GRATUITE
DE L’ENSEIGNEMENT DE BASE ET NOUVEAU CYCLE
PRIMAIRE
CE QU’EN PENSENT ENSEIGNANTS ET PARENTS
D’ELEVES
Ca
n’a pas fait la Une des journaux mais la
décision prise par le gouvernement le 31
mai 2007, à l’occasion d’un
séminaire au palais de Koulouba, autour
du projet de réforme du système
éducatif, est à mettre en lumière
car il s’est agi de décider qu’à
partir de la prochaine rentrée scolaire,
soit en 2008, la gratuité de l’enseignement
de base connaîtrait un début d’application
et car il s’est agi de décider de
l’institution d’un nouveau cycle primaire.
La nouvelle laisse tout de même perplexes
des Burkinabé et surtout des gens de l’enseignement.
San Finna a cherché à en savoir
plus en tendant son micro. A noter que nous avons
essayé d’avoir des explications auprès
du ministère de l’Enseignement de
base sur ces préoccupations mais peu de
gens étaient au courant de la mesure ou
disaient que chacun attend de voir. Nous espérons
que cet article donnera l’occasion aux personnes
directement concernées par ce projet au
Ministère, d’apporter plus d’éclaircissements.
Mais d’abord, quelques mots sur la réforme
envisagée.
Ainsi
donc, le cycle primaire ira à partir de
la rentrée 2008 de la classe de CP1 à
la troisième ; l’enseignement de
base commencera à 6 ans et se terminera
à 16 ans, ce qui correspond grosso modo
à l’intervalle de la classe de CP1
à celle de troisième. Cela permettra
aux parents d’élèves de «
souffler » car tout le monde sait que c’est
l’angoisse à chaque rentrée
scolaire. Il aurait été bon de savoir
dans combien de temps exactement il y aurait gratuité
totale. Par ailleurs, beaucoup de parents seront
certainement ravis que leurs enfants commencent
plus tôt leur scolarité : 6 ans au
lieu de 7 ans. Il aurait fallu, pour que tout
soit parfait, que la question des cotisations
APE soit aussi réglée mais peut-être
qu’ il ne faut pas trop demander en même
temps.
Voici
maintenant les réponses de quelques professionnels
et l’avis de deux parents d’élève.
Adama
Kargougou, Instituteur à Ouagadougou :
« Pour moi, si on en arrive
à rendre l’école gratuite,
ce serait une bonne chose pour les parents d’élèves
; quant à l’unification des deux
départements, secondaire et primaire, on
doit rester prudent dans la mesure où le
gouvernement n’a pas défini les mécanismes
de mise en œuvre de cette harmonisation
».
Mr
Jacques Bado, instituteur à la retraite
: « Pour la petite expérience
que j’ai de l’enseignement dans notre
pays, et précisément en ce moment
précis, nous devons éviter une harmonisation
juste pour le principe. Voyez-vous, avec le niveau
actuel de l’enseignement au primaire, dû
à la volonté d’avoir de grands
taux de scolarisation, combien d’enfants
au primaire peuvent faire deux phrases sans fautes
? La priorité pour moi, c’est assurer
une bonne formation aux enseignants ».
Jean-Pierre
Sawadogo, enseignant de biologie : «
En fait, les gens aiment trop les problèmes.
Il y a beaucoup de questions qu’on est en
droit de se poser. Les professeurs de CEG, les
professeurs de lycée, les instituteurs,
auront-ils les mêmes situations ? Déjà
qu’à l’heure actuelle, les
professeurs se moquent des instituteurs à
qui ils disent qu’ils n’ont pas de
niveau ! Dans tout les cas, ça va être
difficile à gérer. Et justement,
c’est à cause de ça que je
pense qu’il s’agit d’un coup
médiatique. L’école gratuite
c’est possible mais le primaire jusqu’en
3ème, c’est difficile. Mais comme
dans ce pays, on est prêt à tout
pour de l’argent, attendons de voir !»
Ismaël
Djiguemdé, enseignant de lycée :
« Il s’agit d’une continuité
du PDDEB. En fait, comme il était difficile
de faire passer l’idée d’un
rattachement du secondaire (1er cycle) au primaire
de façon crue, ils ont vu judicieux de
rendre gratuit l’enseignement de base pour
certainement cacher les effets pervers d’un
tel rattachement, notamment le statut des enseignants
de lycée par rapport aux instituteurs.
Quant à la gratuite en elle-même,
tant que les dépenses telles que les cotisations
APE et les autres dépenses subsidiaires
ne sont pas revues, on ne peut pas dire que les
parents d’élèves seront soulagés».
Mme
Diallo née Traoré Minata, ménagère
: « La mesure sera la bienvenue
même si les autres frais liés à
la scolarité demeurent. Mais il faut revoir
les APE qui sont élevés surtout
qu’on renvoie nos enfants s’ils ne
sont pas à jour de ces cotisations».
Mr
Jean Ouédraogo, comptable : «
A voir de près cette mesure, elle crée
plus de problèmes que de solutions. Premièrement,
quand on sait que les frais APE sont des frais
exclus de la scolarité, on se demande ce
que devient finalement ce terme « gratuit
» surtout que dans certains établissements,
ces frais concurrencent la scolarité elle-même.
Deuxièmement, la question principale au
niveau de l’enseignement dans notre pays
n’est pas celle du prix mais de la qualité.
Depuis le début du PDDEB au Faso, on ne
redouble plus au primaire, même avec 2 de
moyenne ! Il semble même que les évaluations
soient des plus approximatives. Pour une dictée
par exemple, ce n’est plus l’orthographe
qui est apprécié mais la capacité
de l’enfant à entendre. Ainsi le
mot « femme » peut être écrit
« fame » et ça passe…
On veut coûte que coûte atteindre
un taux extraordinaire pour (beaucoup le pensent)
obtenir des financements. Et confondre le premier
cycle du secondaire au primaire n’est qu’une
volonté d’harmoniser la pratique
: de la 6ème à la 3ème, l’élève
pourrait passer d’une classe à l’autre
avec même 5 de moyenne !»
TN
SACRE
SABOTEUR !
Suite
aux déclarations du Ministre Jean-Pierre
Palm dans les colonnes de notre confrère
Le Pays du jeudi dernier, déclarations
à travers lesquelles il disait qu’aucun
contentieux n’existe entre son ministère
et Saboteur, nous avons pris la décision
de demander à Mr Drissa Traoré (Saboteur)
ce qu’il en pensait. Mal nous en prit. Monsieur
Traoré, en plus de n’être pas
tendre avec celui qui dit ne rien lui devoir,
nous fit comprendre qu’il n’est pas
un enfant, un … (nous préférons
taire ce mot) pour s’exprimer dans des colonnes
de journaux. C’est son droit.
Mais dans un contexte où l’opinion
dans sa grande majorité souhaite savoir
la nature exacte des turpitudes qui ont émaillé
les trois parties -Ministère, Fédération,
Entraîneur- jusqu’au départ
de Saboteur (et étant donné que
ce dernier bénéficie aussi d’une
certaine affection au sein de la population),
il aurait pu, avec le temps et les déconvenues,
changer un peu pour donner l’occasion aux
gens de mieux le comprendre et contribuer à
remettre en selle notre football.
On le sait, Drissa Traoré n’est pas
à son premier départ du Staff Etalons
ni à son premier coup de gueule, mais à
travers celui-ci, il y a des non-dits qui mériteraient
qu’on s’y attarde. Nous y reviendrons
en tout cas puisque Mr Traoré a intenté
un procès et est appuyé par trois
avocats.
TN