Mise à jour le 04/03/2007
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San Finna N°403 du 05 au 11 Mars 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"
 

SEMAINE DE REFLEXION DU PARTENARIAT
BANQUE MONDIALE – BURKINA FASO


C’est au Centre d’Enseignement à Distance de Ouagadougou (CEDO) que s’est tenue du 26 février au 1er mars 2007, la Semaine de Réflexion du Bureau de la Banque Mondiale à Ouagadougou sur le thème de l’ « Evaluation à mi-parcours de la Stratégie d’Appui au Pays (SAP) ». Ministres, Gouverneurs, Directeurs centraux, Experts nationaux et internationaux se sont tour à tour relayer au praesidium pour exposer les résultats de diverses études d’évaluation à mi-parcours des concours du partenariat Banque Mondiale-Burkina Faso. Parmi les études discutées en commission et en plénière, figuraient notamment :

* La revue du secteur financier au Burkina Faso,

* L’étude diagnostique de l’Intégration du Commerce,

* L’impact économique du Coton Bt en Afrique de l’Ouest,

* La Décentralisation et la performance des Services publics,

* Les Consultations sur la Gouvernance et la Lutte contre la Corruption.

* De la revue du secteur financier au Burkina Faso

Notons d’emblée que Le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté est la base d’action de la Banque Mondiale au Burkina Faso notamment en son Axe 1 : « « Accélérer la croissance et la fonder sur l’équité ».. Pour ce faire, la revue du secteur financier a concerné les banques, les quasi-banques, la Micro finance et les Assurances, en ce sens qu’il peut avoir un impact direct sur la réduction de la pauvreté en permettant aux ménages d’investir dans des activités génératrices de .revenus ou dans la Santé et l’Education. Les experts ont reconnu que ce secteur était stable mais que l’accès aux services financiers demeurait faible, et qu’il restait une contrainte majeure pour les entreprises formelles et informelles. (Monde rural, PME/PMI, Habitat).

* De l’étude diagnostique de l’Intégration du Commerce

Les défis de la croissance en Afrique en général et au Burkina Faso en particulier, ont emmené les deux partenaires à mettre en oeuvre une stratégie axée sur les résultats. Au plan national, ces défis sont innombrables : mise en place d’un fond routier, habitat et urbanisme, mobilisation de ressources pour financer l’élevage, privatisation de la SONABEL, promotion des exportation, etc. A cet titre, l’efficacité de la contribution de l’IDA, après un état des lieux a été mesuré sur la base d’indicateurs de progrès à moyen et long terme. A titre d’exemples, l’entretien de 50 % du réseau routier classé et la finition de la construction de la centrale électrique de 18 MW, la réduction de la durée d’enregistrement des entreprises aec le CEFORE à la Maison de l’Entreprise.

* De l’impact économique du Coton Bt en Afrique de l’Ouest

La question d’actualité des OGM notamment à travers le Coton Bt est revenue sur le tapis. L’exposé sur le sujet a porté sur :

- L’Analyse des expériences de l’introduction de la technologie dans les pays en oie de développement ;

- La modélisation de l’introduction de la technologie en Afrique de l’Ouest ;

* Les conclusions et enjeux pour le Burkina Faso.

Sur la base d’expériences menées en Inde, Afrique du Sud, Chine, Argentine, Mexique et en Afrique de l’Ouest, les experts sont parvenus aux conclusions que.

- Que la technologie fonctionne dans des conditions écologiques et socio-économiques très variées ;

- Les bénéfices pour les producteurs sont très variables ;

- Et le Burkina doit apprendre les expériences des autres pays pour maximiser les bénéfices de l’introduction de la technologie dans son système de production, étant donnée qu’elle demeure une opportunité pour le pays.

La modélisation a pris en compte trois scénarios ; ses limites sont entre autres l»l’apparition possible de la résistance des insectes à la toxine Bt, l’apparition de rageurs secondaires et l’impact de la réduction des pesticides sur l’Environnement) »

* De la Décentralisation et la performance des Services publics

Le projet de recherche sur la prestation décentralisée de services publics a été menée dans quatre pays (Guinée, Madagascar, Rwanda et Burkina Faso). Au pays des hommes intègres, elle a concerné douze Communes en vue d’identifier les défis pour la Décentralisation avec deux applications sectorielles (adduction d’eau et Education primaire). Il a été notamment fait cas des défis administratifs, financiers et en Ressources humaines de la Décentralisation. Dans notre contexte actuel, « la lourdeur administrative, les confusions de rôles, les déséquilibres de la répartition géographique des fonctionnaires, etc » ont été mis en relief par les exposants.

L’amélioration des Services sociaux de base passerait selon les experts par une amélioration des indicateurs des OMD, de la couverture nationale, de l’efficacité etde l’efficience des dépenses, notamment par le Panier Commun et la délégation des crédits aux niveaux périphériques. Il a été noté les progrès récents de la contribution de l’IDA qui vise une meilleure protection sociale des plus pauvres.

Les défis actuels sont surtout :

- L’Amélioration de l’offre et de la couverture des Services Sociaux de Base ;

- L’Effectivité de la gratuité des services

- Le Renforcement des capacités pour une offre de service de qualité.

Les recommandations faites à l’IDA sont, de manière générale, « de tenir compte de la Décentralisation et des autres acteurs intervenants dans les secteurs sociaux, d’utiliser les approches communautaires et les cadres d’interventions existants, et surtout de renforcer les appuis techniques et la valorisation de l’Expertise nationale » pour ce qui est de l’Education, de l’Eau, de la Santé, de l’Action sociale et de l’Assainissement.

* Des Consultations sur la Gouvernance et la Lutte contre la Corruption.

« Entre le 10 novembre 2006 et le 26 janvier 2007, le Groupe de la Banque a sollicité des commentaires sur des questions se rapportant à une nouvelle stratégie qui vise à renforcer l'action de l'institution dans les domaines de la gouvernance et de la lutte contre la corruption. Cette stratégie est énoncée dans le rapport intitulé " Renforcement de l'action du Groupe de la Banque pour promouvoir la gouvernance et lutter contre la corruption ", ainsi que dans un plan de travail élaboré par la direction de la Banque » C’est dire déjà que la question de la Gouvernance et de la Corruption était déjà au centre des préoccupations de la Banque. Pour le cas du Burkina ; l’intérêt nourri des participants a valu un débat houleux : la présentatrice Mme Nicole KEKEH a, pourra t’on dire, eu maille a partir avec le Ministre de la Justice Boureima BADINI, et celui des Droits humains. Si l’expression « manque de volonté politique a été au centre des questions ; il semble que la manifestation marquée des personnes interviewées ait été pour beaucoup dans le résumé de la présentation de Mme KEKEH.

Conclusion

L’ensemble des participants ont reconnu la pertinence de l’appui de la Banque Mondiale au Burkina Faso pour de nombreux secteurs d’activités. Comme dans tout « mariage », il y a le meilleur et le pire ; si l’union Banque Mondiale/Burkina Faso est appréciée, il n’en reste pas moins qu’il est « reproché » à la Banque la longueur des procédures, la lenteur des décaissements et « les seuils des avis de non objection trop bas » qui entravent la mise en œuvre des projets et programmes. Cette réalité a comme été confirmé au moment ou se tenait la semaine de réflexion par un écrit très critique et quelque peu accusateur de la Chargée de l’économie et de l’environnement de l’UNDD. Elle n’a pas dans ce cri du cœur spécialement approuvé que la Banque Mondiale, qui se dit soucieuse de bonne gouvernance, non seulement n’en relève pas les insuffisances au niveau de l’application de la démocratie, aille jusqu’à affirmer contre les faits que le multipartisme est fonctionnel au Burkina Faso et que le dialogue démocratique est une réalité. Si aucune réaction officielle n’est intervenue au cours des séances, en revanche beaucoup de commentaires de couloirs sur l’écrit se sont faits entre tasses de café et croissants, les uns approuvant et les autres désapprouvant. Dans le document la Stratégie d’Appui pour le Burkina Faso (Juillet 2006- Juin 2009), la conclusion du Résumé analytique stipule que « Un soutien généreux et prévisible de l’IDA et de la communauté internationale est justifié pour aider ce pays aux performances relativement bonnes à absorber dans le court terme les nombreux chocs exogènes et à accélérer son avancée à moyen terme vers les ODM «. Nombre d’observateurs demeurent perplexes quant aux mobiles réels de la Banque qui semblent être plus commerciaux (privatisation de la SONABEL, incitation à l’adoption du Coton Bt, etc) que d’aide à la réduction de la pauvreté.

PN






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