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L’ancien Ministre français et maire de
Lyon, Michel Noir, qui a connu les déboires que
l’on sait en justice et qui a dû se retirer
de la vie politique, était au Faso la semaine
passée, sur invitation du ministre de la Décentralisation
et des Collectivités locales, pour participer
au colloque de Bobo-Dioulasso, sur la décentralisation
(et certainement en profiter pour participer au FESPACO
qui tombait à point nommé). A la question
de savoir si la Françafrique survivra au départ
de Chirac, il dira : «A coup sûr ! Tous
les élus en France sont profondément attachés
à cette originalité » (in Sidwaya
du 28/02/2007).C’est clair et net : son opinion
sur Blaise Compaoré est également sans
bavures : « ..J’estime que c’est un
homme d’Etat d’une grande envergure. Il
est en train de devenir le sage de toute la région
ouest africaine à travers sa médiation
sur le Togo et la Côte d’Ivoire. Et sur
le plan international, il est reconnu comme tel ».
Les Africains - notamment les Burkinabé- apprécieront
!
* On sait tous que l’ancien candidat américain
malheureux à l’élection présidentielle
contre George W. Bush lors du premier mandat de ce dernier,
Al Gore, s’est reconverti avec succès dans
l’environnement, qu’il a fait réaliser
un documentaire qui fait un tabac dans le monde et que
depuis, il parcourt le monde pour convertir les peuples
à la lutte pour la défense de notre planète.
C’est naturellement qu’on le pressent pour
le Prix Nobel de la Paix. Des gens voudraient-ils mettre
du sable dans son couscous pour empêcher qu’il
rafle la mise ? Ca se pourrait car depuis quelques jours,
sur Internet, on a trouvé une formidable riposte
à son avancée irrésistible. Laquelle
? Celle qui consiste à montrer que malgré
les belles paroles, les actes de l’ancien candidat
ne suivent pas. Et de calibrer sa consommation personnelle
d’électricité d’Al Gore :
pas moins de 221 000 KWH ! Aïe, aïe, aïe,
ça fait mal ! Ses proches ont fait savoir que
si effectivement sa consommation personnelle d’électricité
est importante, ses investissements dans les programmes
environnementaux sont tout à fait édifiants.
Eh bien, nous verrons si tout cela va inverser ou non
sa cote de popularité.
* Le hold-up électoral permanent que nous connaissons
au Burkina Faso n’est pas loin d’avoir connu
une réplique au Sénégal. Lorsqu’on
pense à la pré-campagne sénégalaise
marquée par le charcutage de certains textes
de loi, par une intense activité de récupération
médiatique et des chefs religieux, par le harcèlement
des politiques, on se retrouve à des milliers
de kilomètres dans les contextes électoraux
habituels au Faso. Quand on entend réagir les
opposants sénégalais après cette
consultation, qui contre toute attente, impose la victoire
sans bavures au premier tour du président sortant,
parler de votes multiples, de votes d’étrangers,
de transports de bétail électoral de bureau
de vote en bureau de vote, quand on les entend dire
que le mystère de cette élection se trouve
dans l’opacité du fichier électoral,
on croit entendre les mêmes opposants burkinabé
qui, d’élection en élection, dénoncent
les mêmes atteintes à la transparence et
à la loyauté démocratique. Quand
on entend certains médias se répandre
encore en critiques contre la seule opposition sénégalaise
victime de son propre malheur, on se retrouve dans la
même situation burkinabé. C’est encore
et toujours paradoxalement celui qui est victime du
rouleau compresseur du pouvoir en place, qui butte sur
les procédures politiques, judiciaires, diplomatiques…
pour dénoncer les manipulations électorales,
c’est la victime que l’on écrase,
qui est blâmée parce qu’elle se laisse
écraser. C’est comme si les victimes de
l’holocauste, les colonisés, étaient
renvoyées à assumer leurs propres turpitudes.
* En Guinée, chacun reprend espoir. Lansana Conté
a lâché du lest, un nouveau
premier Ministre consensuel a été nommé
(Lansana Kouyaté) qui a d’ailleurs fait
la surprise d’aller à la Bourse du travail
rencontrer les syndicalistes (idée géniale
!). On croise donc les doigts même si certains
commencent déjà à dire que c’est
un homme de la Françafrique. Il faut lui donner
sa chance, n’est-ce pas ?
* Les Femmes en noir du Faso ont lancé une invitation
aux festivaliers pour le 4 mars prochain sur la tombe
de Norbert Zongo. Cette invitation est parue dans la
presse la semaine passée. Extraits : «..si
ce pays a pu, grâce à certains hommes être
à l’origine de créations internationalement
reconnues comme le FESPACO, il a pu aussi être
à l’origine de drames horribles comme celui
de Sapouy, qui révolte toujours la conscience
populaire ».
* Le président vénézuélien
Hugo Chavez a lancé le processus visant à
garantir le contrôle du pays sur la production
pétrolière dans la riche région
de l'Orénoque, où opèrent nombre
de compagnies étrangères. Qui pourrait
lui en vouloir, après cela, malgré ses
attitudes et ses propos parfois abrupts pour ne pas
dire choquants ?
* Sur RFI, le 2 mars dernier, nous avons entendu aux
informations de 22 h 30, un commentaire sur la Côte
d’Ivoire. On y a parlé entre autres de
« l’organe pro-gouvernemental Fraternité
Matin ». Sauf erreur, on n’entend jamais
parler sur la radio mondiale, de « l’organe
pro-gouvernemental Sidwaya ». Et pourtant ! A
méditer peut-être alors…
* Mme Christiane Démontès, Sénatrice,
vice présidente du conseil régional Rhône-Alpes,
mais aussi chargée de communication de Ségolène
Royal, était à Ouagadougou à l’occasion
du FESPACO. Sidwaya l’a interviewée et
a expliqué que la dame, qui s’occupe de
coopération avec Gorom-Gorom, devait rencontrer
le chef de l’Etat le 27 février dernier.
Des partis socialistes, il en existe au Burkina Faso
et notamment le PDP/PS, parti frère du PS français.
Aura-t-il eu l’honneur de la visite de l’envoyée
de Mme Royal quand on sait que la célèbre
candidate de passage au Sénégal, n’avait
pas manqué d’aller faire la causette avec
les responsables du PS sénégalais ? Si
oui, ce serait un juste équilibre, sinon, ce
ne serait pas bien du tout !
* Dans les couloirs du dialogue inter ivoirien, malgré
la consigne « Motus et bouche cousue »,
il semble que dans le sillage des négociations,
pas mal de garanties seraient données par chaque
partie pour renforcer la confiance. Ainsi, on fait courir
le bruit que les Ivoiriens se feraient forts d’amadouer
la présidente libérienne qui se fait exigeante
par rapport au dossier Taylor.
* Justement, le bruit court que des desperados qui ont
fait le coup de feu avec Charles Taylor, et qui sont
sur la paille depuis que leur mentor se trouve au frais
dans un cachot à La Haye, seraient venus flâner
à Ouagadougou, histoire de se rappeler au bon
souvenir de leurs amis d’hier pour pouvoir faire
face aux temps difficiles. Il semble qu’on leur
aurait fait comprendre qu’à d’autres
temps, d’autres mœurs. Econduits, ils auraient
transhumé vers le Ghana où ils n’arrêteraient
pas de broyer du noir à inquiéter plus
d’un.
* Ca ne va pas entre le Burkina Faso et le Bénin
à cause de cette sale histoire de frontière
qui n’en finit pas de mettre sous tension les
deux armées. On dit aussi que la même odeur
de soufre se ferait sentir du côté de la
frontière nigérienne. Vraiment, il faut
très vite que le Faso relève le niveau
de ses relations avec les pays voisins pour éviter
l’étouffement.
* La première Dame, marraine du FESPACO, aurait
fait le spectacle à l’occasion d’un
cocktail le 28 février dernier au Palais de Kosyam.
Elle se serait lancée dans une improvisation
fort remarquée. Et ce qui a frappé, ce
n’est pas que ce soit la danse dite du mouchoir
au cours de laquelle elle a déposé son
carré au pied du célèbre chanteur
Meiway, roi du Zoblazo et Patriote qui a tant fait pour
la cause du nationalisme ivoirien. C’est qu’elle
se soit prêtée, elle la première
dame, à une telle prestation.
* Le 8 mars, c’est dans quelques jours. A l’occasion
de la Journée internationale de la femme, Mme
Thoraya Ahmed Obaid, Directrice exécutive de
l’UNFPA, a fait un message dont voici quelques
extraits. « Quel que soit le lieu de sa naissance,
une fille doit vivre à l’abri de la discrimination
et de la violence. Toute fille, toute femme doit jouir
de chances égales et de droits égaux.
Pourtant, la violence à l’égard
des femmes et des filles demeure répandue et
la plupart de ces crimes sont impunis. Le thème
de la Journée internationale de la femme est
cette année "Mettre fin à l’impunité
pour la violence à l’égard des femmes";
il appelle à faire preuve de plus de détermination
dans l’engagement et dans l’action. L’impunité
répandue qui existe aujourd’hui non seulement
encourage de nouveaux sévices, qui sont la source
de nouvelles souffrances, mais aussi envoie le signal
que la violence exercée par les hommes sur les
femmes est acceptable ou normale. Elle ne l’est
pas. Ensemble, nous pouvons et devons faire davantage
pour prévenir la violence à l’égard
des femmes, dispenser des services à celles qui
survivent, et garantir que les auteurs de violences
soient punis ». Bonne fête à toutes
les femmes du Faso et du monde !