San
Finna N°403 du
05 au 11 Mars 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
ELECTION
PRESIDENTIELLE EN FRANCE
BAYROU « PARASITE » LA CAMPAGNE
Le
troisième homme de la campagne présidentielle
pourrait bien s’appeler François Bayrou.
Crédité aujourd’hui de 19 % d’intentions
de vote, le président de l’UDF (Union démocratique
pour la France) séduit car il veut être l’élu
du rassemblement gauche-droite.
Sacrifier
les clivages au redressement de la France : c’est
l’idée que défend François
Bayrou, le président de l’UDF (centre droit),
surprenant troisième homme de la campagne crédité
de 19 % d’intention de vote au premier tour de l’élection.
Son programme présidentiel repose sur la social-économie
: ou comment développer la solidarité nationale
dans un contexte de mondialisation ? L’ancien député
des Pyrénées Atlantiques et ancien ministre
de l’éducation nationale y répond
avant tout en proposant une France rassemblée,
débarrassée du clivage gauche-droite et
de « la guerre perpétuelle » qu’il
dénonce entre l’UMP et le PS, responsables
selon lui du « déclin » du pays.
A titre d’exemple, s’il est élu, François
Bayrou, homme de centre-droit, n’exclut pas de s’attacher
les services d’un premier ministre de gauche pour
gouverner. Presque une révolution en France, où
les seules cohabitations doivent leur ligne dans l’histoire,
à la contrainte des suffrages. Il veut redonner
du sens au référendum et présente
un programme raisonné. François Bayrou veut
ainsi s’attaquer à la réduction de
la dette publique en premier lieu. Avec 18 000 euros de
dette par habitant, la France vit au dessus de ses moyens.
François Bayrou envisage donc d’inscrire
dans la Constitution, l’interdiction pour un gouvernement
de présenter un budget en déficit de fonctionnement,
hors période de récession. Il promet ainsi
de revenir à l’équilibre d’ici
trois ans.
Soucieux de relancer l’emploi, il veut également
faciliter l’embauche. Et promet aux petites et moyennes
entreprises de leur accorder le droit d’embaucher
deux salariés sans charges sociales. Ce qui permettrait
selon le candidat de créer des centaines de milliers
d’emplois. Par ailleurs, il compte inciter le retour
au travail en ouvrant le droit aux bénéficiaires
du RMI (revenu minimum d’insertion) d’exercer
une activité rémunérée cumulable
au dit RMI.
Enfin, dans son programme présidentiel, François
Bayrou milite pour une meilleure égalité
entre les quartiers favorisés et les banlieues.
Il prône la mixité sociale et compte réimplanter
l’Etat dans les zones dites sensibles, en y créant
des sous-préfectures et en y instaurant le dialogue.
Il chiffre ses propositions à 21 milliards d’euros
sur cinq ans entièrement financées par des
économies, soit moitié moins ou presque
que les programmes de l’UMP et du PS.
Economique et mesurée, la social économie
de François Bayrou a bousculé le Front national
et séduit les sympathisants de gauche. Elle parasite
aussi sérieusement la confrontation, « Ségo-Sarko
».
On est loin de l’année 2002. A l’époque,
François Bayrou avait recueilli 6,8% des voix au
premier tour.
Matthieu herault
En
matière de politique internationale, le président
de l’UDF place l’Afrique comme l’un
des quatre grands sujets de politique internationale
qui devront exiger du courage de la part des gouvernants.
Il croit en une politique d’aide commerciale.
Il se dit contre l’immigration choisie, mais
favorable à la suppression des aides européennes
aux agriculteurs, pour que le commerce subsaharien
gagne en concurrence. « Il n’y a qu’une
politique juste et efficace de lutte contre l’immigration,
que nous devrions imposer à la communauté
internationale et à l’Europe : c’est
de garantir aux Africains qu’ils peuvent vivre
convenablement en Afrique, de leur travail, comme
des hommes debout. L’Afrique des produits
agricoles à prix bradés, artificiellement
effondrés par des subventions américaines
et européennes qui par ailleurs, tendent
à mettre nos agriculteurs européens
et américains en situation de dépendance,
ces politiques, il faut les appeler par leur nom,
sont criminelles », a-t-il dit le 14 décembre
dernier, lors d’un discours prononcé
à Lille, dans le nord de la France. «
Une politique sérieuse doit avoir un but
: que les Africains se voient garantir qu’ils
pourront eux-mêmes nourrir et équiper
l’Afrique, avec aide et protection internationale,
comme les Européens l’ont fait, après
la Guerre, en recevant l’aide du plan Marshall
et la protection du marché commun ».