Mise à jour le 17/06/2007
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San Finna N°418 du 18 au 24 Juin 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Au courant de la plume

CADRE PERMANENT DE CONCERTATION A YAMOUSSOUKRO
« ROUND 1 »
CEUX QUI APPLAUDISSENT ET CEUX QUI FONT LA MOUE

Conformément à l’Accord de Ouagadougou, le Cadre Permanent de concertation (CPC) s’est réuni à Yamoussoukro au grand complet. Pour l’évènement, on a mis le paquet, histoire de fonder encore plus, comme dans du béton, le retour à la paix. Et puis, évènement dans l’évènement, c’était la première fois de puis 7 ans que Blaise Compaoré se rendait en Côte d’Ivoire. Cette rencontre au sommet était vraiment attendue par les uns et par les autres. Il y avait d’un côté, ceux qui l’entrevoyaient comme une simple formalité devant encourager tout un chacun à aller de l’avant sans tentation de retourner au passé en rediscutant les termes de l’accord et ceux qui estimaient que rien dans la vie n’est définitif, surtout pas les accords, et que dans le cas précis de celui de Ouagadougou, il est des points où il pouvait être perfectible.

Dans le premier camp, il y avait évidemment le président ivoirien et les siens mais aussi les Forces nouvelles, dont les représentants, en tout cas, ont fait savoir tous les dangers qu’il y aurait à réengager des discussions sur des questions qui sont réglées depuis Ouagadougou.

Dans le second camp, il y avait l’opposition civile, le PDCI/RDA et le RDR notamment. Selon eux, pour être un bon outil, l’accord avait besoin d’être précisé sur certains points, capitaux. C’est en particulier celui relatif à la supervision et au contrôle des élections par la communauté internationale, et plus spécifiquement par le maintien du Haut représentant des Nations Unies..

Quelles réponses le CPC a-t-il apporté aux positions des uns et des autres ?

Si la question est posée du côté de l’opposition civile, elle répondra que le dossier a été traité plutôt à son goût puisque s’agissant essentiellement de la question du Haut représentant des Nations Unies, il a été décidé de son maintien.

Le PDCI/RDA, par la voix de Me Jeannot Ahoussou-Kouadio, Secrétaire général adjoint du parti, dira : « Nous avons trouvé notre compte à cette rencontre » (in Sidwaya du 15/06/07).

Le même quotidien relève les propos de Mr Ali Coulibaly, Secrétaire général adjoint du RDR : «.. cette réunion était fort utile dans la mesure où elle a abouti à des conclusions qui, visiblement, nous satisfont ».

« LE NOUVEAU REVEIL » du 15 juin 2007 s’en fait l’écho à sa façon, avec son titre choc « Après les corrections du CPC : Gbagbo au carrefour de la mort » : « Le communiqué final lu par le Premier ministre, Guillaume Soro, montre bien que des avancées nobles y ont été constatées. Le conclave a ainsi décidé que le processus de démarrage des audiences foraines se fasse dans un bref délai. Aussi, les membres du C.P.C ont-ils demandé au Premier ministre d’avancer rapidement sur l’identification générale des populations, commençant par la question du choix de l’opérateur technique. Le C.P.C a, en outre, évoqué la question des milices tribales qui sont un obstacle à l’avancée du processus de paix. Il a donc été permis au Premier ministre de mettre en œuvre de façon concrète, le processus de démantèlement des milices. Autre fait évoqué par les membres du C.P.C : la question des médias d’Etat instrumentalisés par le camp présidentiel. Le conclave a décidé, en tout état de cause, qu’il y ait plus d’ouverture des activités des différents partis politiques. Le C.P.C a, par ailleurs, évoqué la situation du haut représentant chargé des élections. Les membres du C.P.C ont sollicité le facilitateur pour qu’il se mette en rapport avec les Nations Unies, aux fins de maintenir ce poste de ses missions ».

Si la question est posée du côté de la majorité présidentielle, la réponse sera plutôt mitigée, sinon négative. Officiellement, bien sûr, on dit que tout va pour le mieux mais dans les coulisses, il n’en manque pas pour considérer qu’il y a reculade par rapport à Ouagadougou. Il n’avait pas été prévu le maintien du Haut représentant des Nations Unies chargé des élections. En conséquence de quoi, le président Gbagbo avait fait connaître à Ban Ki Moon qu’il ne souhaitait pas son maintien, qui donnerait le sentiment que la Côte d’Ivoire avait besoin d’une tutelle.

Quant à « NOTRE VOIE », organe du FPI, du 14/06/2007, nous pouvons y lire, exprimé de façon net, une appréciation négative : « L’accord de Ouagadougou vient de recevoir un sérieux coup de boutoir avec l’introduction, dans ses sept mètres, d’un nouvel élément qui n’est pas moins démobilisateur que ceux qui ont été jetés à la mer. Il s’agit du poste du Haut représentant des Nations unies pour les élections, le poste de Gérard Stoudmann. La réunion de Yamoussoukro demande à l’ONU de garder ce poste en l’état. Ce que n’avait pas prévu l’accord de Ouagadougou.

Au-delà du viol qu’il vient de subir, c’est sa mort certaine que l’on vient de programmer à Yamoussoukro. Car Bédié et Ouattara, qui ont insisté particulièrement sur ce point, vont demander, d’ici là, que les termes du texte onusien qui a emmené Stoudmann dans ce pays soient respectés à la lettre. C’est-à-dire un homme et une structure onusienne au-dessus du Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire. Une chose que les Ivoiriens défenseurs de l’ordre normal et juste ont toujours refusée et qui a amené d’ailleurs le chef de l’Etat à proposer à la rébellion le dialogue direct
».

Voilà un peu, au-delà de l’habillement, du clinquant et des célébrations de cette rencontre, quelques observations dont la presse se fait le porte-voix en ce moment, avec en toile de fond, bien de questionnements. Pourquoi le président Gbagbo, sur un point aussi capital, a-t-il reculé ?

L’a-t-il fait parce qu’il sait que même la présence d’un tel représentant des Nations Unies ne pourra pas changer la donne puisqu’il a scellé une collaboration solide avec Guillaume Soro et que l’opposition n’est pas au mieux de sa forme ?

L’a-t-il fait forcé et contraint parce que l’ancien président Bédié et l’ancien premier Ministre Ouattara ont su pousser leurs pions auprès du Médiateur, de la France et de la communauté internationale et qu’il fallait lâcher du lest pour conserver à la dynamique de paix qu’il a su impulser, sa force attractive ?

Ces questions restent entières.

La Rédaction






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