Mise à jour le 01/04/2007
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San Finna N°407 du 02 au 08 Avril 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
  

Tribune de la femme

2ème FILEP
JOURNALISME ET LIBERTE D’EXPRESSION

Le Centre de presse Norbert Zongo a invité le 30 mars dernier, les journalistes de la presse nationale pour participer à une rencontre d’information entrant dans le cadre du Festival international de la liberté d’expression et de la presse (FILEP). Rencontre qui malheureusement n’a pas connu une présence massive de nos confrères malgré tout le travail d’information que les différentes commissions ont abattu à leur endroit. Qu’à cela ne tienne, cette rencontre de la presse de 30 pays d’Afrique pour débattre de grandes questions sur la sécurisation du journaliste et de la préservation de la liberté d’expression, aura lieu.

A l’affiche de se second festival, des colloques, des expositions, un marché du commerce équitable, un concert, des projections-débats, un club de la presse du FILEP et une soirée gala qui sera suivie de la remise du prix Norbert Zongo du journalisme d’investigation.

L’on se rappelle qu’à la première édition du FILEP en 2001, les travaux n’avaient pu se dérouler normalement tant la crise consécutive au drame de Sapouy battait son plein. Des représentants d’organisations de journalistes et d’organes de presse de pays voisins avaient été refoulés depuis les frontières, tandis que d’autres déjà à l’intérieur vivaient au rythme des gaz lacrymogènes et des interdictions de manifester.

Le FILEP 2007 va donc se tenir du 11 au 14 avril 2007 sous le thème : « Sauvegarder la liberté d’expression et de presse pour renforcer la démocratie ».

On le sait, le pays est loin d’être un exemple quand on évoque la liberté d’expression et la démocratie. Ce festival est donc une opportunité pour tous les travailleurs du domaine de l’expression publique et de tous les acteurs politiques férus d’une réelle démocratie au Burkina, d’apporter des contributions saines et bienfaisantes.

Les acteurs de la presse africaine, les journalistes, les défenseurs des droits humains, les partenaires de la presse trouveront par ce festival, une occasion de mener des réflexions autour des questions fondamentales de la paix, des droits humains, de la liberté d’expression et de l’enracinement de la démocratie.

A la présentation de ce festival et de ses grands axes, il y a Mr Chériff Sy, président du Comité d’organisation, président de la SEP, Mr Sié Affi Somé, président de la commission médias et cinéma, et Mr Jean-Claude Meda, vice-président chargé du Prix Norbert Zongo.

Ils ont tour à tour apporté des compléments d’information autour de l’organisation à tous les journalistes présents, et ont fait entre autre part de leur inquiétude face aux embrigadements de la liberté d’expression à travers l’Afrique, tout en s’engageant à toujours œuvrer pour les objectifs du FILEP.

Le journaliste Thierry Nabyouré de notre Rédaction, qui a été gardé à vue plus d’une journée entière, a eu tout le soutien des organisations notamment de celles qui oeuvrent au Centre de Presse Norbert Zongo. Elles disent avoir suivi attentivement son dossier et en attendent un règlement juste.

Voici maintenant l’Appel du FILEP aux femmes et hommes de média du Burkina Faso.


APPEL DU FILEP AUX FEMMES
ET HOMMES DE MEDIA DU BURKINA FASO

Du 11 au 14 avril 2007, à Ouagadougou, aura lieu le deuxième Festival International de la Liberté d’Expression et de la Presse (FILEP).

Le FILEP est organisé par le Centre National de Presse Norbert Zongo (CNP-NZ).
« Sauver la liberté d’expression et de la presse pour renforcer la démocratie » est la thématique du festival.

Les organisations signataires de la présente invitent les femmes et hommes de médi :

- participer activement au colloque qui se tiendra au CBC du 11 au 13 avril 2007

- participer à la procession qui aura lieu le samedi 14 avril du CNP /NZ au cimetière de Gounghin pour rendre hommage à Norbert Zongo et tous les journalistes assassinés en Afrique.

La réussite de ce Festival, qui connaîtra la présence de femmes et d’hommes de média venant d’une trentaine de pays, doit être pour chaque journaliste burkinabé, pour tout un chacun de nous, un défi de mobilisation à relever.

Car c’est ensemble qu’il faut mener des campagnes pour la défense des droits des journalistes. C’est ensemble qu’il faut sensibiliser sur l’importance de la liberté de la presse. C’est ensemble qu’i faut affronter les prédateurs de la liberté d’expression.

Femmes et hommes de média du Burkina Faso, l’oppression se nourrit du silence et de l’inaction. Seule la conjugaison de nos actions permettra d’élargir nos espaces de liberté.

Faisons du Festival International de la Liberté d’Expression et de la Presse, une grande réussite !

Fait à Ougadougou, le 29 mars 2007

Ont signé :
- Pour l’Association des Editeurs et Publications des journaux en langues nationales (AEPJLN), Evariste ZONGO

- Pour l’Association des Journalistes du Burkina (AJB), le Président Jean-Claude MEDA

- Pour l’Association des médias communautaires (AMC), le Président André Eugène ILBOUDO

- Pour l’Association des Radiodiffusions Communautaires du Burkina (ARC), le Président Jacob SOU

- Pour l’Association des radios et télévisions privées du Burkina Faso (ARTPB), Moustapha Laabli THIOMBIANO

- Pour la Ligue pour la défense de la liberté de la presse (LDLP), le Président Sibiri Eric KAM

- Pour la Société des Editeurs de la Presse Privée (SEP), Le président Chériff SY

- Pour la Société pour le Développement des médias en Afrique (SODEMA-Burkina), le Secrétaire général Ramata SORE

- Pour le Syndicat Autonome des Travailleurs de l’information et de la culture (SYNATIC), le Secrétaire général Justin COULIBALY

- Pour l’Union nationale de l’Audiovisuel Libre du Faso (UNALFA), Charlemagne ABISSI

T.N


AFFAIRE THIERRY NABYOURE
GARDE A VUE 30 HEURES POUR UN ECRIT

Edouard Ouédraogo passait sur la TNB le 29 mars dernier et y dénonçait entre autres l’emprisonnement des journalistes pour délit d’opinion ; il disait qu’il ne devrait plus y avoir de nos jours que des actions civiles. Pour lui, le journaliste emprisonné doit être tout simplement assimilé à un « prisonnier d’opinion ». Le célèbre homme des médias ne croyait pas si bien dire puisque pratiquement au même moment, on venait de garder à vue pendant près de 30 heures, Thierry Nabyouré de votre bien aimé hebdo (nous l’espérons) pour un article qui aurait pu amener un simple droit de réponse avec en prime les excuses du journal !

Suite à la parution dans notre journal SAN FINNA de lundi dernier, d'un article intitulé "Le Colonel Mamadou Traoré n'ira pas en stage" et signé Dramane Nombré, la Brigade de gendarmerie de Ouagadougou a convoqué le lundi 26 mars 2007, le journaliste auteur de l'article pour 15 h. L’auteur de l’article, Thierry Nabyouré s'est présenté à l'heure dite, et a été gardé à vue jusqu’au lendemain 20 heures, soit près de 30 heures.

Thierry Nabyouré fut à nouveau convoqué pour 11 heures le 28 mars. Au cours de l’interrogatoire, qui dura jusqu’à 14 h, il lui aurait été demandé avec insistance de faire connaître ses sources d’information, ce qu’il refusa naturellement de faire.

Avant de le laisser partir, on lui notifiera verbalement qu’il doit s’attendre à être convoqué sous peu par le Parquet.

San Finna, qui a informé les confrères tant nationaux qu’internationaux (notamment RSF) compte sur la solidarité de tous et dénonce cet acte qui rame à contre-courant du mouvement général pour la dépénalisation des délits de presse et la dépolitisation de la justice.

PY





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