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A vue de monde

ELECTION PRESIDENTIELLE EN FRANCE
BAYROU « PARASITE » LA CAMPAGNE

Le troisième homme de la campagne présidentielle pourrait bien s’appeler François Bayrou. Crédité aujourd’hui de 19 % d’intentions de vote, le président de l’UDF (Union démocratique pour la France) séduit car il veut être l’élu du rassemblement gauche-droite.

Sacrifier les clivages au redressement de la France : c’est l’idée que défend François Bayrou, le président de l’UDF (centre droit), surprenant troisième homme de la campagne crédité de 19 % d’intention de vote au premier tour de l’élection. Son programme présidentiel repose sur la social-économie : ou comment développer la solidarité nationale dans un contexte de mondialisation ? L’ancien député des Pyrénées Atlantiques et ancien ministre de l’éducation nationale y répond avant tout en proposant une France rassemblée, débarrassée du clivage gauche-droite et de « la guerre perpétuelle » qu’il dénonce entre l’UMP et le PS, responsables selon lui du « déclin » du pays.

A titre d’exemple, s’il est élu, François Bayrou, homme de centre-droit, n’exclut pas de s’attacher les services d’un premier ministre de gauche pour gouverner. Presque une révolution en France, où les seules cohabitations doivent leur ligne dans l’histoire, à la contrainte des suffrages. Il veut redonner du sens au référendum et présente un programme raisonné. François Bayrou veut ainsi s’attaquer à la réduction de la dette publique en premier lieu. Avec 18 000 euros de dette par habitant, la France vit au dessus de ses moyens. François Bayrou envisage donc d’inscrire dans la Constitution, l’interdiction pour un gouvernement de présenter un budget en déficit de fonctionnement, hors période de récession. Il promet ainsi de revenir à l’équilibre d’ici trois ans.

Soucieux de relancer l’emploi, il veut également faciliter l’embauche. Et promet aux petites et moyennes entreprises de leur accorder le droit d’embaucher deux salariés sans charges sociales. Ce qui permettrait selon le candidat de créer des centaines de milliers d’emplois. Par ailleurs, il compte inciter le retour au travail en ouvrant le droit aux bénéficiaires du RMI (revenu minimum d’insertion) d’exercer une activité rémunérée cumulable au dit RMI.

Enfin, dans son programme présidentiel, François Bayrou milite pour une meilleure égalité entre les quartiers favorisés et les banlieues. Il prône la mixité sociale et compte réimplanter l’Etat dans les zones dites sensibles, en y créant des sous-préfectures et en y instaurant le dialogue.

Il chiffre ses propositions à 21 milliards d’euros sur cinq ans entièrement financées par des économies, soit moitié moins ou presque que les programmes de l’UMP et du PS.

Economique et mesurée, la social économie de François Bayrou a bousculé le Front national et séduit les sympathisants de gauche. Elle parasite aussi sérieusement la confrontation, « Ségo-Sarko ».

On est loin de l’année 2002. A l’époque, François Bayrou avait recueilli 6,8% des voix au premier tour.


Matthieu herault

En matière de politique internationale, le président de l’UDF place l’Afrique comme l’un des quatre grands sujets de politique internationale qui devront exiger du courage de la part des gouvernants. Il croit en une politique d’aide commerciale. Il se dit contre l’immigration choisie, mais favorable à la suppression des aides européennes aux agriculteurs, pour que le commerce subsaharien gagne en concurrence. « Il n’y a qu’une politique juste et efficace de lutte contre l’immigration, que nous devrions imposer à la communauté internationale et à l’Europe : c’est de garantir aux Africains qu’ils peuvent vivre convenablement en Afrique, de leur travail, comme des hommes debout. L’Afrique des produits agricoles à prix bradés, artificiellement effondrés par des subventions américaines et européennes qui par ailleurs, tendent à mettre nos agriculteurs européens et américains en situation de dépendance, ces politiques, il faut les appeler par leur nom, sont criminelles », a-t-il dit le 14 décembre dernier, lors d’un discours prononcé à Lille, dans le nord de la France. « Une politique sérieuse doit avoir un but : que les Africains se voient garantir qu’ils pourront eux-mêmes nourrir et équiper l’Afrique, avec aide et protection internationale, comme les Européens l’ont fait, après la Guerre, en recevant l’aide du plan Marshall et la protection du marché commun ».

 




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