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LE
COLLECTIF DEVAIT-IL OU NON REPORTER A UNE DATE ULTERIEURE
SES MANIFESTATIONS DU 21 AVRIL 2007 ?
Le
21 avril 2007, les militants du Collectif des organisations
démocratiques de masse et de partis politiques
devaient occuper les artères, déserter
les bureaux et les services, pour une énième
fois afin de protester contre l’impunité
et la mal gouvernance d’une façon générale.
A travers un communiqué du 12 avril, on apprendra
par la presse que toutes ces manifestations sont
reportées à une date ultérieure.
Les raisons évoquées sont notamment
le retard accusé au niveau des souscriptions.
Il faut dire que dans l’opinion, malgré
ses justificatifs, la chose ne s’impose pas
comme une évidence. Il y a en effet une polémique
sensible entre ceux qui disent que la décision
est sage, compte tenu de la période électorale
en cours et d’autres qui soutiennent que cette
période était justement indiquée
pour donner beaucoup plus d’écho aux
revendications du Collectif. Deux sons de cloche.
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| LE
REPORT DES MANIFESTATIONS PAR LE COLLECTIF EST UNE
SAGE DECISION, A FELICITER
Voilà
qui est bien pensé et bien décidé.
Dans une déclaration en date du 12 avril
2007, le Collectif a reporté sans précision
de date, les activités qu’il devait
tenir le 21 avril. Afin de lever toute ambiguïté,
toute mauvaise interprétation, il en a donné
les raisons : le retard accusé au niveau
des souscriptions devant doter le Collectif de moyens
pour la réalisation de ses activités
annoncées. Cela tient tout à fait
la route ; c’est sans bavures. C’est
vrai qu’il y aura des esprits chagrins, des
gens prêts à chercher la mouche et
qui critiqueront le renvoi des manifestations du
Collectif à plus tard. Mais ils ont tout
simplement tort. Si le Collectif n’ a pas
assez de moyens pour faire quelque chose de correct,
ce n’est pas la peine de prendre le macadam
pour finalement arriver au fiasco. Par ailleurs,
même si le Collectif ne l’a pas écrit,
on se doute que le contexte électoral ne
conseillait pas de se répandre dans les villes
du Burkina Faso en manifestations diverses et de
paralyser, même pour quelques heures, les
services administratifs et autres entreprises. Cela
influerait négativement sur le processus
électoral. Et l’on sait combien, pendant
cette période délicate, des retards
ou des balbutiements dans la dynamique électorale,
peut entraîner des colères et des débordements
graves. De toutes les façons, il n’est
pas sûr que le maintien des activités
aurait rencontré le succès escompté
car beaucoup de ceux qui animent le Collectif, il
ne faut pas l’oublier, sont des acteurs politiques
de premier plan ou des militants de ces partis,
engagés sur le terrain. Nombre d’entre
eux sont candidats. Alors, il ne faut pas espérer
les voir abandonner le terrain politique, même
pour un jour, en faveur des activités du
Collectif. Voilà de quoi amener tout être
raisonnable à savoir se garder de la témérité
ou de la légèreté.
TOMY.
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LE
COLLECTIF A MAL FAIT DE REPORTER LES MANIFESTATIONS
DU 21 AVRIL
J’ai
lu les explications données par le Collectif
à sa décision de reporter les activités
du 21 Avril. On n’est pas du tout convaincu.
Si on savait qu’on n’avait pas les moyens,
on n’aurait pas dû programmer ces manifestations.
On a plutôt le sentiment que c’est à
cause de la période électorale que
le report a eu lieu. Pourtant, rien n’interdit
pas, pendant cette période, des grèves,
des sit-in… Et même si cela était,
plus d’une fois le Collectif a fait fi des
dispositions légales et règlementaires
pour agir sur le terrain face à une gouvernance
vis-à-vis de laquelle il n’a pas craint,
à l’occasion, de préconiser
des formes de désobéissance civile.
Le fait d’avoir décommandé les
manifestations est un signe de démission,
de manque de perspicacité voire de lassitude.
En effet, la période est justement propice
à ces marches parce qu’il y a sur place
beaucoup de médias et que la campagne électorale
est le temps fort par excellence pour critiquer,
contester, mettre à mal le pouvoir. Il est
clair que si le Collectif avait maintenu les manifestations
du 21 avril, même avec peu de moyens, les
gens seraient sortis et cela aurait « boosté
» ses thèmes défendus par nombre
de ses membres qui sont candidats aux élections.
C’est une reculade qui fait un peu penser
à celle nettement plus sévère
qui avait amené la partie civile de ce regroupement
à refuser en 2002, d’accorder son soutien
à la partie politique engagée dans
les élections. On ne peut trouver une quelconque
sagesse dans cette décision surtout quand
on sait qu’elle a été prise
en connaissance de cause de la période électorale
et que c’est justement la pertinence de cette
coïncidence qui donnait de l’espoir à
beaucoup de Burkinabé de voir le Collectif
reprendre véritablement du poil de la bête.
Eh bien, il faut se faire un deuil de ces manifestations,
un deuil d’autant plus attristant que le Collectif
n’a même pas été avisé
de prévoir une date ferme de renvoi pour
montrer la fermeté que l’on attend
de lui. Au final, c’est le pouvoir qui se
frottera les mains, et c’est bien dommage
!
TOZI. |