Mise à jour le 13/05/2007
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San Finna N°413 du 14 au 20 Mai 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Tribune de la femme

BILLET
UNIVERSITE
LA GANGRENE DE LA CORRUPTION FAIT DES RAVAGES

Les observateurs ont beau redoubler de silence ou de louanges par rapport au scrutin, ils n’arrivent pas à faire oublier qu’il fut le plus mauvais de l’histoire électorale de la 4ème République.

Là-dessus, ce ne sont pas seulement les opposants qui dénoncent, pièces à l’appui ; ce sont même des collaborateurs du parti-Etat comme l’ADF/RDA et surtout des éléments déclarés de la mouvance présidentielle comme la CFD.
Que peut-on dire de tout cela ?

Tout d’abord, que le vol du suffrage populaire a mis à nu de nombreuses complicités, révélé la difficulté de la combattre en raison de son inculturation. Quand on pense que dans le temple du savoir, l’Université, le pouvoir a plongé le cancer de la corruption, que grâce à cela, des centaines sinon des milliers d’étudiants et d’étudiantes ont été déversés, après avoir voté dans la capitale, dans les provinces pour y effectuer des votes multiples, on peut d’autant plus se désoler de l’agonie de la morale au Faso, que la corruption frappe les consciences jeunes qui ont toujours forcé la porte au changement par leur résistance à l’immobilisme et aux valeurs sociales négatives.

San Finna a tendu son micro à trois étudiants pour avoir leurs points de vue.

Richard Koudougou Sankara, UFR/JP : « Moi, je ne crois pas à cette histoire. Pour moi, il ne s’agit pas d’étudiants mais de personnes qui se font passer comme telles. Sur le campus, vous verrez une catégorie de personnes qui ont effectivement été étudiants mais qui ont échoué, et qui restent en cité avec la complicité des autorités en charge des cités. Si non, ça ne s’explique pas. Des étudiants manipulés par des politiciens véreux pour faire la fraude, c’est grave. On peut également lier à cela, ces associations de ressortissants qui sont utilisés par des dignitaires ressortissants de leurs villages. Je ne veux pas citer mais remarquez que c’est par le biais de ces groupuscules que le trafic d’électeurs se fait ».

Aboubacar Ouédraogo, SEG II : « A priori, moi je ne suis pas contre le transport d’électeurs en tant que tel, lorsque ces étudiants sont effectivement inscrits où ils ont été transportés. Là où le bât blesse, c’est quand ceux-ci se rendent coupables de votes multiples ou de recel de cartes. Moi personnellement je trouve ça insultant pour l’intelligence humaine, a fortiori celle des étudiants. Dans tous les cas, quand vous voyez la mobilisation actuelle sur le campus pour la lutte de nos intérêts, ça apparaît tout net que cette histoire des étudiants fraudeurs ne concerne qu’une portion marginale d’étudiants ».

Abdul Fataf Savadogo, Droit IV U.O : « Il faut dire que cet état de fait est malheureusement scandaleux. Cette nouvelle nous est parvenue et nous a tous choqué. Nous l’avons dénoncé. Comment des personnes censées constituer l’intelligentsia de toute une nation, l’espoir de tout un peuple, peuvent-elles s’adonner à de pareils actes alors que nous menons sans relâche la lutte contre ce gouvernement, au prix de multiples arrêts de cours ? L’explication est à rechercher dans deux faits.

On pourrait en premier lieu l’expliquer par des causes internes à la vie estudiantine, inhérentes même aux luttes qu’on mène (restaurant universitaire, donc faim ; FONER donc manque d’argent, etc..). Mais de la même manière, ces « intelligents » auraient tout simplement pu se limiter aux luttes qui ont connu l’adhésion de l’ensemble des étudiants pour voir leurs conditions s’améliorer.

C’est de là que ressort la seconde explication qui est véritablement la réalité des faits. Ces actes infâmes sont le fait d’un groupuscule d’étudiants que nous connaissons bien et qui n’ont pour objectif que de déstabiliser la lutte estudiantine et de décrédibiliser la frange des étudiants, aux yeux du peuple, urbi et orbi.

C’est pour dire qu’avec force et vigueur, nous condamnons ces actes commis par des étudiants pendant ce scrutin électoral et nous invitons les autorités compétentes à en tirer toutes les conséquences et à prendre des mesures pour que cela ne se répète plus.

La conséquence de tout cela, c’est que ce scrutin même est vicié parce que si des étudiants ont pu faire ça, beaucoup d’autres personnes ont pu le faire, et ce de plusieurs autres manières. Et c’est malheureux
».

KS





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