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San Finna N°404 du 12 au 18 Mars 2007
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Deux sons de cloche

ETAIT-CE NECESSAIRE OU NON DE CREER
UNE UNIVERSITE DU COTON AU BURKINA ?

Pour le Burkina Faso, l’une des décisions majeures du dernier Sommet France-Afrique de Jacques CHIRAC aura été la création prochaine a Bobo-dioulasso de l’Université Africaine du Coton. Prévue pour être inaugurée en septembre prochain, des voix s’élèvent de plus en plus pour s’interroger sur l’opportunité de cette trouvaille dans un contexte de crise aigue de l’éducation nationale dans toutes ses composantes. Etait-ce nécessaire ou non de créer une Université du Coton au Burkina Faso ? Suivons Tomi et Tozi.

IL ETAIT NECESSAIRE DE CREER UNE UNIVERSITE DU COTON AU FASO


Si cette initiative n’avait pas été prise, il aurait fallu la prendre : en effet, depuis 1996 où le Burkina a connu une croissance notable de sa production cotonnière, il était utile et nécessaire de poursuivre cette dynamique du secteur en renforçant un de se pans, celui de la Recherche-Développement. Les résultats auxquels sont parvenus l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles INERA, notamment a travers le Programme Coton ne sont plus à discuter Ce programme a en effet depuis sa création, mis au point et vulgarisé un paquet technologique au profit de la SOFITEX et des producteurs Des aspects entomologiques en passant par les questions de fertilité des sols, des Variétés et de la Socio économie, nos Chercheurs ont prouvé l’importance de la Recherche-développement pour le progrès de la Filière. De ce fait, un nouvel espace de travail avec un équipement plus adéquat est tout à fait le bienvenue pour appuyer les efforts nationaux en la matière. Dire donc que cette initiative est inopportune au vu des besoins globaux de notre système éducatif ne serait que l’œuvre d’oiseaux de mauvais augure qui ne voient qu’une volonté manifeste des autorités de vendre un aspect majeur de notre souveraineté , celui de la Recherche-développement . Aussi, des « acteurs ont exprimé avec beaucoup de clarté les domaines de connaissances pour lesquels ils ressentent des manques de compétences ne leur permettant pas de s’exprimer avec toute l’efficacité liée à leur mission. En particulier, ils souhaitent bénéficier de formations sur des thèmes tels que l’information, la communication et le marketing, la diffusion de l’information en matière de gestion agricole, la gestion des ressources humaines ou encore la conduite de projets » Ce sont notamment l’AOPP (Commission Coton), l’IER (Institut d’Economie Rurale), l’APCAM (Association permanentes des Chambres de Commerce), l’IPR/IFRA (Institut Polytechnique Rural de Formation et de Recherche Appliquée), la CMDT (Compagnie Malienne des Textiles), l’APCAM (Assemblée Permanente des Chambre d’Agriculture du Mali), le GSCVM (Groupe des Syndicats du Coton et Vivrier), l’AProCA (Association des Producteurs de Coton Africain), HELVETAS – MOBIOM ou encore la SNV pour le Mali selon un Rapport de l’AProCA / Hec Executive Education / Fondation Farm. On retiendra d’ailleurs que le choix de la Capitale du Houët n’est certes pas fortuite pour des raisons évidentes de proximité avec les zones de production, les usines d’égrenage, les sites actuels de recherche et accessoirement de tournant géographique en Afrique de l’Ouest pour faciliter la mobilité des Chercheurs. Aussi, pour les aspects commerciaux, il faudrait avoir a l’esprit, et selon les propos des initiateurs, que « La finalité de l’Université du coton est de contribuer à une relance de la dynamique cotonnière africaine et d’améliorer les conditions et le niveau de vie du monde rural ».


TOMY.

IL N’ETAIT PAS NECESSAIRE DE CREER UNE UNIVERSITE POUR LE COTON AU FASO

« L’économie mondiale cotonnière a connu au cours des deux dernières décennies de profonds bouleversements avec une nette accélération au cours des cinq dernières années. Ces changements, qu’ils se situent au niveau du marché mondial ou à celui de l’organisation des filières ont été trop souvent défavorables aux producteurs d’Afrique subsaharienne » notait le rapport de l’APROCA. Notre système éducatif est marqué par des disparités criardes en termes d’accès, de coûts et de disponibilité des enseignants. Les déperditions durant les différents cursus auraient incité plutôt à une augmentation des capacités d’accueil et de diversification des filières concernant des métiers « utilitaires » : menuiserie, plomberie, maçonnerie, soudure et surtout la mécanique des engins à deux roues. Créer une Université Africaine au moment où bientôt le Coton Bt envahira nos garde-robes signifie d’ores et déjà un abandon du coton conventionnel, du coton biologique et donc du paquet technologique local mis au point par nos chercheurs. On sait que « L’Etat finance le fonctionnement des structures de recherche mais pas la recherche » dixit M. Moussa SIE, Prix du Président du Faso au 7e FIRSIT. Si les objectifs visés par ce projet sont de contribuer à une « revalorisation de la filière après la baisse des cours » et de procéder par ricochet à une « augmentation des revenus des producteurs », l’idéal aurait été de renforcer les capacités des structures de recherche existantes et de favoriser la mobilité des chercheurs, notamment des jeunes. Cette université que l’on dit calquée sur le modèle américain des « Cotton School » cache mal des intentions de désarçonner les systèmes nationaux de recherche et d’aliéner nos savants déjà mal lotis en terme de publication et de vulgarisation de leurs trouvailles, faute de lignes budgétaires ou d’un manque de volonté politique. Si HEC qui accompagne le projet espère « vouloir apporter l’apprentissage des méthodes du Nord en matière de Marketing, Recherche, Management et Gestion », son appui dans ces domaines pourraient tout aussi bien s’effectuer dans des écoles existantes, privées comme publiques. Les superficies cultivables qui pourraient être destinées au coton, malgré les rotations de culture, ne sont pas extensibles à souhait. Et de ce fait, la culture cotonnière pourrait connaître une stagnation à l’avenir pour causes de méventes dues aux cours mondiaux. Les soutiens du Gouvernement français et de la Commission Européenne au projet laissent perplexe quant à une volonté de Bruxelles et de Paris d’utiliser l’Afrique contre le géant américain sur la question du coton en lui offrant une université. Dagris est présent dans le secteur, et les négociations sur les Accords de Partenariat Economique prennent fin en 2007 dans un contexte multilatéral d’ « érosion des préférences ». D’ailleurs Paris et Bruxelles connaissent bien les priorités de développement de l’Afrique ; une chose est certaine, ces priorités ne sont ni des échangeurs, ni de nouveaux aéroports, ni de nouveaux palais présidentiels !


TOZI.

Citation de la semaine

«Je cherche les notes qui s’aiment »

Wolfgang Amadeus MOZART






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