*
Beaucoup ont été choqués qu’
Abdou Diouf et son épouse aient voté à
Paris le 3 juin pour les élections législatives
du Sénégal ! Pourquoi ? Tout simplement,
parce que Abdou Diouf est issu du Parti Socialiste sénégalais,
qu’il l’a incarné durant tant d’années,
et qu’à ce qu’on sache il n’a
pas démissionné de ce parti. Or, le mot
d’ordre du PS était bel et bien le boycott.
Cela est apparu comme une trahison de l’ancien
président sénégalais mais bon,
chaque citoyen peut, un jour ou l’autre, changer
de bord politique ou d’opinion ! Les frontières
idéologiques, ça devient ringard : demandez
un peu à Bayrou !
* Toujours sur les élections sénégalaises,
nous avons lu pour vous, sur Wal Fadjiri du 4 juin 2007,
ce qui suit : « Pour ce qui est de l'avenir du
Front Siggil Senegaal après cette abstention
massive que ses promoteurs brandissent comme une victoire,
Ousmane Tanor Dieng lève un coin du voile : 'Nous
continuerons notre bataille qui est la restauration
de la démocratie'. Quand il lui est fait remarquer
que l'opposition significative qui sera absente de l'Assemblée
nationale n'aura que la rue pour s'exprimer, le Premier
secrétaire du Ps déclare que 'pour être
entendu du peuple, on n'a pas besoin d'aller à
l'Assemblée nationale'. Avant de laisser entendre
: 'Ils auront l'Assemblée, nous aurons le peuple
et la rue' ». On aura beau dire que le pouvoir
a la légalité, rien n’est moins
sûr qu’avec un taux de participation de
moins de 35 %, il ait la légitimité, qui
est plus important pour une gouvernance respectueuse
des peuples. Des pays en sont si conscients qu’ils
annulent des élections qui enregistrent un taux
de participation inférieur à un certain
pourcentage. Il en va ainsi de la Serbie qui exige un
minimum de 50 % de taux de participation !
* On nous parle à longueur de journée,
des déplacés, des rapatriés africains
et de leurs souffrances. C’est normal ! Mais lorsqu’on
organise des opérations de retour, on en parle
peu. C’est pourquoi il faut féliciter l’opération
de retour assisté par le Haut Commissariat des
Nations Unies pour les réfugiés de Sierra
Leone (UNHCR) depuis la Sierra Leone, pour le Libéria.
Plus de 100.000 rapatriés ont eu la joie de revoir
leur sol natal, eux qui ont souffert le martyr des années
durant dans des camps. Comme on imagine leur bonheur
! Ce sont des opérations qu’il faudrait
sur médiatiser afin de montrer comment ces déplacés
retrouvent leur terre natale, les larmes aux yeux, et
également pour donner donc envie aux peuples
du monde d’aider encore plus à ces opérations
de rapatriement. On apprend justement, selon le site
United Nations (New York) du 5 Juin 2007, que «Quelque
83.000 réfugiés libériens se trouvent
toujours en Afrique de l'Ouest. Plus de 23.000 sont
au Ghana, 22.000 en Côte d'Ivoire, 15.000 en Sierra
Leone, 15.000 en Guinée, quelques 4.000 au Nigeria
et le reste est dispersé dans d'autres pays de
la région ». Mais l’UNHCR n’a
pas fait que transporter les réfugiés
; il a remis en état des abris, des routes, des
puits, des écoles, des cliniques.. , pour permettre
un retour acceptable de ceux-ci dans leur pays.
* Incroyable mais vrai : Le Canada refuse un visa à
Winnie Mandela, selon Cyberpresse du 06/06/2007. L’ex
femme de Nelson Mandela devait assister à un
gala de bienfaisance à Toronto. Elle aurait été
très mortifiée par ce refus ! Des partis
d’opposition canadiens envisageraient de demander
des explications au pouvoir qui officiellement, jusqu’à
présent, n’a pas justifié sa décision.
* C’est vrai que Nicolas Sarkozy a mis en garde
contre une espérance excessive dans le dossier
Ingrid Betancourt, cette franco-colombienne enlevée
par les rebelles colombiens du FARC il y a 5 ans. Soit
dit en passant, il a raison de remettre les pendules
à l’heure car une attente trop optimiste,
si elle venait à être contrariée,
pourrait rejaillir négativement sur son image.
Mais on peut tout de même continuer à croiser
les doigts puis à se demander en même temps
ce que ferait éventuellement Ingrid Betancourt
par rapport à Clara Rojas, sa collaboratrice
et confidente qui a refusé de la laisser partir
seule vers les inconnus de la captivité, si elle
était seule à bénéficier
de la mesure. Accepterait-elle de recouvrer la liberté
sans elle ?
* Chez nous, après les élections législatives,
le Larlé Naaba qui a été élu,
a réuni les chefs du Kadiogo qui l’ont
soutenu, pour les remercier. Il a profité de
l’occasion pour remettre à 13 chefs ainsi
qu’au maire de Ouagadougou et à François
Compaoré, initiateur de la cérémonie,
des habits dignes de chef et des couteaux dorés.
Il a aussi promis d’équiper 300 chefs coutumiers
d’habits et d’objets de chefferie pendant
son nouveau mandat. Avant de partir, les chefs ont reçu
de François Compaoré, 1.000.000 fcfa de
la part du chef de l’Etat et 500.000 fcfa de la
région du Centre (A quel titre d’ailleurs
pour cette dernière, s’il s’agit
comme c’est écrit dans la presse, de la
région, collectivité territoriale ?).
Cela ne pourrait pas se passer dans une démocratie
normalisée, et dans des pays comme l’Angleterre,
la France…, on crierait au scandale. Mais il ne
viendra pas à l’esprit de trouver que cela
fait tâche au tableau démocratique du Burkina
Faso. Non, ici, tout baigne au plan des libertés,
au plan de l’économie, de la sécurité,
de la lutte contre la pauvreté, de la démocratie.
Ce n’est pas Mr Mogens Pedersen, Ambassadeur du
Danemark au Faso qui dira le contraire, lui qui du fin
fond de ses bureaux, lance imperturbable à l’opinion
nationale et internationale que les élections
législatives au Burkina « étaient
correctes » !
* Le micro-crédit qu’on a tendance à
présenter comme la solution-miracle à
tous les problèmes en Afrique (surtout s’il
est fait en direction des femmes) semble bien avoir
des limites. L’Agence APA, dans sa dépêche
du 07/06/07, nous apprend qu’au Mali, «
Plusieurs femmes se sont enfuies de la contrée
malienne de Koutiala (sud-ouest, 420 km de Bamako),
abandonnant derrière elles maris et enfants,
pour n’avoir pas à subir les humiliations
des huissiers lancés à leurs trousses
par les institutions de micro-finance ». On apprend
qu’elles n’arrivaient pas à rembourser
des prêts de 100 000 fcfa (même pas 200
euros !) ! Il semblerait que le taux d’intérêt
accordé était prohibitif : 25 %. Une femme
aurait souligné d’un ton pathétique,
que « Pas une petite commerçante, pas une
ouvrière, pas une teinturière de la localité
ne peut tenir un tel engagement ». C’est
vrai mais les femmes savaient de toute manière
qu’il fallait rembourser, et avec intérêt.
En fait, ce que beaucoup de femmes n’ont pas compris
en Afrique, c’est que ces micro-crédits
sont des prêts et non des dons ! Il faudrait que
la sensibilisation se fasse là-dessus et surtout,
qu’au lieu d’accorder des miettes aux femmes,
comme si elles pouvaient démarrer une activité
avec moins de 200 euros, on y aille plus franco (même
si on doit être plus sélectif), mais évidemment
avec des garanties par le biais d’assurance ou
autres cautions !
* Beaucoup s’inquiètent chez nous du sort
qui pourrait être réservé à
l’émission «Le débat ».
Après la suppression de l’émission
«Dimanche Presse » sur la TNB, le lancement
de cette émission sur cette chaîne privée,
avait suppléé un certain vide, et beaucoup
se délectaient de l’occasion que donnait
aux Burkinabé l’animateur Rémi Fulgence
DANDJINOU, d’avoir des points de vue contrastés
sur les affaires nationales et internationales. Le CSC,
pour raison de campagne, a-t-il dit, a suspendu l’émission.
Mais comme la reprise tarde à venir, beaucoup
se mettent à se poser des questions. Va-t-on
une deuxième fois, priver les Burkinabé
du contradictoire si nécessaire à la démocratie
? Espérons que ce n’est qu’une question
de temps et que les choses reprendront leur cours normal,
bientôt !
* Tony Blair était à Tripoli la semaine
passée. Jeune Afrique, n° 2421 du 3 au 9
juin derniers, sous le titre « Petits arrangements
entre amis », ne l’a pas épargné.
Lisez plutôt : «Tony et Cherie Blair n’ont
pas hésité à se rendre à
Syrte pour y goûter, sous la tente, les joies
de l’hospitalité kaddafienne. Deux heures
d’entretien, un dîner aux chandelles et
un Blair ravi annonçant à l’issue
des agapes que ‘Mouammar’ et lui avaient
décidé de s’appeler par leurs prénoms,
de garder le contact.. . ». Et Jeune Afrique,
de conclure : « Avant de recevoir Tony Blair sous
sa tente, nul doute que Mouammar Kaddafi, qui est tout
sauf un naïf, s’est demandé, comme
à chaque visite d’un haut responsable européen
ou américain : ‘Celui-là, combien
il vaut ? ». Ce qu’on a appris par ailleurs
depuis la sortie de ce numéro, c’est qu’un
Libyen qui purge sa peine dans les prisons anglaises,
pourrait être ramené dans son pays pour
y finir son temps en prison. De là à y
voir une concession faite par Mr Blair pour faire plaisir
à Kadhafi, il n’y a qu’un pas, que
beaucoup ont franchi !
* Chez nous, le RDEB de Ram Ouédraogo est devenu
le RDEBF, Rassemblement des Ecologistes du Burkina Faso,
ceci pour éviter la confusion avec un autre parti.
Le parti a félicité les médias,
les observateurs nationaux et internationaux pour le
travail fait à l’occasion du scrutin et
estimé qu’une table ronde de concertation
avec tous les acteurs sociaux et politiques du pays
s’avère nécessaire, eu égard
à la consolidation du processus démocratique.
* On l’aime bien notre ATT (Amadou Toumani Touré)
mais en accueillant personnellement pour son investiture,
le ministre français des Affaires étrangères
Bernard Kouchner à son arrivée à
l'aéroport de Bamako ce 7 juin 2007, il a manifestement
oublié que le « French Doctor » n’est
pas son égal, qu’il n’est que Ministre
! Mais on lui pardonne car c’est dur de se débarrasser
de certains réflexes du colonisé ! Ne
disait-on pas que feu Sangoulé Lamizana, malgré
les mises en garde, claquait toujours des talons lorsqu’il
se trouvait devant son homologue, le Général
de Gaulle ?
* Chez nous, un effort a été fait pour
aider la filière coton : une subvention de plus
de 6 milliards de FCFA a été consentie
par l’Etat et les 3 sociétés cotonnières.
Même si certains estiment que c’est une
goutte d’eau, c’est toujours mieux que rien,
n’est-ce pas ? Il ne sera pas dit que le Togo,
qui a subventionné son coton, fera mieux que
nous.
* Un avion fonctionnant uniquement à l'énergie
solaire ? C’est possible ? En tout cas, c’est
pour bientôt ! Selon l’Express, «
Le ‘Solar Impulse’ de Bertrand Piccard a
débuté mardi son premier vol virtuel dans
un aéroport de Genève. On apprend que,
si tout va bien, « Dès 2009, l'avion solaire
effectuera un vol réel de 36h…. Il tentera
alors, en 2011, de faire le tour du monde sans consommer
la moindre goutte de carburant mais avec la seule énergie
captée par des cellules solaires montées
sur les ailes ».
* Le descendant de Chaka Zoulou, le plus célèbre
des guerriers africains, Goodwill Swelithini, actuel
Roi des Zoulous en Afrique du Sud, a des problèmes
pour maintenir son niveau de vie. On apprend, sous la
plume de Fabienne Pompey (in Le Monde du 07/06/2007),
qu’il vit avec la coquette somme d’environ
2 milliards de FCFA réglée par les autorités
provinciales, qui en ont assez de sortir chaque année
une telle somme et de voir surtout comment elle est
dépensée : de façon excentrique
(exemple : 1 Mercedes rutilante à chaque de ses
6 femmes…). Ils veulent que le Roi, qui a 27 enfants
à charge, puisse aussi mettre la main à
la poche. Alors, on a lui a suggéré, et
il ne s’y est pas opposé, de financer en
partie son train de vie grâce au tourisme. L'un
des palais, l'Enyokeni Palace, devrait être ouvert
au public moyennant paiement, et le roi pourrait y accorder
des audiences aux touristes. Ca fait penser à
ces Nobles européens et autres qui, pour entretenir
leurs châteaux, font du tourisme. Bonne idée,
en tout cas, qui va soulager un peu les finances de
la province et permettre de mieux connaître les
Zoulous (qui sont plus de 10 millions), leurs traditions…
* Voici maintenant deux petites nouvelles insolites
piquées sur le Net : un homme s’est présenté
saoul à son procès pour conduite en état
d'ivresse. Cela pourrait s'appeler "la preuve par
les faits", précise la dépêche.
Pas mal, non ? Autre chose : en Chine, un chômeur
ayant acheté une tenue de pilote sur Internet
et muni d’une fausse carte d’embarquement,
réussit à embarquer en se faisant passer
pour un pilote d'avion. Mais il fut découvert
car il ne semblait guère au courant de ce qui
se passait au sein de la cabine de pilotage et fut condamné
à une amende et à 10 jours de prison ferme.
Il ne faut donc pas que ça donne des idées
aux éventuels aventuriers désireux de
quitter leurs pays !
* Et pour finir sur une bonne nouvelle au Faso, en tout
cas pour nous à San Finna, sachez que dans l’affaire
Mamadou Traoré contre San Finna, le Tribunal
qui délibérait le 4 juin dernier, a reçu
les exceptions soulevées par notre avocat et
annulé en conséquence l’acte de
citation de Mr Traoré. C’est l’occasion
de remercier tous ceux qui se sont intéressés
particulièrement à cette affaire, notamment
le Comité de Protection des Journalistes.