San
Finna N°413 du
14 au 20 Mai 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité
de refus"
HELEN ZILLE
LA CHEF DE FILE DE L’OPPOSITION BLANCHE
QUI PEUT FAIRE BOUGER LES CHOSES EN AFRIQUE DU SUD
Pendant
longtemps, l’opposition sud africaine représentée
par l’Alliance Démocratique (D.A.) est apparue
comme faiblarde et même évanescente, face
à la puissance ANC. Elle avait surtout contre elle,
d’être entrevue surtout comme un parti de
Blancs, luttant par conséquent pour conserver les
privilèges des blancs, même si on y comptait
des Métis, des Indiens et même des Noirs,
l’étiquette était fortement collée
au parti. Toutefois, avec son responsable Tony Leon, qui
pendant huit ans a dirigé le parti, la représentation
de la D.A. s’est améliorée pour atteindre
12 % en 2004.
Helen Zille, élue le 6 mai 2007 pour prendre la
succession de Tony Leon à la succession générale,
a toutes les chances d’améliorer encore les
performances de l’Alliance Démocratique.
Non seulement l’ANC, comme tout parti au pouvoir,
commence à connaître quelques petites difficultés
mais le parti s’est largement ouvert à plusieurs
couches de la population de sorte que, même toujours
dominé par des Blancs, l’image de parti exclusivement
blanc se dilue petit à petit. Du reste, un Noir
instituteur ancien prisonnier de Robben Island, Joe Seremane,
a même été candidat au même
poste que Helen Zille.
Cette dernière enfin est bien connue en Afrique
du Sud. Elle s’est battue contre l’apartheid
aux temps difficiles où ce système avait
cours. Journaliste au "Rand Daily Mail", elle
a écrit un livre pour dénoncer la version
officielle sur la mort de Steve Biko (dirigeant du Mouvement
de la Conscience noire), et elle n’a pas craint
de militer dans les organisations anti-apartheid.
Les choses sont allées vite pour elle quand elle
a adhéré en 1999 à la toute nouvelle
Alliance Démocratique. Elue députée,
elle participe comme Ministre de l’Education au
gouvernement du Cap occidental. Maire du Cap, elle gère
la ville (malgré les peaux de banane) avec beaucoup
de responsabilité et de réussite.
Agée de 56 ans, cette femme de caractère
présente la particularité d’être
trilingue et de converser parfaitement en anglais, en
afrikaans et en xhosa.
Quel est le feu sacré qui gronde en cette femme
? C’est le souci d’éviter que son pays
ne se transforme, comme c’est souvent le cas en
Afrique, en une démocratie de parti unique de fait.
C’est pour cela qu’elle multiplie les alliances
politiques tant nationales que provinciales, qu’elle
pousse les militants de son parti à parler absolument
au moins une langue indigène afin de « jeter
de nouveaux ponts » entre les communautés.
Sans nul doute qu’elle a les atouts de ses ambitions.
Le premier certainement à s’en rendre compte,
c’est son concurrent Thabo M’beki, qui pourtant
n’a pas hésité à aller la féliciter.
Il sait très bien que le combat d’Helen Zille
n’est pas seulement un combat partisan mais un combat
nationaliste qui aide à l’intégration
de la nation arc-en-ciel !