Mise à jour le 03/06/2007
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San Finna N°416 du 04 au 10 Juin 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

BILLET
LE TRIBUNAL PENAL INTERNATIONAL SUR L’AFFAIRE HARIRI ET AUTRES
DES RAISONS DE CRAINDRE ET D’ESPERER

Le Conseil de Sécurité vient de confirmer sa décision de créer un tribunal pénal international pour juger l’affaire Rafic Hariri. Dans la foulée, tenant compte des nombreuses observations, il a décidé d’étendre les compétences de cette juridiction aux nombreux autres cas d’assassinat de personnalités politiques, de journalistes.. , que le Liban a connus. Alors, tout de suite, cela suscite des commentaires de diverses natures, au-delà même du Liban où existent deux camps tranchés : les « pour » et les « contre ».

La première des questions qu’on pourrait se poser, c’est pourquoi un tribunal pénal international pour Rafic Hariri car même si on y a inclus d’autres affaires, on sait bien que c’est pour lui que le tribunal a été créé. De fil en aiguille, on en vient à se demander si ce n’est pas essentiellement à cause des amitiés très fortes du défunt numéro un libanais à nombre de personnalités dont Jacques Chirac. Ce dernier effectivement n’a pas hésité à s’engager personnellement et au plus haut niveau, immédiatement après le drame, pour que ce tribunal soit créé.

La crainte alors ici, c’est qu’on évolue au plan international vers une justice à deux vitesses : diligente pour les gros bonnets ayant les bras longs et flemmarde voire inexistante pour les autres.

On peut aussi demander que cette décision du Conseil de Sécurité puisse trouver à s’appliquer pour ces nombreux cas qu’on rencontre dans tous les continents. Et ils sont légion.

Cependant, il n’y a vraiment pas de quoi décourager toute décision qui semble faire avancer le droit pénal international et par conséquent, faire reculer l’impunité. Rien en droit international n’interdit la création d’une telle juridiction. Ce n’est pas pour rien qu’il existe des tribunaux ad hoc depuis la seconde guerre mondiale même si la Cour Pénale Internationale, organe permanent, a été créé.

Ensuite, non seulement la création du tribunal pénal international sur l’affaire Hariri a valeur dissuasive mais rien n’interdit que cela fasse jurisprudence et que demain, on puisse pour des cas similaires, créer d’autres juridictions de même nature.

Voilà pourquoi, il vaut mieux prendre cette initiative du bon côté, et heureusement c’est le sentiment dominant qu’on ressent, même si quelque part, ceux et leurs complices qui n’y ont pas intérêt (parce qu’ils ont des choses à se reprocher) sont plutôt grincheux par rapport à cette décision historique.

SK


BILLET
DARFOUR
LES RAISONS D’UN TARDIF INTERET

Le Soudan est cette partie de l’Afrique où, pendant longtemps, un drame humanitaire s’est joué à huis clos. Là-bas, des guerres entre tribus se déroulaient sans que l’opinion internationale ne daigne véritablement s’y intéresser. D’ailleurs, quand on parlait du conflit qui opposait l’autorité centrale aux Sudistes de John Garang, on disait « la guerre oubliée ». C’est tout dire.

Pourtant, ce n’est pas qu’il ne s’y soit pas accompli des atrocités, que des morts ne se soient pas comptés par centaines de milliers voire de millions, mais c’était trop loin, et puis, il n’y avait pas de quoi allécher les puissances étrangères.
En RDC, en Angola, au Liberia, en Côte d’Ivoire, on a parlé très vite de ces atrocités et ameuté l’opinion des pays occidentaux parce que, là, il y a du diamant, du café, du cacao, du pétrole, du bois précieux…

Et puis, tout à coup, on s’est rendu compte que le Soudan, c’était une éponge de pétrole et ce fut la ruée internationale vers le Soudan. Américains, Français, Britanniques, Chinois.. , se disputent à qui mieux mieux, les faveurs soit du gouvernement central soit des rebelles. Les richesses se trouvant en grande partie au Sud, on en vient même à estimer qu’il est difficile de gérer un Etat aussi vaste, le plus vaste d’Afrique, et que, pour couper court à tout (notamment aux conflits raciaux), il faut évoluer vers la création d’Etats indépendants sinon vers une fédération.

Mais évidemment, ce qui est surtout mis au devant des choses maintenant, avec force, c’est le drame humain, c’est l’horreur, le génocide, et là, on y va franco.
Diplomates, humanitaires, acteurs, journalistes, chanteurs, sportifs.., se font la concurrence pour dévoiler toutes les facettes cachées de ce drame aux opinions afin de susciter la manifestation de leur compassion.

Mais il ne faut pas se le cacher : tout ça, c’est pas pour les beaux yeux des Soudanais et principalement des populations noires qui se font massacrer par les Djandjawids. C’est parce que chaque puissance pense à ses intérêts, à ses sources d’approvisionnement en énergie.





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