Mise à jour le 20/05/2007
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San Finna N°414 du 21 au 21 Mai 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

Tribune de la femme

* Entre le Maire Zagré de Koudougou et ses administrés, le désamour ne semble pas vouloir se dissiper. Dernier signe en date, les huées dont l’édile aurait été l’objet aux abords du Ciné Sibiri en raison de questions liées à la gestion des sols, jugée peu soucieuse des intérêts des administrés. Certainement qu’on en saura un peu plus !

* Si l’on en juge par certains commentaires, notamment ceux faits par Jeune Afrique sous la plume de François Soudan, Nicolas Sarkozy ne serait pas prêt à respecter sa parole par rapport à la rupture promise au sujet de la politique africaine de la France, ce qui fait dire au célèbre hebdomadaire que ce sont les dirigeants qui peuvent se réjouir de l’élection de Sarkozy et non les opposants africains. La raison essentielle, c’est que le nouveau président n’aurait pas assez de c.. pour aller à l’encontre de la politique des multinationales et autres réseaux qui décident à la place des Français et de leurs gouvernants. Et ces derniers préfèreraient continuer avec leurs bonnes vieilles habitudes en Afrique. La même analyse pourtant ne vaut pas pour la politique intérieure de la France où l’on reconnaît que sitôt élu, Sarkozy a joint l’acte à la parole en engageant le pays dans une politique de rupture qui a même des accents quelque peu révolutionnaires. Là paradoxalement, il peut braver les puissances financières, les multiples réseaux et autres multinationales qui ne sont pas moins attachés en interne, à la perpétuation du train-train quotidien qui a porté atteinte au crédit de l’Etat. Sarkozy, sur ce plan-là, saura respecter sa parole. Il y a, on le voit, deux poids deux mesures, deux appréciations divergentes qui peuvent être suspectées de plaidoyer prodomo de la part de beaucoup qui, ayant peu ou prou des attaches avec les réseaux françafricains, préfèreraient que les choses continuent comme avant, et pour pousser la chance de leur côté, ils n’hésitent pas à faire un certain travail.

* Abdel Aziz Bouteflika votait dans un bureau de vote, pour les élections législatives, ce jeudi 17 mai. On se demande ce qui lui a pris mais brusquement, il aurait demandé au représentant d’un parti de l’opposition (le RCD) de quitter les lieux. Ce fut un vrai scandale que les chaînes de télévision occidentales ont immortalisé.

* Bernard Kouchner a pris la marque de son patron Sarkozy. Sitôt installé dans ses bureaux, il peaufine un plan pour le Darfour. C’est bien mais est-ce que ce n’est pas aller un peu trop vite en besogne, tout de même ? Le corridor, c’est urgent et important mais il y aurait peut-être une question de méthode : définir d’abord la politique d’ensemble de la France en Afrique, voir comment l’intégrer dans un cadre multilatéral (européen voir onusien) pour la rendre plus efficiente étant donné les complexités de toute sorte que présente le Darfour et vis-à-vis duquel la France seule, et malgré l’expérience et le volontarisme de Kouchner, ne pourrait pas faire face.

* Chez nous, malgré l’agression électorale contre l’UNDD, la sérénité règne dans le parti qui n’était pas ignorant de la manœuvre préméditée contre lui. Il est allé à ces élections en annonçant la couleur : ce sera pour bénéficier des médias d’Etat qui lui ferment royalement la porte en dehors des campagnes électorales, et pour faire sa campagne de protestation, de résistance que la Constitution lui autorise. Et le pouvoir, qui n’aime pas cette opposition courageuse, aura pourtant à compter avec elle, même en dehors de l’assemblée. L’UNDD, actuellement en réunion un peu partout, se félicite de ce que le pouvoir ne lui ait pas donné un ou deux députés, estimant qu’il est préférable d’avoir zéro député plutôt que deux ou trois qu’on lui aurait donnés, comme une misère, histoire de le reléguer au rang de petit parti ! Et le parti de rappeler que ce score nul confirme bien les propos du Ministre de la Sécurité, Djibril Bassolet, qui a dit à l’Observateur Paalga du 19 janvier 2005 : « Si j’avais la possibilité, j’aurais liquidé l’UNDD » (ce qui évidemment n’a entraîné aucune sanction de la part du pouvoir !). La résistance semble bien être en marche au niveau du parti de la panthère !

* A noter ces phrases de « Ton Oncle » dans le quotidien Le Pays du 16 mai 2007 sur les élections : «… le parti au pouvoir a fait son travail, celui de donner une majorité parlementaire confortable à l’Exécutif… Dans tous les cas, l’opposition ne peut s’en prendre qu’à elle-même. Tu sais comme elle est timorée sur les grandes préoccupations démocratiques des Burkinabé comme les candidatures indépendantes, et récemment, la question de l’inscription sur les listes et de la carte électorale ». Peut-être que peu de partis ont parlé des candidatures indépendantes mais il faut reconnaître que le parti de Me Yaméogo, lui, a tenu récemment, pas moins qu’un Forum de communication alternative (FOCAL) sur ce sujet !

* Louis Michel et Blaise Compaoré étaient interviewés en duplex par un journaliste de la chaîne www.france24.com le lundi 14 mai passé. Le chef de l’Etat trônait dans un fauteuil immense et au style baroque. Il fit savoir que, pour le dossier du coton, l’Union Européenne avait promis 40 millions d’euros mais que jusque là, pas un iota n’avait été remis. Louis Michel, plutôt vexé, répondra qu’en fait ce n’est pas 40 mais 100 millions d’euros que l’Union Européenne a dégagés mais que, compte tenu des procédures, l’argent ne sera disponible que dans les prochains mois. N’était-ce pas un petit coup monté entre les deux amis, Louis Michel et Blaise Compaoré ? On peut le croire. Mais le journaliste, au détour, posa une question qui manifestement mit mal à l’aise Blaise Compaoré. En substance, au sujet de la responsabilité des élites africaines, il lui demanda « mais vous êtes depuis 20 ans au pouvoir, vous ne vous sentez pas responsable de la gestion de votre pays qui est l’un des plus pauvres du monde, et même beaucoup » ? Réponse, toujours en substance : «Le Burkina Faso est cité dans le top 50 des pays du monde ayant économiquement réussi ». Le journaliste, à l’air très dubitatif (qui semblait manifestement ne pas connaître ce Top 50), n’eut cependant pas l’audace de répondre.

* Chez nous, l’Amicale des anciens de troupe, apprend-on, aura bientôt un siège flambant neuf. Oui, c’est bien, mais n’y avait-il pas d’autres priorités, se demandent certains ?

* Depuis quelques jours, le bruit courrait que le Ministre de l’Agriculture Salif Diallo, aurait été évacué en France. Rumeur vite démentie par la suite. Mais ce qui continue de se murmurer, c’est qu’au Ministère, une importante somme d’argent aurait disparu et que des enquêtes se mèneraient dans la discrétion pour avoir le fin mot de l’histoire. Info ou intox ?

* Hamado Dipama, qui écrit souvent d’Allemagne, nous a envoyé un message à publier. Nous retiendrons pour vous les éléments phare compte tenu de la densité de l’actualité cette semaine. Pour notre compatriote « allemand », c’est « encore du ‘tuuk-guili’ par ceux de la majorité qui ont laissé à elle-même une population « qui ne peut même pas se soigner, ni manger a sa faim; une population livrés aux maux de tout genre tel que : La méningite, le paludisme, le choléra ...chaque année ? ». Pour Me Dipama, « les raisons qui discréditent le CDP parti au pouvoir + ADF/RDA mouvancier de ces presque totalités des sièges » se nomment « ignorance… pauvreté…intimidation ».

* C’est bizarre comme tout le monde en France, s’il ne devait être retenu qu’une chose positive de Jacques Chirac, parle de son refus de la guerre en Irak. Ah si les Français savaient ! Si Chirac était sincèrement contre la guerre en Irak (nous disons sincèrement car beaucoup suspectait le pouvoir français d’amitiés louches avec le Raïs) alors que Saddam Hussein était un dictateur aux mains plus que tâchées de sang, pourquoi était-il pour la guerre contre la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo ? Certes, il était du camp socialiste, certes il avait été mal élu compte tenu des données de la vie politique ivoirienne (et il le reconnaissait lui-même !) mais on sait tous qu’il n’avait pas les mains tâchées de sang, qu’il avait même refusé de doter le pays en armement pour se concentrer sur le développement du pays notamment au plan social. Alors, on aurait à la limite compris que Chirac soit pour la guerre en Irak mais c’était totalement injustifié pour le pays d’Houphouët. Heureusement, Dieu n’a pas accepté que cette guerre injuste, qui a fait tant de victimes innocentes notamment par les balles des militaires français à l’Hôtel Ivoire, voie le renversement du président élu. Oui, les Français doivent savoir que Jacques Chirac n’était pas cet amoureux fou de la paix qu’on veut leur faire croire, et Nicolas Sarkozy, en dépit de ses amitiés qu’on ne lui dénie pas avec Alassane Dramane Ouattara, ne doit jamais oublier ces gravissimes erreurs politiques de la France chiraquienne, et tâcher de rectifier autant que faire se peut, le mal commis en terre éburnéenne !

* Finalement, le patron de la Banque Mondiale, Paul Wolfowitz, a jeté l’éponge après les accusations de népotisme qui pesaient fortement sur lui. Il quittera la grande maison en fin juin. Celle-ci évite ainsi la catastrophe.

* Des personnes se disant agents de la police municipale de Bobo nous ont interpellé par rapport à leurs conditions de vie peu enviables et affirmé leur solidarité par rapport à leurs collègues de la capitale. S’il est vrai qu’il n’y a pas de fumée sans feu, l’opinion finira bien par être saisie au grand jour, de ce différend !

* La Banque africaine de développement doit revenir à son siège social d’Abidjan, à la rentrée 2008-2009. L’annonce aurait été faite Antoine Bohoun Bouabré, le ministre ivoirien du Plan et du développement.

* Sur le site TV5.org, au sujet de l’ouverture du procès de Charles Taylor le 4 juin prochain, on peut lire ceci : « Le Procureur du TSSL, Stephen Rapp, a annoncé qu'il comptait appeler près de 139 témoins principaux, parmi lesquels des personnes qui avaient eu une connaissance directe des activités qui servent de base aux allégations contre Charles Taylor, afin de prouver son rôle présumé dans les atrocités commises au cours de la guerre civile en Sierra Leone, a dit aujourd'hui la porte-parole. » (lundi 7 mai 2007). En principe, si le travail est correctement mené, on ne peut imaginer que des témoins capitaux au Burkina Faso (pour ne pas dire des complices ou co-auteurs) ne soient pas appelés à La Haye ! On apprend également que «L’un des conseillers juridiques de Charles Taylor, ancien président libérien accusé de crimes de guerre, a prédit le chaos au Libéria et en Sierra Léone si le procès de l’ex chef d’Etat n’était pas convenablement traité » (selon l’ APA à Monrovia). Et maintenant, c’est le chantage ! Espérons qu’une réponse appropriée sera donnée à ces menaces.

* Chez nous, au lendemain des élections, les fraudeurs ayant écumé le Boulkiemdé se sont retrouvés à Yako dans une buvette pour raconter leurs « hauts faits ». Pendant qu’ils faisaient leur bilan, et alors que l’un d’entre eux était particulièrement virulent à travers ses critiques sur l’UNDD et son président, un responsable du parti de la panthère (qui était à côté et qui n’en pouvait plus), a demandé à celui qui attaquait, de cesser les insultes car la campagne est terminée, ajoutant que le président de l’UNDD ne mange pas chez le président du CDP. Cela a eu la vertu d’énerver proprement ce fraudeur qui était parti de Toma pour aller frauder, ses dires, à Imasgho dans le Boulkiemdé. Alors il se saisit d’une bouteille pour tenter de la fracasser sur la tête du responsable UNDD. Celui-ci, plutôt bien bâti, esquiva le coup tout en repoussant l’agresseur qui alla s’affaler sur une table où il y avait des bouteilles et des verres. Dans sa chute, un verre se brisa et lui entailla profondément la main. L’homme s’en alla conter son aventure à la police avec ordonnance et plainte à l’appui. Le responsable UNDD répondit à la convocation, amenant avec lui la bouteille destinée à lui fracasser la tête. Les uns et les autres devraient revenir le lundi 21 mai à la police, pour tirer l’affaire au clair !.

* Et pour finir, cette nouvelle qui va faire du bruit dans l’Hexagone : l’Abbé Pierre aurait eu un enfant. Un homme prénommé Jean-Christophe d'Escaut, 53 ans, qui a fréquenté durant plusieurs années le fondateur d'Emmaüs, se dit être son fils. Il vient d’écrire un livre sur la question : «L’Abbé Père » qui sort le 25 mai prochain. Même si l’Abbé s’était soumis à un test de paternité qui avait été négatif, Mr d’Escaut estime que ce test avait été réalisé dans de mauvaises conditions. C’est le jour de l’enterrement de sa mère que le fils présumé rencontra l’Abbé Pierre. On lui fit savoir que « ses parents habitaient en 1954 dans la communauté d'Emmaüs à Neuilly-Plaisance où vivait l'abbé » et petit à petit, les langues se délient, lui avouant qu’il est le fils de l’Abbé (in Le Figaro du 19/05/07).





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