*
Entre le Maire Zagré de Koudougou et ses administrés,
le désamour ne semble pas vouloir se dissiper.
Dernier signe en date, les huées dont l’édile
aurait été l’objet aux abords du
Ciné Sibiri en raison de questions liées
à la gestion des sols, jugée peu soucieuse
des intérêts des administrés. Certainement
qu’on en saura un peu plus !
* Si l’on en juge par certains commentaires, notamment
ceux faits par Jeune Afrique sous la plume de François
Soudan, Nicolas Sarkozy ne serait pas prêt à
respecter sa parole par rapport à la rupture
promise au sujet de la politique africaine de la France,
ce qui fait dire au célèbre hebdomadaire
que ce sont les dirigeants qui peuvent se réjouir
de l’élection de Sarkozy et non les opposants
africains. La raison essentielle, c’est que le
nouveau président n’aurait pas assez de
c.. pour aller à l’encontre de la politique
des multinationales et autres réseaux qui décident
à la place des Français et de leurs gouvernants.
Et ces derniers préfèreraient continuer
avec leurs bonnes vieilles habitudes en Afrique. La
même analyse pourtant ne vaut pas pour la politique
intérieure de la France où l’on
reconnaît que sitôt élu, Sarkozy
a joint l’acte à la parole en engageant
le pays dans une politique de rupture qui a même
des accents quelque peu révolutionnaires. Là
paradoxalement, il peut braver les puissances financières,
les multiples réseaux et autres multinationales
qui ne sont pas moins attachés en interne, à
la perpétuation du train-train quotidien qui
a porté atteinte au crédit de l’Etat.
Sarkozy, sur ce plan-là, saura respecter sa parole.
Il y a, on le voit, deux poids deux mesures, deux appréciations
divergentes qui peuvent être suspectées
de plaidoyer prodomo de la part de beaucoup qui, ayant
peu ou prou des attaches avec les réseaux françafricains,
préfèreraient que les choses continuent
comme avant, et pour pousser la chance de leur côté,
ils n’hésitent pas à faire un certain
travail.
* Abdel Aziz Bouteflika votait dans un bureau de vote,
pour les élections législatives, ce jeudi
17 mai. On se demande ce qui lui a pris mais brusquement,
il aurait demandé au représentant d’un
parti de l’opposition (le RCD) de quitter les
lieux. Ce fut un vrai scandale que les chaînes
de télévision occidentales ont immortalisé.
* Bernard Kouchner a pris la marque de son patron Sarkozy.
Sitôt installé dans ses bureaux, il peaufine
un plan pour le Darfour. C’est bien mais est-ce
que ce n’est pas aller un peu trop vite en besogne,
tout de même ? Le corridor, c’est urgent
et important mais il y aurait peut-être une question
de méthode : définir d’abord la
politique d’ensemble de la France en Afrique,
voir comment l’intégrer dans un cadre multilatéral
(européen voir onusien) pour la rendre plus efficiente
étant donné les complexités de
toute sorte que présente le Darfour et vis-à-vis
duquel la France seule, et malgré l’expérience
et le volontarisme de Kouchner, ne pourrait pas faire
face.
*
Chez nous, malgré l’agression électorale
contre l’UNDD, la sérénité
règne dans le parti qui n’était
pas ignorant de la manœuvre préméditée
contre lui. Il est allé à ces élections
en annonçant la couleur : ce sera pour bénéficier
des médias d’Etat qui lui ferment royalement
la porte en dehors des campagnes électorales,
et pour faire sa campagne de protestation, de résistance
que la Constitution lui autorise. Et le pouvoir, qui
n’aime pas cette opposition courageuse, aura pourtant
à compter avec elle, même en dehors de
l’assemblée. L’UNDD, actuellement
en réunion un peu partout, se félicite
de ce que le pouvoir ne lui ait pas donné un
ou deux députés, estimant qu’il
est préférable d’avoir zéro
député plutôt que deux ou trois
qu’on lui aurait donnés, comme une misère,
histoire de le reléguer au rang de petit parti
! Et le parti de rappeler que ce score nul confirme
bien les propos du Ministre de la Sécurité,
Djibril Bassolet, qui a dit à l’Observateur
Paalga du 19 janvier 2005 : « Si j’avais
la possibilité, j’aurais liquidé
l’UNDD » (ce qui évidemment n’a
entraîné aucune sanction de la part du
pouvoir !). La résistance semble bien être
en marche au niveau du parti de la panthère !
* A noter ces phrases de « Ton Oncle » dans
le quotidien Le Pays du 16 mai 2007 sur les élections
: «… le parti au pouvoir a fait son travail,
celui de donner une majorité parlementaire confortable
à l’Exécutif… Dans tous les
cas, l’opposition ne peut s’en prendre qu’à
elle-même. Tu sais comme elle est timorée
sur les grandes préoccupations démocratiques
des Burkinabé comme les candidatures indépendantes,
et récemment, la question de l’inscription
sur les listes et de la carte électorale ».
Peut-être que peu de partis ont parlé des
candidatures indépendantes mais il faut reconnaître
que le parti de Me Yaméogo, lui, a tenu récemment,
pas moins qu’un Forum de communication alternative
(FOCAL) sur ce sujet !
* Louis Michel et Blaise Compaoré étaient
interviewés en duplex par un journaliste de la
chaîne www.france24.com le lundi 14 mai passé.
Le chef de l’Etat trônait dans un fauteuil
immense et au style baroque. Il fit savoir que, pour
le dossier du coton, l’Union Européenne
avait promis 40 millions d’euros mais que jusque
là, pas un iota n’avait été
remis. Louis Michel, plutôt vexé, répondra
qu’en fait ce n’est pas 40 mais 100 millions
d’euros que l’Union Européenne a
dégagés mais que, compte tenu des procédures,
l’argent ne sera disponible que dans les prochains
mois. N’était-ce pas un petit coup monté
entre les deux amis, Louis Michel et Blaise Compaoré
? On peut le croire. Mais le journaliste, au détour,
posa une question qui manifestement mit mal à
l’aise Blaise Compaoré. En substance, au
sujet de la responsabilité des élites
africaines, il lui demanda « mais vous êtes
depuis 20 ans au pouvoir, vous ne vous sentez pas responsable
de la gestion de votre pays qui est l’un des plus
pauvres du monde, et même beaucoup » ? Réponse,
toujours en substance : «Le Burkina Faso est cité
dans le top 50 des pays du monde ayant économiquement
réussi ». Le journaliste, à l’air
très dubitatif (qui semblait manifestement ne
pas connaître ce Top 50), n’eut cependant
pas l’audace de répondre.
* Chez nous, l’Amicale des anciens de troupe,
apprend-on, aura bientôt un siège flambant
neuf. Oui, c’est bien, mais n’y avait-il
pas d’autres priorités, se demandent certains
?
* Depuis quelques jours, le bruit courrait que le Ministre
de l’Agriculture Salif Diallo, aurait été
évacué en France. Rumeur vite démentie
par la suite. Mais ce qui continue de se murmurer, c’est
qu’au Ministère, une importante somme d’argent
aurait disparu et que des enquêtes se mèneraient
dans la discrétion pour avoir le fin mot de l’histoire.
Info ou intox ?
* Hamado Dipama, qui écrit souvent d’Allemagne,
nous a envoyé un message à publier. Nous
retiendrons pour vous les éléments phare
compte tenu de la densité de l’actualité
cette semaine. Pour notre compatriote « allemand
», c’est « encore du ‘tuuk-guili’
par ceux de la majorité qui ont laissé
à elle-même une population « qui
ne peut même pas se soigner, ni manger a sa faim;
une population livrés aux maux de tout genre
tel que : La méningite, le paludisme, le choléra
...chaque année ? ». Pour Me Dipama, «
les raisons qui discréditent le CDP parti au
pouvoir + ADF/RDA mouvancier de ces presque totalités
des sièges » se nomment « ignorance…
pauvreté…intimidation ».
* C’est bizarre comme tout le monde en France,
s’il ne devait être retenu qu’une
chose positive de Jacques Chirac, parle de son refus
de la guerre en Irak. Ah si les Français savaient
! Si Chirac était sincèrement contre la
guerre en Irak (nous disons sincèrement car beaucoup
suspectait le pouvoir français d’amitiés
louches avec le Raïs) alors que Saddam Hussein
était un dictateur aux mains plus que tâchées
de sang, pourquoi était-il pour la guerre contre
la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo ? Certes,
il était du camp socialiste, certes il avait
été mal élu compte tenu des données
de la vie politique ivoirienne (et il le reconnaissait
lui-même !) mais on sait tous qu’il n’avait
pas les mains tâchées de sang, qu’il
avait même refusé de doter le pays en armement
pour se concentrer sur le développement du pays
notamment au plan social. Alors, on aurait à
la limite compris que Chirac soit pour la guerre en
Irak mais c’était totalement injustifié
pour le pays d’Houphouët. Heureusement, Dieu
n’a pas accepté que cette guerre injuste,
qui a fait tant de victimes innocentes notamment par
les balles des militaires français à l’Hôtel
Ivoire, voie le renversement du président élu.
Oui, les Français doivent savoir que Jacques
Chirac n’était pas cet amoureux fou de
la paix qu’on veut leur faire croire, et Nicolas
Sarkozy, en dépit de ses amitiés qu’on
ne lui dénie pas avec Alassane Dramane Ouattara,
ne doit jamais oublier ces gravissimes erreurs politiques
de la France chiraquienne, et tâcher de rectifier
autant que faire se peut, le mal commis en terre éburnéenne
!
*
Finalement, le patron de la Banque Mondiale, Paul Wolfowitz,
a jeté l’éponge après les
accusations de népotisme qui pesaient fortement
sur lui. Il quittera la grande maison en fin juin. Celle-ci
évite ainsi la catastrophe.
* Des personnes se disant agents de la police municipale
de Bobo nous ont interpellé par rapport à
leurs conditions de vie peu enviables et affirmé
leur solidarité par rapport à leurs collègues
de la capitale. S’il est vrai qu’il n’y
a pas de fumée sans feu, l’opinion finira
bien par être saisie au grand jour, de ce différend
!
*
La Banque africaine de développement doit revenir
à son siège social d’Abidjan, à
la rentrée 2008-2009. L’annonce aurait
été faite Antoine Bohoun Bouabré,
le ministre ivoirien du Plan et du développement.
* Sur le site TV5.org, au sujet de l’ouverture
du procès de Charles Taylor le 4 juin prochain,
on peut lire ceci : « Le Procureur du TSSL, Stephen
Rapp, a annoncé qu'il comptait appeler près
de 139 témoins principaux, parmi lesquels des
personnes qui avaient eu une connaissance directe des
activités qui servent de base aux allégations
contre Charles Taylor, afin de prouver son rôle
présumé dans les atrocités commises
au cours de la guerre civile en Sierra Leone, a dit
aujourd'hui la porte-parole. » (lundi 7 mai 2007).
En principe, si le travail est correctement mené,
on ne peut imaginer que des témoins capitaux
au Burkina Faso (pour ne pas dire des complices ou co-auteurs)
ne soient pas appelés à La Haye ! On apprend
également que «L’un des conseillers
juridiques de Charles Taylor, ancien président
libérien accusé de crimes de guerre, a
prédit le chaos au Libéria et en Sierra
Léone si le procès de l’ex chef
d’Etat n’était pas convenablement
traité » (selon l’ APA à Monrovia).
Et maintenant, c’est le chantage ! Espérons
qu’une réponse appropriée sera donnée
à ces menaces.
* Chez nous, au lendemain des élections, les
fraudeurs ayant écumé le Boulkiemdé
se sont retrouvés à Yako dans une buvette
pour raconter leurs « hauts faits ». Pendant
qu’ils faisaient leur bilan, et alors que l’un
d’entre eux était particulièrement
virulent à travers ses critiques sur l’UNDD
et son président, un responsable du parti de
la panthère (qui était à côté
et qui n’en pouvait plus), a demandé à
celui qui attaquait, de cesser les insultes car la campagne
est terminée, ajoutant que le président
de l’UNDD ne mange pas chez le président
du CDP. Cela a eu la vertu d’énerver proprement
ce fraudeur qui était parti de Toma pour aller
frauder, ses dires, à Imasgho dans le Boulkiemdé.
Alors il se saisit d’une bouteille pour tenter
de la fracasser sur la tête du responsable UNDD.
Celui-ci, plutôt bien bâti, esquiva le coup
tout en repoussant l’agresseur qui alla s’affaler
sur une table où il y avait des bouteilles et
des verres. Dans sa chute, un verre se brisa et lui
entailla profondément la main. L’homme
s’en alla conter son aventure à la police
avec ordonnance et plainte à l’appui. Le
responsable UNDD répondit à la convocation,
amenant avec lui la bouteille destinée à
lui fracasser la tête. Les uns et les autres devraient
revenir le lundi 21 mai à la police, pour tirer
l’affaire au clair !.
* Et pour finir, cette nouvelle qui va faire du bruit
dans l’Hexagone : l’Abbé Pierre aurait
eu un enfant. Un homme prénommé Jean-Christophe
d'Escaut, 53 ans, qui a fréquenté durant
plusieurs années le fondateur d'Emmaüs,
se dit être son fils. Il vient d’écrire
un livre sur la question : «L’Abbé
Père » qui sort le 25 mai prochain. Même
si l’Abbé s’était soumis à
un test de paternité qui avait été
négatif, Mr d’Escaut estime que ce test
avait été réalisé dans de
mauvaises conditions. C’est le jour de l’enterrement
de sa mère que le fils présumé
rencontra l’Abbé Pierre. On lui fit savoir
que « ses parents habitaient en 1954 dans la communauté
d'Emmaüs à Neuilly-Plaisance où vivait
l'abbé » et petit à petit, les langues
se délient, lui avouant qu’il est le fils
de l’Abbé (in Le Figaro du 19/05/07).