Mise à jour le 27/05/2007
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San Finna N°415 du 28 Mai au 03 Juin 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

CONFERENCE DE PRESSE DU PNR/JV

Le samedi 26 mai 2007, Christian Koné, président du Parti National Républicain /Juste Voie (PNR/JV), a donné une conférence de presse. Cela s’est passé à la Maison des Retraités Antoine Nanga. Avec son style propre, le patron du PNR/JV est revenu sur ces élections du 6 mai dernier qu’il a qualifiées de désastreuses. La déclaration liminaire, que nous vous proposons ci-dessous, vous en dira plus sur les sentiments qu’il a éprouvés à l’occasion de ce scrutin.

DECLARATION LIMINAIRE

Mesdames et Messieurs les gens de média,
Honorables invités,
Militants et Sympathisants,

Le PNR/JV et l’UNDD se sont alliés pour aller ensemble aux législatives du 06 Mai 2007, sans illusion, mais avec la certitude d’un désastre annoncé. C’est dans cette logique que le Président de l’UNDD en homme avisé a dit que « nous allons faire une campagne de protestation », thèse que nous approuvions, sinon nous ne nous serions pas mis ensemble….

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi ici, d’expliciter, voire de justifier notre position et de fixer ce qui sera notre action politique dans le futur, car c’est bien à partir de maintenant que commence le vrai combat pour remettre sur les rails le processus démocratique qui s’est dangereusement délité au seul profit de ceux qui nous gouvernent. Cette situation n’est pas le fait du hasard, c’est un processus prémédité et planifié qui aboutit aujourd’hui à la liquidation de la vraie opposition et au laminage de ce qui reste, ou qui croyait représenter encore quelque chose, sur échiquier politique national.

A la suite de l’élection présidentielle du 13 novembre 2005 et des municipales du 26 avril 2007, la messe était dite. Ces différents scrutins ont montré les limites de notre système démocratique, qui se traduit par des textes de loi manifestement dévoyés, qui fondent les hold-up électoraux que nous avons connus. Nous en voulons pour preuve la dévotion du chef de l’Etat à conduire un bon processus «électoral au Togo avec un code électoral plus ou moins consensuel, mais bien meilleur que celui qui régit ici notre système électoral. La preuve est ainsi faite que l’on peut faire mieux.

Le refus de délivrer des CIB infalsifiables à tous les citoyens en âge d’en posséder afin de limiter les inscriptions multiples avec n’importe quel document, ou à défaut, d’adopter la carte d’électeur avec photo de l’électeur pour réduire un temps soit peu les fraudes, a eu pour conséquence un scrutin bâclé. Or, nous avons vu qu’il était possible de limiter les dégâts comme cela va l’être au Togo lors du prochain scrutin législatif. La relecture unilatérale en 2004 de la loi électorale qui pêche par ses insuffisances intentionnelles, suivi du refus manifeste d’engager tout débat pouvant aboutir à des règles de jeu consensuelles, devrait achever de convaincre les plus optimistes et ceux de nos partenaires au développement qui font encore une confiance aveugle au système COMPAORE. Indéniablement, le Burkina va vers un blocage avec des scores à la soviétique.

Cette boulimie du pouvoir, ce désir primitif et éhonté de tout s’accaparer, est synonyme d’un pouvoir aux abois, qui cherche à tout prix la légitimité institutionnelle et non pas populaire, et encore moins démocratique pour rester incrusté au pouvoir. Toutes ces manœuvres sont l’attitude de gens qui ont la conscience très chargée. Aussi, le pouvoir devient leur seul refuge. Alors, tout est bon, tout y passe avec la seule logique «que seule la fin justifie les moyens».

Par ces méthodes, Blaise COMPAORE admet implicitement qu’il n’a nullement confiance en ses citoyens au plan démocratique ce qui est pour le moins réciproque. Donc, il lui faut mener en bateau ces populations pour se mettre à l’abri des poursuites judiciaires dues à son passé maculé de sang des nombreuses victimes innocentes qui ont eu le malheur de ne pas penser comme lui ou d’avoir mis en cause ses pratiques politiques et celles des siens. Devant ces flops démocratiques, il choisit le lustre extérieur, se fait passer pour un vrai démocrate, un grand médiateur épris de justice et de paix devant la communauté internationale, alors que manifestement le système démocratique est en panne dans son pays.

Mesdames et Messieurs,

Ceci dit, revenons-en aux causes de ce qui gangrène notre système démocratique. Face à un pouvoir corrompu, qui a perverti les mœurs socio- politiques de nos populations, se trouve une opposition qui ne trouve pas sa place dans le jeu politique, semant le doute dans les esprits de ceux que la politique intéresse encore. Peu de gens se reconnaissent dans cette opposition en proie au doute sur sa stratégie et qui n’hésite pas à verser dans la trahison devant des « promesses de feuilles ». Quoi d’étonnant tant la misère est grande parmi ces leaders. Bon nombre d’entre eux ont le sombre désir de se faire élire pour jouir des privilèges que leur conférerait le titre de Député, au détriment de la démocratie et en reniant leurs mandants. Quant aux autres, ils ne sont que de sombres manœuvriers oeuvrant pour toucher des subsides que leur jette le pouvoir en place.

Souvenons-nous qu’à l’issue des élections municipales d’avril 2006, nous du PNR/JV avec le MDR, avions approché presque tous les partis de l’opposition afin de chercher une meilleure stratégie pour faire face au système COMPAORE et à son CDP. Les partis de la mouvance présidentielle ne sont que des alibis démocratiques ; ils ne sont, pour la plupart, que l’ombre d’eux-mêmes; enfin, ceux de la majorité présidentielle ne veulent que manger à tous les râteliers. Ils sont au gouvernement ou à l’Assemblée Nationale, se disent partisans du Chef de l’Etat, tout en prétendant être opposés à son parti, le CDP. Ce sont là des querelles de coépouses et aussi la manifestation concrète de la fourberie politique ! Dans tous les cas, ces positions équilibristes ne contribuent en rien à édifier le peuple sur la qualité des hommes politiques et sur leurs motivations réelles. Tout au plus, elles embrouillent nos populations, jettent les discrédits sur toutes les classes politiques notamment l’opposition.

Pour nous qui nous réclamons de la vraie opposition, nous ne sommes pas mieux lotis. Pour certains d’entre nous, nos comportements sont des plus difficiles à disséquer, ballottés que nous sommes par des calculs politiques et un climat de suspicion sous-tendu par la recherche du leadership. Dans ces conditions évidemment, rien n’est possible, même pas la moindre objectivité devant des menaces qui nous seront fatales. En attestent la mise en place de la CENI, le pilotage du processus électoral par cette institution, qui elle-même est née de la magouille et de la fraude lors de sa mise en place. Alors, de quelle légitimité, de quelle crédibilité peut jouir cet organe qui baigne dans la triche et est manifestement aux ordres du pouvoir ?

C’est donc dans cette atmosphère de délitement de la pratique démocratique que cette opposition qui constituait le Groupe d’Initiative de l’Opposition (GIO) n’a pas su faire la part des choses, préférant lâcher la proie pour l’ombre. Elle n’a pas pu résister devant les intérêts immédiats et incertains. Au Burkina, l’opposition a manqué de lucidité pour envisager sereinement son avenir, à l’image du choix qui a été opéré par les partis de l’opposition au Sénégal. En effet, la compétition électorale, notamment les législatives, sont d’une importance capitale dans la vie démocratique d’une nation, donc, elles ne sauraient être abordées suivant la fameuse phrase du Baron Pierre de Coubertin, initiateur des jeux olympiques qui disait, je le cite : « l’essentiel est de participer ». Alors, de ce point de vue, que des gens arrêtent de se poser en donneur de leçon, la démocratie étant l’affaire de tous.

Nous PNR/JV, en concertation avec nos partenaires, n’avons pas voulu faire le jeu de l’adversaire en nous pliant béatement à ses caprices. Nous avons pris la décision difficile mais courageuse de résister en faisant une campagne de protestation ; nous avons profité des tribunes que nous offrait la campagne électorale pour dénoncer les travers de ce régime. Donc pour nous les gains et les résultats nous importent peu, n’en déplaise à nos contempteurs.

Maintenant, que dire de nos amis qui, malgré tout, sont élus ? Il y a lieu de se demander : «Que diantre vont-ils chercher dans cette galère ?», dans un contexte où le rapport de forces est complètement disproportionné : à 10 contre 101, il n’y a pas match, mais quel dommage que se soit une “certaine crème ” de cette opposition qui, en allant siéger au Parlement, va apporter nécessairement la légitimité à une institution, qui n’est qu’une coquille vide, voire une vulgaire chambre d’enregistrement digne des démocraties populaires de l’ère soviétique.

Nous, nous pensons mieux servir notre pays et la démocratie par des prises de position conséquentes et sans équivoque, sans pour autant être couverts par l’immunité parlementaire. En cela, nous n’avons rien à envier aux élus car, malgré leurs atouts, il n’y a pas un seul d’entre eux qui oserait faire, dire ou écrire ce que nous disons et faisons. Donc, pour nous, être élus et siéger n’est pas une fin en soi, mais un choix délibéré au regard de ce que nous pouvons apporter à l’évolution démocratique et économique de notre pays.

Lors de la deuxième législature, des leaders politiques ont refusé de siéger pour dénoncer la mascarade électorale et la parodie de démocratie. Pouvons-nous trouver aujourd’hui des gens de cette envergure, qui soient capables de renoncer aux privilèges pour faire avancer la démocratie ? Wait and see ! C’est par cette force de caractère que se forgent les vrais leaders. Tout comme n’est pas leader qui le veut ou pense l’être, seules les situations exceptionnelles révèlent les grands hommes.

Pour nous, la vraie bataille commence dès à présent, car nous sommes déterminés à faire face au rouleau compresseur du régime COMPAORE auquel nous dénions toute légitimité populaire. Par conséquent, ici même, nous lançons un vibrant appel à toutes les forces politiques, aux patriotes pour qu’ensemble nous relancions l’opposition car qui dit démocratie dit opposition véritable ; donc, nous appelons tous ceux qui ne veulent pas mourir, à mettre nos forces ensemble pour faire pièce à ce régime antidémocratique.

En pratiquant le hold-up électoral, cela équivaut à déplacer le débat politique hors de l’hémicycle. Le système du CDP a choisi d’envoyer les acteurs politiques dans la rue, alors, il lui reviendra en temps opportun d’en tirer les conséquences.

Nous allons résister par des luttes multiformes et mobiliser le peuple à résister afin que nous ne nous trouvions pas dans la situation de la Guinée Conakry. Nous ne voulons pas qu’il y ait des centaines de mort contre un peu de démocratie et de mieux être.

Il est encore temps de sauver la situation.

Car, quoiqu’on veuille nous faire croire que tout va bien dans le meilleur des mondes, nous soutenons que le Faso va mal, très mal, et il ne faudrait pas que les travailleurs de l’Etat soient surpris de vivre des mois sans salaires, cela n’arrivant pas qu’aux autres. Notre économie se porte très mal à cause de la mal gouvernance : les détournements, la gabegie, la concussion, le vol, la fraude fiscale et douanière -et quoi d’autre encore- sont élevés en méthode gouvernement.

Nous ne relâcherons jamais la vigilance.
Vive le PNR/JV, Parti de la Vérité !

Je vous remercie !

Pour le PNR/JV
Christian T. KONE





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