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"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 

LA MUTINERIE DES 20 ET 21/12/2006
LA GRANDE FRAYEUR QUI EMPECHE TOUJOURS DE DORMIR

Il ne faut pas s’y tromper : malgré tous les moyens mis pour étouffer les résonances des mutineries en cascade de fin d’année 2006 et de début d’année 2007 de la grande Muette au Faso, l’alerte chaude n’en finit pas de faire perler des sueurs froides.

Ce n’est pas la « Lettre du continent » qui dira le contraire.

Dans ses dernières livraisons, le « cafteur » d’Antoine Glaser révèle que « Tous ceux qui ont approché le président Blaise Compaoré au sommet Afrique-France de Cannes l'ont trouvé en ‘très petite forme’, amaigri… Le chef de l'Etat sait que les militaires et policiers, qui se sont violemment affrontés au RPG 7 et au mortier en pleine ville, les 20 et 21 décembre 2006, se guettent ». Plus explicite, la Lettre du continent divulgue dans sa dernière édition qu’ « Après les affrontements des 20 et 21 décembre entre militaires et policiers, le président Blaise Compaoré reste sur le qui-vive et a demandé des agents de la DGSE » (NDLR : Direction générale de la sécurité extérieure).

A en juger par le climat qui prévaut au sein de la grande Muette par rapport à la volonté du pouvoir de la mater, on comprend que le bien informé Antoine Glaser puisse ne pas comme on dit, tirer à côté.

L’une des grandes questions qui préoccupent en effet l’opinion, c’est la guéguerre que semblent se livrer militaires et pouvoir au sujet des mesures à prendre pour éviter des mutineries à fort relent de déstabilisation dans le futur. L’une de ces mesures concerne le cantonnement territorial de l’armée que l’on veut repositionner loin des grands centres urbains. On en finirait ainsi avec cette tendance à vouloir utiliser les populations civiles comme boucliers humains afin d’éviter les attaques qui ont constitué pendant longtemps la phobie des gouvernants. L’autre mesure a trait au démantèlement de certains corps. Dans un cas comme dans l’autre, la résistance au sein des militaires est très forte. On y voit un moyen détourné de leur faire payer le prix de leur mutinerie et certains vont même jusqu’à suspecter une volonté de domestication de l’armée en expurgeant toutes ses « brebis galeuses ».

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le climat n’est pas des plus apaisés. Au lieu de s’appliquer à dissiper les nuages qui se profilent à l’horizon, le pouvoir se lance dans une campagne électorale espérant y trouver les moyens d’une liesse populaire qui détourne des velléités protestataires. Mais ni cet euphorisant éphémère et qui laissera au final un arrière-goût très amer, ni le recours à la DGSE (par ces temps de forte contestation de la Françafrique) pour aider le régime en place, ne pourront cacher le mal profond qui sévit au Faso.

SK





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