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San Finna N°404 du 12 au 18 Mars 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 

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JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME
ET MISE EN CAUSE DU TUTORAT DES FEMMES EN LIBYE

Dans le monde entier, le 8 mars a été l’occasion pour tout un chacun de redoubler d’imagination pour donner une touche particulière à la commémoration. Pendant donc qu’ici et là, on s’activait à qui mieux mieux pour contenter les femmes, leur faire des cadeaux (promesses mirobolantes à la clef..), la Libye s’est invitée à la surenchère de bien curieuse manière.

Le Comité Populaire Général a décidé que les Libyennes âgées de moins de 40 ans ne pourront plus voyager à l’étranger sans tuteur. Il explique, forces arguments à l’appui, que ces voyages des femmes libyennes à l’étranger sans tuteurs portent « préjudice à la réputation du pays à l’étranger et font de nombreuses victimes parmi ces femmes qui ont été exploitées par les réseaux du crime à l’étranger » (selon une dépêche de PANAPRESS du 09/03/2007).

Le Comité Populaire Général a beau préciser que cette mesure « ne touche pas la quintessence de la liberté stipulée dans les législations en vigueur », rien n’y fait. L’émoi est visible dans tout le pays et à l’étranger.

On n’est tout de même plus en ces temps reculés où on avait recours aux chaperons pour suivre les jeunes filles afin qu’elles ne commettent pas l’acte qui les priverait de leur virginité. Voyager avec un tuteur non seulement est une atteinte inadmissible à la liberté individuelle et mais coûte aussi financièrement parlant. On sait que les Libyens sont riches mais tout de même, les billets d’avion et les frais de séjour multipliés par deux s’il faut avoir un tuteur avec soi amènent à des factures plutôt salées qui risqueront finalement de décourager les femmes de voyager.

Sur un autre plan, on comprend difficilement cette annonce car, sous la houlette du fils du Guide, Seif el Islam Kadhafi, le pays semble engagé dans un processus de libéralisation. Qu’une mesure aussi réactionnaire puisse intervenir dans le silence de la Fondation Kadhafi est étonnant !

Mais peut-être n’est-ce là qu’un autre de ces moyens, dont le régime a l’art, de faire l’évènement car si les expressions critiques sont si nombreuses en Libye par rapport à cette décision, et si le quotidien tripolitain « Al-Jamahiriya » s’est permis des critiques au vitriol sur la question, c’est peut-être qu’on voulait créer la polémique, le scandale, pour se donner les moyens de ramener les choses dans le bon ordre ultérieurement.

Il faut en effet espérer que les Libyens auront eu à travers cette polémique, encore une fois l’occasion de s’exercer dans la contradiction et que le gouvernement donnera la preuve que son option d’ouvrir la voie au débat politique et de respecter le droit international, ne sont pas de vains mots.

Mais nous verrons bien si cette nouvelle affaire ne viendra pas, après celle des infirmières bulgares, renforcer l’image déjà sombre de misogynie qui colle au régime du Colonel Kadhafi.

VT






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