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PRESIDENT DJIBOUTIEN A BIEN FAIT DE SE RENDRE AU
SOMMET A CANNES
C’est
un principe de droit international, consacrant une
règle souvent même reprise dans les
Constitutions : «toute personne qui se voit
reprocher une infraction est réputée
innocente tant que sa culpabilité n’a
pas été légalement et définitivement
établie». Cette façon donc de
condamner le président Gyelleh avant procès
est tout à fait inadmissible. S’il
avait refusé de se rendre à Cannes,
il aurait fait aveu de culpabilité. Il a
affronté des préventions et une certaine
hostilité, et il a bien fait car en dépit
de quelques suspicions, rien de probant n’a
été excipé qui puisse étayer
une quelconque accusation sérieuse contre
lui. Ensuite, en dehors même de la présomption
d’innocence, il est protégé
par les lois françaises ainsi que le précise
même le Ministère français de
la Justice dans un communiqué en ces termes
: « Les chefs d’Etat disposent des mêmes
immunités que les diplomates et en conséquence,
ne peuvent être contraints de témoigner
dans le cadre d’une procédure judiciaire
». C’est sur la base de ce principe
que ni le président congolais, ni Blaise
Compaoré, ni Paul Kagame.. n’ont pu
voir engager contre eux des procédures pénales
malgré des plaintes introduites à
cet effet. Mais quand bien même, il aurait
u être poursuivi, encore aurait-il fallu que
la convocation obéisse, comme l’a souligné
le Ministère de la Justice « aux formes
particulières prévues par la loi »,
en passant, a-t-il souligné, par la voie
diplomatique. La Juge Clément, informée
certainement de ce que sa demande buterait sur un
refus légal, a choisi de faire du «
ramdam » par une annonce médiatique
à tout casser. La veuve du Juge, quoi que
sa peine et sa volonté que justice soit rendue
à son mari soient légitimes, ne peut
pas ignorer (elle-même est juriste) les limites
d’une procédure contre le président
de Djibouti. Et les avocats de ce dernier peuvent
estimer leur client harcelé par une coalition
de magistrats mus par le seul intérêt
corporatiste.
TOMY. |
LE
PRESIDENT DJIBOUTIEN AURAIT DU S’ABSTENIR
DE SE RENDRE A CANNES
Il
y a bien de chefs d’Etat qui, sans être
objet de poursuites judiciaires ou convoqués
à témoigner, ne se sont pas rendus
à ce Sommet Afrique-France, à cause
simplement de comportements jugés irrespectueux
que les autorités françaises ou la
justice avaient envers eux. C’est le cas en
particulier du président Gbagbo. Son refus
de se rendre personnellement à ce sommet
est loin de l’avoir desservi aux yeux de l’opinion
française et africaine. Le président
djiboutien aurait dû suivre cet exemple pour
exprimer sa révolte d’être ainsi
mis plus bas que terre en étant convoqué
comme un quelconque délinquant. Mais il ne
l’a pas fait, pas seulement parce qu’il
est informé de son immunité, parce
qu’il sait qu’il a quelque chose à
se reprocher. Sinon, il serait allé sûr
de lui, tout juste pour laver son honneur bafoué
et surtout celui de son pays à travers sa
personne. Et là, c’aurait été
fantastique pour les Africains ; il leur aurait
remonté le moral car il aurait prouvé
au monde entier que ce qu’on dit sur les gouvernants
africains n’est pas totalement vrai, qu’il
existe des exceptions. Hélas ! Mais il n’y
a pas que des reproches à faire au président
Gyelleh. Les autorités françaises,
Jacques Chirac en tête, qui ne manquent pas
de subtilité diplomatique pour ne pas inviter
les chefs d’Etat indésirables, auraient
pu trouver l’astuce pour que le numéro
Un djiboutien ne vienne pas ainsi insulter la douleur
de la famille Borrel en faisant un pied de nez à
la justice française et en discréditant
en partie, par ricochet, ce sommet ! Et on comprend
qu’au total, l’association SURVIE ait
pu dire que cette venue du numéro un de Djibouti
était « une honte » !
TOZI.
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