San
Finna N°416 du
04 au 10 Juin 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
Cette semaine écoulée, nous avons retenu
pour vous quelques activités ou sujets phare. Par
exemple, cette journée sensibilisation du 26 mai
pour « Mieux connaître le visa de Schengen
» organisée par l’ambassade de France,
le baptême d’une rue Issoufou J. Conombo à
Dapoya. La pénurie d’eau à Ouahigouya
nous a interpellés tout comme la signature d’un
accord de Facilité pour la réduction de
la pauvreté et pour la croissance (FRPC) entre
le Burkina et le FMI. Nous avons encore relevé
cet atelier de lutte contre la pollution et contre les
nuisances à l’attention des inspecteurs des
Etablissements dangereux, insalubres et incommodes (EDII),
tout comme cette suspension des journées de protestation
du SYNTSHA à l’OST. Cette semaine encore,
l’ADF/RDA s’est manifestée par un message
suite aux élections passées et on a noté
par ailleurs que les étudiants de l’UNEF
ont estimé, suite à la grande mobilisation
estudiantine, qu’ « il aurait fallu continuer
la lutte jusqu’à la victoire finale ».
Enfin, on a tenu à souligner ce forum national
sur la politique de sécurisation foncière
qui s’est tenu dans notre capitale, ce message du
Comité national de lutte contre l’excision
a été délivré la semaine écoulée,
et la tenue d’une conférence de presse du
PAREN autour des élections du 6 mai passé.
Toutes ces nouvelles sont développées ci-dessous.
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PHOTOGRAPHIE
DE LA SEMAINE ECOULEE
•
Mieux connaître le visa de Schengen
Le
26 mai passé, les principaux responsables de l’ambassade
de France ont organisé une journée de sensibilisation
autour de la délivrance du visa Schengen au Burkina
Faso. Tout a été expliqué sur les
étapes de la délivrance dudit visa : composition
du dossier, empreintes biométriques sur les dix
doigts de la main (qui précisera-t-on, n’est
pas une pratique française mais une pratique universelle
dirigée contre aucun pays). Il a été
expliqué que, contrairement aux idées reçues,
ce n’est pas la croix et la bannière pour
obtenir un visa puisque « sur 100 personnes qui
se présentent au Consulat, 92 obtiennent le visa
». Un « Bureau de l’étudiant
» a même été mis en place pour
faciliter l’accueil les étudiants désireux
d’étudier en France. Les responsables français
ont clairement dit que les étudiants burkinabé
sont peu nombreux en France (1000 contre par exemple 2
500 au Togo alors que le pays est bien moins peuplé),
et appelé en conséquence les étudiants
à venir étudier en France. A bon entendeur…
•
Une rue Issoufou J. Conombo
C’est
le samedi 26 mai 2007 que la rue 15.49 à Dapoya
(Ouagadougou) a été baptisée «
Rue Issoufou Joseph Conombo ». L’homme politique
ainsi honoré a derrière lui, une forte carrière
politique. Il fut député à l’Assemblée
nationale française jusqu’à l’
indépendance puis Grand Conseiller de l’Afrique
occidentale française à Dakar, puis maire
de Ouagadougou de 1961 à 1965. Nommé ministre
des Affaires étrangères de 1971 à
1974, il parvînt au sommet de sa carrière
en étant choisi comme premier Ministre de 1978
à 1980, sous la 3ème République.
Nombreux furent présents à effectuer le
déplacement pour féliciter le Docteur Issoufou
Joseph Conombo qui était, malgré son âge
avancé, présent à la cérémonie.
•
Pénurie d’eau à Ouahigouya
Les
populations de Ouahigouya souffrent du manque d’eau,
et cela dure depuis quelques années. Chaque année,
à pareille époque, les habitants de la ville,
notamment des secteurs 1, 2, 3, 4 et une partie du 13,
souffrent de coupures d’eau et sont obligés
de se soumettre aux prix prohibitifs des revendeurs d’eau
car le coût de la barrique augmente vertigineusement
à cette période : ainsi, la barrique vendue
à 150 fcfa se vend à 500 fcfa ! La situation
est encore plus difficile du fait que cette année,
le barrage Kanazoé a tari dès fin février.
Les populations, qui souhaitent la construction d’un
grand barrage, ont souhaité que l’ONEA augmentent
le nombre de bornes-fontaines et désensablent les
barrages de Kanazoé et de Goinfré. L’ONEA
pense déjà pouvoir réaliser sous
peu les deux forages prévus pour aider les populations
des zones touchées par la pénurie d’eau
; elle a fait savoir qu’elle poursuit la réalisation
du barrage de Guiti. Il faut prier enfin pour que la saison
des pluies soit bonne pour que le cauchemar de ces populations
de Ouahigouya finisse rapidement.
•
Signature d’un accord de Facilité
pour la réduction de la pauvreté et pour
la croissance (FRPC) entre le Burkina et le FMI
Suite
à la signature d’un accord de Facilité
pour la réduction de la pauvreté et pour
la croissance (FRPC) entre le Burkina et le FMI, Mr Mario
Zejan, représentant du FMI au Burkina Faso, a échangé
le 28 mai dernier, avec la presse sur la question de cet
accord. Il a expliqué que s’il y a une discussion
sur un nouvel accord, c’est parce que le précédent
accord avait été bien exécuté.
Un nouveau programme triennal 2007/2010 a donc été
consenti. Pour le FMI, les fondements macroéconomiques
du pays sont bons, même si les recettes sont inférieures
aux prévisions vu que les impôts ne sont
pas rentrés comme prévu. Le FMI table sur
une croissance au-dessus de 6 % pour qu’on se rapproche
des Objectifs du millénaire pour le développement.
Des conseils ont été donnés : moderniser,
informatiser l’administration des recettes, réformer
le régime fiscal en vue de son amélioration…Et
justement, ce nouvel accord de Facilité va permettre
de remplir ces objectifs. Le FMI, conscient par ailleurs
des tensions de trésorerie dues notamment à
la filière coton, pense qu’il faut recapitaliser
les sociétés d’égrenage, améliorer
le mécanisme de détermination des prix aux
producteurs et surtout, diversifier les productions agricoles,
lutter contre la corruption... Quid de l’augmentation
de 5 % des salaires ? Elle était prévue
et convenue par le FMI, apprendra-t-on.
•
Lutte contre la pollution, contre les nuisances
: atelier de « formation des inspecteurs des Etablissements
dangereux, insalubres et incommodes (EDII) »
L’
atelier de « formation des inspecteurs des Etablissements
dangereux, insalubres et incommodes (EDII, qui a démarré
le 28 mai dernier, visait à rendre plus opérationnel
le travail de la police environnementale par l’acquisition
de nouvelles compétences. C’est le ministère
de l’Environnement en partenariat avec l’ONEA
qui a organisé ledit atelier. En 2004, c’étaient
déjà 8 inspecteurs qui avaient été
nommés au Ministère de l’Environnement
et du cadre de vie, en vue de lutter pour la protection
de l’environnement. Un stage théorique de
10 jours pour les 20 participants à l’atelier
(dont les 8 inspecteurs) sera organisé. Il s’agit
donc essentiellement de faire concilier les activités
de développement avec celles de protection de l’environnement.
•
Suspension des journées de protestation
du SYNTSHA à l’OST
C’est
le 25 mai dernier que l’OST a informé le
SYNTSHA du paiement du reversement dû aux agents.
On sait que celui-ci menait la vie dure à l’OST
pour obtenir le paiement des sommes dues notamment en
organisant des journées de protestation du 28 mai
au 8 juin 2007, dont nous avons parlé la semaine
passée. La conséquence logique s’en
est suivie : suspension des journées de protestations.
L’OST a donc obtenu une avance de fonds du ministère
de la Santé et s’est engagé à
payer intégralement les rappels du reversement
des fonctionnaires. Ayant obtenu 50 millions FCFA et étant
assuré que l’OST règlera 24.764.548
fcfa pour solder définitivement les rappels, le
SYNTSHA a suspendu ses journées de protestation.
•
Communiqué de l’ADF/RDA suite aux
élections
Suite
aux élections du 6 mai 2007, l’ADF/RDA s’est
félicitée de ses résultats. Le parti
de l’éléphant qui a réitéré
« son engagement pour une démocratie véritable
au Burkina Faso » a tenu à « réaffirmer
l’engagement du parti à poursuivre la réalisation
du programme ‘le progrès continue pour une
société d’espérance’
de SEM Blaise Compaoré ». Sur la question
du chef de file de l’opposition, ce parti s’est
étonné de ce qu’un parti, qu’il
ne nommera pas (NDLR : l’UNIR/MS) veuille «
s’autoproclamer chef de file de l’opposition».
L’ADF/RDA a estimé que c’était
un « combat d’arrière-gardiste »
sur lequel il ne fallait pas entamer une « polémique
stérile » et a « invité l’ensemble
de la classe politique à rouvrir un débat
pour clarifier la question du statut de l’opposition
et de son chef de file ». Le parti de l’éléphant
a relevé une « institutionnalisation et une
communalisation de la fraude électorale orchestrée
par certains militants du camp adverse ». Pour finir,
l’ADF/RDA a prononcé des sanctions à
l’encontre des responsables du parti dans le Houët.
•
L’UNEF estime qu’ « il aurait
fallu continuer la lutte jusqu’à la victoire
finale ».
Le
19 mai 2007, l’Union nationale des Etudiants du
Faso (UNEF) a été reçue par le Ministère
des Enseignements secondaire, supérieur et de la
recherche scientifique. Il s’agit d’échanger
sur les décisions du conseil des ministres du 16
mai passé. L’UNEF, dans une déclaration
qui a suivi cette rencontre, a qualifié les mesures
du pouvoir comme du « saupoudrage savamment orchestré
» et estime qu’ « il aurait fallu continuer
la lutte jusqu’à la victoire finale ».
Mais si l’UNEF exige des autorités l’ouverture
imminente d’un débat avec celles-ci, elle
n’a pas encore dit ce qu’elle compte faire
si le pouvoir refuse ce débat !
•
Forum national sur la politique de sécurisation
foncière
Un
forum national sur le projet de politique nationale de
sécurisation foncière s’est tenu du
29 au 31 mai 2007 à Ouagadougou. Il s’est
donc agi d’examiner les projets de textes, de discuter
sur la sécurisation foncière qui est une
question capitale chez nous, on le sait bien. Il a été
question de l’ « exploitation rationnelle
» des terres rurales, des façons de repenser
même la question foncière. Le premier Ministre
Yonli, présent à l’ouverture du forum,
a tenu à expliquer qu’avec cette sécurisation,
il y aura « réduction de la pauvreté
et promotion d’une agriculture productive et durable
». On aura appris que seulement 1/3 des terres cultivables
sont exploitées. Chacun attend de ce forum des
propositions appropriées pour parvenir à
un consensus national sur la question.
•
Le Comité national de lutte contre l’excision
fait le point à l’occasion de la journée
nationale de lutte contre cette pratique
Le
18 mai de chaque année, et ce depuis le 6 juin
2001, est institué chez nous une journée
nationale de lutte contre la pratique de l’excision.
Cette année donc, la Secrétaire permanente
du Comité national de lutte contre al pratique
de l’excision, Mme Aïna Ouédraogo, a
délivré un message. Il y est notamment ressorti
que la prévalence de l’excision était
de 66,35 % en 1996 et est descendue de nos jours à
49,55 %, qu’il faut continuer à réfléchir
sur les pistes pour trouver de nouvelles stratégies
afin d’éradiquer cette pratique néfaste.
Après avoir relevé les résultats
notables enregistrés au cours de ces 16 ans de
lutte (introduction du thème de l’excision
dans les programmes scolaires, engagement de la société
civile comme les coutumiers et les religieux, prise en
charge gratuite de plus de 700 cas de séquelles
d’excision, mise en place d’un téléphone
SOS Excision gratuit qui est le 80 00 11 12…), il
a été relevé les difficultés
dont essentiellement la persistance du phénomène
sous des formes pernicieuses avec la tendance à
la clandestinité. A noter pour finir qu’un
plan d’action tolérance zéro à
la MGF de 2007/2011 a été adopté.
•
Conférence de presse du PAREN
Le
parti de la renaissance (PAREN) a organisé le 31
mai dernier, une conférence de presse sur les élections
législatives. Le parti, qui avait 4 élus
dans la précédente législature, ne
se décourage pas de n’avoir qu’un élu,
précisant que « s’il y a eu recul au
sein du PAREN, c’est que c’est tout le Burkina
qui a reculé ». Le parti a fait largement
état du « hold-up électoral »
réalisé par le CDP. Il a été
souligné que ce scrutin s’est déroulé
dans « des conditions d’étouffement
total et totalitaire de la libre expression de la volonté
populaire » (in Le Pays du 1er juin 2007). Omar
Djiguimdé, Secrétaire général
du parti, ne mâchera pas ses mots puisqu’il
dira que les fraudes, menaces et intimidations sont des
«choses qui font des résultats électoraux
le butin de voyous incorrigibles et de prédateurs
amoraux et immoraux ». Le parti entend lutter avec
les autres partis d’opposition pour obtenir des
mesures concrètes pour plus de loyauté et
de transparence électorale.
PROJECTION
SUR LA SEMAINE A VENIR
La
semaine prochaine, les nouveaux députés
seront installés à l’hémicycle,
ce dès le lundi 4 juin. On connaîtra sans
aucun doute le nom du prochain premier Ministre ou de
la prochaine Première Ministre, et sans doute que
le gouvernement sera composé et rendu public avant
la fin de la semaine à venir.