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A vue de monde

ELECTION PRESIDENTIELLE EN FRANCE
CLOTURE DE LA CHASSE AUX SIGNATURES

Les candidats à l’élection présidentielle ont remis la liste de leurs parrainages vendredi dernier au Conseil constitutionnel. Ils seraient 11, peut-être 12, à justifier à l’issue d’une bataille acharnée, des 500 signatures requises pour se présenter au premier tour du scrutin.

La chasse est terminée. Les candidats à l’élection présidentielle devaient remettre la liste de leurs parrainages (collectés auprès des élus) vendredi 16 mars au conseil constitutionnel. Ils seraient entre 11, peut-être 12 prétendants à l’Elysée à disposer des 500 signatures requises pour pouvoir se présenter au premier tour du scrutin. Toutefois, l’autorité suprême a prévu d’annoncer la liste officielle des candidats, ce lundi.

En attendant, il ne fait aucun doute que Nicolas Sarkozy (UMP), Ségolène Royal (PS) et François Bayrou (UDF) justifient de leurs parrainages. Devraient également être présents au premier tour prévu le 6 avril prochain, Philippe de Villiers (MPF) et Jean-Marie le Pen (FN). Ce dernier aura entretenu le suspens jusqu’à mercredi dernier, date à laquelle il a annoncé se rendre au Conseil constitutionnel pour déposer 535 signatures. A gauche, Dominique Voynet (Les verts) et Marie-George Buffet (PC) ont annoncé disposer des 500 signatures, tout comme Olivier Besancenot (LCR), qui a levé le doute jeudi soir. Dans le rang des petites formations politiques, José Bové ne savait pas vendredi soir s’il avait le nombre suffisant de parrainage. En ce qui le concerne, cela se jouerait à une poignée de signatures. Le parti des travailleurs de Gérard Schivardi devrait être représenté au premier tour. Tout comme chasse pêche nature et tradition. Quant à Nicolas Dupont-Aignan, dissident de l’UMP et aujourd’hui sur le banc des non-inscrits, il était le grand perdant vendredi soir et ne sera pas présent à cette élection présidentielle.

L’intérêt d’être présent au premier tour est en parti financier. Puisque les candidats à la présidentielle reçoivent une avance de 153 000 euros au titre du remboursement de leurs frais de campagne. Par ailleurs, une fois la liste des candidats publiée au journal officiel, le temps de parole des prétendants à l’Elysée dans les médias devra être égal. Même équité en ce qui concerne le temps d’antenne. La publication de la liste au JO (journal officiel) est prévue ce mardi, même si le Conseil constitutionnel a jusqu’au 6 avril, puisque la loi française est claire en la matière : la haute juridiction a jusqu’au troisième vendredi précédant le premier tour pour publier la liste.

Cette année, les candidats au premier tour devraient donc être moins nombreux qu’ils ne l’étaient en 2002, puisqu’il y a cinq ans, on avait compté 16 prétendants.

 


BILLET
DANS L’INTERET DE TOUS

Animosité, anarchie, provocation et chapardage. La collecte des parrainages se sera déroulée cette année encore dans une ambiance détestable. A la barre des plaignants : Jean-Marie le Pen. Il s’en est d’abord pris à Philippe de Villiers, accusant l’autre candidat d’extrême droite d’être à l’origine du piratage du site Internet du Front National. Puis comme en 2002, Jean-Marie le Pen a vilipendé toute la classe politique. La soupçonnant d’avoir incité les maires à bouder le Front National. Situation similaire à l’extrême gauche, où José Bové, candidat de dernière minute, a subi les foudres du parti communiste et de la LCR, contraints d’assister impuissants à l’envol de quelques promesses de parrainages, au profit du paysan altermondialiste.

La course aux signatures aura pris aussi cette année une tournure judiciaire, avec la mise en examen puis la remise en liberté surveillée de Nicolas Miguet (rassemblement des contribuables français). L’homme est soupçonné d’avoir voulu détourner les parrainages des élus à son compte, en faisant passer le courrier qu’il avait envoyé aux maires, pour celui d’un grand parti.

Quant aux élus, ces parrains potentiels, eux aussi ont participé au pourrissement de la situation. On se souviendra d’un maire du nord-ouest qui a choisi de mettre son parrainage aux enchères, histoire de renflouer les caisses de la commune. On se rappellera d’un autre qui, ne sachant pas qui soutenir, a remis le choix de son candidat entre les mains du hasard.

Alors certes la loi de 1962 modifiée en 1976 qui fixe le barème de 500 signatures à atteindre pour espérer pouvoir se présenter au premier tour du scrutin, a montré ses limites. Mais c’est aujourd’hui probablement la meilleure solution démocratique, pour protéger le sérieux et la solennité de l’engagement. Enfin on ne peut que regretter l’attitude des élus qui font un bras d’honneur à la démocratie, sous le prétexte fallacieux de l’intérêt commun. Ils nous rappellent que le pouvoir au peuple est parfois plus difficile à préserver qu’à conquérir…

Matthieu Herault





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