Mise à jour le 06/05/2007
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San Finna N°412 du 07 au 13 Mai 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

SERAIT-CE UNE BONNE OU UNE MAUVAISE CHOSE QUE DE DEVELOPPER LES JOURNAUX GRATUITS AU BURKINA FASO ?

Un peu partout dans le monde, la presse écrite gratuite grandit. Cette semaine encore, la Martinique compte un nouveau venu dans la presse quotidienne régionale : « L’Infos ». Son équipe est composée de 5 salariés ayant monté leur projet sur leurs fonds personnels et ce journal d’informations générales est financé exclusivement par la publicité. On est pour ou on est contre mais une chose est : les journaux gratuits sont là. La polémique, évidemment, ne date pas d’hier autour de son acceptation sans problème ou de son refus farouche. Au Burkina Faso, Trouv’Tou, Yeelba, Ouaga Planet, et Le Journal Hippique sont entre autres pour le moment les seuls journaux gratuits. Mais si demain, il y avait des journaux gratuits d’informations générales comme ceux que nous avons sur le marché, représenteraient--ils une menace pour l’information ou simplement une forme d’ultimatum lancé à la presse traditionnelle ? Quoi demander de plus à Tomi et Tozi qui se sont fait un plaisir de développer leurs arguments ? Deux sons de cloche
.

CE SERAIT ASSUREMENT LA MORT DES JOURNAUX PRIVES, QUI TIRENT DEJA LE DIABLE PAR LA QUEUE

Encourager la prolifération des journaux gratuits au Burkina Faso serait la meilleure façon d’accélérer le déclin de la démocratie, de l’éthique sociale. Nous vivons déjà une situation suffisamment difficile avec l’intrusion des pouvoirs d’argent dans les médias. Le phénomène, on le reconnaît partout, a entraîné une perversion dans la gestion des opinions, et donc un affaiblissement des mécanismes non étatiques de défense des libertés. On voit de plus en plus de nos jours, des multinationales créer ou racheter des médias pour finalement en faire des instruments de propagande économique ou politique selon les chapelles qu’elles défendent. Au Burkina Faso, le phénomène de récupération des médias emprunte d’autres voies, celles de la création ou de la prise de position dominante dans certains médias par le pouvoir. Le résultat est le même en termes d’équilibre et de protection des opinions et participe de la crise générale des médias qui balaie tous les continents. Si maintenant, alors que la presse libre s’affaiblit petit à petit, on ouvre la vanne des journaux gratuits, ça ne peut être que la catastrophe, la fin des journaux dignes de ce nom, la porte largement ouverte à la démocratie d’opinion avec les atteintes qui en résulteront pour la démocratie. Autant d’inconvénients auxquels il faut ajouter le cas de ces nombreux travailleurs qui seront obligés d’aller se faire voir ailleurs. C’est dire qu’il y a beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages dans les journaux gratuits.

TOMY.

CE SERAIT LE MOYEN GENIAL POUR INTERESSER LES BURKINABE AUX AFFAIRES DU PAYS ET DU MONDE

Ce n’est pas parce qu’il y aura des journaux gratuits qu’on assistera à un formatage de l’opinion. Les partis politiques d’opposition, de la majorité, les groupes économiques peuvent créer des journaux gratuits mais ils ne créeront pas, par le seul fait de la gratuité, une obligation pour le lecteur, de ne s’en tenir qu’à un seul son de cloche. Le lecteur cherchera toujours à comprendre, à défendre sa liberté. Il fera le bonheur de ceux qui le respecteront dans la diffusion de l’information. Les journaux gratuits, il en existe dans le monde entier : pourquoi n’ont-ils pas réussi à tuer les journaux payants ? C’est la question qu’il faut se poser. Mais s’agissant particulièrement du Burkina Faso, c’est une vérité incontestable que les Burkinabé n’ont pas assez d’argent pour acheter les journaux. Ici, on se les passe de personne en personne et un seul journal peut être lu par plusieurs dizaines de personnes. Il y a donc envie de lire mais pas assez d’argent. Les journaux gratuits viendraient donc combler un besoin de lecture et d’information évident. Plus important encore, ce serait un moyen de promouvoir une meilleure éducation du peuple. La venue de la presse gratuite permettra une démocratisation effective de l’information, quitte au Conseil Supérieur de la Communication d’en réglementer les rubriques. Enfin, le financement par la publicité de la presse gratuite par des annonceurs est beaucoup plus sincère que ces formes de subventions occultes de certains journaux payants.





TOZI

Citation de la semaine

«Que les sportifs arrêtent le doping...
On aura l'air malin devant nos téléviseurs en attendant qu'ils battent les records .»

COLUCHE






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