|
SERAIT-CE
UNE BONNE OU UNE MAUVAISE CHOSE QUE DE DEVELOPPER
LES JOURNAUX GRATUITS AU BURKINA FASO ?
Un peu partout dans le monde, la presse écrite
gratuite grandit. Cette semaine encore, la Martinique
compte un nouveau venu dans la presse quotidienne
régionale : « L’Infos ».
Son équipe est composée de 5 salariés
ayant monté leur projet sur leurs fonds personnels
et ce journal d’informations générales
est financé exclusivement par la publicité.
On est pour ou on est contre mais une chose est
: les journaux gratuits sont là. La polémique,
évidemment, ne date pas d’hier autour
de son acceptation sans problème ou de son
refus farouche. Au Burkina Faso, Trouv’Tou,
Yeelba, Ouaga Planet, et Le Journal Hippique sont
entre autres pour le moment les seuls journaux gratuits.
Mais si demain, il y avait des journaux gratuits
d’informations générales comme
ceux que nous avons sur le marché, représenteraient--ils
une menace pour l’information ou simplement
une forme d’ultimatum lancé à
la presse traditionnelle ? Quoi demander de plus
à Tomi et Tozi qui se sont fait un plaisir
de développer leurs arguments ? Deux sons
de cloche.
|
| CE
SERAIT ASSUREMENT LA MORT DES JOURNAUX PRIVES, QUI
TIRENT DEJA LE DIABLE PAR LA QUEUE
Encourager la prolifération des journaux
gratuits au Burkina Faso serait la meilleure façon
d’accélérer le déclin
de la démocratie, de l’éthique
sociale. Nous vivons déjà une situation
suffisamment difficile avec l’intrusion des
pouvoirs d’argent dans les médias.
Le phénomène, on le reconnaît
partout, a entraîné une perversion
dans la gestion des opinions, et donc un affaiblissement
des mécanismes non étatiques de défense
des libertés. On voit de plus en plus de
nos jours, des multinationales créer ou racheter
des médias pour finalement en faire des instruments
de propagande économique ou politique selon
les chapelles qu’elles défendent. Au
Burkina Faso, le phénomène de récupération
des médias emprunte d’autres voies,
celles de la création ou de la prise de position
dominante dans certains médias par le pouvoir.
Le résultat est le même en termes d’équilibre
et de protection des opinions et participe de la
crise générale des médias qui
balaie tous les continents. Si maintenant, alors
que la presse libre s’affaiblit petit à
petit, on ouvre la vanne des journaux gratuits,
ça ne peut être que la catastrophe,
la fin des journaux dignes de ce nom, la porte largement
ouverte à la démocratie d’opinion
avec les atteintes qui en résulteront pour
la démocratie. Autant d’inconvénients
auxquels il faut ajouter le cas de ces nombreux
travailleurs qui seront obligés d’aller
se faire voir ailleurs. C’est dire qu’il
y a beaucoup plus d’inconvénients que
d’avantages dans les journaux gratuits.
TOMY. |
CE
SERAIT LE MOYEN GENIAL POUR INTERESSER LES BURKINABE
AUX AFFAIRES DU PAYS ET DU MONDE
Ce
n’est pas parce qu’il y aura des journaux
gratuits qu’on assistera à un formatage
de l’opinion. Les partis politiques d’opposition,
de la majorité, les groupes économiques
peuvent créer des journaux gratuits mais
ils ne créeront pas, par le seul fait de
la gratuité, une obligation pour le lecteur,
de ne s’en tenir qu’à un seul
son de cloche. Le lecteur cherchera toujours à
comprendre, à défendre sa liberté.
Il fera le bonheur de ceux qui le respecteront dans
la diffusion de l’information. Les journaux
gratuits, il en existe dans le monde entier : pourquoi
n’ont-ils pas réussi à tuer
les journaux payants ? C’est la question qu’il
faut se poser. Mais s’agissant particulièrement
du Burkina Faso, c’est une vérité
incontestable que les Burkinabé n’ont
pas assez d’argent pour acheter les journaux.
Ici, on se les passe de personne en personne et
un seul journal peut être lu par plusieurs
dizaines de personnes. Il y a donc envie de lire
mais pas assez d’argent. Les journaux gratuits
viendraient donc combler un besoin de lecture et
d’information évident. Plus important
encore, ce serait un moyen de promouvoir une meilleure
éducation du peuple. La venue de la presse
gratuite permettra une démocratisation effective
de l’information, quitte au Conseil Supérieur
de la Communication d’en réglementer
les rubriques. Enfin, le financement par la publicité
de la presse gratuite par des annonceurs est beaucoup
plus sincère que ces formes de subventions
occultes de certains journaux payants.
TOZI
|