2ème
FILEP
JOURNALISME ET LIBERTE D’EXPRESSION
Le
Centre de presse Norbert Zongo a invité le 30
mars dernier, les journalistes de la presse nationale
pour participer à une rencontre d’information
entrant dans le cadre du Festival international de la
liberté d’expression et de la presse (FILEP).
Rencontre qui malheureusement n’a pas connu une
présence massive de nos confrères malgré
tout le travail d’information que les différentes
commissions ont abattu à leur endroit. Qu’à
cela ne tienne, cette rencontre de la presse de 30 pays
d’Afrique pour débattre de grandes questions
sur la sécurisation du journaliste et de la préservation
de la liberté d’expression, aura lieu.
A l’affiche de se second festival, des colloques,
des expositions, un marché du commerce équitable,
un concert, des projections-débats, un club de
la presse du FILEP et une soirée gala qui sera
suivie de la remise du prix Norbert Zongo du journalisme
d’investigation.
L’on se rappelle qu’à la première
édition du FILEP en 2001, les travaux n’avaient
pu se dérouler normalement tant la crise consécutive
au drame de Sapouy battait son plein. Des représentants
d’organisations de journalistes et d’organes
de presse de pays voisins avaient été
refoulés depuis les frontières, tandis
que d’autres déjà à l’intérieur
vivaient au rythme des gaz lacrymogènes et des
interdictions de manifester.
Le FILEP 2007 va donc se tenir du 11 au 14 avril 2007
sous le thème : « Sauvegarder la liberté
d’expression et de presse pour renforcer la démocratie
».
On le sait, le pays est loin d’être un exemple
quand on évoque la liberté d’expression
et la démocratie. Ce festival est donc une opportunité
pour tous les travailleurs du domaine de l’expression
publique et de tous les acteurs politiques férus
d’une réelle démocratie au Burkina,
d’apporter des contributions saines et bienfaisantes.
Les acteurs de la presse africaine, les journalistes,
les défenseurs des droits humains, les partenaires
de la presse trouveront par ce festival, une occasion
de mener des réflexions autour des questions
fondamentales de la paix, des droits humains, de la
liberté d’expression et de l’enracinement
de la démocratie.
A la présentation de ce festival et de ses grands
axes, il y a Mr Chériff Sy, président
du Comité d’organisation, président
de la SEP, Mr Sié Affi Somé, président
de la commission médias et cinéma, et
Mr Jean-Claude Meda, vice-président chargé
du Prix Norbert Zongo.
Ils ont tour à tour apporté des compléments
d’information autour de l’organisation à
tous les journalistes présents, et ont fait entre
autre part de leur inquiétude face aux embrigadements
de la liberté d’expression à travers
l’Afrique, tout en s’engageant à
toujours œuvrer pour les objectifs du FILEP.
Le journaliste Thierry Nabyouré de notre Rédaction,
qui a été gardé à vue plus
d’une journée entière, a eu tout
le soutien des organisations notamment de celles qui
oeuvrent au Centre de Presse Norbert Zongo. Elles disent
avoir suivi attentivement son dossier et en attendent
un règlement juste.
Voici maintenant l’Appel du FILEP aux femmes et
hommes de média du Burkina Faso.
APPEL
DU FILEP AUX FEMMES
ET HOMMES DE MEDIA DU BURKINA FASO
Du
11 au 14 avril 2007, à Ouagadougou, aura lieu
le deuxième Festival International de la Liberté
d’Expression et de la Presse (FILEP).
Le FILEP est organisé par le Centre National
de Presse Norbert Zongo (CNP-NZ).
« Sauver la liberté d’expression
et de la presse pour renforcer la démocratie
» est la thématique du festival.
Les organisations signataires de la présente
invitent les femmes et hommes de médi :
-
participer activement au colloque qui se tiendra au
CBC du 11 au 13 avril 2007
- participer à la procession qui aura lieu le
samedi 14 avril du CNP /NZ au cimetière de Gounghin
pour rendre hommage à Norbert Zongo et tous les
journalistes assassinés en Afrique.
La
réussite de ce Festival, qui connaîtra
la présence de femmes et d’hommes de média
venant d’une trentaine de pays, doit être
pour chaque journaliste burkinabé, pour tout
un chacun de nous, un défi de mobilisation à
relever.
Car c’est ensemble qu’il faut mener des
campagnes pour la défense des droits des journalistes.
C’est ensemble qu’il faut sensibiliser sur
l’importance de la liberté de la presse.
C’est ensemble qu’i faut affronter les prédateurs
de la liberté d’expression.
Femmes et hommes de média du Burkina Faso, l’oppression
se nourrit du silence et de l’inaction. Seule
la conjugaison de nos actions permettra d’élargir
nos espaces de liberté.
Faisons du Festival International de la Liberté
d’Expression et de la Presse, une grande réussite
!
Fait à Ougadougou, le 29 mars 2007
Ont
signé :
- Pour l’Association des Editeurs et Publications
des journaux en langues nationales (AEPJLN), Evariste
ZONGO
- Pour l’Association des Journalistes du Burkina
(AJB), le Président Jean-Claude MEDA
- Pour l’Association des médias communautaires
(AMC), le Président André Eugène
ILBOUDO
- Pour l’Association des Radiodiffusions Communautaires
du Burkina (ARC), le Président Jacob SOU
- Pour l’Association des radios et télévisions
privées du Burkina Faso (ARTPB), Moustapha Laabli
THIOMBIANO
- Pour la Ligue pour la défense de la liberté
de la presse (LDLP), le Président Sibiri Eric
KAM
- Pour la Société des Editeurs de la Presse
Privée (SEP), Le président Chériff
SY
- Pour la Société pour le Développement
des médias en Afrique (SODEMA-Burkina), le Secrétaire
général Ramata SORE
- Pour le Syndicat Autonome des Travailleurs de l’information
et de la culture (SYNATIC), le Secrétaire général
Justin COULIBALY
- Pour l’Union nationale de l’Audiovisuel
Libre du Faso (UNALFA), Charlemagne ABISSI
T.N
AFFAIRE
THIERRY NABYOURE
GARDE A VUE 30 HEURES POUR UN ECRIT
Edouard
Ouédraogo passait sur la TNB le 29 mars dernier
et y dénonçait entre autres l’emprisonnement
des journalistes pour délit d’opinion
; il disait qu’il ne devrait plus y avoir de
nos jours que des actions civiles. Pour lui, le journaliste
emprisonné doit être tout simplement
assimilé à un « prisonnier d’opinion
». Le célèbre homme des médias
ne croyait pas si bien dire puisque pratiquement au
même moment, on venait de garder à vue
pendant près de 30 heures, Thierry Nabyouré
de votre bien aimé hebdo (nous l’espérons)
pour un article qui aurait pu amener un simple droit
de réponse avec en prime les excuses du journal
!
Suite
à la parution dans notre journal SAN FINNA
de lundi dernier, d'un article intitulé "Le
Colonel Mamadou Traoré n'ira pas en stage"
et signé Dramane Nombré, la Brigade
de gendarmerie de Ouagadougou a convoqué le
lundi 26 mars 2007, le journaliste auteur de l'article
pour 15 h. L’auteur de l’article, Thierry
Nabyouré s'est présenté à
l'heure dite, et a été gardé
à vue jusqu’au lendemain 20 heures, soit
près de 30 heures.
Thierry Nabyouré fut à nouveau convoqué
pour 11 heures le 28 mars. Au cours de l’interrogatoire,
qui dura jusqu’à 14 h, il lui aurait
été demandé avec insistance de
faire connaître ses sources d’information,
ce qu’il refusa naturellement de faire.
Avant de le laisser partir, on lui notifiera verbalement
qu’il doit s’attendre à être
convoqué sous peu par le Parquet.
San Finna, qui a informé les confrères
tant nationaux qu’internationaux (notamment
RSF) compte sur la solidarité de tous et dénonce
cet acte qui rame à contre-courant du mouvement
général pour la dépénalisation
des délits de presse et la dépolitisation
de la justice.
PY