San
Finna N°405 du
19 au 25 Mars 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
ELECTION
PRESIDENTIELLE EN FRANCE
CLOTURE DE LA CHASSE AUX SIGNATURES
Les
candidats à l’élection présidentielle
ont remis la liste de leurs parrainages vendredi dernier
au Conseil constitutionnel. Ils seraient 11, peut-être
12, à justifier à l’issue d’une
bataille acharnée, des 500 signatures requises
pour se présenter au premier tour du scrutin.
La
chasse est terminée. Les candidats à l’élection
présidentielle devaient remettre la liste de leurs
parrainages (collectés auprès des élus)
vendredi 16 mars au conseil constitutionnel. Ils seraient
entre 11, peut-être 12 prétendants à
l’Elysée à disposer des 500 signatures
requises pour pouvoir se présenter au premier tour
du scrutin. Toutefois, l’autorité suprême
a prévu d’annoncer la liste officielle des
candidats, ce lundi.
En attendant, il ne fait aucun doute que Nicolas Sarkozy
(UMP), Ségolène Royal (PS) et François
Bayrou (UDF) justifient de leurs parrainages. Devraient
également être présents au premier
tour prévu le 6 avril prochain, Philippe de Villiers
(MPF) et Jean-Marie le Pen (FN). Ce dernier aura entretenu
le suspens jusqu’à mercredi dernier, date
à laquelle il a annoncé se rendre au Conseil
constitutionnel pour déposer 535 signatures. A
gauche, Dominique Voynet (Les verts) et Marie-George Buffet
(PC) ont annoncé disposer des 500 signatures, tout
comme Olivier Besancenot (LCR), qui a levé le doute
jeudi soir. Dans le rang des petites formations politiques,
José Bové ne savait pas vendredi soir s’il
avait le nombre suffisant de parrainage. En ce qui le
concerne, cela se jouerait à une poignée
de signatures. Le parti des travailleurs de Gérard
Schivardi devrait être représenté
au premier tour. Tout comme chasse pêche nature
et tradition. Quant à Nicolas Dupont-Aignan, dissident
de l’UMP et aujourd’hui sur le banc des non-inscrits,
il était le grand perdant vendredi soir et ne sera
pas présent à cette élection présidentielle.
L’intérêt d’être présent
au premier tour est en parti financier. Puisque les candidats
à la présidentielle reçoivent une
avance de 153 000 euros au titre du remboursement de leurs
frais de campagne. Par ailleurs, une fois la liste des
candidats publiée au journal officiel, le temps
de parole des prétendants à l’Elysée
dans les médias devra être égal. Même
équité en ce qui concerne le temps d’antenne.
La publication de la liste au JO (journal officiel) est
prévue ce mardi, même si le Conseil constitutionnel
a jusqu’au 6 avril, puisque la loi française
est claire en la matière : la haute juridiction
a jusqu’au troisième vendredi précédant
le premier tour pour publier la liste.
Cette année, les candidats au premier tour devraient
donc être moins nombreux qu’ils ne l’étaient
en 2002, puisqu’il y a cinq ans, on avait compté
16 prétendants.
BILLET
DANS L’INTERET DE TOUS
Animosité,
anarchie, provocation et chapardage. La collecte
des parrainages se sera déroulée
cette année encore dans une ambiance détestable.
A la barre des plaignants : Jean-Marie le Pen.
Il s’en est d’abord pris à
Philippe de Villiers, accusant l’autre candidat
d’extrême droite d’être
à l’origine du piratage du site Internet
du Front National. Puis comme en 2002, Jean-Marie
le Pen a vilipendé toute la classe politique.
La soupçonnant d’avoir incité
les maires à bouder le Front National.
Situation similaire à l’extrême
gauche, où José Bové, candidat
de dernière minute, a subi les foudres
du parti communiste et de la LCR, contraints d’assister
impuissants à l’envol de quelques
promesses de parrainages, au profit du paysan
altermondialiste.
La course aux signatures aura pris aussi cette
année une tournure judiciaire, avec la
mise en examen puis la remise en liberté
surveillée de Nicolas Miguet (rassemblement
des contribuables français). L’homme
est soupçonné d’avoir voulu
détourner les parrainages des élus
à son compte, en faisant passer le courrier
qu’il avait envoyé aux maires, pour
celui d’un grand parti.
Quant aux élus, ces parrains potentiels,
eux aussi ont participé au pourrissement
de la situation. On se souviendra d’un maire
du nord-ouest qui a choisi de mettre son parrainage
aux enchères, histoire de renflouer les
caisses de la commune. On se rappellera d’un
autre qui, ne sachant pas qui soutenir, a remis
le choix de son candidat entre les mains du hasard.
Alors certes la loi de 1962 modifiée en
1976 qui fixe le barème de 500 signatures
à atteindre pour espérer pouvoir
se présenter au premier tour du scrutin,
a montré ses limites. Mais c’est
aujourd’hui probablement la meilleure solution
démocratique, pour protéger le sérieux
et la solennité de l’engagement.
Enfin on ne peut que regretter l’attitude
des élus qui font un bras d’honneur
à la démocratie, sous le prétexte
fallacieux de l’intérêt commun.
Ils nous rappellent que le pouvoir au peuple est
parfois plus difficile à préserver
qu’à conquérir…