Mise à jour le 25/02/2007
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San Finna N°402 du 26 Février au 04 Mars 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus"

 

A vue de monde

PRESIDENTIELLE SENEGALAISE
UN SCRUTIN A PROBLEMES

On a beau présenter le Sénégal comme un pays de stabilité, une terre africaine des libertés et des droits de l’homme, le couplet ne suffit plus à rassurer et à aspirer la confiance et la générosité internationale. C’est que, depuis l’avènement de Abdoulaye Wade au pouvoir, il s’est opéré comme une inversion des tendances dans la gouvernance. Sous Senghor et Diouf, les observateurs le reconnaissent, le sens de l’Etat était beaucoup plus partagé. Ce n’est pas qu’on n’observait pas des relents d’incivisme démocratique et républicain et même une certaine opacité dans la gestion du pays mais peut-être que, comme une maladie insidieuse qui couve, on ne sentait pratiquement pas ces symptômes.

Curieusement, avec l’alternance démocratique et malgré les promesses de plus et de mieux de démocratie, les choses ont notablement changé et pas dans le bon sens. Le Sénégal est aujourd’hui beaucoup plus connu pour l’acharnement d’un Président, malgré son âge avancé, à rester au pouvoir coûte que coûte (en faisant des tracas aux opposants régulièrement inquiétés par la justice), il est devenu plus connu pour l’implication de la famille présidentielle dans la gestion des affaires. Aujourd’hui, le pays draine de plus en plus de scandales, des affaires peu reluisantes de corruptions diverses. Il en résulte des ferments de déstabilisation des pratiques politiques mais surtout des institutions de la République, toutes choses qui portent un coup à l’image du pays, à son capital de « gouvernance stabilisée exemplaire ». Ce qui semblait hier improbable, un coup d’Etat (dans ce pays qui n’en a jamais connu) n’est plus une vue de l’esprit.
C’est sous cette ambiance que la pré campagne s’est engagée, c’est sous cette même ambiance que la campagne se termine

Les risques de l’après élection sont si pesants que pour prévenir, le président sortant n’a de cesse de dire qu’il est au pouvoir et qu’il y restera par la volonté populaire, et de mettre en garde ses opposants qu’ils seront renvoyés devant la justice s’ils s’avisent de contester son élection (qu’il ne peut que remporter au premier tour, affirme-t-il) ou de troubler l’ordre public. Ce sont pour beaucoup des annonces préventives qui espèrent exorciser un danger : celui du second tour car tous ces candidats (dont bon nombre sont de fortes personnalités ayant une base électorale) sont autant d’empêchements à un passage au premier tour. Ni les harangues ni les témoignages de quelques médias ne peuvent convaincre que ces propos ne sont autre chose qu’une technique de propagande électorale, à moins que l’intention arrêtée soit un passage en force avec le secours des fraudes ou de coup d’Etat électoral par le refus des résultats qui lui seraient défavorables. On comprend que cette élection apparaisse plus que jamais comme un élection à problèmes, une élection de tous les dangers.

VT






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