BILLET
UNIVERSITE
LA GANGRENE DE LA CORRUPTION FAIT DES RAVAGES
Les
observateurs ont beau redoubler de silence ou de louanges
par rapport au scrutin, ils n’arrivent pas à
faire oublier qu’il fut le plus mauvais de l’histoire
électorale de la 4ème République.
Là-dessus, ce ne sont pas seulement les opposants
qui dénoncent, pièces à l’appui
; ce sont même des collaborateurs du parti-Etat
comme l’ADF/RDA et surtout des éléments
déclarés de la mouvance présidentielle
comme la CFD.
Que peut-on dire de tout cela ?
Tout d’abord, que le vol du suffrage populaire
a mis à nu de nombreuses complicités,
révélé la difficulté de
la combattre en raison de son inculturation. Quand on
pense que dans le temple du savoir, l’Université,
le pouvoir a plongé le cancer de la corruption,
que grâce à cela, des centaines sinon des
milliers d’étudiants et d’étudiantes
ont été déversés, après
avoir voté dans la capitale, dans les provinces
pour y effectuer des votes multiples, on peut d’autant
plus se désoler de l’agonie de la morale
au Faso, que la corruption frappe les consciences jeunes
qui ont toujours forcé la porte au changement
par leur résistance à l’immobilisme
et aux valeurs sociales négatives.
San
Finna a tendu son micro à trois étudiants
pour avoir leurs points de vue.
Richard
Koudougou Sankara, UFR/JP : « Moi,
je ne crois pas à cette histoire. Pour moi, il
ne s’agit pas d’étudiants mais de
personnes qui se font passer comme telles. Sur le campus,
vous verrez une catégorie de personnes qui ont
effectivement été étudiants mais
qui ont échoué, et qui restent en cité
avec la complicité des autorités en charge
des cités. Si non, ça ne s’explique
pas. Des étudiants manipulés par des politiciens
véreux pour faire la fraude, c’est grave.
On peut également lier à cela, ces associations
de ressortissants qui sont utilisés par des dignitaires
ressortissants de leurs villages. Je ne veux pas citer
mais remarquez que c’est par le biais de ces groupuscules
que le trafic d’électeurs se fait
».
Aboubacar
Ouédraogo, SEG II : « A priori,
moi je ne suis pas contre le transport d’électeurs
en tant que tel, lorsque ces étudiants sont effectivement
inscrits où ils ont été transportés.
Là où le bât blesse, c’est
quand ceux-ci se rendent coupables de votes multiples
ou de recel de cartes. Moi personnellement je trouve
ça insultant pour l’intelligence humaine,
a fortiori celle des étudiants. Dans tous les
cas, quand vous voyez la mobilisation actuelle sur le
campus pour la lutte de nos intérêts, ça
apparaît tout net que cette histoire des étudiants
fraudeurs ne concerne qu’une portion marginale
d’étudiants ».
Abdul
Fataf Savadogo, Droit IV U.O : « Il
faut dire que cet état de fait est malheureusement
scandaleux. Cette nouvelle nous est parvenue et nous
a tous choqué. Nous l’avons dénoncé.
Comment des personnes censées constituer l’intelligentsia
de toute une nation, l’espoir de tout un peuple,
peuvent-elles s’adonner à de pareils actes
alors que nous menons sans relâche la lutte contre
ce gouvernement, au prix de multiples arrêts de
cours ? L’explication est à rechercher
dans deux faits.
On pourrait en premier lieu l’expliquer par des
causes internes à la vie estudiantine, inhérentes
même aux luttes qu’on mène (restaurant
universitaire, donc faim ; FONER donc manque d’argent,
etc..). Mais de la même manière, ces «
intelligents » auraient tout simplement pu se
limiter aux luttes qui ont connu l’adhésion
de l’ensemble des étudiants pour voir leurs
conditions s’améliorer.
C’est de là que ressort la seconde explication
qui est véritablement la réalité
des faits. Ces actes infâmes sont le fait d’un
groupuscule d’étudiants que nous connaissons
bien et qui n’ont pour objectif que de déstabiliser
la lutte estudiantine et de décrédibiliser
la frange des étudiants, aux yeux du peuple,
urbi et orbi.
C’est pour dire qu’avec force et vigueur,
nous condamnons ces actes commis par des étudiants
pendant ce scrutin électoral et nous invitons
les autorités compétentes à en
tirer toutes les conséquences et à prendre
des mesures pour que cela ne se répète
plus.
La conséquence de tout cela, c’est que
ce scrutin même est vicié parce que si
des étudiants ont pu faire ça, beaucoup
d’autres personnes ont pu le faire, et ce de plusieurs
autres manières. Et c’est malheureux
».
KS