Mise à jour le 17/06/2007
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San Finna N°418 du 18 au 24 Juin 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

GRATUITE DE L’ENSEIGNEMENT DE BASE ET NOUVEAU CYCLE PRIMAIRE
CE QU’EN PENSENT ENSEIGNANTS ET PARENTS D’ELEVES

Ca n’a pas fait la Une des journaux mais la décision prise par le gouvernement le 31 mai 2007, à l’occasion d’un séminaire au palais de Koulouba, autour du projet de réforme du système éducatif, est à mettre en lumière car il s’est agi de décider qu’à partir de la prochaine rentrée scolaire, soit en 2008, la gratuité de l’enseignement de base connaîtrait un début d’application et car il s’est agi de décider de l’institution d’un nouveau cycle primaire. La nouvelle laisse tout de même perplexes des Burkinabé et surtout des gens de l’enseignement. San Finna a cherché à en savoir plus en tendant son micro. A noter que nous avons essayé d’avoir des explications auprès du ministère de l’Enseignement de base sur ces préoccupations mais peu de gens étaient au courant de la mesure ou disaient que chacun attend de voir. Nous espérons que cet article donnera l’occasion aux personnes directement concernées par ce projet au Ministère, d’apporter plus d’éclaircissements.

Mais d’abord, quelques mots sur la réforme envisagée.

Ainsi donc, le cycle primaire ira à partir de la rentrée 2008 de la classe de CP1 à la troisième ; l’enseignement de base commencera à 6 ans et se terminera à 16 ans, ce qui correspond grosso modo à l’intervalle de la classe de CP1 à celle de troisième. Cela permettra aux parents d’élèves de « souffler » car tout le monde sait que c’est l’angoisse à chaque rentrée scolaire. Il aurait été bon de savoir dans combien de temps exactement il y aurait gratuité totale. Par ailleurs, beaucoup de parents seront certainement ravis que leurs enfants commencent plus tôt leur scolarité : 6 ans au lieu de 7 ans. Il aurait fallu, pour que tout soit parfait, que la question des cotisations APE soit aussi réglée mais peut-être qu’ il ne faut pas trop demander en même temps.

Voici maintenant les réponses de quelques professionnels et l’avis de deux parents d’élève.

Adama Kargougou, Instituteur à Ouagadougou : « Pour moi, si on en arrive à rendre l’école gratuite, ce serait une bonne chose pour les parents d’élèves ; quant à l’unification des deux départements, secondaire et primaire, on doit rester prudent dans la mesure où le gouvernement n’a pas défini les mécanismes de mise en œuvre de cette harmonisation ».

Mr Jacques Bado, instituteur à la retraite : « Pour la petite expérience que j’ai de l’enseignement dans notre pays, et précisément en ce moment précis, nous devons éviter une harmonisation juste pour le principe. Voyez-vous, avec le niveau actuel de l’enseignement au primaire, dû à la volonté d’avoir de grands taux de scolarisation, combien d’enfants au primaire peuvent faire deux phrases sans fautes ? La priorité pour moi, c’est assurer une bonne formation aux enseignants ».

Jean-Pierre Sawadogo, enseignant de biologie : « En fait, les gens aiment trop les problèmes. Il y a beaucoup de questions qu’on est en droit de se poser. Les professeurs de CEG, les professeurs de lycée, les instituteurs, auront-ils les mêmes situations ? Déjà qu’à l’heure actuelle, les professeurs se moquent des instituteurs à qui ils disent qu’ils n’ont pas de niveau ! Dans tout les cas, ça va être difficile à gérer. Et justement, c’est à cause de ça que je pense qu’il s’agit d’un coup médiatique. L’école gratuite c’est possible mais le primaire jusqu’en 3ème, c’est difficile. Mais comme dans ce pays, on est prêt à tout pour de l’argent, attendons de voir !»

Ismaël Djiguemdé, enseignant de lycée : « Il s’agit d’une continuité du PDDEB. En fait, comme il était difficile de faire passer l’idée d’un rattachement du secondaire (1er cycle) au primaire de façon crue, ils ont vu judicieux de rendre gratuit l’enseignement de base pour certainement cacher les effets pervers d’un tel rattachement, notamment le statut des enseignants de lycée par rapport aux instituteurs. Quant à la gratuite en elle-même, tant que les dépenses telles que les cotisations APE et les autres dépenses subsidiaires ne sont pas revues, on ne peut pas dire que les parents d’élèves seront soulagés».

Mme Diallo née Traoré Minata, ménagère : « La mesure sera la bienvenue même si les autres frais liés à la scolarité demeurent. Mais il faut revoir les APE qui sont élevés surtout qu’on renvoie nos enfants s’ils ne sont pas à jour de ces cotisations».

Mr Jean Ouédraogo, comptable : « A voir de près cette mesure, elle crée plus de problèmes que de solutions. Premièrement, quand on sait que les frais APE sont des frais exclus de la scolarité, on se demande ce que devient finalement ce terme « gratuit » surtout que dans certains établissements, ces frais concurrencent la scolarité elle-même. Deuxièmement, la question principale au niveau de l’enseignement dans notre pays n’est pas celle du prix mais de la qualité. Depuis le début du PDDEB au Faso, on ne redouble plus au primaire, même avec 2 de moyenne ! Il semble même que les évaluations soient des plus approximatives. Pour une dictée par exemple, ce n’est plus l’orthographe qui est apprécié mais la capacité de l’enfant à entendre. Ainsi le mot « femme » peut être écrit « fame » et ça passe…

On veut coûte que coûte atteindre un taux extraordinaire pour (beaucoup le pensent) obtenir des financements. Et confondre le premier cycle du secondaire au primaire n’est qu’une volonté d’harmoniser la pratique : de la 6ème à la 3ème, l’élève pourrait passer d’une classe à l’autre avec même 5 de moyenne !»

TN


SACRE SABOTEUR !

Suite aux déclarations du Ministre Jean-Pierre Palm dans les colonnes de notre confrère Le Pays du jeudi dernier, déclarations à travers lesquelles il disait qu’aucun contentieux n’existe entre son ministère et Saboteur, nous avons pris la décision de demander à Mr Drissa Traoré (Saboteur) ce qu’il en pensait. Mal nous en prit. Monsieur Traoré, en plus de n’être pas tendre avec celui qui dit ne rien lui devoir, nous fit comprendre qu’il n’est pas un enfant, un … (nous préférons taire ce mot) pour s’exprimer dans des colonnes de journaux. C’est son droit.

Mais dans un contexte où l’opinion dans sa grande majorité souhaite savoir la nature exacte des turpitudes qui ont émaillé les trois parties -Ministère, Fédération, Entraîneur- jusqu’au départ de Saboteur (et étant donné que ce dernier bénéficie aussi d’une certaine affection au sein de la population), il aurait pu, avec le temps et les déconvenues, changer un peu pour donner l’occasion aux gens de mieux le comprendre et contribuer à remettre en selle notre football.

On le sait, Drissa Traoré n’est pas à son premier départ du Staff Etalons ni à son premier coup de gueule, mais à travers celui-ci, il y a des non-dits qui mériteraient qu’on s’y attarde. Nous y reviendrons en tout cas puisque Mr Traoré a intenté un procès et est appuyé par trois avocats.

TN





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