Mise à jour le 01/04/2007
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San Finna N°407 du 02 au 08 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 

Deux sons de cloche

FAUT-IL OUI OU NON UN CONTINGENT BURKINABE
POUR ASSURER LA SECURITE DE GUILLAUME SORO ?

Depuis quelque temps, on parle beaucoup de ça : entre 500 et 1000 militaires burkinabé seraient prévus pour assurer, dans le prolongement des Accords de Ouagadougou, la sécurité du nouveau premier Ministre ivoirien, Guillaume Soro. Evidemment, dans le contexte que nous vivons, marqué par les divulgations d’ingérence et d’exploitation des richesses de la Côte d’Ivoire par le Burkina Faso, cela ne pouvait qu’entretenir la controverse. Si naturellement, il n’en manque pas pour féliciter cette initiative, l’estimant de nature à consolider la sortie de crise, d’autres la fustigent, la trouvent indécente et pleine de risques eu égard à l’exploitation qu’on pourrait faire de ces militaires à des fins contraires à l’Accord de paix. Deux sons de cloche.

UN CONTINGENT BURKINABE POUR LA SECURITE DE SORO, VOILA QUI EST BIEN PENSE

Il ne faudrait pas condamner au pied levé, l’idée d’un contingent burkinabé pour assurer la sécurité du premier Ministre Soro. Relevons d’abord que, même si la pacification en Côte d’Ivoire a un pied dans l’étrier, elle n’est pas encore tout à fait en selle. Il se pose encore un problème de confiance autant que de sécurité. La même intention qui a amené à proposer à Blaise Compaoré d’assurer la médiation au différend peut amener à lui demander de permettre que l’armée burkinabé assure la sécurité de Guillaume Soro. La diligence dont Blaise Compaoré a fait montre dans la négociation de l’accord pourrait encore ici trouver à s’illustrer. Et si c’est cette condition qui peut séréniser le nouveau premier Ministre et l’amener à se mettre véritablement au travail, il n’y a pas à hésiter puisque le prix de tout cela, c’est la paix. Il n’y a pas d’ailleurs à se laisser influencer par toutes les extrapolations qu’on fait autour de ce contingent. Que peuvent 500 ou 1000 ou 1.500 militaires par rapport à 10.000 voire plus de militaires ivoiriens, et surtout en terre ivoirienne ? Reconnaissons aussi que les temps ont changé, que ce qui préoccupe le plus en ce moment les gouvernants en Afrique et notamment au Burkina Faso, c’est de faire oublier les périodes de folie du Liberia, de Sierra Leone… Le succès de ce contingent en Côte d’Ivoire aidera même à parachever la sortie de crise et favorisera, par-delà la réconciliation entre Ivoiriens, celle entre gouvernants ivoiriens et burkinabé. Enfin, dernier point, ce contingent va permettre à des familles burkinabé de pouvoir mieux vivre puisqu’on sait que les contingents à l’extérieur bénéficient d’avantages très substantiels, et par ces temps de vaches maigres au Faso, où les militaires font grise mine, voilà un moyen de les calmer et d’aider leurs familles à mieux joindre les deux bouts !


TOMY.

UN CONTINGENT BURKINABE POUR LA SECURITE DE SORO, C’EST DEPLACE

Vraiment, ce serait le comble de l’hypocrisie et de la provocation que d’envoyer un contingent burkinabé de 500 à 1000 militaires pour assurer la sécurité de Guillaume Soro en Côte d’Ivoire. Permettre ainsi que ceux qui ont aidé les rebelles dans la tentative du coup d’Etat du 19 septembre 2002 et dans la partition de fait du pays, viennent plastronner jusqu’à Abidjan, c’est tout à fait insultant pour la souffrance endurée par les Ivoiriens, pour leur amour-propre. C’est aussi un coup dur porté à l’honneur du pays et particulièrement de son armée. Pourquoi avoir autant lutté contre la présence de troupes étrangères (43 ème BIMA, Licorne, Force ONUCI) et s’accommoder aussi facilement d’un contingent burkinabé ? Mais la démarche est aussi imprudente car rien ne garantit que ces soldats ne pourraient pas être utilisés comme une sorte de cheval de Troie. Quand on parle de l’insignifiance de leur nombre pour réaliser une déstabilisation, on se trompe lourdement. En effet, les exemples le montrent, généralement, il n’en faut pas autant pour réaliser des coups d’Etat. En tout état de cause, disons que si en RDC, il n’a pas été permis à Jean-Pierre Bemba de disposer d’une force équivalente alors qu’il en avait peut-être bien plus besoin, pourquoi courrait-on le risque d’en décider différemment en ce qui concerne Guillaume Soro ? Assurément, ce ne serait pas bon de donner suite à une telle initiative. Tant qu’à faire, pourquoi ne pas faire appel à un pays neutre ou alors à un contingent mixte composé de Burkinabé et d’Angolais ? Une telle solution ne sera pas de tout repos : il faut s’attendre, dans les cérémonies officielles, aux habituelles frictions entre forces de sécurité de nationalités différentes. Ici, les raisons de se donner des coups de coude sont encore plus évidentes !

 

TOZI.

Citation de la semaine

«tous simplement pour que tous puissent simplement vivre »

GANDHI






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