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San Finna N°409 du 16 au 22 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

A vue de monde

FRANCE : DERNIERE SEMAINE DE CAMPAGNE
POUR LA PRESIDENTIELLE

A une semaine du premier tour du scrutin présidentiel, les douze candidats multiplient les meetings de ville en ville et clarifient leurs positions. Ils disposent depuis la semaine dernière d’une stricte égalité du temps de parole et d’antenne.

A quelques jours du premier tour du scrutin de l’élection présidentielle prévu le 22 avril prochain, la campagne présidentielle est entrée dans sa dernière phase.

Celle de l’égalité parfaite entre les douze candidats des temps de parole et d’antenne, à raison de 45 minutes réparties en spots radio-télévisés de trois formats (1 mn, 2 mn 30 et 5 mn 30) diffusés jusqu’au 20 avril sur France 2, France 3, France 4, France 5, RFO, France Inter et RFI. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a défini par tirage au sort l’ordre de passage de chaque candidat. Et c’est l’altermondialiste José Bové qui a d’ailleurs ouvert le bal lundi dernier.

Celle ensuite des meetings marathons donnés par les prétendants à l’Elysée. A chaque jour son déplacement, pour ne laisser passer aucune voix potentielle. Dans des salles combles, dans des entreprises, ou auprès d’ouvriers victimes de licenciements économiques… Toutes les occasions sont bonnes pour soigner la qualité de son message et de son image.

Celle enfin des provocations, verbales ou symboliques. A l’image de Ségolène Royal (PS) ou François Bayrou qui n’ont pas leur pareil pour charger Nicolas Sarkozy (UMP), coupable selon eux de droitiser son discours pour mieux séduire l’électorat du Front national. Ou à l’image de Jean-Marie le Pen en visite il y a quelques jours à Argenteuil en région parisienne. Là même où Nicolas Sarkozy avait promis de revenir après ses déclarations subversives à l’attention des jeunes qu’il avait qualifiés de « racailles ». Là même où Nicolas Sarkozy n’est pas revenu, faute de temps, « et pour ne pas mettre d’huile sur le feu » dit-on dans l’entourage du présidentiable.

Difficile de dire si cette course contre la montre à la pêche aux voix, a influencé les électeurs. Néanmoins, selon un sondage BVA Est Républicain paru jeudi dernier, les électeurs n’ont jamais été aussi sûrs de leur choix pour le premier tour (71%). Quant aux intentions de vote en faveur des présidentiables, elles fluctuent. Nicolas Sarkozy est crédité de 28% (-3 points depuis le 20 mars) quand Ségolène Royal se maintient à 24%, loin devant François Bayrou 18% (+1 point depuis le 20 mars). Suivent Jean-Marie le Pen (FN) à 14% qui continue ainsi de progresser, Olivier Besancenot (LCR) à 3,5% et Marie-George Buffet (PC) à 3%. José Bové, Philippe de Villiers (MPF) et Frédéric Nihous (CPNT) sont à 2% chacun. Dominique Voynet (Les Verts) et Gérard Schivardi (Parti des travailleurs) ne décollent pas et ferment la marche, avec respectivement 1% et 0,5% d’intentions de vote en leur faveur.

A gauche comme à droite, on s’accorde à dire que les chiffres n’engagent que ceux qui les croient. Mais au PS on met en garde contre le vote utile susceptible de favoriser les extrêmes et de déboucher sur un nouveau 21 avril 2002 (Jean-Marie le Pen avait atteint le second tour). Des déclarations qui provoquent l’ire de l’extrême gauche, au plus bas dans les sondages.

D’après le journal satirique le Canard enchaîné, Nicolas Sarkozy se serait engagé, s’il était élu président, et en échange du soutien de Jacques Chirac, à instaurer un article de loi qui pourrait permettre au président sortant, d’éviter toute poursuite judiciaire. Selon un proche du chef de l’état cité par le Canard enchaîné, le texte imposerait aux juges « de clore leurs dossiers dans des délais très stricts ».

Le président de la République serait impliqué dans plusieurs affaires dont celle d’un emploi fictif d’une secrétaire de l’ancien RPR, et d’une dizaine d’emplois fictifs à la mairie de Paris.

Cette nouvelle règle judiciaire pourrait en outre profiter à Nicolas Sarkozy, soupçonné d’avoir bénéficié d’avantages financiers lors de l’achat de son appartement sur l’île de Jatte en 1997.

Pour Claude Guéant, le directeur de campagne du candidats UMP, « tout cela, je ne sais pas d’où ça vient. C’est une information sans fondement. Par conséquent, je n’ai aucun commentaire à faire ».

Il y a quelques mois déjà, Jacques Chirac avait nommé Laurent Le Mesle, un proche et ancien conseiller à l’Elysée, procureur général de Paris. Un poste stratégique, puisque Laurent le Mesle sera chargé d’enclencher la procédure judiciaire qui vise le président sortant, une fois l’immunité de ce dernier, levée.

Matthieu Herault

 




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