n’a pas encore eu lieu. Pour le moment, nous sommes dans les démarches pour les papiers administratifs. Le terrain quant à lui, a déjà été acheté.

San Finna : A terme, est-ce qu’il y aura des chirurgiens spécialisés pour travailler dans cet hôpital ?

Dr Da Sié :
Oui, nous avons déjà un chirurgien américain qui est un de nos membres, qui dit être prêt à servir gratuitement. Nous espérons aussi que les chirurgiens d’ici qui ont été véritablement formés en la matière, seront motivés.

San Finna : Quels sont vos rapports avec le Professeur Foldès, inventeur de la technique ? Il fait comprendre que c’est une chirurgie très délicate et qu’il n’a formé qu’une dizaine de personnes. Il ne manque pas aussi l’occasion de vous fustiger. Qu’en dites-vous ?

Dr Da Sié :
Toute technique chirurgicale, on le sait, nécessite un bon suivi post-opératoire. Vous avez dû lire ce que vous venez de dire dans Le Parisien. Nous avons de bons rapports avec lui. Vous êtes journaliste et vous savez que les journalistes, après une interview, font passer ce qu’ils veulent. Nous avons de bons rapports avec le Professeur même si dans cette initiative, on ne peut pas dire qu’il soit en totalité ave nous. Il a trouvé quelque chose que nous avons considéré comme étant un grand apport pour l’humanité. Alors, nous souhaitons mettre ça à contribution pour aider des personnes. Nous sommes tous dans le même cadre de la construction de l’humanité.

San Finna : Une dernière question : récemment dans la presse, Mme Aïna Ouédraogo a émis des réserves sur la construction de cet hôpital. Qu’avez-vous à lui répondre ?

Dr Da Sié :
Nous, nous n’aimons pas la logique du conflit. Comme nous avons la possibilité de la rencontrer pour échanger, nous pensons qu’en discutant, on peut nous comprendre et voir que nous travaillons pour la même population, comme si nous construisons une maison ensemble. Il n’est pas souhaitable que ceux qui construisent une maison s’affrontent. Pou nous, le dialogue est un instrument très puissant. Nous pensons qu’ensemble, nous allons harmoniser nos positions pour le bien des populations.

San Finna : Grand merci, Docteur Da !

TN





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