Mise à jour le 04/03/2007
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San Finna N°403 du 05 au 11 Mars 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"

 

Tribune de la femme

* L’ancien Ministre français et maire de Lyon, Michel Noir, qui a connu les déboires que l’on sait en justice et qui a dû se retirer de la vie politique, était au Faso la semaine passée, sur invitation du ministre de la Décentralisation et des Collectivités locales, pour participer au colloque de Bobo-Dioulasso, sur la décentralisation (et certainement en profiter pour participer au FESPACO qui tombait à point nommé). A la question de savoir si la Françafrique survivra au départ de Chirac, il dira : «A coup sûr ! Tous les élus en France sont profondément attachés à cette originalité » (in Sidwaya du 28/02/2007).C’est clair et net : son opinion sur Blaise Compaoré est également sans bavures : « ..J’estime que c’est un homme d’Etat d’une grande envergure. Il est en train de devenir le sage de toute la région ouest africaine à travers sa médiation sur le Togo et la Côte d’Ivoire. Et sur le plan international, il est reconnu comme tel ». Les Africains - notamment les Burkinabé- apprécieront !

* On sait tous que l’ancien candidat américain malheureux à l’élection présidentielle contre George W. Bush lors du premier mandat de ce dernier, Al Gore, s’est reconverti avec succès dans l’environnement, qu’il a fait réaliser un documentaire qui fait un tabac dans le monde et que depuis, il parcourt le monde pour convertir les peuples à la lutte pour la défense de notre planète. C’est naturellement qu’on le pressent pour le Prix Nobel de la Paix. Des gens voudraient-ils mettre du sable dans son couscous pour empêcher qu’il rafle la mise ? Ca se pourrait car depuis quelques jours, sur Internet, on a trouvé une formidable riposte à son avancée irrésistible. Laquelle ? Celle qui consiste à montrer que malgré les belles paroles, les actes de l’ancien candidat ne suivent pas. Et de calibrer sa consommation personnelle d’électricité d’Al Gore : pas moins de 221 000 KWH ! Aïe, aïe, aïe, ça fait mal ! Ses proches ont fait savoir que si effectivement sa consommation personnelle d’électricité est importante, ses investissements dans les programmes environnementaux sont tout à fait édifiants. Eh bien, nous verrons si tout cela va inverser ou non sa cote de popularité.

* Le hold-up électoral permanent que nous connaissons au Burkina Faso n’est pas loin d’avoir connu une réplique au Sénégal. Lorsqu’on pense à la pré-campagne sénégalaise marquée par le charcutage de certains textes de loi, par une intense activité de récupération médiatique et des chefs religieux, par le harcèlement des politiques, on se retrouve à des milliers de kilomètres dans les contextes électoraux habituels au Faso. Quand on entend réagir les opposants sénégalais après cette consultation, qui contre toute attente, impose la victoire sans bavures au premier tour du président sortant, parler de votes multiples, de votes d’étrangers, de transports de bétail électoral de bureau de vote en bureau de vote, quand on les entend dire que le mystère de cette élection se trouve dans l’opacité du fichier électoral, on croit entendre les mêmes opposants burkinabé qui, d’élection en élection, dénoncent les mêmes atteintes à la transparence et à la loyauté démocratique. Quand on entend certains médias se répandre encore en critiques contre la seule opposition sénégalaise victime de son propre malheur, on se retrouve dans la même situation burkinabé. C’est encore et toujours paradoxalement celui qui est victime du rouleau compresseur du pouvoir en place, qui butte sur les procédures politiques, judiciaires, diplomatiques… pour dénoncer les manipulations électorales, c’est la victime que l’on écrase, qui est blâmée parce qu’elle se laisse écraser. C’est comme si les victimes de l’holocauste, les colonisés, étaient renvoyées à assumer leurs propres turpitudes.

* En Guinée, chacun reprend espoir. Lansana Conté a lâché du lest, un nouveau
premier Ministre consensuel a été nommé (Lansana Kouyaté) qui a d’ailleurs fait la surprise d’aller à la Bourse du travail rencontrer les syndicalistes (idée géniale !). On croise donc les doigts même si certains commencent déjà à dire que c’est un homme de la Françafrique. Il faut lui donner sa chance, n’est-ce pas ?

* Les Femmes en noir du Faso ont lancé une invitation aux festivaliers pour le 4 mars prochain sur la tombe de Norbert Zongo. Cette invitation est parue dans la presse la semaine passée. Extraits : «..si ce pays a pu, grâce à certains hommes être à l’origine de créations internationalement reconnues comme le FESPACO, il a pu aussi être à l’origine de drames horribles comme celui de Sapouy, qui révolte toujours la conscience populaire ».

* Le président vénézuélien Hugo Chavez a lancé le processus visant à garantir le contrôle du pays sur la production pétrolière dans la riche région de l'Orénoque, où opèrent nombre de compagnies étrangères. Qui pourrait lui en vouloir, après cela, malgré ses attitudes et ses propos parfois abrupts pour ne pas dire choquants ?

* Sur RFI, le 2 mars dernier, nous avons entendu aux informations de 22 h 30, un commentaire sur la Côte d’Ivoire. On y a parlé entre autres de « l’organe pro-gouvernemental Fraternité Matin ». Sauf erreur, on n’entend jamais parler sur la radio mondiale, de « l’organe pro-gouvernemental Sidwaya ». Et pourtant ! A méditer peut-être alors…

* Mme Christiane Démontès, Sénatrice, vice présidente du conseil régional Rhône-Alpes, mais aussi chargée de communication de Ségolène Royal, était à Ouagadougou à l’occasion du FESPACO. Sidwaya l’a interviewée et a expliqué que la dame, qui s’occupe de coopération avec Gorom-Gorom, devait rencontrer le chef de l’Etat le 27 février dernier. Des partis socialistes, il en existe au Burkina Faso et notamment le PDP/PS, parti frère du PS français. Aura-t-il eu l’honneur de la visite de l’envoyée de Mme Royal quand on sait que la célèbre candidate de passage au Sénégal, n’avait pas manqué d’aller faire la causette avec les responsables du PS sénégalais ? Si oui, ce serait un juste équilibre, sinon, ce ne serait pas bien du tout !

* Dans les couloirs du dialogue inter ivoirien, malgré la consigne « Motus et bouche cousue », il semble que dans le sillage des négociations, pas mal de garanties seraient données par chaque partie pour renforcer la confiance. Ainsi, on fait courir le bruit que les Ivoiriens se feraient forts d’amadouer la présidente libérienne qui se fait exigeante par rapport au dossier Taylor.

* Justement, le bruit court que des desperados qui ont fait le coup de feu avec Charles Taylor, et qui sont sur la paille depuis que leur mentor se trouve au frais dans un cachot à La Haye, seraient venus flâner à Ouagadougou, histoire de se rappeler au bon souvenir de leurs amis d’hier pour pouvoir faire face aux temps difficiles. Il semble qu’on leur aurait fait comprendre qu’à d’autres temps, d’autres mœurs. Econduits, ils auraient transhumé vers le Ghana où ils n’arrêteraient pas de broyer du noir à inquiéter plus d’un.

* Ca ne va pas entre le Burkina Faso et le Bénin à cause de cette sale histoire de frontière qui n’en finit pas de mettre sous tension les deux armées. On dit aussi que la même odeur de soufre se ferait sentir du côté de la frontière nigérienne. Vraiment, il faut très vite que le Faso relève le niveau de ses relations avec les pays voisins pour éviter l’étouffement.

* La première Dame, marraine du FESPACO, aurait fait le spectacle à l’occasion d’un cocktail le 28 février dernier au Palais de Kosyam. Elle se serait lancée dans une improvisation fort remarquée. Et ce qui a frappé, ce n’est pas que ce soit la danse dite du mouchoir au cours de laquelle elle a déposé son carré au pied du célèbre chanteur Meiway, roi du Zoblazo et Patriote qui a tant fait pour la cause du nationalisme ivoirien. C’est qu’elle se soit prêtée, elle la première dame, à une telle prestation.

* Le 8 mars, c’est dans quelques jours. A l’occasion de la Journée internationale de la femme, Mme Thoraya Ahmed Obaid, Directrice exécutive de l’UNFPA, a fait un message dont voici quelques extraits. « Quel que soit le lieu de sa naissance, une fille doit vivre à l’abri de la discrimination et de la violence. Toute fille, toute femme doit jouir de chances égales et de droits égaux. Pourtant, la violence à l’égard des femmes et des filles demeure répandue et la plupart de ces crimes sont impunis. Le thème de la Journée internationale de la femme est cette année "Mettre fin à l’impunité pour la violence à l’égard des femmes"; il appelle à faire preuve de plus de détermination dans l’engagement et dans l’action. L’impunité répandue qui existe aujourd’hui non seulement encourage de nouveaux sévices, qui sont la source de nouvelles souffrances, mais aussi envoie le signal que la violence exercée par les hommes sur les femmes est acceptable ou normale. Elle ne l’est pas. Ensemble, nous pouvons et devons faire davantage pour prévenir la violence à l’égard des femmes, dispenser des services à celles qui survivent, et garantir que les auteurs de violences soient punis ». Bonne fête à toutes les femmes du Faso et du monde !





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