San
Finna N°408 du
09 au 15 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
HUMAN
RIGHTS WATCH CRITIQUE LA DEMOCRATIE NIGERIANE
C’EST BIEN MAIS L’ORGANISATION PEUT MIEUX
FAIRE !
Nombre
de médias se font l’écho de critiques
de Human Rights Watch par rapport aux conditions d’organisation
des élections au Nigeria. C’est vrai qu’au
pays de Abubacar Tafewa Balewa, la démocratie a
du mal à s’enraciner. La violence, les fraudes,
la corruption.. , contrecarrent le libre jeu démocratique,
et quand on y rajoute les agressions, les attentats qui
causent autant de pertes en vies humaines, on ne peut
que donner raison à Human Rights Watch pour sonner
du cor sur ce qui se passe dans ce pays où les
conditions ne sont pas réunies pour assurer des
élections libres et transparentes et où
la violence s’annonce encore plus que jamais pour
les scrutins à venir. Mais ce n’est pas suffisant
car le Nigeria n’est pas une exception.
Dans la plupart des pays africains, ce même mépris
pour la démocratie fait rage. Qu’il s’agisse
du Gabon, de l’Ouganda, de la Centrafrique, du Tchad,
de la Tunisie, du Burkina Faso, de la Guinée ou
du Sénégal, pour ne citer que ceux-là,
c’est le même constat : il y a des phénomènes
de résistance à la démocratisation
d’autant plus forts qu’ils bénéficient
sinon de l’appui, du silence des partenaires techniques
et financiers, de médias et d’ONG diverses.
Si
l’organisation Human Rights Watch doit être
vraiment efficace, elle doit inscrire sa lutte pour
la démocratie dans un contexte global. C’est
lorsque tous les chefs d’Etat dictateurs subiront
des pressions communes, seront menacés, traqués
au même titre, et qu’on définira
des méthodes de lutte contre eux, qu’il
y aura des espoirs de changer réellement
les choses dans les démocraties africaines
et que la croisade de Human Rights Watch aura toute
son efficacité.